La Grande-Bretagne est sortie victorieuse de deux guerres mondiales. Mais, depuis la deuxième victoire, les crises de l'économie britannique se succèdent, hien que la paix sociale n'ait pas été troublée jusqu'à présent et qu'au contraire les masses laborieuses de pays aient manifesté une discipline sociale extraordinaire et accepté des conditions de vie qui se détérioraient, un régime dit d'austérité qui, dans bien des domaines, se traduisait par des restrictions plus étendues que celles du temps de guerre. Toutes les manifestations du déclin du capitalisme britannique qui domina et conduisit le monde entier pendant le 19è siècle, présentent un intérêt primordial du fait que, dans ce pays hautement industrialisé, le réformisme classique qui" prétendait mener le monde au socialisme en faisant l'économie de la révolution prolétarienne, est en train d'effectuer une expérience dans les conditions politiquement les plus favorables : il disposait d'une large majorité parlementaire, dans un pays de fortes traditions parlementaires, une classe ouvrière solidement organisée dans le Labour Party et dans les syndicats, réalisant ainsi un mouvement ouvrier pratiquement uni car les staliniens étaient et sont numériquement et politiquement insignifiants. ans une extrême patience et même une prédisposition à faire des sacri- Cette classe ouvrière a manifesté pendant quatre fices sans espérer des résultats immédiats ou proches. Les réformistes les plus impénitents auraient difficilement pu souhaiter des conditions meilleures. 1936 en France avec les radicaux sur la droite et les communistes sur Rien de comparable entre la coalition Front populaire de la gauche et le ministère travailliste homogène s'appuyant sur une solide majorité parlementaire.
* Après quatre années de gouvernement, la direction du Labour
Party invoque à son actif toute une série de nationalisations (heuil-
Ières - chemins de fer - banque d'Angleterre - transporta, eto.) et elle
- 46 - défie les tories sur la nationalisation de l'industrie du fer et de l'acier. Ces nationalisations s'étendent environ au sixième de l'industrie br itamique et à des domaines-clefs de celle-ci; or, le sixième de l'instrie britannique, c'est énormement plus lourd que le total de l'indus-
Le de la Bulgarie, de la Roumanie, de la Yougoslavie. Mais ces natio-
Lisations du gouvernement travailliste sont loin d'avoir apporté la ›indre solution aux travailleurs anglais. Ceux d'entre eux qui oeuvrent ins les industries nationalisées (cheminots, mineurs...) n'ont pas à présent le sentiment ou la conviotion que quelque chose de fondamentalo a ne l'étaient quatre années auparavant. Ainsi que cela a été souvent déété réalisé et qu'ils sont plus avancés sur la voie du socialisme qu'ils montré (1), ces nationalisations non seulement non seulement n'ont pas mis en cause le système ospitaliste mais elle étaient une nécessité impérieuse pour le capitalisne britannique dans son ensemble ; elles visaient à Ini donner une assise plus solide dans les industries de base (en les renouvelant et en los réorganisant) afin que le reste de l'économie anglaiso ne soit pas sujet aux vicissitudes de ces industries. Ausun capitaliste anglais, aucun conservateur ne parle de dénationaliser ces industrios. Ce qui pour eux est en causo, o'est la nécessité d'aménagements pour encore plus exploiter les travailleurs; c'est le thème même du programme que le parti consurvateur viant de préparer pour les prochaines élections générales, et c'est co thème que Churchill e développé dans son discours de Wolverhampton.
Le gouvernement travailliste a voulu, dans tous les domaines, remettre debout, fortifier et développer l'économie capitaliste anglaise, car c'était la voie qui, selon lui, devait conduire la Grande-Bretagne au socialisme. Tout récemment encore, A.Bevan, ministre de la Santé, élu des mineurs gallois et ayant la réputation d'être "à gauche", présentait cette perspective. Dans un discours aux mineurs du Nord de l'Angleterre. . Dénoncant l'idée même d'une coalition possible avec les torzes , condamnant la lutte des dockers en grève, il ajoutait, relativement à la crise qui secoue la Grando-Bretagne 1
"Les soules personnes qui peuvent vous remettre sur les jam -bes, c'est vous. Et pour 1949, je vous dis : travail d'abord, l'indépendance onsulte. En troisième lieu, le sootalisme".
