par E. Germain
L'impérialisme mondial n'a pas pris une position d'ensemble en face de ce problème qui peut être décisif pour l'orientation future du glacis. L'impérialisme américain, engagé à fond dans sa politique de réarmement, a commencé à esquisserun véritable blocus du glacis et de 1'URSS, en ce qui concerne tout approvisionnement en machines-outils, alliages d'aluminium ou de métaux rares, etc.. L'existence de deux listes de produits pour lesquels les licences d'exportation au glacis sont soit interdites soit accordées seulement avec circonspection et grana retard, & été récemment dénoncée publiquement, entre autre dans un discours fort documenté de Vladimir Garaschenko, le chef de la delegation soviétique à la Conférence mondiale du Commerce de l'ONU à Genève ("New York Herald Tribune", 15 fétrier 1949). De même, à travers le mécanisme du Plan Marshall, une pression vient d'être exercée sur la Suède, dont les liaisons avec le glacis, surtout avec l'economie polonaise, sont fort intimes. De son côté, l'impérialisme britannique a guivi une orientation opposée, cherchant tout d'abord à s'assurer des marchés, en acceptant de fournir même des avions à réaction. Dans ces conditions, la politique américaine dite de "discrimination" a seule -ment abouti au remplacement des USA par la Grande-Bretagne en tant que fournisseur principal de biens d'investissement dans le glaois. Quant au rôle décisif que l'industrie de l'Allemagne occidentale en recons -truotion pourrait jouer dans ce plan, il dépendra en grande mesure de la politique des puissances d'occupation, et de la troisième phase du Plan Marshall qui, de l'aveu même de l'impérialisme américain, serait celle de la reconquête économique et politique du glacis.
En présence de cette situation, les dirigeants staliniens de 1'URSS et du glacis se sont résolus à deux sortes de solutions intermédiaires et temporaires pour résoudre les difficultés les plus immédiates dans la réalisation des plans d'investissements :
La) Trouver des cheminindirects et détournés pour participer quand même aux crédits américains. Souvent, il s'agit d'utiliser une complicité à peine voilée de certaines administrations américaines ellesmêmes. Ainsi, en fin janvier 1949 un accord commercial entre l'Autriche et la Hongrie a prévu la livraison , à des prix légèrement inférieurs à oeux du marohé américain, de 20.000 tonnes de seigle et de 3.000 tonnes d'huile par la Hongrie, en éohange de quoi l'Autriche mettait à la disposition de ce pays une partie de ses propres crédits en dollars pour (+) Voir "QUATRIEME INTERNATIONALE" , numéros de janvier-février et de mars-juin 1949 .
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1'o0k=* la coton aux USA. Des accords analogos ont déin été offorto " - autrune par la Roumanie et la Pologno. Ce cas est en même temps exemple tr*-. proposce aun le marché capitaliste réussit sinsi à exeraco sur le prix des produits du glacis.
Pour socroître leur poids dans les pourparlers avec les pays occidentaux, los pays de l'Europe orientale semblent avoir constitué un véri» table pool de leurs ressources exportables de céréales déclaration du ninistre britannique du commerce extérieur, Harold Wilson. - " Ne u e Zürcher Zeitung", 9 février 1949). Grâce à cela, l'URSS a pu offrir à la récente Conférence mondiale du blé près de 100 millions de quintaux: de blé, un cinquième des ressources mondiales totales exportables. Mais 1'utilité de cette mesuro dépend de la conjoncture économique mondiale et un effondrement prolongé du cours du blé frapperait durement les possibilités d'exportation, partant d¿industrialisation du glacis.
Mb) Passer à un début de mesures de coordination économique et obtenir certains crédits de l'URSS. Cette nouvelle orientation a surtout été illustrée par la constitution du Conseil d'Entraide Econámique au début de cette andáo. un accord typique dans ce genre est celui qui a été passé entre 1'URSS et la Tchécoslovaquie, prévoyant la livraison à crédit par L'URSS d'une quantité de coton brut, en échange de quoi la Tchécoslovaquie livrerait à l'URSS une partie des cotonnades manufacturées, gardant le reste pour sa propre consommation intérieure ou pour l'exportation vers les pays occidentaux. De même, un crédit en or et en devises a été accordé par l'URSS à la Pologne et à la Tchécoslovaquie (bien entendu à un taux d'intérêt de 3,5 %, soit 1 % de plus que le taux appiiqué par la Banque Import-Export aux USA pour des crédits à cort terme 3 exemple de marchandage qui illustre la déclaration mentionnée ci-dessus de Tito).
