La chute du régime de Tchang-Kaï-Chek, à la suite des victoires remportées par les armées paysannes de Mao-Tsé-Tung, le leader phase de la révolution chinoise au XX* siècle. dul Parti Communiste Chinois, ouvre objectivement une nouvelle
La première phase date de 1911, quand la bourgeoisie naissante, guidée par Sun-Yat-Sen et le parti qu'il fonda, le Kuo-Min-Tang, renversa la dynastie mandchoue qui régnait sur le pays depuis 1644. Cependant, la faiblesse politique et économique de la bourgeoisie chinoise, à cette époque, ne lui permit pas de consolider son pouvoir à l'échelle nationale et d'empêcher que celul-ci tombe entre les mains de satrapes militaires régionaux.
Immédiatement après la fin de la première guerre mondiale, la bourgeoisie chinoise, renforcée entretemps par le développement des forces productives du pays et du capitalisme, reprit aveo succès sa marohe vers la centralisation du pouvoir entre ses mains, en partant de ses fortes positions dans le Sud du pays et dans les grands centres urbains. Parallèlement au renforcement de la bourgeoisie se déveprolétariat chinois et son organisation syndicale et poliloppalent le tique. L'influence de la Révolution d'Octobre accélèra immensément oe processus. De 1919 à 1920, les grèves se succèdent en Chine, des syndicats s'organisent. En 1920 nait le Parti Communiste Chinois qui acquiert vite une très grande influence dans le jeune prolétariat chinois et dans la paysannerie pauvre.
En 1925 commence la deuxième phase de la Révolution chinoise. Les masses ouvrières et paysannes font une irruption violente sur la scène politique et exercent une pression accrue sur la bourgeoisie représentée par le Kuo-Min-Tang. Il s'agissait d'obtenir, sans nouveaux délais, la solution des problèmes de caractère bourgeolsdémocratique (unification du pays, réforme agraire, indépendance nationale) que le pays devait impérieusement affronter.
La politique du Parti Communiste de l'U. R. S. S. et de l'Internationale Communiste fut divisée sur cette question. La direction Boukharine-Staline mit en avant la théorie menchevique de la révolution par étapes et décréta que les problèmes bourgeois-démocratiques par conséquent la direction politique de cette première phase devali seraient résolus par la bourgeoisie aldée par le prolétariat appartenir à la bourgeoisle et à son parti, le Kuo-Min-Tang. Le rôle du Parti Communiste Chinois, en tant qu'organisation et politique indépendante, était superflu et même nuisible : le Parti Communiste devait se subordonner au Kuo-Min-Tang et se dissoudre dans celul-ci. Cette politique de trahison fut imposée aux communistes chinois, malgré la lutte vigoureuse mené par l'Opposition de Gauche russe, et Trotsky en particulier. Cette politique aboutit en 1927 à l'écrasement du mouvement révolutionnaire des ouvriers et des paysans ohinois, et à l'installation du régime dictatorlal de Tchang-Kaï-Chek.
Les lettres que nous publions ci-dessous 1928 et se rapportent aux événements qui marquèrent la de la Révolution chinoise de 1925-1927, à l'estimation de ces événements ainsi qu'au caractère et aux tâches de la troisième Elles permettent, d'autre part, d'apprécier la façon dont furent posées les questions de la Révolution chinoise dans son ensemble, non seulement entre la d'rection Boukharine-Staline et l'Opposition de Gaumais à l'intérleur même de celle-ci, Préobrajensky appartenant au centre directeur de notre fraction en U.
L'insurrection de Canton dont il est question dans ces lettres eut lieu le 11 décembre 1927, plusieurs mois apros que Tchang-KaiChek, leader du Kuo-Min-Tang Moscou comme un « camarade » et un dirigeant de la « Révolution démotratique-bourgeoise ») eut a trahi ».
Dans la ville de Canton, 4.200 hommes armés, dont 1.200 militants et 8.000 ouvrers, sous la direction d'un « Soviet des Ouvriers, Paysans et Soldats > qu'ils avalent proclamé et qui assura pour 50 heures environ le pouvoir dans la ville, affrontèrent, dans un héroique combat désespéré, une armée de 50.000 hommes que Tchang-KaiChek lança contre eux.
Pour affronter la nouvelle phase de la Révolution chinoise qui s'ouvre astuellement, toute politique révolutionnaire doit prendre em considération les enseignements des événements et de la politique suivie dans les années 1925-1927.
La Chine est un pays où, malgré les survivanoes féodales, les relations économiques dominantes sont capitalistes : développement extraordina rement rapide de l'industrie par le capital oommercial et bancaire ; dépendance complète des plus importantes régions agricoles envers le marché ; rôle énorme croissant du commerce extérieur ; subordination multiple du village chinois à la ville. En Chine, Il n'existe pas une caste féodale des propriétaires terriens opposéa à la bourgeoisie. Le type d'exploiteur le plus répandu et le plus hal dans les campagnes est le koulak usurier, l'agent du capital financier dans les villes.
Pour toutes ces raisons, la solution de tous les problèmes impérieux auquel le pays doit toujours faire face — unifiostion nationale et indépendance de l'impérialisme ; réforme agraire — ne pourra se trouver dans aucun régime interméd aire « démocratiquebourgeois », dans aucun compromis avec la bourgeoisie ou Pimpérialisme, mais uniquement dans la dictature du prolétariat allé à la paysannerie pauvre, dictature seule capable d'imposer les mesures nécessaires pour atteindre de tels buts.
Les staliniens chinois : s'engagent à nouveau dans la voie du compromis avec la bourgeoisie et l'impérialisme et envisagent une période de développement de la Chine avec des relations économiques capitalistes contrôlées par un gouvernement e démocratique-populare » ; cette politique ne peut que frustrer une fois encore la victoire des masses ohinoises. Mais il faut compter avec l'intervention inévitable de celles-ci.