Dans la polémique qui oppose les leaders actuels du Labour Party aux conservateurs, les uns et los autres sont d'accord pour dire que l'économie de leur pays est fondamentalement saine. Les divergences ne commencent qu'après cetto pétition de prineipe, Si les choses vont de mal en pis, déclarent Churchill et les sions aux travaillistes, c'ost de la faute de votre pillage, de votre soclalisme (sio!) qui gaspillent les dollars que g8ys acorde si généreusement l'Amérique capitaliste. Er -rour, répond/Stafford Cripps ot autres leaders du Labour Party, tout cela c'ost la faute au capitalisme américain qui, avec ses hauts et ses bas, avec ses cycles de prospérité démesurée et ses déprassions effrayantes, trouble la marche de notre brave économie capitaliste anglaise fondamentalement saine.
Dans cette argumentation, non seulement les tories, mais aussi les leader du parti travailliste montront sans aucune équivoque qu'ils
Voir dana "QUATRIEME INTERNATIONALE, juin-juillet 1948, "*rois années de gouvernement travailliste" , par A.Svebeck. - 47 - ront les produits d'une époque révolue et qu'ils ne peuvant rion-comprondre la situation réolle de le Grando-Bretagne.
Toutes les crisos qui se sont produites depuis la fin de la guer-
(celle du charbon en 1947, celle qui a provoqué l'arrêt de la converti:ilité de la livre en 1947, la nouvelle crise actuelle de la livre sterling résistant désespérément contre une dévaluation inévitable), ne sont ni le fruit de la mauvaise gestion du gouvernement travailliste ni le produit direct du capitalisme amérioain avec ses cycles perturbant une économie anglaise fondamentalement saine. Toutes ces crises sont la manifestation a' une économie fondamentalement malade, d'une économie en décomposition, et à tous les accidents du commerce mondial et, en premier lieu, aux variations de la conjoncture de l'économie américaine; ello n'a repris une apparence de vigueur au lendemain de la guerre que grâce aux énormes sacrifices des +-: travailleurs et à une aide américaine considérable, mais par sa structure mêmo, elle est appelée à connaître des convulsions encore plus grandes, uelques données essentielles en feront la démonstration.
On sait que lo capitalisme britannique au 19è siècle avait pu, après avoir battu le capitalisme francais, se permettre de supprimer son agriculture et de transformer la Grande-Bretagne en une vaste usine, avec des entrepôts et une flotte marchande, le tout lui permettant de produire et de transporter des marchandises au plus bas prix, tout en achetant à l' extérieur les matières premières et les aliments de ses ouvriers aux cours les plus bas. En outre, londres comme centre financier du monde était une source de revenus considérable. Mais de nouveaux concurrents ont surgi à la fin du 198 siècle. Par deux guerres mondiales, le capitalisme britannique a pu éliminer, au moins temporairement, la rivalité de l'impérialisme allemand, mais chacune de ces guerres l'a en même temps défavorisé par rapport " l'impérialisme américain. La dernière guerre lui a fait perdre non-seulement de nombreux marchés au profit de son concurrent yankee, mais a exigé • le sacrifice d'une trěs grande partie de ses avoirs à l'étranger. la flotte de commerce a été fortement diminuée. Enfin les mouvements d'émancipation les colonies ont entrainé eux aussi des pertes supplémentaires de capitaux et de revenus de l'impérialisme britannique. La deuxième guerre mondiale n'a été gagnée par le capitalisme britannique qu'au prix d'une perte de substance qu'aucun autre capitalisme dans le monde (sauf les Etats-Unis , bien entendu) n'aurait pu supporter.