Ces mesures de coordination économique un peu plus générale avaient été préparées par trois tentatives, effectuées au cours de 1947 et de 1948, pour arriver, sur le plan d'accords bildtáreaux, au développement complétientaire de certains secteurs économiques. Ces tentatives sont constituées par les accords bulgaro-yougoslave, hungaro-yougoslave, et polonotchécoslovaque. Le premier, qui cadrait avec l'ensemble de l'orientation Tito-Dimitrof vers une Fédération balkanique abandonnée sur ordre de Moscou, n'a jamais trouvé une application sérieuse. La deuxième a eu des zésultats plus substantiels. Une véritable coordination avait été établie dans le secteur de l'aluminium; la Hongrie livrant un outillage et une fabrication prévoyant des usines complètes d'une valeur de 120 millions de dollars, recevant en échange 10.000 tonnes d'aluminium par an, fabricáno grace a l'électricité yougoslave à bon marché. La rupture de Moseou avec Tito et le blocus de la Yougoslavie ont gravement bouleversé l'économie hongroise, axée sur la collaboration avec la Yougoslavie, et la constitu -+-mn du Conseil d'Entraide Economique est également destiné à compenser les tas résultant de cette rupture. Enfin, l'accord polono-tchécoslovaue concernait surtout la synchronisation du développement de la métallurgie, la stant-art*. 'co. Récemment, un nouvel ao -cord enie ive ucux pays a preva La Cuno- d'une entreprise d'électricité charbonnière à Auschwitz. L'aide russe eu tehèque doit également permettre la construction à Gleiwitz, dans la Silésie anciennement ellemande, d'uno aciérie géante produisant 1,5 millions de tonnes d'acier par an.
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L'ensemble de ces mesures ne conduit cependant pas à une rupture les cadres nationaux de la planification et ne réunit pas l'ensemble des rugaources dans un pool unique, base indispensable d'une planification glo-
Aussi longtemps que subsisteront ces cadres nationaux, toutes les bale. mesures empiriques prises pour répondre aux symptômes de crise actuele, n' auront qu'une portée restreinte et n'élimineront pas les causes fondamen -tales des difficultés. LI HYPOTHEQUE RUSSE Même si leur portée est limitée, les mesures SUR récemment prises par la bureauoratie soviétique L'ECONOMIE DU GLACIS pour aider, fût-ce à un prix élevé, les pays du glacis à sortir des difficultés dans lesquelles +++++++ ils étaient empêtrés, n'en constituent pas moins la première admission tacite, de la part de Staline, que l'orientation suivie jusqu'à maintenant par l'URSS dans ses rapports économiques avec le glaois risquait de provoquer une véritable catastrephe.
Cette orientation se résumait très simplement ainsi : exploiter à l'extrême toutes les ressources de ces pays dans l'unique but d'accéle . rer la reconstruotion économique de l'URSS, sans considération aucune pour les besoins propres de ces pays. Elle était une expression tout à fait tyIgne du nationalisme petit-bourgeois borné de la bureaucratie soviétique car il était évident que la consolidation politique du glaois était incompatible avec son pillage économique systématique. Elle correspondait tout l'empirisme de la politique stalinienne qui se trouve obligée de "réaliser" à chaque moment un maximum de sans tenir compte des conséquences néfastes de ce genre de "réalisations" "profits" de ses sucoès temporairos, à plus longue écheance.
Voloi les éléments les plus importants de cette politique d'ex -ploitation des pays du glacis par la bureaucratie soviétique, qui constituent en même temps des obstaoles fondamentaux à une planification de leur économio :
La) Le paiement par la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie (8) de lourdes réparations ainsi que de frais d'occupation élevés , fixés par les conventions d'armistioe. Appliquant l'orientation dite des réparations prélevées sur la production courante, l'URSS imposa en fait in tribut pour de longues années sur la produotion de ces paya. Les répa -rations de la Hongrie se sont ainsi élevées en 1940-47 8 40,3 % du total de ses dépenses budgétaires, en 1947-48 a 28,4 % et en 1948 premier se mestre) à 14,8 % de ces mêmes dépenses. Ce tribut limitait à l'extrême La possibilité de constituer un fonds d'investissement et est la principal caison pour laquelle le Plan triennal hongrois se limite en fait à la reconstruction et maintient une struoture essentiellement agricole du pays.