La Chine entre dans une longue orise révolutionnaire. Les répercussions en sont déjà énormes dans tout le monde colonial asiatique, ainsi que sur le rapport de forces entre l'impérialisme et la révolution.
Nous aurons à revenir souvent sur les développements de la nouvelle phase de la Révolution Chinoise, à les suivre attentivement, à les étudier, et aussi à les exp oiter au mieux pour assurer, celte fois-oi, le triomphe de cette Révolution. Première lettre de Trotsky à Préobrajensky
A Pravda publie, en plusieurs feuil L letons, un long article intitul
• La signification et les leçons d l'insurrection de Canton =. Cet articl est vraiment remarquable à la fois pou les informations de première main pré cieuses et vériflées qu'il conlient pour sa claire exposilion de contra dictions et d'une confusion qui son d'une nature principielle.
Il commence par donner une estima tion de la nalure sociale de la révolu tion elle-même. Comme nous le savon tous, c'est une révolution démocratique tous, besa le revoraton dentouraugue bourgeoise, ouvrière et paysanne. Hie on la supposait se développant sous bannière du Kuo-Min-Tang, aujourd'h elle se développe contre le Kuo-Min Tang.
Mais, de l'avis de l'auteur, la revo lution et même loute la politique of cielle, conservent un caraclère démo cratique bourgeos. Passons ensuite chapitre qui traite de la politique d 50 .50 pouvoir soviétique. Nous y trouvons que " dans les intérêts des ouvriers, le Soviet de Canton publia des décrets élablissant... le contrôle ouvrier sur la produclion, réalisé lés d'usines (el)...
la grande industrie, des banques ».
Il continue par lu moyen de comia nationalisation de des transports et l'énumération des mesures
SU de tous les ivantes
« La confiscalion bourgeoisie disposition
Ainsi les pour qu'ils soient mis à la des travailleurs...
ouvriers ava ent le pouvoir à Canton, par leur Soviet. En fait, le pouvoir était entre les mains du Parti communiste, c'est-à-dire du parti du prolétarial. Le programme comprenait non seulement la confiscation de ce qui pouvait encore rester de propriété féodale en Chine, non seulement le contrôle ouvrier sur la production, mais aussi la nationalisation de la grande industrie, des banques et des transappartements de la grande poris, ainsi que la confiscation des appartements des bourgeois et de toute leur propriété pour qu'ils soient mis • la disposition des travailleurs. La asposion question suivante se pose : si telles sont les méthodes de la révolution bourgeoise, à quoi ressemblera la révo-
TERNATIONALE arriver & la conclusion que la formule de la révolution démocratique bourgeoise est une formule viable. L'insurrection était évidemment inopportune.
Elle Tétait. Mais les et les programmes inevitablement furent surrection dans toute de classe forces découlent qui en révélés par l'in-
Jeun validité leur validité. La meilleure preuve en est qu'il élait possible et nécessalre de prévoir à l'avance le rapport des forces qui fut dévoilé par l'insurrection de Canton. Et ceci Et ceci fut prévu.
Celle question est intimement liée à la question primordiale du Kuo-MinTang, Incidemment, lauteur de l'article raconte, avec une visible salisfaction, qu'un des mots d'ordre de mols l combat du soulèvement de Canton était : * A bas le Kuo-Min-Tang! • Les bannlères et les insignes du KuoMin-Tang furent déchirés et piétinés. Mais récemment encore, même apres la * Irahison • de Tchan-Kai-Chek et après la • trahison » de Wan-Tin-Wel, nous entendions les déclarations solennelles : " Nous n'abandonnerons pas la bannière du Kuo-Min-Tang ! " O, ces pauvres révolutionnaires
Les ouvriers de Canlon mirent le Kuo-Min-Tang et toutes ses tendances hors la lol. Qu'est-ce que cela implique t Cela implique que pour resoudre les tâches nationales fondamentales, ni la grande bourgeoisie ni non plus la petite bourgeoisie n'ont pu fournir une force permellant au parti du prolétariat de résoudre en commun avec lui les lâches de la • révolution démocratique bourgolse ». Mais " nous » négligeons les millions et les millions de paysans et la révolutlon agraire... Objection pitoyable.. Car la clef de toute la siluation réside précisément dans le fait que la tache de la conquête du mouvement paysan incombe au prolétariat, c'est-àdire directement au parti communisle el celle lache ne peut pas en réalité etre résolue autrement qu'elle ne l'avait été par les ouvriers de Canton, c'est-àdire sous la forme de la dictature du prolélariat dont les metnodes se transforment, des le debul meme, Inévitablement, en méthodes socialistes. Réciproquement, le sort général de ces méthodes ainsi que de la dictature dans son ensemble est décidé en dernière analyse par le cours du développement mondial, ce qui naturellement n'exclut pas mais au contraire presuppose une juste politique de la pari de la dictature prolétarienne, politique qui consiste à fortifier et à développer l'alliance des ouvriers et des paysans et à s'adapter en tous ponts aux conditions nationales, d'une part, el au coure du développement mondial, de l'autre.
Jouer avec la formule de la révolulion démocratique bourgeoise, après l'expérience de l'insurrection de Canton, c'est marcher à l'encontre de l'Octobre Chinois, car des soulèvement révolutionnaires, quels que puissent etre l'héroisme et l'esprit de sacrifice, ne peuvent être viclorieux sans une orientation politique générale correcte.
