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La revue › vol. 7, n° 8-11

La trahison stalinienne en Grèce

Quatrième Internationale, vol. 7, n° 8-11 · octobre-novembre 1949 · p. 33-38 · 4 391 mots

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L'article suivant a été publié dans l'organe clandestin du Parti Communiste Internationaliste (section grecque de la IV• Internationale) Lutte Ouvrière, de juillet 1949, sous le titre « La situation présente et nos tâches ». Les événements ont confirmé depuis lors la dislocation du mouvement des partisans que la direction stalinienne a conduit à la défaite. Le Kremlin n'avait jamais envisagé la victoire en Grèce Depuis la guerre, il considérait ce pays comme entrant dans la zone d'influence anglo-saxonne, et il a utilisé le mouvement révolutionnaire greo simplement comme de la monnale d'échange dans ses tractations avec l'imperialisme Cette politique cynique arriva à son apogée avec l'affaire yougoslave.

Pour mieux lutter contre Tito, le mouvement des partisans grecs fut décapité de Markos et détourné de sa lutte contre Athènes. Il fut ainsi disloqué et démoralisé de l'interieur, au moment même où la réaction grecque, activement aidée par l'impérialisme yankee, redoublait de violence dans son offensive contre les masses et contre les partisans.

Staline a trahi en Grèce sur toute la ligne. C'est aussi la conclusion à laquelle arrivent aujourd'hui les dirigeants du Parti Communiste Yougoslave. Dans deux articles publiés par Borba (9 et 12 septembre), le général Voutchkovitch d'une part, et le général Tempo de lautre, ont formulé des précises sur la trahison du Kremlin et du Parti Communiste Grec. Le premier montre que, dans les dernières batailles de Vitsi et de Grammos, les partisans grecs adoptèrent exclusivement une tactique défensive qui accélera leur défaite. Voutchkovitch en conclut que le Kremlin et Zachariadès, intéressés beaucoup plus à la lutte contre Belgrade que contre Athènes, étaient en train de liquider sciemment « la lutte de libération populaire en rejetant la responsabilité sur la Yougoslavie ». L'article de Tempo s'occupe de l'ensemble de la polistalinienne en Grèce depuis la guerre, Il rejoint en tique partie la critique des trotskystes grecs et de la IV° Internationale. Tempo arrive à la conclusion que le Kremlin et le P. C. grec, sciemment, parce qu'ils considéraient que la Grèce appartenait à la zone d'influence anglo-saxonne, n'ont jamais voulu pousser la lutte jusqu'a la prise du pouvoir, et se sont maintenus dans le cadre de la collaboration aveo la bourgeoișie et des moyens parlementalres de pénétration dans l'Etat. « Nous nous trouvons, a dit Zachariades au Plenum • du Comité Central du P. C. grec en juillet 1945, sur un des points stratégiques des plus sensibles et des plus importants, sur une des arteres de communication de l'Empire britannique des plus vitales. Tant qu'existe l'Empire britannique cette artère doit exister et l'Angleterre fera tout ce qui est en son pouvoir pour la garder. »

« Le mouvement de libération a engagé dès le premier jour des efforts sincères en vue de réaliser l'accord et la collaboration avec l'Angleterre et de l'aider à surmonter les grandes difficultés, la crise qu'elle traverse en Méditerranée » (Cité par Tempo).

Déjà pendant l'occupation, les deux leaders du P. C. grec à cette époque Santos et Yoannidès déclaraient aux Yougoslaves : « La question de la lutte pour le pouvoir démocratique et populaire sera posée après la libération du pays. Si nous agissions autrement, nous donnerions à la bourgeoisie réactionnaire des arguments puissants, en prouvant de la sorte que le mouvement de libération nationale réalité pour le pouvoir et non pour la libération du pays. » (Cité par Tempo)

Au moment où le Kremlin négocie à l'O. N. U. avec les impérialistes la fin de la lutte en Grèce, il est nécessaire que le prolétariat international voit clair dans ce qui est advenu, depuis 10 ans deja, sous la direction stalinienne, du mouvement ouvrier d'un petit pays •qui n'a épargné aucun saorifice pour vaincre.