Mb) La saisie en Roumanie, en Bulgarie et en Hongrie de l'ancienne propriété industrielle, bancaire et commerciale allemande, qui constituait dans chacun de ces cas une partie importante des secteursclefs de l'économie. Cette mainmise russe sur une partie des richesses na-
(8) Nous rappelons que cet article ne traito/de la Finlande, ni de zo-
Ones d'occupation russe en Allemagne et Autriche, qui ont également oonnu le pillage. - 22 - tionales de ces pays s'est surtout effectuée par la constitution anne séria de contétés mixtes, souvent adminiotikadirrotomcat par des organos soumis à 15 Commiseion da Plon A Ma cou, et échappant ainsi au reconsement de 1 6ccnemie "planifiée" du pays déterminés
To) L'application de tarifs préférentiels dans la conclusion d e traités commerciaux, soit par l'application de taux d'échange exagérés du rouble, soit par l'imposition de prix supérieurs à ceux du marché mondial. Un exemple parmi d'autres a été cité récemment par Felix Belair dans le New York Herald Tribune : l'accord commercial polono-soviétique de 1948 prévoyait l'octroi par l'URSS à la Pologne d'un vaste crédit on marchandises, en échange duquel la Pologne consentait à livrer à 1'URSS 6 millions de tonnes de charbon au prix de 1,20 dollar la tonne, au lieu du prix mondial qui varie de 14 à 20 dollars. Un autre exemple est celui de la fameuse "aide" donnée pendant l'hiver 1947-48 par Moscou à la TchécosLovaqule blé, facturé à un prix supérieur de 50 frappée par la sécheresse % à celui du marché mondial. et qui se composa de livraisons de
L'ensemble de ces mesures ne constitue pas sostément une charge supplémentaire pour ces pays déjà si rudement éprouvés par la guerre, mado également une perturbation majeure à l'effort de planification, a la parce que toute prévision sérieuse est impossible et que des éléments vi,taux de l'économie nationale sont soustraits à la coordination des planificateurs. Si Staline a accepté de relâcher un peu sa pression sur ces paye, c'est parce que la situation économique de 1'URSS s'est considérablement remise de sa crise de reconversion, et que l'expérience à montré à la bureaucratie stalinienne qu'une continuation de l'ancien cours paralyserait toute consolidation économique et politique et jouerait directement en taveur de l'impérialisne américain.
Ce changement de cours de la bureaucratie soviétique s'est manifestó depuis une demie année à la fois par la diminution des charges de réparations accordée à la Bulgarie, à la Hongrie et à la Roumanie, par les mesures d'aide en crédits esquissées plus haut, et par la remise à l'Etat bulgare de la propriété allemande saisie en Bulgarie. Cependant cos trois mesures, si ellesindiquent incontestablement une orientation nouvelle, n'ont nulloment été faites dans un esprit désintéressé par la bureaucratie.Nous l'avons déjà montré en ce qui concerne les crédits accordés par l' URSS . La remise à la Bulgarie de la propriété allemande saisie dans ces pays s'est faite par un accord de paiement, qui prévoit que la Bulgarie livrera pendant de longues années une certaine quantité de produits à l'URSS. Quant à la diminution des réparations, elle ne constitue qu'un arrêt relatif d' une cynique entreprise de spéculation soviétique à la hausse. En effet, l'accord sur les réparations fixait le paiement total à l'URSS par trois pays l/ités de 200 millions de dollars, payables en marchandises. les Mais le prix de ces marchandises n'était pas calculé sur les prix du marché mondial, mais sur ceux de 1938, majorés de 18 %, alors que la plupart dos marchandises avaient subi depuis 1938 une augmentation de prix de plus đe 100 % Ainsi la Hongrie devait encore, en juillet 1948, 131,4 millions de dollars, somme qui a été diminuée de la moitié. Mais si l'on tient compte de la haussedes prix qui s'était produite sur le marché mondial, la Hongrie, au lieu d'avoir livré des marchandises valant 68,6 millions de dollars, comme elles avaient été facturées, avait en réalité livré déjà pour quelque 110 à 120 millions de dollars. Il restait donc à payer effectivement quelque 80 milliöns; le nouvel accord "généreux" de l'URSS n'impose plus que 65,7 millions de dollars en marchandises, calculés
- 23 - sur la base dos prix de 1938, o'est-à-dire en réalité des marchandises pour une valeur de 90 a 100 millions de dollars. Le total des répara -tions payées se trouve ramené au-dessus des 200 millions fixés initiaLement.