Jution socialiste en autre classe pourrait leversement et par mesures différentes
Chine 2
Quelle effectuer le bouquelles sortes de
Nous remarquons que, dans un développement réel de la révolution, la formule d'une révolution démocratique-bourgeoise, ouvrière et paysanne appliquée a la Ghine dans ca presente periode, au stade donné du développement, est une formule creuse. une fiction, une bagatelle. Ceux qui insistaient sur cette formule avant linsurrection de Canton, et surtout ceux qui insistent sur elle maintenant, apres l'insurrection, répèlent (dans des conditions dittérentes) la faute principielle commise par Zinoviev, Kamenev, Kykov et les autres en 1917. On peut objecter que la révolution agraire na pas encore élé résolue en Chine | C'est vrai. Mais elle n'était pas plus résolue dans notre propre pays avant l'instanration de la diclature du prolétariat. Dans notre pays, ce ne fut pas la révolution démocratique bourgeoise mais la révolution socialiste prolétarienne qui réalisa la révolution agraire, laquelle était, de plus, beaucoup plus profonde que celle qui est possible en Chine, étant données les conditions historiques du système chinois de propriété terrienne. On peut dire que la Chine n'est pas encore more pour la révolution socialiste. Mais ce serait une manière abstraite et figée de poser la question. La Russie, prise en soi, était question. La Russie, prise en soi, étaitelle donc müre pour le socialisme La Russie était müre pour la dictature du prolétariat comme la seule méthode capable de résoudre tous les capionaute maise concerne
: mais en ce qui concerne le développement socialiste, celui-ci, dépendant des conditions économiques et culturelles d'un pays, est lié indissolublement à tout le développement futur de la révolution mondiale. Ceci s'applique en tout et en parue a la Chine egalement. Si hull a dix mois plus tot, ce n'était qu'une prévision (plutot tardive), aujourd hui cest une déduction irréfutable de l'expérience du soulèvement de Canton. Il serait erroné de plaider que le soulèvement de Canton étail grosso modo une aventure et que les réels rapports de classe s'y reflélaient sous une forme déformée.
En premier lieu, l'auteur de l'artiele ci-dessus , mentionné ne considère pas du tout l'insurrection de Canton comme une aventure, mais comme une étape tout à fait légitime dans le développematin a et roton cone dent. ment de la révolution chinoise. Le une révolution démocralique bourgeoise à une approbation du programme d'acton du gouvernement de Canton. Mais, même en estimant que l'insurrection de
Canton était un putsch, on ne peut
Certes, la révolution chinoise est • passée dans une nouvelle phase plus élevée » - mais ceci est Juste non dans le sens qu'elle jaillira demain ou
Jour suivant, mais dans le sens qu'elle a révélé le vide du mot d'ordre de la révolution démocralique bourgeoise. Engels a dit qu'un parti qui manque une situalion révolutionnaire et subit par suite une défaite se transforme en un zéro. Ceci s'applique également au parli chinois. La défaite de la révolution chinoise n'est en rien plus petite que la défaite en Allemagne en 1923. Bien entendu, nous devons comprendre la référence au * zéro » d'une manière sensée. Bien des choses annoncent que la prochaine période en Chine sera une période de reflux révolutionnaire, un lent processus d'assimilation
E considère inopportun que vous souleviez la question chinoise. Pourquol ?
Parce que, selon toutes les indications, la révolution chinoise est dans une étape de reflux. Nous avons beaucoup de temps avant une nouvelle monlée Pendant ce temps, nous aurons beaucoup d'occasions d'étudier fondamentalement l'histoire chinoise, sa vie économique actuelle, les rapports de classe et la dynamique du développement de tout le pays. Comme vous le savez, il n'y avait jamais l'unanimité parmi nous sur la question chinoise. Ni Radek, ni Smilga, ni mol-même ne sommes d'un age à changer nos points de vue sous P'influence de nouveaux arguments en polltique (encore moins sous l'influence de la répétition des vleux arguments). Nos points de vue ne peuvent être influencés que par des faits nouveaux d'une importance déciaive. Si l'insurrection de Canton était une aventure — et indiscutablement c'en était une car ce n'était pas une entreprise provenant du mouvement des masses — comment une telle entreprise peut-elle créer une situation nouvelle, un point de départ pour une nouvelle expértence et pour une réestimation de toutes les conceptions antérieures 2 Il est inadmissible de considérer l'Insurrection de Canton comme une aventure et, en même temps, d'essayer de l'utiliser pour procéder à une telle réest mation.
J'avoue sincèrement que, selon toutes les apparences extérieures, je sortis battu de ma controverse avec vous sur la question chinoise de crois que c'était au début ou au milieu de novembre 1927) mais je ne fus pas convaincu Plus d'une fos depuis lors j'ai médité sur ces thèmes, mais ma conclusion reste toujours la même : vous toulours la même vous avez tort. Voici brièvement mon polnt de vue. Votre position n'est forte que dans l'impression extérieure qu'elle produit, que dans sa simplicité schématique et sa clarté, mais elle n'est pas viable. L'analogie faite avec la marche de notre révolution parle non en votre faveur mais contre vous. Nous avlons eu une révolution bourgeoise battue en 1905.
Bien que la bourgeoisie, même à cette
TERNATIONALE des legons des plus cruelles défaites, el par conséquent d'affaiblissement de l'influence directe du parli communiste. D'où il découle pour celui-ci la necessité de tirer des conclusions profondes dans toutes les questions de principe et de taotique. Et ceci est impossible sans une discussion ouverte et complète de toutes les erreurs fatales commises jusqu'à présent. Bien entenda cette activité ne doit pas lourner en une activité menant à l'isolement. Il est nécessaire de tenir fermement la main sur le pouls de la classe ouvrière afin de ne pas commettre d'erreurs d'appréciation des rythmes et non seulement de savoir reconnaitre une nouvelle vague montante, mais aussi de s'y préparer à temps.