La récente décision de mettre bas les armes est venue confirmer la critique de toute la politique du P. C. grec et du Kominform qui ont utilisé l'héroïsme des masses pour les besoins diplomatiques du Kremlin et qui, aujourd'hui, tout en battant monnaie de ces sacrifices, abandonnent les partisans à la répression et essayent de détourner leur colère contre la Yougoslavie. Le présent texte est un bilan sévère de la trahison des masses grecques.

VANT de procéder à l'analyse de la situation politique dans notre pays, de ses tendances et des tâches qui en découlent pour le prolétariat et son avant-garde, il faut résumer brievement son évolution au cours des dernières années de la guerre impérialiste et après la « libération », évolution sanglante dont tous les travailleurs, tous les opprimés et en particulier tous les prolétaires et tous les membres du P. C. grec devraient tirer des enseignements recieux. L expérience d'hier nous aiders comprendre le présent et à envisager l'avenir d'une façon créatrice.

- Pendant l'occupation impérialiste, les larges masses prolétariennes, paysannes et petites bourgeoises, traquées et réduites à la misère, mais animées d'une magnifique ardeur pour se libérer de toute exploitation et oppression (de la part de l'Axe, ou de la bourgeoisie grecque) et pour effectuer une transformation sociale basée sur les intérêts et l'activité créatrice de la majorilé opprimée et exploitée de la population, se groupèrent autour du P. C. grec et de l'E. A. M. Désertant en masse les partis politiques bourgeois, elles isolèrent complètement les rares fidèles de la dictature et, après l'écroulement de la domination de l'Axe, remirent dans les villes et dans les villages, tout le pouvoir aux organisations qui. selon elles, luttaient pour • les intérêts du peuple opprimé.

2. - A ce mouvement à gauche des masses populaires révoltées corresponait une orientation idéologique et polilique de plus en plus droitière du P. C. (axe central de l'E. A. M. et fidèle agent de la bureaucratie soviétique) ; clique dirigeante non seulement ne dissipa pas les illusions des masses et ne développa pas leur conscience de classe et leur initiative, au contraire elle cultiva le nationalisme et les plus mortelles illusions sur le caractère « libérateur » de la guerre des " démocraties », ainsi que la nécessité de la collaboration des classes et de « l'Union nationale » avec les partis de la bourgeoisie, pour accéder, par une « voie pacifique », après la guerre, à un régime « populaire » et « socialiste ». Cette direction freina par tous les moyens l'initiative des masses (qu'elle réduisait au rôle de simples marionnettes) et réprima sauvagement tout opinion contraire, toute critique et toute trace de démocratie dans Ses rangs.

Rien ne saurait démontrer avec plus de clarté que le P. C. grec (en dépit de sa provenance plébéienne, de ses aspirations à gauche et de l'héroïsme incontestable de la plus grande partie de sa base) n'est pas un parti prolétarien révolutionnaire, mais un appareil 34 exclusivement bureaucratique au service de la bureaucratie soviétique, ayant une base et une influence de masse. Rien ne saurait d'autre part mieux dévoiler son opposition profonde à la révolution socialiste par les masses et pour les masses, qui abolira toute forme d'oppression et d'exploitation sociale à leurs dépens.

3. — Alors que les masses radicalisées, poussées par la logique de leurs intérêts anti-capitalistes et anti-impérialistes, donnaient tout le pouvoir au P. C. grec . (en qui elles croyaient aveuglément et qu'elles suivaient avec fanatisme), celui-ci obéissant aux ordres de la bureaucratie soviétique, fidèle aux intérêts de celle-ci, cherchait à partager le pouvoir — en parent pauvre — avec les partis bourgeois hais et dépourvus de toute influence (Liban Gazerte, etc.). Ces partis guidés par leurs propres intérêts de classe, s'apprêtaient, avec l'aide de leurs alliés impérialistes à concentrer tout le pouvoir entre leurs mains, à écraser le mouvement des masses groupées autour du P. C. gree et de l'E. A. M., à le désarmer et à soumettre celles-ci au régime de la violence et de l'exploitation capitaliste.