L'hypothèque russe constitue en même temps un élément désorganisateur de la structure économique et de l'effort de planification de ces pays, ainsi que le montrent les conséquences de cette réduction des réparations en Hongrie. Dans un article paru dans le N° de juillet 1948 de la "Revue Economique soviéto-hongroise", Miklos Nyarady, ministre des finances, explique comment le gouvernement hongrois s'est efforcé de payer los réparations surtout en produits de l'industrie lourde. Les raisons qu'il invoque sont hautement significatives quant à la nature sociale de ces pays à l'étape actuelle, et aux différences qualitatives entre leur économie et l'économie soviétique:
"Le désir du gouvernement de faire supporter les charges des ; réparations par la sidérurgie et l'industrie mécanique a été egalement motivé par le fait que le fonctionnement à plein rendement de ces industries est par là (!!!) assuré. Ces industries avaient en effet commencé l'exécution des commandes qui leur avaient été faites dans le cadre des réparations. Si ces commandes avaient été annulées du fait de la réduction des charges de réparations, ces industries se seraient trouvées placées devant une situation fort embarrassante (1). L'écoulement (1) des articles déjà fabriques aurait pose raves problèmes, et la fabrication en série aurait dû être délaissée en faveur de la fabrication d'autres articles plus conformes aux besoins du marché (sio!)... Ce dernier bout de phrase, écrit après la seconde vague des nationalisations hongroises, en dit long sur l'étape à laquelle se trouve encore l'économie de ces pays. IA CONDITION Un élément décisif de la planification de l'économie est la libération des énergies OUVRIERE créatrices du prolétariat. En URSS, malgré
+++ l'écrasement de l'Oppositionde Gauche et l'étranglement des soviets, le début de la période d'industrialisation, au temps du premier Plan Quinquennal avait déclenché un véritable enthousiasme chez des millions de prolé -taires, que les ennemis les plus prononcés du régime soviétique (ofr. le livre de Kravchenko) n'arrivent pas à nier. C'est au fur et à mesure que cet enthousiasme & fait place à la passivité, puis à 1'hostilitó silencieuse, que la bureaucratie a o° eu de en plus recours à des méthodes de contrainte et au travail forcé. C'est une des ironies les plus tragiques de l'histoire que le socialisme, qui ne peut se construiro que sur la base du libre développement de l'initiative et de l'esprit d'invention du prolétariat, a, signifié dans la bouche de la bureauoratie la suppression même des maigres libertés de travail et de déplacement que le régime capitaliste avait aocordées ses prolétaites.
La démocratie ouvrière (participation des travailleurs & la gestion des entreprises, et contrôle par eux de la vie économique à tous les échelons) et la subordination graduelle de la planification aux besoins de la consommation (participation des travailleurs à l'élaboration,
- 24 - à l'acceptation, à l'application et à la vérification des plans) sont massos ressentiront l'effort de planification comme une charge à les deux conditions indispensables pour permettre sement des capacités créatrices des masses, Si elles font défaut, les un véritable épanouisdépens et deviendront l'objet de l'économie au lieu d'en être le sujet. Leur Leur opposition tacite déclenchent dans la bureaucratie des réflexes polioiers (travail forcé, condamnations, contrôle et espionnage, etc.). Toute l'évolution tragique de l'URSS est contenue dans la dialectique de oe processus. Dans le glacis, les dirigeants staliniens s'engagent aujourd'hui dans une voie analogue.