Les travailleurs anglais qui se souvenaient des années de misère de l'entre-deux guerres, ont porté au pouvoir le Labour Party oomme le moyen de oréer une société nouvelle. Les dirigeants travaillistes, placés à la direction politique de l'économie capitaliste, ont élaboré un qui, en faisant appel à une aide temporaire de l'impérialisme américain , devait permettre à l'économie anglaise -dans le cadre du systéme capitalistede retrouver sinon sa place ancienne du moins des conditions fonctionnement à peu près normales. "Exporter ou mourir", tel était le dile dilemme du capitalisme anglais en 1945. S'il n'exportait pasy impossible L'acheter les aliments nécessaires à sa population et les matières premières nécessaires à ses industries. L'aide américaine devait permettre de ranchir le cap de quelques années, après quoi l'Angleterre aurait à nou -veau une balance de comptes équilibrée. Et le capitalisme à nouveau florissant devait graduellement mener au socialisme. Quel beau rêve! Mais ce ne
- 48 - pouvait être qu'un rêve.
"Exporter ou mourir". Les ouvriers furent appelés à produire, Tous le dire, c'est en Angleterre que leur montée a été la moindre los salaires furent bloqués, les prix devaient 1 8tre également et, (2). il Les restrictions étaient maintenuos : on dépensait le minimum de dollars, on continuait à se serrer la cointure.
Bien que sérieusement bombardée au cours de la gherre, la situation de l'Angleterre était encore bien supérieure au reste de l'Europe. La production ne connut pas d'interruption, Enfin, pour un bon bout de temps, l'Allemagne et le Japon étaieat hors de courac. Aussi,dans un monde qui avait besoin de tout et où coctaine avcient acounclé des capitaux au cours de la guerre, les marohandisue anglaises trouvèrent des achetere; les exportations anglaises oroissaient rapidement, En 1943, le volume atteint était égal à 147 % des exportations de 1938, Les rythmes prévus n" étaient pout-êtro pas exactement ohtonus , il y avait bien quelques petits accrocs. Mais, ayant succédé à Dalton qui arait été le pronoteur de l'argent à bon marché (ce qui était nécessaire ru tendrain de la guerre pour assurer une transition aisée de l'économie de germ 4 ? économie de paix), Cripps veillait à ce que l'économie et la burget de o9 Majesté britannigme suivent les plus rigoureuses règles des écoe mistes concoriatsurs, car, to t en palabrant sur la santé de l'économie anglaise, i), savais mieux que qu.conque que le tout ne tenait qu'à un fil. Isa marchés ue satureient , les Allemands et les Japonais retraient dans le danse. le capitaliene améri -cain, au fur et à mesure que les difficultés simonnelslats elfozcait de pénetrer sur les chasses du capitalisme bricanigua, eu notammept sur ses chasses gardées de la zone sterling. Les curviers ou toute la population laborieuse anglaise se fatiguaient d'ajortes des crans à leur ceinture.
Toute une série de chiffres domnit liou 3 des espoirs. L'Economio Survey de 1949 les enregistrait avec une satisfaction mal dissimuléo par le style officiellement neutre des documents provonant de Whitemll... Mais il y avait une ombre sur le tarieau. Un iise, dent il éplus rébarbatif à tout traitement: la preautirité alarait, dans cer» tait de plus en plus question dans les diecons, se neutruit de plus en taines industries elle reculait, alors qu il y avain ta extrime nécersité a co qu'elle s'élevât. Tandis que la procucsivié ava diato-Vais a augmenté d'environ 20 a 30 % au coura des dix dornières années, la producti» vité en Angleterre dans le même temps a fortement diminué, Le petit tableau suivant paru dans l'Economist (9 juillet 1949) est d'une éloquence si puissante que tout commentaire est superflu :
Nombre de semaines de travail d'an salarié pour gagner le prix de 5 objets britanniques standard Avant guerre Depuis la guerre
Maison standard ...
•••
•
Auto la meilleure marché
. . .
Moto la meilleure marché
•••
...
•
9 9 marché (en jours)
Costume d'homme le meilleur
Appareil de radio moyen
•••
....
••.
...
Ceci fut obtenu notamment grâce à une
(2)
une part elle garantissait à toute une
49 -
-
55.
1/2
1/2
7.
4 1/2
1/2 politique de subsides. D' série de capitalistes leuz...