4. - Les masses se trouvèrent en décembre 1944 désarmées idéologiquement, confuses politiquement, sans orientation révolutionnaire. sans initiative. sans démocratie intérieure, leur instinct de classe obscurci par leur foi aveugle dans le P. C. grec et l'U. R. S. S.

Le moment était venu pour l'impérialisme et la réaction capitaliste indigène de les frapper. Décembre 1944 fut incontestablement le conflit le plus sanglant qu'ait connu le pays à notre époque, conflit provoqué par l'offensive de la réaction capitaliste et non par l'initiative révolutionnaire des masses. L'offensive de la réaction indigène et l'intervention de l'impérialisme étranger, la résistance héroïque des masses, la trahison de la direction stalinienne, l'assassinat des révolutionnaires par les staliniens, le choc sanglant des antagonismes sociaux, la rencontre des influences antagonistes Angleterre-U. R. S. S., et la première grande victoire de l'impérialisme indigène et étranger — en tout cela se résume décembre 1944. Ce n'est pas tant l'intervention impérialiste que la politique stalinienne qui donna la victoire à la réaction bourgeoise. Et non seulement la politique stalinienne qui précéda Décembre, mais celle de Décembre. Car, tandis qu'au cours du dimanche sanglant (3 décembre) les mitrailleuses de Papandreou, place de la Constitution, balayaient auiomatiquement (par les cadavres des manifestants qui jonchèrent le sol) toutes les illusions des masses, tandis que celles-ci désarmées, saignées, mais révoltées et toutes puissantes, brisaient les cordons des policiers, obligeant ceux-ci à se réfugier et à se barricader dans postes de police, tandis qu'elles les étaient maîtresses de toutes les rues centrales et du centre de la ville, tandis que s'allumaient en un clin d'œil

TERNATIONALE longs pourparlers stériles pendant plusieurs mois avec les bonzes syndicaux traîtres, création d'illusions en ce qui concerne les tendances démocratiques des Alliés, propositions de collaboration aux libéraux, « Front Démocratique », soutien du gouvernement Sophoulis, etc., ete.

Ainsi furent étouffées la conscience et l'énergie de classe des masses. Leur ardeur révoltionnaire s'épuisait en luttes parlementaires illusoires et sans résultat. La réaction capitaliste marqua de nouvesux points : dislocation du mouvement syndical ; élections du 31 mars 1946 ; plébiscite en faveur du réfablissement du roi, etc.

6. — La sauvagerie de la répression sanglante exercée par l'appareil d'Etat et par les bandes paragouvernementales contre les partisans du P. C. grec, de l'E. A. M. et de l'E. L. A. S. conduisit à la formation en 1946 d'un nouveau mouvement de partisans. Ce mouvement n'était pas l'apogée normale de la lutte de classe dans les campagnes, mais le résultat, d'une part, de la terreur sans nom exercée par la réaction capitaliste ascendante et, d'autre part, une lutte désespérée de militants des campagnes pour leur propre conservation.

L'extension du mouvement des partisans à une échelle englobant le pays tout entier et son renforcement en 19471948 s'expliquèrent par l'intensité et la rage de la répression et par la volonté des militants traques de défendre leur vie les armes à la main : ils ne coincidèrent ni avec un soulèvement agraire général dans les villages (où la réaction s'étendait de plus en plus) ni avec une montée du mouvement ouvrier dans les villes (qui, au contraire, marquait un fléchissement de plus en plus profond et passait par une période de chute et de marasme, non pas tant en raison de la terreur policière et de la suppression des quelques libertés syndicales qui restaient, qu'a cause de sa désarticulation provoquée par la politique stalinienne et le découragement des masses ouvrières, à la suite de grèves sans cohésion et sans résultats, buresucratiquement dirigées par les staliniens).