mis en ive, tel que celui qu: assura l'élimination sourgeoisie proceant a une me. acifique des résidus féodaux en Allemagne près la révolution battue de 1848. En ré umé : la Chine a encore à faire face à ne lutte colossale, âpre et prolongée pour 11 es choses aussi élémentaires que l'unißation nationale de la Chine, sans parler du Chine. parler du roblème colossal de la révolution démoratique bourgeoise agraire. Il n'est pas sossible aujourd'hul de dire si la petite
Réponse de Préobrajensky
Réponse de Préobrajensky époque, se fut révélée une force contre-révolutionnaire (pendant le soulèvement de décembre), notre parti orienta le prolétariat vers une nouvelle révolution démocratique bourgeoise, comme étant une étape néces saire à la lutte ultér eure pour le socialisme, avec un nouveau rapport de forces. Lenine avait-il tort ou raison quand, même en 1915-16, e'est-à-dire après avoir mis en avant le mot d'ordre de transformation de la guerre impéria iste en guerre civile, il considéra nécessaire pour la Russie, pendant la première étape, de s'orienter vers la révolution démocratique bourgeoise et non vers la dictature du prolétariat ? Et il estimait puérile la position de Boukharine et de Piatakov (qui parlaient de mettre en avant le mot d'ordre d'une révolution social'ste directe). Je pense que Lenine avait raison. Et c'est seulement après que la révolution démocratique bourgeoise fut réalisée mais non complétée, en Février que Lenine mit en avant le mot d'ordre de la dictaturé du prolétariat, le mot d'ordre de In révo ution qui doit, en route, compléter la révolution démocratique bourgeoise et passer à la reconstruction socialiste de la société. En attendant, les deux révolutions chinoises ne nous ont pas encore donné ce que nous avions obtenu de Février seulement, n. dans le sens des conquêtes maté. riel.es, ni, ce qui est plus important, dans le sens de In création des conditions pour l'organisation de soviets d'ouvriers et de paysans sur une très grande échelle, ce que nous avions obtenu imméd atement après la chute du tsarisme. D'autre part, je ne erols pas que, dans la Chine d'aujourd'hui, #l y ait un mouvement dans le sens de la bourgeoisie procédant d'une manière évolu-
QUATRIEME LIN bourgeoisie chinoise sera capable de créer une espèce quelconque de parti semblable * nos s. r. (soca Istes-révolutionnaires) ou si de tels partis seront créés par des drolters rompant avec le parti communiste, ete. Une seule chose est claire. L'hégémonie du futur mouvement appartient toujours au prolétariat, mais le contenu social de la première étape de la future tro siême révolution chinoise ne peut pas étre carnesérisé comme un bouleversement socialiste. Vous pourrez difficilement montrer, si nous recourons toujours à des analogies, que ln situation présente en Chine est Pétape comprise entre Février et Octobre, mais s'étendant sur une période de plusieurs années. Il n'y a pas eu de Février en Chine, le mouvement a été écrasé au seuil de Février, bien que, sur certains points, les choses nent progressé même au delà de Février (l'esprit contre-révolutionnaire de toute la bourgeoisie grande et moyenne, des koulaks et du capitalisme commercial). Votre erreur fondamentale rés de dans le fait que vous déterminez le caractère d'une révolution sur la base de qui la fait, de quelle classe, c'est-à-dire par le sujet réel, tandis que vous semblez accorder une importance secondaire au contenu social objectif de ce processus. La révolution de Novembre en Allemagne n'a pas été faite par la bourgeois e, mais personne ne considère que c'était une révolution prolétarienne. La révolution de 1789 fut compiétée par la petite bourgeoisie mais personne n'a caractérisé la grande Révolution française de révoluton petite bourgeolse. La révolution chi-
OTRE lettre a voyagé pendant 22
V jours. Il est dificile de discuter de questions vitales dans de telles conditions et, à mon avis, la question on noise est des plus vuales, parce que
Is lutte continue à se dérouler en Chine.
les armées de partisans sont sur le terrain et mise à l'ordre du Jour, comme vous le une insurrection armée a été savez sans doute de la dernière résolution du Plenum de l'Exécutif de l'1. C.
Pour commencer, je veux répondre à un point mineur mais irritant. Vous dites que je polémique inutilement contre vous sous le pseudonyme de Zinoviev. Vous etes tout à fait dans l'erreur.
Je crois, incidemment, que le malentendu s'est produit par suite de la délivrance irrégulière du courrier. J'ai écrit au sujet de l'affaire de Canton, à un moment où j'élais informé de la fameuse lettre des deux mousquetaires
(Zinoviev et Kamenev) et où, en outre, des rapports de Moscou faisaient savoir qu'lis avaient été munis de secrétaires pour dénoncer le « trotskysme ». J'étais certain que Zinoviev publierait plusieurs de mes lettres sur la question chinoise dans lesquelles je m'efforçais de prouver qu'en aucun cas il n'y aurait dans la révolution chinoise une époque spéoiale de dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie, parce 9on latariat et de la paysannerie, parce qu'il
TERNATIONALE noise sera dirigée, dés le début, par le prolétariat et celui-el se fera payer pour cela des le début, mais, magré ce fait, la première étape de cette révolution restera une étape de bouleversement démocratique bourgeois, tandis que la composition des forces agissantes et de celles organisées par l'Etat restera celle de la dictature du prolétariat et de la paysannerie.
Un mot sur votre remarque à propos de l'ignorance de = millions et de millions de paysans et de la révolution agraire ». Vous y ta tes allusion comme à une • objection pitoyable » et ajoutez * Zinovlev » entre parenthèses. Vous ne pouvez guére avoir oubllé que tous deux, Radek et mol, Vous avons soulevé dette objection. Je ne suis pas opposé à de vives attaques dans une polémique de principe entre amis, mais je suis opposé à être traqué, avec Radek, sous le pseudonyme de Zinoviev. Nous sommes tout à fait capables de nous battre sous nos noms honorablement acquis.
