L'article que Mao-Tsé-Tung a écrit le 1er juillet 1949 à l'occasion du 28è anniversaire du Parti Communiste Chinois, et auquel la presse stalinienne mondiale a donné une grande publicité, confirme l'analyse faite jusqu'à présent par les trotskystes chinois et la IVe Internationale en ce qui concerne la ligne suivie par le stalinisme en Chine.
La révolution chinoise de 1925-1927 fut menée à la défaite par la direction stalinienne de l'Internationale Communiste parce qu'à cette époque, et contrairement à la lutte acharnée que Trotsky menait contre une telle politique, Staline et Boukharine avaient imposé au "bloc des quatre classes" (Prolétariat, Paysannerie, Petite bourgeoisie citadine, Bourgeoisie) la direction politique de la bourgecisie nationale représentée par son parti, le kuo-Min-lang, et dissous le Parti Communiste Chinois en tant qu'organisation indépendante, le forçant à adhérer au Kuo-Min-Tang.
Environ vingt ans après, Mao-Tse-Tung, qui escamote dans une simple phrase de quelques mots toute cette période et les responsabilités de l'instauration du régime sanglant de Tchang-Kai-Chek (t), découvre que "la bourgeoisie nationale ne peut jouer un rôle dirigeant dans la révolution", et que "à l'époque de l'impérialisme la petite bourgeoisie et La bourgeoisie nationale ne peuvent diriger avec succès aucune révolution véritable".
En réalité ce n'est pas "par faiblesse", "manque de clairvoyance et de hardiesse" et "peur aussi des masses qu'éprouvent nombre de ses représentants" que la bourgeoisie ne peut "diriger avec succès" la révo-
(+) "Sun-Tat-Sen mourut et Tchang-Kai-Chek vint au pouvoir.En vingt
Dans Ichang-Kai-Chek a jeté la Chine dans un état de misère insondable"… - 13 - lution dans les pays coloniaux et semi-coloniaux. Par sa nature gociale mô me, la bourgeoisie "trahira" inévitablement la révolution, veloppement de celle-ci elle prendra clairement place aux côtés des féodaux et, dans le déet des impérialistes contre la révolution.
Tout en désavouant pudiquement la ligne stalinienne antériotre sur le "rôle dirigeant de la bourgeoisie nationale", Mao-Isè-Tung est délibérément confus sur ce point et reste toujours attaché au sohéma de la révolution par étapes: une première, celle de la "Dictature de la Démocratie Populaire"; une seconde, celle de la révolution socialiste.
Dans la "Dictature de la Démocratie Populaire", les quatre cLascollaboreront sous la direction de la classe ouvrière représentée son Parti stalinien, et la bourgeoisie nationale conservera "une grande importance". Mao-Tsè-Tung attend que le développement des forces productives en Chine se fasse par les "entreprises capitalistes de la ville et de campagne" et déclare franchement : "Notre politique actuelle consiste à limiter le oapitalisne et non à le détruiro". Il se place ainsi à la droite de toutes les autres "Dictatures de Démocraties Populaires" de l'Europe, qui se vantent d'avoir "liquidé" le capitalisme. travail d'éducation" parmi la bourgeoisie nationale et de l'acheminer, elle Mao-Isè-Tung s'efforcera "à l'étape actuelle" de faire "un grand aussi, progressivement au socialisme.
Elle doit être très spéciale cette bourgeoisie nationale de la les koulaks dans le socialisme; mais Staline s'èst apergu que, malgre En Russie, Boukharine et Staline voul urent intégrer progressivement fait d'une véritable révolution prolétarienne en Russie et l'existence d'un Etat prolétarien, la puissance des koulaks par lesquels le capitalisme "a chaque moment" renaissait constamment, menacait les fondements même de l' URSS, e: 1 8d entreprendre à sa façon la correction de ces éléments peu enclins à la "reéducation socialiste", c'est-à-dire qu'il les a tout simblement exterminés physiquement par centaines de milliers.
Que se passera-t-il en Chine sous le régime de la collaboration los quatre classes, dirigée par Mao-Isè-Tung? Il est trop tôt pour pronosLiquer les modalités de l'évolution concrète en Chine. te claire : il n'y aura pas de progression vers le socialisme sous ce régi- Mais une chose resmo batard, qui reste fondementalement le régime social des rapports capitalistes.
Le stalinisme est en train de compromettre une fois de plus le sort de la troisième révolution chinoise.