Les premières années d'après-guerre furent des années de souf-. franoes terribles pour les masses des pays du glacis, Les énormes destruotions provoquées par la guerre ; l'occupation allemande ; les combats dits de libération puis l'oocupation russe avaient provoqué une telle désagrégation de l'économie que la campagne n'envoyait pas de nourriture à la ville, dont elle ne recevait plus de produits manufacturés. Sans des efforts heroiques entrepris par les travailleurs et l'aide considérable de l'UNRRA, de vastes régions des Balkans auraient été littérolement dépeuplées. A ces fléaux s'ajoutaient encore l'inflation galopante nous avons décriteplus haut (9) , puis la perte catastrophique de deux gue récoltos qui créait de vastes zônes de famine comme 1 Europe n'en avait l'état sanitaire des populations civiles dans quelques pays européens é- plus vu depuis la terrible famine de 1921 en Russie. • Un "apercu prouvés par la guerre" eran pae plus frappé par la sécheresse i décrit la tragedie sans nom qui s'abattit , publié le 19 novembre 1948 par "la Documentation sur la Roumanie , pays
"On ne peut se faire une idée de la misère de la population Basont de toi batmo d 6 5500) roumaine en 1947 ; la famine règna dans toute une partio lu pays : dans certaines régions, des gens se nourris.c glaise.... On estime à 6 millions le nombre de personnes teulllage, d'écorces d'arbre et même de terre qui se trouvent à la charge de l'Etat en 1947-48. Voici quelques caspégtandon conséquences de la famine et de la misère qui règnent dans ce pays : 1º La disparition tale des enfants en bas âge dans certains districts...la tofortalité infantile.. atteint actuellement le taux de 80%. •.. 2º Une augmentation des maladies de toutes sortes et une forte élévation du taux de mortalité générale ; la maisons. 3º Une misère générale, propice au développe - voirie recueille les corps des morts placés devant les ment des maladies sociales... Selon les derniers renseignements fournis par le ministème de la Sante, 1 personne sur 12 est syphilitiquo..." Personne ne penserait naturellement à rendre les dirigeants staliniens responsables de cotte catastrophe naturelle, préparée par la misère sociale produite par le règne des boyars oublier qu'en URSS, grâce à la révolution prolétomienne, les années les roumains. Mais il ne faut pas plus dures avaient été passées sous un régime de communisme de guerre qui (9) Voir le No de Janvier Evrier 1949 de "QUATRIEME INTERITATIONALE"
- 25 - encantiasatu ne répartition équitable des rares prodits disponibles • Dans le glacis, a l'oxpptina do la Togolanta, Al en alla tout autromento Clest précisément pendant les années de famine que la bourgeoisie a maintonu une grande partie de ses positions écononiques, et toute letitude de spéoulation cynique. Cette orientation des staliniens, qui avaient voulu éviter la révolution prolétarienne ei passer par une étape de collaboration "constructive" avec la bourgeoisie, eut pour résultat de faire peser sur les masses pauvres de la ville et de la campagne, contrairement à ce qui s'étais passé en Russie, tout le fardeau d'une effroyable misère. Dans la revue "Probleme Economioi" de Bucarest (mai 1948), un spécialiste stalinien reconneit que, pendant ces années, tous les crédita gouvernomentaux aux régions frappées par la lemine avaient été préléndés par les indus -triels et les commerçants, qui s'en servaient pour faire passer leurs capitaux à l'étranger.
Vers io fin de 1947 (en Roumanie, vers le milieu de 1948 seulement), un changement conmenca à s'opérer dans la situation des masses laborieuses du glacio. Il y suffisait du retour à une situation agricole normale pour que disparaissent au moins les fléaux les plus graves de la famine. En outre cortains pays, surtout la Pologne et la Ichécoslovaquie, se trouvaient dans une situation fortement avantagée par suite d'une densité de population inférieure à celle d'avant-guerra, en raison de l'expulsion dos populetions allemandes, Aussi, le niveeu de vie des travailleurs qui en général (à l'exception de la Pchécoslovaquie on il était beaucoup plus élevé) se situait en 1946 à puine a 50 % du nivera d'avant-guerre, commena a se relever progressivement la situation de lamine pure et simple passée, une série de nouveaux besoins se faisaient naturellement Jou parmı travailleurs, allant souvent à l'encontre des préoccupations économi -ques des dirigeants staliniens. Passons rapidement en revue les facteurs les plus importants déterminant leur situation matérielle :
La) [= a V&11 i la réforme agraire n'ayant nullement liquidé la surpopulation au village, qui ne peut être absorbée que par une industrialisation intense, un grave problème de ohômage se posa en Pologne, en Hongrie, et en Roumanie. Pendant la période ai inflation galopante, le niveau extrêmement bas des salaires réels permettait l'embauche en masse de tout postulant dans les usines. Mais, dès que l'économie se remit à fonctionner normalement, et que des préoccupations de productivité passèrent au pre. mier plan, on se mit à licenoier en messe, le licenciement ser -vant en même temps d'arme politique pour se débarrasser des éléments oppositionnels, les statholiques officielles marguent plus de 130.000 chômeurs en Iongrie à la fin du printemps 1948. Fin septembre 1948, les mêmes statistiques reconnaissent encoze 80.000 chômeurs en Hongrie et en Pologne ("Revue internationale du travail"), Depuis lors, le ohônage semble avrir disparu en Pologne, Quant à la Roumanie, V.Toma estime dans " Le Peuple"(ler . mars 1949) que le nombre des chômeurs s'élève au moins à 100,000 au début de 1949. b) Coût de _la vie élevé : depuis la stabilisation monétaire, les prix ont grimpe lentement et sûrcont, exprimant le jeu normal de la loi de l'offre et de la demande. Les dirigeants staliniens ont dû admettre des augmentations périndiques des salaires mominaux, en retard considérable sur l'augmentation des prix. C'est ce qu'a dû reconnaître par exemple pour la Pologne Mino, dans - 26 -
10 0los Ludu" du 18 mai 1947:
*Tout ce que nous produisons avec effort, tout ce qui est accompli dans le domaine de la production, nous en sommes souvent frustrés dès qu'il s'agit du commerce et de la distribution. Malgré tous les efforts déployés...nous devons constater l'abaissement du standard de vie de la classo ouvrière (suite à la hausse des prix). Cette situation n'a changé en Pologne et en Hongrie qu'au cours de 1948, à la suite d'une récolte excellente qui aurait provoqué un et -fondrement général du prix des produits agricoles, si le gouvernement n' était intervenu par l'introduction du "prix unifié" du blé.