J'ai une demande très urgente à vous faire, Lev Davidovitch ; si vous éerivez une réponse et si vous l'envoyez à toute notre communnuté en exil, veuillez faire taper ma lettre et l'envoyer également. Mais en général, comme je l'ai déja indiqué, je ne suis pas en faveur d'une discussion sue cette question à présent. Je ne considère pas non plus que nos divergences sont essentielles, car nous avons toujours été unanimes sur ce que le P. C. chinois devait faire pratiquement, à présent et lorsqu'une nouvelle montée révolutionnaire aurait lieu.
y avait pour elle incomparablement moins de conditions préalables que dans notre propre pays el parce que l'expérience, et non la théorie, nous a déjà montré que la dictature démocratique du prolétariat et de paysannerie, en tant que telle, ne s'étaii pas réalisée dans notre propre pays. Toute ma lettre était done écrite en vue des • dénonciations • passées et futures de Zinoviev, En men-
Ionnant l'accusation d'ignorer la paysannerie, je n'avais pas oublié un seul instant certaines de nos discussions sur la Chine — mais je n'avais aucune ralson de mettre sur vos lèvres cette accusition banale contre moi : car vous reconnaissez, je l'espère, qu'il est possila « paysannerie », d'arriver à la conble, sans le moins du monde ignorer clusion que la seule voie pour résoudre la question paysanne passe par la dictature du prolétariat. De sorte que — ne vous vexez pas, mon cher E. A. d'une comparaison de chasseur — vous assugratuitement le rôle du lièvre effrayé qui conclut que le fusil est dimes rigé contre lui alors que la poursuite se fait sur une piste tout à fait différente J'en étais venu à l'opinion qu'il n'y aurail pas de dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie en Chine au moment ou le gouvernement de
Deuxième lettre de Trotsky à Préobrajensky
Deuxième lettre de Trotsky à Préobrajensky
Wuhan fut formé. Je m'étais basé précisément sur l'analyse des faits sociaux les plus fondamentaux el non sur la manière dont ils élaient politiquement réfractés, ce qui, on le sail bien, prend souvent des formes particulières, étant donné que, dans celle sphère, entrent des facteurs d'ordre secondaire, y compris la tradition nationale. J'étais convaincu que les faits sociaux fondamentaux avaient déjà clairement déblayé le chemin à travers les particularités de Is superstructure politique quand le naufrage de Wuhan détruisil complètement la légende du Kuo-Min-Tang de gauche, lequel parall-il embrassail les neuf-dixièmes de tout le Kuo-Min-Tang. En 1924-25 il était presque admis comme un lieu commun que le Kuo-MinTang élait un parti ouvrier et paysan. Ce parti s'avéra « de façon inaltendue » un parti capitaliste bourgeois. Une autre version fut alors créée, selon laquelle celui-ci n'était qu'un « sommel », mais que le véritable Kuo-Min-Tang ,les neuf-dixièmes du Kuo-Min-Tang, était un parli paysan révolutionnaire. Une fois encore, il s'avéra que " de façon inaltendue », le Kuo-Min-Tang de gouche en lout et en parties, procéda a l'éorasement du mouvement paysan qui on le sait bien, a de grandes traditions en Chine et des formes propres d'organisalion traditionnelles qui se sont largement répandues au cours de ces années. C'est pourquoi, quand vous écrivez dans un esprit d'abstraction absolue qu'il • n'est pas possible de dire aulourd'hui si la petite bourgeoisie chiloise sera canable de créer une espèce quelconque de parti semblable à nos s-r ou si de tels partis seront créés par des droitiers rompant avec le Parti communiste, voici ma réponse à cet argument de la • théorie des improbabilités • : en premier lieu, même si un parti s-r était créé, il ne s'ensuivrait pas du tout une quelconque dictature du prolétariat et de la paysannerie, de même qu'il n'y en a pas eu dans notre pays malgré des condifions Infiniment plus favorables ; deuxièmement, au lieu de deviner si la petite bourgeolsie est capable dans l'avenir -c'est-à-dire avec une aggravalion des rapports de classe — de jouer un role indépendant plus ou moins grand (imaginons qu'un morceau de bois tire soudainement une balle ?) on devrait plutôt se demander pourquol la petite bourgeoisle s'est avérée incapable de Jouer un tel rôle dans un passé récent, quand elle avait à sa disposition les conditions les plus favorables : le parti communiste avait été poussé dans le Kuo-Min-Tang, celui-ci était qualiflé de parti ouvrier et paysan, il était soutenu par toule l'autorité de l'Internalionale communiste et de l'U. R. S. S., le mouvement paysan était largement développé et cherchait une direction, les Intellectuels étaient amplement mobilisés depuis 1919, elc...
Vous écrivez que la Chine a toujours à faire face au • colossal problème 54
TERNATIONALE de la révolution démoeratique bourgeoise agraire », Pour Lenine, c'était le cœur de la question. Lenine souligna que la paysannerie, même en tant qu'état (1), est capable de jouer un rôle révolutionnaire dans la lutte contre l'état de la noblesse terrienne et la bureaucratie indissolublement liée à celle-ci, couronnée par l'autocratie tsariste. A l'étape suivante, dit Lenine, les koulaks, et avec eux une partie considérable des paysans moyens, rompront avee les ouvriers, mais ceci se produira déja au cours de la transition vers la révolution prolétarienne, partie intégrante de la révolution internallonale. Mais comment les choses sa présentent-elles en Chine ? La Chine n'a pas de noblesse terrienne : pas d'élat de la paysannerie, soude par une communauté d'intérêts contre les propriétaires fonciers. La révolution agraire en Chine est dirigée contre la bourgeoisie urbaine et rurale. Radek la souligné souvent - même Boukharine l'a maintenant à moitié compris. C'est en cela que réside le fond de l'affaire.