Spontané à ses débuts, le mouvement défensif armé des partisans jouissait des sympathies des larges masses opprimées des villes et surtout des campagnes. Mais lorsque plus tard la burenucratie stalinienne s'en empara, l'encadra et le dirigea, il en résulta, comme il fallait s'y attendre, une dégénérescence idéologique, politique et bureaucratique croissante de ce mouvement et son isolement complet des masses.

Ainsi la guerre des partisans prit une forme d'une guerre d'embuscades et d'usure, avec des méthodes de lutte bourgeoises et petites-bourgeoises (terrorisme individuel, mobilisation forcée, destruction d'installations techniques etde moyens de production au delà des besoins de la guerre, etc.). Sans régime de démocratie intérieure, sans orientation révolutionnaire, les staliniens se dé- dans Athènes et ses de classe et le désir dis qu'une angoisse taliste, la direction pas le prendre en masses révoltées cela ni le dimanch faubourgs la haine de vengeance, lanmortelle étreignait son gouvernement stalinienne ne voulut s'appuyant sur les et victorieuses. Et e, ni dans les jours suivants. Au lieu d'armer et de mobiliser les larges masses pour une vaste offensive générale contre le centre d'Athènes, où battait au ralenti le cœur du monstre capitaliste, elle s'est bornée à quelques escarmouches à la périphérie, en utilisant uniquement les formations organisées de l'E. L. A. S. En lan-cant les mots d'ordre conciliateurs • gouvernement democratique », prises de contacts avec les bourreaux impérialiste en vue d'une solution de la crise, etc.), elle se préparait déjà à trahir.

La réaction capitaliste réussit ainsi à gagner un temps précieux, l'impérialisme britannique put mobiliser des forces pour se porter à son secours, et la bureaucratie stalinienne, trahissant une fois de plus, livra le pays tout entier, ses propres masses et 80.000 soldats de l'E. L. A. S. à la merci de la réaction déchaînée.

5. - Mais si la réaction capitaliste remporta une importante victoire et déchaîna une terreur sans nom dans les villes et, bien davantage encore, dans les campagnes, elle ne put ni mater ni gagner les masses. En 1945 et en 1946, Je mouvement syndical présentait une montée importante. Les bonzes, agents de la réaction capitalistes s'y trouvaient complètement isolés grèves éclataient l'une après l'autre. Sur le terrain politique, les masses restaient groupées autour du P. C. grec et de l'E. A. M., et Athènes n'avait jamais connu de manifestations aussi monstres avec des centaines de milliers de travailleurs, comme celle du Stade et en particulier celle de Panathenaïque.

Cependant la bureaucratie politique et syndicale stalinienne soutenait en théorie la possibilité d'un cours pacifique, d'une évolution démocratique •« normale » du régime capitaliste vers un régime « populaire » et « socia•liste » (décisions du 7º Congrès). Sur 'le plan de la lutte politique et syndicale, elle faisait tout ce qui était en pouvoir pour miner la combativité son des masses : étranglement, suppression de la démocratie dans les syndicats, absence de coordination et de généralisation des grèves, abandon des revendications économiques et syndicales, la classe dominante, et ses alliés impérialistes impuissants à lui porter secours, quand existaient toutes les conditions objectives favorables au renversement du pouvoir capiet ses alliés impérialistes impuissants à lui porter secours, quand existaient toutes les conditions objectives favorables au renversement du pouvoir capi-

UATRIEME sintéressaient complètement d'un soulèvement agraire général et considé-raient les campagnes et les villages comme des sources de recrutement forcé en hommes et en matériel. D'autre part, la bureaucratie stalinienne ne fit non seulement aucune tentative de réorganisation du mouvement ouvrier dans les villes sur la base de luttes pour les revendications immédiates politiques et syndicales des travallleurs (qul, altalblissant le front intérieur de la bourgeoisie, auraient constitué l'aide la plus elicace aux partisans) mais elle l'abandoua completement. La guerre des partisans était promue au rang de mouvement autonome visant, paraît-il, à la prise du pouvoir, et les ouvriers et leur avant-garde devaient le renforcer en quittant les villes et en gagnant les monlagnes, les maquis. Poursuivant cette orientation fidèlement aux ordres du Kremlin, la direction du maquis se proclama « Gouvernement démocratique provisoire » du peuple. Cependant, ce gouvernement ne fut officiellement reeonnu ni par les « démocraties popuconnu ni laires » balkaniques, ni par l'U. R. S. S., et ne fut même pas soutenu efficacement alors, qu'au contraire, limpérialisme américaine soutenait et équipait