- La revue de la Cité a établi ce tableau à partir des chiffres fournis par le Ministère du Travail britannique sur le salaire moyen d'un homme. On ne peut mettre en doute l'objeotivité de l'organe des capitalistes, mais on observera qu'au lieu de faire son tableau directement avec les salaires -ce qui aurait montré la chute du standard de vie des travailleursil l'a dressé en fonction de ce qui intéresse essentiellement les capitalistes, c'est-à-dire le rendement du prolétaire] *
Messieurs les capitalistes et leurs serviteurs des Universités, •de la presse... , s'acharnent depuis bien lengtemps à réfuter la théorie de la valeur de Marx. Ils ont invoqué toutes sortes de raisons, ils ont inventé toutes sortes de théories, mais dans leur vulgaire pratique quotidienne, individuellement et collectivement ils rendent son dû à Marx et à sa théorie de la valeur 1 2º te de trava11 social reste la seule mesure de la valeur marchandises; dans les compétitions entre capitalistes, à l'échelle internationale, on peut manipuler pendent quelque temps les monnaies, on peut fabriquer une zone sterling, on peut établir des barrières douanières, mais ce ne sont que des palliatifs. En régime capitaliste, les marchandises se refusent à écouter Keynes et Co ot ne reconnaissent qu'un seul étalon : la quantité de travail social qui
Best incorporée, et mènent entre elles une véritable course à la monLeur tre. Dans la nouvelle conjoncture économique mondiale qui s'installe, les marchés diminuant tant à l'extérieur qu'en Grande-Bretagne mône , cotte produotivité trop faible désavantage l'industrie britannique par rapport à son concurrent américain notamment et, derrière tous les succès dont se targuait Cripps, voici que pointe la menace de la mévente et, par conséquent, du chômage. Phénomène de triste mémoire peur les ouvriers an -glais qui se souviennent des années qui ont séparí les deux guerres diales pendant lesquelles le nombre des chômeurs en Angleterre n'est jamais descendu au-dessous du million et a généralement oscillé entre 1,5 et 2 millions. Dans ce domaine aussi, foin des belles théories de Beveridge sur le "plein emploi"; le marché du travail en régime capitaliste est soumis aux lois décrites également par ce Marx tant honni des éconumistes bourgeois. Une économie capitaliste, en temps normal, ne peut bien fonotionner qu'avec la présence d'une armée industrielle de réserve. Comme l'exprime en termes à l'humour noir bien tatolontaire l'éditorialiste de l'Economist : "Le plein emploi ne fonctionnera pas sans un million de chômeurs" (3). Les capitalistes songent à utiliser ce chômage pour profits, mais en même temps elle maintenait le prix des denrées essentielles. On ne s'étonne pas de voir les capitalistes anglais combattre cette politique de subsides.
(3) Dans le "plein emploi" qui sévit encore actuellement, il faut toutefois faire entrer plus de 800.000 hommes enrolés dans les foroes armées, soit environ 500.000 hommes de plus qu'en 1938. Autrement dit, le "plein emploi" au plus haut point de la conjoneture économique a' après guerre a comporté, par rappert à 1938, la mise sous l'uniforme đe 500.000 chômeurs qui, de plus, nécessitent de 1'Etat des dépenses
(aliments, habillement, logement...) dépassant largement la misérable allocation, le dole dont ont dû vivre de 1919 à 1939 plus d'un million de travailleurs anglais.
- 50 - pouvoir imposer aux travailleurs des conditions d'existence amoindries, pour riduito ainsi leurs prix de rovient.
Il n'y a pas de doute que les capitalistes anglais et les hommes " leur service recourront à toutes sortes d'artificos pour remedier à 1a cibion et co, d'autant plus résolument qu'ils orojent avoin à faire fave a a. situation temporairement endommagée et non à une situation irrémédiahianent compromise. Mais dans cette Angleterre qui a dominé le monde pendant un siècle et se trouve contrainte de battre en retraite, les pertes en conital et en revenus sont telles que toute mesure qui semble donner momeranónent un soulagement ne tarde pas à se retourner pour aboutir à une situetion plus gravo. Dans les conditiops présentes de la Grande-Bretagno, ou il y a un revenu national moindre à répartir, le conflit entre les classes no pont que s'exacerber et la criso évoluera inévitablement en une crise de régine. Le programme conservateur est des plus simplea, en dépit de la démagogie dans lequel il vient distre enveloppé et des oeillades grossières d'un Churchill aux militants des syndioats. Aucun ouvrier n'en sera dupe. Si les conservateurs 1'emportaient aux prochaines élections générales, ce ne serait pas en raison de leur programme mais uniquement de la politique des dirigeants travaillistes qui énerve les classes moyennes sans laur apporter quoi que ce soit.