Vous écrivez que a le contenu social de la première étape de la future troisième révolution chinoise ne peut pas etre caractérisé comme un bouleversement socialiste ». Mais nous courons lei le risque de tomber dans la scholastique boukharinienne et de nous occuper a couper des cheveux en quatre sur la lerminologie, au lieu de donner une caractérisation vivante du processus dialectique. Quel fut le contenu notre révolution d'Octobre 1917 à juillet 1918 ? Nous avions laissé les entreprises aux mains des capitalistes, nous limitant au contrôle ouvrier ; nous avions exproprié les propriélés terriennes et efféctué le programme petit bourgeois s-r de partage des térres : et. pour couronner le tout, pendant cette période, nous avions un co-parlicipant au pouvoir sous la forme des s-r de gauche. On pourrait dire d'une manière totalement justiflée que • le contenu social de la première étape de la Révolution d'Octobre ne peut pas etre caraotérisé comme un bouleversement socialiste ». Je crois que Yakoviev et plusieurs autres professeurs rouges ont débité pas mal de sophismes à ce sujet. Lenine dit que nous avions achevé la révolution bourgeoise en route. Mais la révolution chinoise (la « troisième ») devra commencer par attaquer le koulak dès ses premières étapes ; elle aura A exproprier les concessions aux capitalistes étrangers, sans quoi il ne peut y avoir d'unification de la Chine dans le sens d'une véritable souveraineté étatique en économie èt en politique. Autrement dit, la première étape même de la troisième révolution chinoise sera d'un contenu moins bourgeois que la première étape de la révolution d'Octobre.
(1) Note du traducteur : Ce terme est employé pour désigner une couche sociale sous un régime féodal ou semi-féodal (par exemple, le Tiers-Etat).
UATRIEME LIN
D'autre part, les événements de Canton (ainsi que d'autres événements chinois antérieurs) ont démontré que la bourgeoisie • nationale » aussi, ayant derrière elle Hong-Kong, des conseillers élrangers et des croiseurs étrangers, prend une telle position à régard du moindre mouvement indépendant des
TERNATIONALE mintern, le camarade N (2) était présent. Nous avions élé prévenus que le nouveau comité central du parti communisle chinois était au-dessus de tout soupçon. Pendant ce temps, la campagne contre le soi-disant trotskysme alteignait son déchainement le plus frénétique, également en Chine. Or, au seuil même des événements de Canton, mâme des événements de Canton. le comile central du paru communiste chinois adopte, selon les termes de la Pravda, une résolution déolarant que la révolution chinoise a pris un caractère « permanent ». En outre, le repréla renrés sentant du Comintern, le camarade N., avait la même position. Par caractère * permanent • de la révolution, voloi ce que nous devons comprendre : en face de la tâche pralique la plus hautement responsable (bien qu'elle fut posée prématurément), les communistes chinois et même le représentant du Comintern, après avoir pris en considération toute l'expérience passée et le capital politique, tirèrent la conclusion que seuls les ouvriers, dirigés par les communistes, pouvalent diriger les paysans contre les agrariens (la bourgeoisie urbaine et rurale) et que seule la dictalure du prolétariat, basee sur une eulance avec les centaines de minons de paysans pauvres pouvait s'ensuivre d'une telle lutte victorieuse. De même que, pendant la Commune de Paris qui avait aussi en elle les éléments d'une expérience de laboratoire (car le sonlèvement eut lieu dans une seule ville isolée du reste du pays), les proudhoniens el les blanquistes recoururent & des mesures directement contraires à leurs propres doctrines et ainsi (selon Marx) révélèrent d'autant plus clairement la logique réelle des rapports de classe, de même à Canton, les dirigeants qui étaient bourres jusque pardessus les oreilles de prejuges contre l'épouvantail de la « révolulion permanente », une fois qu'ils se mirent au travail furent coupables de ce péché originel permanent, le commellant des les premiers pas. Qu'advint-il de l'antitoxine antérieure de martinovisme qui avait été l et anes seulement une sorle njectée à doses pour chevaux avait été
1 Si cela
O non aventure, c'est-à-dire c'est-à-dire une de tour de passe-passe ne montrant rien et ne prouvant rien, celte aventure eut été à l'image de ses créateurs. Mais non 1 Celle aventure entra en contact avec la terre, elle fut nourrie des sucs des mouvements réels (bien qu'insuffisamment müris) des masses et des rapports avec les masses ; et c'est à cause de cela que celte « aventure » saisit ses créaleurs par la peau du cou, les souleva impoliment, les secoua en l'air et les déposa sur la tele, leur cognant le crâne sur les pavés chinois... Comme les dernières résolutons et le dernier article sur ce sujet en témoignent, ces a créateurs » con-
(2) N. du T. : I1 s'agit de Neuman, dirigeant du P. C. allemand, qui fut liquidé dans les épurations de 1937.
ouvriers el des paysans le contrôle ouvrier sur la encore moins probable que le cas chez nous. En toute nous aurions à exproprier e cela rend production ce ne fut probabilité les usines.
de toute dimension, aux premiers moments même de la • troisième révolution chinoise ».
Il est vrai que vous proposez simplement de mettre de colé les preuves provenant du soulèvement de Canton. Vous dites : " si » l'insurrection de C nlon était une aventure — c'est-àdire une entreprise ne provenant pas du mouvement des masses - par conséquent " comment une telle entreprise peut-elle créer une situation nouvelle ?... » Mais vous-même savez qu'il n'est pas permis de simplifer ainsi la question. Je serais le dernier à contesfer le fait qu'il y avait des éléments d'aventurisme dans le soulèvement de Canton. Mais décrire les événements de passe-pisse d'où il ne découle aucune Canton comme une sorle de tour de conclusion est une tentative supersimplilée d'évader l'analyse du contenu réel de l'expérience de Canton. En quoi residait l'aventurisme ? Dans le fait que la direction, tentant de couvrir ses péchés passés, força monstreusement la marche des événements et provoqua un avortement. Le mouvement de masse mouvement masse existail, mais il élait inadéquat et pas assez mûr. Il est erroné de penser qu'un avortement ne peut rien nous apprendre sur lorganisme maternel et sur le processus de gestation. 4 importance énorme et théoriquement décisive des événements de Canton en ce qui concerne les questions fondamentales de la révolution chinoise réside précisément dans le fait que nous avons la
- grâce & • l'avenfure (oul, bien entendu) — ce qui arrive si rarement en histoire el en politique : virtuellement une expérience de laboratoire à une échelle gigantesque. Nous avons payé chèrement pour elle, mais c'est d'autant moins une raison d'en mettre les leçons de côté.