NTERNATIONALE britannique. Puis une deuxième tois,

•quand les délégués du Kremlin proposèrent et imposèrent au P. C. greo la politique « d'Union Nationale » et du

" Gouvernement National » (Liban.

etc.) et couvrirent de fleurs la guerre

« libératrice » et le rôle des « alliés » impérialistes. En troisième lieu, quand, en décembre 1944, le Kremlin ne proféra pas même une parole de sympathie.

ni ne fit un geste de solidarité à l'égard des masses populaires qui luttaient héroiquement contre l'offensive impérialiste (tandis que l'impérialisme britannique s'empressait de montrer de façon éclatante sa solidarité de classe l'égard de la bourgeoisie grecque). Une quatrième fois, lorsque le fameux

" gouvernement démocratique provisoire » (lui aussi une marionnette de la bureaucratie soviétique) qui, dans les montagnes, prétendait représenter la « Grèce libre » et le peuple opprimé de tout le pays, ne fut même pas reoonnu directement ou indirectement, ni soutenu efficacement, mais complètement abandonné à lui-même (dans ce cas aussi l'impérialisme américain montra pleinement sa solidarité de classe).

Tout cela prouve d'une façon irréfutable que la bureaucratie soviétique a purement et simplement utilisé et exploité les masses populaires grecques, leurs luttes, leurs aspirations, leur sang, pour réaliser ses propres buts de caste privilégiée de la société « soviétique », huts étrangers et opposés aux intérêts véritables du prolétariat soviétique et du prolétariat mondial (du prolétariat gree aussi bien entendu).

En réalite, dans leur lutte anti-capiLaliste et anti-impérialiste pour la révolution socialiste et leur émancipation sociale, les masses populaires grecques n'ont aucun Etat à leurs côtés ; elles ont pour elles (et cela importe avant tout) la solidarité de classe des masses. opprimées du monde entier.

8. — L'analyse que nous venons de faire de la politique stalinienne si funeste au mouvement de masses ne comporte pas la moindre exagération d'une « critique d'opposition ». il s'agit purement et simplement d'événements vécus dans leur réalité sanglante, avec leurs angoisses, leurs espoirs, leurs desillusions, par tous les travailleurs et tous les opprimés, ouvriers du

LE. L. A. S.

des partisans canable us tes avaleurs et tous surtout par les militants

P. C., de lE. A. M., de et du mouvement actuel

Mais la bureaucratie est toutes les déformations de l'histoire. de Nous nous bornerons donc à un petit nombre (nous pourrions en citer des milliers) de passages caractéristiques tirés de Rizospastis (1) et surtout des articles de Karagiorgis, « Autour de Décembre » :

« M. Churchill... sait que toute la Grèce, saut le petit seoteur de Zervas ainsi que la capitale étaient entre les

-

(1) Organe central du P. C. Grec. sane crap.. Gree.

très effectivement pitaliste d'Athènes tériel de guerre missions miltaires, le gouvernement ca-

(aide financière, maet toutes sortes etc.).

Bien entendu, cette politique vouait par avance la guerre des partisans à la dégénérescence et à la défaite. Notre parti avait d'ailleurs, dès octobre 1946, prévu cette évolution. « L'activité des partisans ne saurait à elle seule repousser l'offensive capitaliste. Livré à lui-même, à ses seules forces, le nouveau mouvement des partisans doit fatalement succomber. » (Voir brochure : Conférences-Discussions du Parti Communiste Internationaliste de Grèce et du P. C. grec, page 18).