Ceux-ci, comme nous le disions au début de cet artiole, dispohui encore les staliniens constituent une minorité insignifiante de la 3lessaient du point de vue politique, de conditions presque idéales. Aujourd' so ouvrière anglaise, et leur programme, la formule passe-partout du conmorge aveo l'Est, se trouve appliquée aux mieux des possibilités par le gouvernement anglais et démontro à qui y regarde de près toutes les limites do la politique stalinienne d'"indépendance nationale" (4). Le programne duire davantage, pour roplâtrer un édifico qui s'effondre de tout côté, le des dirigeants du Labour Party c'ost seulement produire, produire et proprofaire tonir dobout...avee lu chimérique ospoir de voir un capitalisme rénové cédant la place au socinlisme. C'est ce programmo qu'ils veulent frire appliquer aux travallleura qui, avec leur solide sens de olasse, comprednent qu'il faut prédisémont commencer par bonsouler définitivement l'crare social et commencer à construire le socialisme pour sortir l'Angleterre de la voie catastrophique sur laquelle le espitslisme l'entraino. (5).
La plasse ouvrièro anglaise a fait crédit aux dirigeants actuels du Labour Party. En quatre ans, malgré des conditions de vie difficiles et une maturation politique grandissanto, l'Angleterra n'a presque pas connu
(4) En Angleterre, bien plus encore qu'en Franco, les staliniens n'ont pas dissimulé que leur programme "d'indépendance national" comportait le maintien de cette "indépendance" par la conservation des domaines coloniaux. (5) Nous avons laissé de côté dans cet article toute la politique coloniale du gouvernement travailliste, car elle nécessiterait une étude spéciale. Disons seulement que toutes ses variations -depuis 11 "indépendanco' accordée aux Indes jusqu'à la répression contre les "bandits" de Malaisio, ces "bandits" qui veulent libérer la région de la zone sterling qui, par son caoutchouc et son étain, rapporte le plus de doliars -n'ont qu'un seul et même objectif:sauver le maximum des rapines de l'impérialisme britannique et permettre à l'économie capitalisto anglaise de connaître de nouvelles périodes de prospérité. - 51 - de grèves alors que de grandes luttes déferlaient en France, en Italie,. ct àux Etats-Unis. Ce qui a retenu les travailleurs anglais, c'est d'abord leur auto-discipline, leur désir de ne pas gêne: l'expérience faite par ce u'ils considéraient Otre leur gouvernement Mais leur patience a attoint ses limites et déjà se manifestent de plus en plus nombroux les signes annonciateurs de grandes batailles de classo. le pius éblatant a étá la grande grève des dockers londoniens déclenchée par solidarité envers les marins canadiens en grève. Pendant 24 jours cette grève qui a paralysé le port de Londres . s'est poursuivi en dépit do toutes les manoeuvres, du chantage à l'épouvantail communiste, de la signature de l'état d'alerte par leroi, etc. Ie gouvernement, utilisant la troupe pour remplacer les dockers dans certains traveux, voyait le nombre des grèvistes grandir et la grève menacer de s'étendre à de nouvelles corporations; par suite il hésita à recourir 8u X moyens "énergiques" qui réclamait la presse réactionnaire. Les grèvistes sont restés unanimes jusqu'au dernier jour et no sont rentrés que sur l'ordre de Iour comité de grève. Une fois de plus, los travailleurs anglais ont manifosté leurs qualités essentiolles : la ténecits, la capacité une fois entrés dans la bataille (ce qu'ils ne font qu'après avoir épuisé toutes les autres ossibilités d'obtenir satisfaction) de tonir très longtemps, de feire les lus lourds sacrifices pour obtenir la victoire. L'agitation se manifeste à présent plus particulièrement chea les cheminots.