Les conditions de l'expérience étaient presque « chimiquement pures •. Toutes les résolutions adoptées antérieurement avaient inserit, soellé et canonisé, comme deux et deux font qualre, que la révolution était une révolulion agraire bourgeoise, que seuls ceux " qui saut ient par-dessus les étapes • pouvalent balbulier au sujet de la dictature du prolétarial basée sur une alliance avec les paysans pauvres qui constituent 80 % de la paysannerie chinolse, etc. Le dernier congrès du parti communiste chinois s'était réun sous ce drapeau. Un représentant spécial du Co-
QUATRIEME tinuent à danser sur la tête, à danser de façon « permanente » aveo les pieds en l'air.
Il est absurde el inadmissible de dire qu'il est " inopportun » de tirer des conclusions d'événements vivants sur lesquels tout ouvrier révolutionnaire doil penser jusqu'au bout. Au moment du soulèvement de Ho lun-Ye tin, je voulais soulever ouvertement la quesilon que, en raison de l'achèvement du cycle de développement du Kuo-MinTang, seule l'avant-garde du prolétariat pouvait aspirer au pouvoir. Gela aural présupposé pour celle-ci un nouveau point de vue, une nouvelle autoesumation — après une reevaluation de la situation objective — et une telle chose aurait exclu la façon aventuriste suivante d'aborder la situation : " Nous attendrons notre heure dans un petit coin, le moujik viendra à notre aide en commençant les choses, et quelqu'un d'une façon quelconque s'emparera du pouvoir et fera quelque chose. » A ce moment-là, quelques camarades me di-
NTERNATIONALE pal — la confirmation de nos pronostics par l'expérience — premièrement en rapport avec le Kuo-Min-Tang dans son ensemble, puis en rapport avec le KuoMin-Tang " de gauche » et le gouvernement de Wuhan et finalement en rapport avee la « provision • sur la troisième révolution, sous la forme du soulèvement de Canton. C'est pourquoi je pense qu'il ne peut y avoir aucun ajournement.
Deux quesiions finales,
Vous demandez si Lenine avait eu raison de défendre pendant la guerre contre Boukharine lidée que la Russie avait encore à faire face à une révolulion bourgeoise. Oui, il avait eu raison car la formule de Boukharine elait schematique et scholastique, elle representalt la caricature même de la révolution permanente que Boukharine tente de m'imputer a present. Mais il y a un autre coté à cette même question : Lenine avait-il eu raison quand, contre Staline, Rykov, Zinoviev, Kamenev, Frunze, Kalinine, Tomsky, ele., etc. (sans parler des Lyadov), il presenta (sans narler des Lvadov). il présenta ses theses d'avril ? Avait-il eu raison quand, contre Zinoviev, Kameney, Rykov, Milluline, elo., il défendit la conquête du pouvoir par le proletariat ? Vous savez mieux que moi que, si Lenine n'avait pas pu atteindre Petrograd en avril 1917, il n'y aurait pas eu de révolution d'Octobre. Jusqu'en février 1917, le mot d'ordre de la dietature du proletariat et de la paysannerie elait historiquement progressit ; après le bouleversement de Février, ce même même mot d'ordre — de Staline, Kamenev et des autres — est devenu un mot d'ordre réactionnaire.
D'avril à mai 1927, J'ai soutenu le mot d'ordre de la dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie pour la Chine (plus exactement je me suis accommodé à ce mot d'ordre) dans la mesure où les forces sociales n'avaient pas encore passé leur verdict ponique, bien que la situation en Chine tut incomparabiement moins propice a ce mot d' ordre qu'en Russie: après. qu'une action historique colossale (l'expérience de Wuhan) ait passé son ver-!
son verdict, le mot d'ordre de la dictature démocratique devient une force réactionnaire qui conduira inévilablement a l'opportunisme ou à l'aventurisme.
Vous soutenez en outre que, pour Taire le saut d'Octobre, nous avions eu la course d'élan de Février. C'est juste. Sl, au début même de l'expédition vers le Nord, nous avions commencé à construire? des soviets dans les régions " émancipées » (et les masses aspiraient à cela), nous aurions aoquis l'élan nécessaire, désintégré les armées de l'ennemi, obtenu notre propre armée, et nous aurions pris le pouvoir — si ce n'est dans toute la Chine d'un coup. du moins sur une très grande partie de celle-ci. A présent, bien entendu, la révolution est sur son déclin. Les bavardages des écrivailleurs légers sur le fait que la révolution serait au seuil d'une rent : * Il est inopportun ces questions maintenant aveo le soulèvement de apparemment, a déjà été n'étais pas du lout enclin le soulèvement de Ho-lun je considérais que c'était détruit : et si non, alors sement, les événements raient entrés comme une dans la conscience de c milliers de militants, cor exemple l'avertissement de soulever en relation
Ho-lun qui, écrasé. » Je à surestimer
; néanmoins le dernier sique le parti brutalement la lumière otre avertisde Canton seleçon de poids enlaines et de nme le fit par
Radek de l'égard de Tchan-Kal-Chek à la veille du coup d'etat de Shanghal. non, le moment propice est passe. de ne sais pas quand la révolution chinoise revivra. Mais nous devons utiliser le temps qui reste à notre disposition, quel qu'll soit entièrement pour sa préparation et, qui plus est, pour le faire sur la base de la piste fraiche des evénements.