7. — A la lumière de ces événements on peut voir clairement le rôle sinistre joué non seulement par l'impérialisme mais aussi par la bureaucratie soviétique à l'égard du mouvement libérateur du prolétariat et des masses epprimées. Rôle contre-révolutionnaire des deux côtés. Il est enfin temps que tout travailleur, et surtout les militants du P. G. grec, se débarrassent des illusions mortelles qui leur ont fait croire à la soi-disant sympathie et au soi-disant soutien accordés par le Kremlin au mouvement anti-impérialiste et anti-capitaliste des masses (mythe habilement créé par la clique bureaucratique du P. C. grec). Si le capitalisme a ouvertement et sans feinte combattu les armes à la main le mouvement des masses populaires grecques, la bureaueratie soviétique a trahi celui-ci sournoisement, l'a frappé, l'a poignardé dans le dos: D'abord quand Staline, avec les deux autres « Grands » à Téhéran, lecidait que la Grèce ferait partie de la sphère d'action militaire britannique et par conséquent de la sphère d'influence 36 capable de toutes les falsifications, toutes

N mains de l'E. A. M. qui, cependant, n'a pas pris le pouvoir.» Rizospasts de Trikala, 21 janvier 1945.)

• L'E. A. M. a toujours préconisé une solution démocratique normale et c'est en vue de cette solution qu'il s'est rendu au Liban et qu'il est entré dans le Gouvernement National, sacrifiant ainsi des positions importantes et des droits acquis. (K. Karagiorgis, Autour de décembre, page 10.)

u La Charte historique de Auanuque garantit aux peuples libérés de ! Durope le droit et la liberté de resoudre eux• mêmes la question de leur organisation « étatique ». Quand ils jugeront que la situation est suffisamment mare, réactionnaires grecs feront appel à leurs alliés étrangers et principalement aux Britanniques pour occuper le pays et rétablir l'ordre. Ils croient que nos grands alliés britanniques s'empresseront de répondre à leur appel. » (Rizospastis, 18 novembre 1944.) « Nous espérons que les gouvernements alliés, et avec eux le gouvernement britannique responsable désapprouveront les tristes agissements de MM. Leaper et Scoby. » (Rizospastis, 4 décembre 1944.) « Mais enfin que veulent de nous les Anglais ? " (Insondable mystère pour Karagiorgis). a Il est arrivé... ce fait étonnant, ce fait incroyable, qu'une guerre non-déclarée mais effective existe entre le grand empire britannique et le petit peuple greo... A nos côtés se trouve... le grand pays anglo-saxon, l'Amérique. » (Rizospastis, 17 décembre 1944.) « C'est ainsi, messieurs tes ministres, que nous envisageons le problème de la pacification du pays et du rétablissement des libertés populaires. Nous déclarons une fois de plus que nous sommes prêts à contribuer à la réalisation de ce but, condiMon préalable indispensable pour que le pays entre dans la voie de l'évolution démocratique normale. de la reconstruction et de la prosnérité. » (G. Siantos. - Rizospastis, Trikalon, 8 février 1945.) « L'accord (de Varkiza) a été signé, il assure la paix intérieure. (Rizospastis de Trikala, 14 février 1945). « L'E. L. A. S. doit déposer les armes. Maintenant s'ouvre une période de luttes politiques pacifiques » qui • sera couronnée par le succès éclatant des démocrates au plébiscite et aux électons. » (Rizospastis de Trikala, 16 février 1945), etc., et.,

9. - Tandis que la bureaucratie stalinienne du P. C. grec, par toute la politique que nous venons d'analyser, dupalt les masses et mentait honteusement sur le caractère de la guerre, le rôle « libérateur » des « alliés » impérialistes de l'U. R. S. S. et •« l'évolution démocratique normale ». notre Parti, petit groupe de militants prolétariens traqués par tous - les régimes oppresseurs et tyranniques (par celui de Metaxas sous l'occupation nazie, par VE. A. M. et après Décembre) versait son sang pour défendre les intérêts de •lasse des masses et la politique révoIntonnaire. Ses perspectives, sa ligne