Mais une des raisons qui, plus que le désir de ne pas gêner le gouvernement travailliste, retient aujourd'hui encore de larges couches de passivité ou de l'indiffórence, c'est le fait qu'un très grand nombre de ces travailleurs anglais dans une inaction qu'il ne faut pas prendre pour de la travailleurs a compris qu'il no suffisait pas d'engager des batailles pour de simples augmentations de salaires : celles-ci, les exemples du continent le leur ont largement montré, sereient sans lendemain si des transformations plus profondes n'étaient effectuées - des transformations qui soient tout autre chose que les nationalisations du gouvernement Attlee. Autrement dit, Le développement des luttes ouvrières en Angletero est aujourd'hui, dans une mesure importante, dépendant de la compréhension et de l'acceptation par de larges couches travailleuses d'un programme d'ensemble offrant des réponses claires aux problèmes posés par la situation de l'Angleterre. Nous 'aborderons pas, dans cet article, ce que doit être un tel programme; 110tons seulement qu'après le fait des nationalisations réalisées au cours des quatre années passées, la question du contrôle ouvrier est devenue un sujet très largement discuté parmi les travailleurs dans les industries nationalisées. Cela doit inévitablement poser les plus hauts problèmes de la structure de la société.
Mais quelle est l'organisation qui élaborera et défendra ce programme? Par sa structure même, le labour Party est l'organisation du prolétariat anglais, considáré par celui-ci comme son parti opposé à celui de son patron, le parti conservateur. Ia pregnatisme anglais a eu bien des effets néfastes sur le mouvement ouvrier de ce pays, du moins a-t-il évitó toute fantaisie théorique quant à "l'indépendance du syndicalisme". Pour le travailleur anglais, dans les conditione présentes, ure lutte pour améliorer son sort, c'est l'affaire de son parti aussi bien que de son syndicat. Or , il s'y heurte à une direction qui bloque toutes les possibilités de progrès. Clest pourquoi les luttes qui mûrissent sont également annoncées par le développement d'oppositions de gauche dans le sein du Labour Party. Le récent vongrès de Blackpool mené bureaucratiquement par la direction, a empêché ces oppositions non organisées de s'exprimez. Si des victoires acquises par
- 52 - dos nanoeuvros burenucratiques dans un Congrès pouvaient règler le sort đo l'humanité, les réformistes du monde entier nageraient dans une béatitude éternello. Meis la vie se moque de ce genre de victoires, Dans le Jabour Farty dos oppositions se manifestent, se cherchent, commencent mô:a à so constituer, Il seroit vain de penser que, dans ce pays où les prodessus sociaux se sont toujours développés très lentement, les travsilleurs •nglais résoudront rapidement et aisément leurs difficultés dans le domaino d'une nouvelle direction politique. Des forces considérables sont en jeu, qui pósoront dans des sens différents sur ce processus. Les développements qui se produiront au sein du labour Party auront sussi une influence qui dépassera de très loin les côtes britanniques. Dans une classe outrière mondiale qui a en grande partie fait son expérience du réformisme classique et qui a une expórience de plus en plus complète du stalinisne, la réussite ou l'avortement d'un courant révolutionnaire au sein du prolétariat anglais aura des répercussions profondes. l'avenir du mouvement ouvrier anglais peut être envisagó avue la plus grande confiance : de même que la criso de l'économie anglaise a impitoyablement écarté les "théories" des Koynes, Beveridge...et a justifié l'analyse commencé il y a un siècle par Marx sur le sol même de l'Angletorre, de même la crise politique et sociale de l'Angleterre, et sa conséquence, la crise de son mouvement ouvrier, écraseront Bevin ot des Bevan ; et dans la conscience des ouvriers anglais pénetrocont les enseignements révolutionnaires de Marx, et ceux de sós continur.= teurs, enseignements condensés sujourd'hui dans le programme de la IVè Internationale.
26 juillet 1949