To) Crise de logements : C'est surtout en Yougoslavie et Pologne où ont été entrepris les efforts d'industrialisation les logement, générale dans le glamenés à travailler dans des régions où toute prévision de frappe terriblement les travailleurs. Ceux-ci sont souvent s-@gement à fait défaut et où ils sont obligés de trouver des solutions de fortune. Dans un récent discours, Tito en a donné quólques exemples effrayante: travail : L'élément le plus faible de plan stalinien est la lutte pour le rondement, dont les succès ne peuvent être qu'indissolublement liés au progres de la democratie ouvrière. Te nous 1 avons déjà esquissent situation économique c'est la voie opposée que prennent les dirigeants staliniens. de la Hongrie" (5 janvier 1949) constate que : "lors de la réforme monetaize, il avait été prevu que le rendement devrait equivaloir à 75 % de celui d'avant-guerre pour un salaire de 50%. Or, en 1947, le rendement travail n'a atteint que 65 % et le salaire a dépassé 75% de celui de 19.38..."
Les dirigeants staliniens ont choisi la voie habituelle et "... le gouvernement a donc!) fait appel au travail aux pièces...à des pri -nes, etc.". Ce système ne rapportant pas les résultats escomptés, Rakosi a commencé ses tirades cyniques des bureaucrates staliniens : les ouvriers sont "paresseux" (discours du 27 novembre) ; les directeurs d'usines "capitulent" (!) devant les ouvriers paresseux ; les normes de travail sont trop basses, "on ne peut pas manger l'avenir de la nation"eto.oto. Ces vitupérations ont été suivies par une augmentation considérable des normes de base. Les ouvriers ont réagi à leur tour en s'absentant le plus possible d'un travail au rythme épuisant. Là-dessus, Istvan Kossa, ministfe stalinien de l'industrie, s'écriant le 6 décembre à Debrecen
"les ouvriers adoptent une attitude terroriste (sic) envers les digue recteurs des usines nationalisées" a menacé les ouvriers du travail forcé... Une évolution similaire s'est également produite en TchécosLovaquie ou, dans certaines entreprises, le nombre d'heures perdues par le labsentéigme a atteint 30 % des heures de travail effectivement fournies. En face de cet état de choses, le premier ministre stalinien Zapotocki a à son tour menacé les ouvriers de travaux forcés, en octobre 1948, lors de la olôture de la session de l'Assemblée Nationale. Eniin en Roumanie, le ministre stalinien de l'industrie Chivu Stoioa, dans un discours prononcé le 25 décembre 1948 devant les ouvriers de l'usine Resita, la plus grande usine métallurgique du pays, les accuse de ne pas avoir accompli le plan et les dénonce comme des "agents capitalistes". "'Le Peuple", V. Tona, 1er mars 1949).
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En résumé, on peut dire que le niveau de vie des ouvriers tohéques, le plus élevé dans le glacis jusqu'en 1947, a connu son abaissement à partir de 1948 ; que celui des ouvriers yougoslavea et bulgares s'est tontoment relevé et a atteint celui d'avant-guerre ; que celul des ouvriers hongrois et polonais se trouve près du niveau d'avant-guerre mais que cos deux pays connaissent actuellement une paysannerie et une classe moyenne oitadine prospères qui fontentièrement défaut dans les autres pays, et que celui des ouvriers roumains est actuellement le plus bas.