TERNATIONALE étaient claires en dépit de quelques erreurs de détail, de quelques - lacunes et de ses faiblesses. « La participation de la Russie soviétique à la guerre, ne modifie en aucune façon le caractère impérialiste de celle-ci. Les Anglo-Américains viendront non pour nous libérer... ils viendront pour aider leur allié, bourgeoisie grecque, à reprendre pouvoir entre ses mains, pour nous ramener Georges de Glucksbourg. Quand ils seront là, ils remplaceront un joug par un autre. Les larges masses exploitées de notre pays n'ont rien à attendre des Anglo-Américains. Rien sinon nouvelles calamités et de nouvelles chaines. Leur futur débarquement fera naître de nouveaux dangers ; il faut y faire face avec énergie et courage. » (Le Proletaire, Janvier 1943.) « Grace à lécroulement du régime capitaliste et dans les conditions spécifiques de guerre et de l'oppression imperialiste etrangère, qui ont rendu veritablement infernale la vie des masses populaires, un mouvement populaire large, tumultueux, s'est développé, mouvement qui exprime la haine incommensurable des travailleurs et leur indignation envers de misérables conditions d'existence sous le régime capitaliste ainsi que leurs aspirations à un radical changement social, Ce mouvement (IE. A. M.) se trouve dans l'impossibilité de prendre un caractère de classe clair, résolu et conscient en raison de l'influence du Parti stalinien, dégénéré jusqu'a la moelle des os, et de tous les autres agents du capital dans le camp ouvrier qui distillent leur poison nationaliste et cultivent les illusions les plus dangereuses sur l'union nationale et les démocraties populaires. Dans ces conditions, notre défaite finale au cours des grands conflits de classe qui viennent, deviendrait inévitable. C'est seulement en nous affranchissant des illusions nationalistes et en adoptant une politique de classe que nous pourrons marcher d victoire. Par conséquent, pas de Front National mais un Front de classe des travailleurs, à l'instar de la bourgeoisie qui, elle, a réalisé son front de classe. Pas de lutte pour la libération « nationale », lutte pour la libération de classe. » (L'Internationaliste, octobre 1943.)

« Une nouvelle occupation a succédé à l'ancienne. Voilà le résultat final d'une lutte que ce pays a payée de son sang et de sacrifice inouïs. Le régime d'occupation anglo-americain, voila ce contre quoi doivent lutter maintenant les peuples " libérés » de l'Europe. Les impérialistes anglo-américains, après avoir blessé à mort leur adversaire, se tournent maintenant contre le mouvement des masses demandant du pain, la paix et la liberté et qui menace en s'ampliflant de jeter bas l'édifice vermoulu du capitalisme européen et de propager le feu de la Révolution au reste monde. Nos « grands amis et alliés » sont nullement les amis des travailleurs. Chaque jour qui vient mon- trera plus clairement ce que, dès le début, les communistes internationalistes ont proclamé : la lutte pour la libération nationale n'apportera pas aux masses la liberté mais leur fera changer de chaînes et de geôliers. C'est là l'unique vérité. » (L'Internationaliste, 30 novembre 1944.)

Les perspectives incontestablement justes de notre Parti que nous venons de citer auraient été suffisantes pour rallier après décembre à ses idées et à son drapeau toute une série des meilleurs éléments de l'avant-garde ouvrière, si la bureaucratie stalinienne, entre autre crime, n'avait étranglé la démocratie au sein du mouvement ouvrier et n'avait empêché, en usant de la plus extrême violence (allant même jusqu'à l'assassinat de nos militants), nos idées de pénétrer jusqu'aux larges masses des militants du P. C. et de l'E. A. M., si elle n'avait anéanti l'esprit critique de l'avant-garde, corrompu les critères politiques du prolétariat, abaissé considérablement le niveau de sa conscience de classe. Les prolétaires du P. C. qui liront ces lignes et seront d'accord avec nous, devront lutter avec opiniâtreté partout où ils se trouveront pour faire condamner cette politique, certains que de cette façon ils contribueront dans une large mesure à l'effort difficile et dramatique de regroupement du mouvement ouvrier autour d'une nouvelle direction révolutionnaire qui se base sur les enseignements précieux acquis au prix des sanglantes expériences récentes. (A suivre.)

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