Tito, qui a été obligé de s'efforcer de cimenter la base populaire autour de lui et qui, pour cette raison, s'est engagé dans une série tournées s'adressant direotement aux travailleure, & exactement caraotérisé l'attitude générale des dirigeants staliniens envers les masses du glacis dans le cadre de leurs préoccupations économiques, et en a aussi prononcé une condamnation en tout point exacte. Il reste seulement à savoir s'il tirera lui-même les conclusions pratiques de ses paroles :
"I1 faut apprendre aux masses, mais 11 faut également apprendre des masses. Si nous considérons leurs critiques comme injustifiées, nous n'apprendrons rien du tout... Nos communistes sont trop absorbés par la question de savoir combien de % du plan quinquennal nous avons rempli, combien d'ustnes nous avons construits. Mais nous ne prenons pas grand soin des hommes qui participent à ces grands efforts. Nous ne sommes pas toujours intéressés à leur vie quotidienne, comment ils vivent et quelle impression les événements font sur eux". Tito oritique sevèrement les dirigeants communiotoslocaux ou de districts qui "arrivent, joyeusement assis dans une auto, dans les villages pour y prononcer des ordres de manière dictatoriale.. Nous ne pouvons pas commander au peuple. Le peuple est habitué à se voir expliquer les choses. Il faut sortir de vos autos et re -garder dans chaque maison villageoise pour vous rendre compte comment les paysans vivent".. (10). (Discours au Congrès du PC croate, rapporté par le "'New York Herald Tribune" du 3 décembre 48) LES METHODES BUREAUCRATIQUES de leurs autos"• ont déterminé le cours Les gens qui "ne savent pas sortir PLANIFICATION de la planification, non seulement
Yougoslavie mais dans tous les autres pays du glacis. En URSS, une partie considérable de la nouvelle bureaucratie grimpée sur le dos du prolétariat eet originaire de la couche petite-bourgenise des anciens "spécialistes", Intellectuels et techniciens du régime d'avant la révolution. Dans le gleo18, où aucune révolution n'a détruit l'ancien appareil d'Etat et où les staliniens ont utilisé tous les éléments bourgeois et petits-bourgeois qui voulaient se laisser utiliser, le poids de coux-ci dans l'appareil économique est encore plus décisif. A cela s'ajoute que, pendant la pério-
(10) Les autos des bureaucrates semblent avoir frappé particulièromont l'imagination des masses du glaois. Toma rapporte que les ouvriers roumains se moquent du ministre stalinien Stoloa qui utilise 3 limousines eméricaines en disant iqu'il a oubiié comment on marche sur ses pieds".
- 28 - de de transition décisive, 11 exista en Russie une véritable dictature do trole rat, un du parti bolont de sur tapparu, 1e lan aitutre un controle striet du prolétariat sur les "spez" n'existent dane le glacia, et il s'ensuit une attitude enoore plus méprisante et ignorante envers la classe ouvrière de la part des "dirigeants de l'économie",
Un facteur supplémentaire dont 11 faut tenir compte pour juger dea méthodes de planification dans le glacis a été révélé récemment par 1 'hebdomadaire britannique "The Observer" (30 janvier 1949). Il indique que très récemment encore, la bureaucratie stalinienne n'avait aidé en auaune manière les différents "planificateurs" du glacis de son expérienoe considérable. Cette attitude était d'autant plus piausible ,que Staline n'ignore point que l'appareil geois ne cherchant qu'une occasion les pires gaffes ont été commises, ressouroea de beaucoup inférieures de ces pays est saturé d'éléments bourpour passer dans le camp ennemi. Ainsi et le glacis dispose aujourd'hui de à celles dont il aurait pu disposser.
Les tares bureaucratiques de la planification du glacis sont multiples. A l'exception de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, une couche large de bureaucrates ne s'est pas encore mise à écrémer les résultats des progrès économiques d'une manière comparable à la Russie. Mais à leur place se trouvent les éléments bourgeois et petits-bourgeois qui continuent à prélever la part du lion sur le revenu national augmentant lentement • L'incapacité et l'orientation fondamentale erronée et conservatrioe des dirigeants économiques ne peuvent pas ne pas :. limiter encore plus les potentialités certainement grandioses ouvertes par la nationalisation de l'industrie et des banques.
Décrivant onze points de faiblesses du plan quinquemnal yougoslave devant 1 'Assemblée Nationale, Kardelj énumère entre autres :
"Aussi bien dans la production houill.ère que dans la sidérurgie et dans la production des métaux non-ferreux, les plans initiaux furent fixés trop bas... Il a été fréquemment constaté que dans certaines entreprises, les machines ne furent utilisées que jusqu'à concurrence de 50 8 60 % de leur capacité... La quantité a été poussée au détriment de la qualité... L'Etat perd des ressouroes énormes par suite de gaspillage et d'une utilisation peu rationnelle du matériel... Dans une mine de charbon à Alexinatz, les coûta de production ont été tellement surévalués que l'entreprise avait prévu pour la fin de l'exercice une perte "conforme au plan" de 13 millions de dinars alors qu'au cours des 9 premiers mois elle a pu réaliser un bénefice extraordinaire de l'ordre de 10 millions de dinars..." "- ( " Booba ", 26 avril 1948 ) . A son tour, Hilary Mino , dans le "Glos Ludu" du 25 septembre 1948, attaque le bureaucratisme dans ces termes éloquente :
"Beaucoup de dirigeants de notre économie et parmi eux maints camarades ont pris l'habitude de vivre dans une sorte de monde artificiel, sans contact aveo la vie réelle. Ils se sont entourés de flatteurs (non?) et de "18cheurs" qui sont toujours a' accord (impossiblel), encensent tout le monde, applaudissent la moindre chose (jamais vu!) et masquent la réalité à ceux qui occupent des postes responsables. Beauooup de dirigeants de notre économie, et parmi eux nos camarades PPR sont arri- 29 -
Get intelligent se trouve enfermé dans l'enceinte des bâtivés ainsi à la conviction que tout ce qui est raisonnable ments administratifs" (cette formule vaut de l'or!).... Le même Mino dénonce cet état de chose comme un danger mortel pour la planification et démontre admirablement comment il se combine par "la symbiose des différents chaînons de notre appareil économique aveo 1' ennemi de olasse". Mais l'appareil lui-même n'a-t-il pas été éduqué dans oe sens par le Chef-Bien-Aimé en personne? Ce que la théorie peut encore constater, la pratique ne peut plus y rémedier, car l'appel aus masses baLayerait les bureaucratos, leur suffisance et leurs autos... tion, 11 se rapproche de plus en plus d'une société du type de l'U.R.S.S. Telle est, aujourd'hui, l'image du glacis: En pleine transformaMais les survivanoes du passé combinées aux produits de la politique stalinienne des dernières années créent encore des différences qualitatives entre son économie et l'économie russe, différences que nous avons essayé d'esquisser rapidement. C'est dans ce cadre hybride que se développe actuellement une planification elle-même hybride, qui se heurte de plus en riat a pu apporter de conviction communiste et d'enthousiasme révolutionplus aux limites étroites des frontières nationales. Ce que le proléta -neire aux premières années d'existence de l'URSS y font le pluş souvent défaut ; en échange, produités à une échelle plus élevée parce que se développant dans des trouvent reconditions de "gymbiose de l'appareil économique avec l'ennemi de clas-
•Cette formule d'Hjlary Minc, le plus intelligent des dirigeants staliniens du glacis, résume admirablement l'état actuel de ces pays. I1 précise le cadre dans lequel reprendra inévitablement la lutte proléta -rienne, dédaignant à la fois le drapeau de l'alliance aveo l'impérialiane et celut de la diotature stalinienne, Leurs des pays avancés, vers une véritable économie socialiste et une dé- s'avancant, avec l'aide des travai.mocratie prolétarienne.
10 mars 1949
ERRATUM
Dans la deuxième partie de cet article, publlée dans le N° de mars-juin 1949 de "QUATRIEME INTERNATIONALE" s'est glissée une erreur typographique malencontreuse.. Dans le tableau de la propriété agricole en Hongrie, reproduit 3 la page 17, il faut faut lire le second chiffre de la dernière colonne (la part de la superficie totale revenant aux paysans possédant de 5 à 10 arpents) comme 21,1% et non pas 27,1 % De même dans le paragraphe suivant qui récapitule les de ce tableau, lire : "les paysans moyens...possèdent plus de 35 % de la terre" ( et non pas : plus de 45 % ). données - 30 -