Vous écrivez qu'il est nécessaire d'étudier l'histoire de la Chine, sa vie économique, des données statistiques, eto. Personne ne peut y faire d'objections (à moins que ça serve d'argument pour renvoyer la question au Jour du Jugement dernier). En ce qui me concerne, toutefois, je dois dire que depuis mon arriyée à Alma-Ata, je me suís occupé seulement de la Chine (de l'Inde et de de la Polynésie, etc., pour des études comparatives). Bien entendu il reste plus de trous que de lieux complètement étudiés, mais je dois dire que dans lous les livres nouveaux (pour moi) que j'ai lus, je ne trouve même aujourd'hui rien qui ne soit principiellement nouveau. Mais il reste le point princi56 gnal pour la nécessité d'une révision de l'orienlation dans la révolution chinoise. Si ces questions avaient été posées opportunément à ce moment-là, peut être que les auteurs idéologiques de l'avenure de Canton eussen cié obligés gnal pour la nécessité d'une révision de l'orienlation dans la révolution chinoise. Si ces questions avaient été posées opportunément à ce moment-là, peut être que les auteurs idéologiques de l'avenure de Canton eussen de repenser aux choses et chinois n'eut pas été aussi de notre pronostio et de n nouvelle montée, alors qu'en Chine ont lieu d'innombrables exécutions et qu'une cruelle crise commerciale et industrielle fait rage — sont de l'idiotie criminelle. Après trois très grandes défaites, la crise ne sumule pas mais au contraire opprime le prolétariat, tandis que les exécutions détruisent le parti politiquement airaibli. Nous sommes entrés dans la période de reflux. Qu'est-ce qui donnera l'impulsion à une nouvelle vague montante ? Ou pour le dire différemment: quelles conduions fourniront lélan nécessaire à l'avant-garde prolétarienne à la tête des masses ouvrières et paysannes ? Je ne le sais pas. L'avenir montrera si seulement les processus intérieurs suffiront ou si une impulsion du dehors sera nécessaire. J'incline à penser que la première étape du mouvement pourrait répéter sous une forme abrégée et changée les étapes de la ré-
TERNATIONAL E volution que nous avons déja passées (par exemple quelque nouvelle parodie du a Iront pan-national • contre l'ohanSo-Lin) ; mais la première phase suffira peut-être seulement à permettre au parti communiste de proposer et de proclamer des « thèses d'avril », c'est-àdire son programme et sa stratégie de conquête du pouvoir par le prolétarlat. Mais si nous entrons dans la nouvelle monlée qui se déroulera à un rythme incomparablement plus rapide que par le passé avec le schéma de la • dictature démocratique *, schéma vermoulu dès aujourd'hui, alors on pourra par avance parier sa tele que ion trouvera en Chine de nombreux Lyadov, mais à peine un Lenine pour effectuer contre tous les Lyadov le réarmement tactique du parti au Jour qui suivre le stimulant revoltonnaire.
Troisième lettre de Trotsky à Préobrajensky
Gher E. A.
'Al reçu hier votre lettre par avion.
Ainsi toutes les lettres sont arrivées.
La dernière lettre a mis 16 jours à circuler, c'est-à-dire six jours de moins que le courrier ordinaire. Il y a deux jours, Jal envoyé une réponse détaillée • vos obiections sur a revolution chinoise. Mals, en me levant ce matin, Je me suis rappelé que j'ai apparemment omis de répondre & l'argument que vous estimez le plus important, si je le comprends bien. Vous écrivez :
" Votre erreur fondamentale réside dans le fait que vous déterminer le caractère d'une révolution sur la base de qui la fail, de quelle classe, c'est-à-dire par le sujet réel, tandis que vous semblez accorder une importance secondaire au contenu social objectif du procesBUS. •
Puis vous poursuivez, en apportant comme exemples la révolution de Novembre en Allemagne, la révolution française de 1789 et la future révolution chinoise.
Cet argument est, dans son essence, seulement une généralisation * sociologique » (pour employer la terminologie johnsonienne) de tous vos autres points de vue économiques et historiques concrets. Mais je veux aussi répondre a vos idées dans cette formulation sociologique generalisee car, en le taisant, • l'erreur fondamentale » (de votre part et non de la mienne) apparait de la façon la plus claire.
Comment caractériser une révolution ? Par la classe qui la réalise ou par le contenu social qui y est inelus ? Il y a un sition de Piège théorique dans l'oppo-
'un à l'autre sous une telle forme générale. La période Jacobine de la Révolution française fut évidemment la période de la dictature petite bourgeoise, la petite bourgeoisie — en conformite complete avec sa « marre socologique • - déblayant en outre la vole pour la grande bourgeoisie. La révolution de novembre en Allemagne fut le commencement d'une révolution prolétarienne, mais elle fut matée à .ses premiers pas par une direction peute bourgeoise et réussit seulement à achever certaines choses non réalisées par la révolution bourgeoise. Comment devons-nous qualifier la révolution de novembre : de bourgeoise ou de prolétarienne ? L'un ou l'autre serait faux. La place de la révolution d'Octobre sera déterminée quand nous en donnons a la fois la mécanique et ses résultats. Il n'y aura pas de contradiotion dans ce cas entre la mécanique (si nous comprenons par cola evidemment non seulement la force motrice mas aussi 18 direction) et les résultats : lous deux sont • sociologiquement • de caraotère déterminé. Je me permets de vous poser la question : comment qualifiezvous la révolution hongrolse de 1919 9 Vous direz qu'elle était prolétarienne. Pourquol ? Le = contenu » social de la révolution hongroise. ne s'est-ll pas montré capitaliste ? Vous répondrez : c'est le contenu social de la contrerévolution. Juste, Appliquez cela maintenant à la Chine. Le « contenu social » sous la dictature du prolétariat (basée sur une alliance avec la paysannerie) peut pendant une certaine période de temps rester non socialiste, en soi, mais la voie vers le developpement bourgeois à partir de la diotature du prolétariat ne peul passer que par la contre-révolution. Pour cette raison, en ce qui concerne le contenu social Il est nécessaire de dire : " Attendre et voir. •
Le fond de l'affaire consiste précisément dans le fait que, bien que la mecanique politique de la révolution dépende, en dernière analyse, d'une base économique (non seulement nationale mais internationale), elle ne peut pas cependant etre déduite de cette base économique au moyen de la logique abstraite. En premier lieu, la base ellemême est très contradictoire et sa e maturité » ne relève pas d'une détermination statistique pure : deuxiemement. Il faut aborder la base économique aussi bien que la situation politique non dans le cadre national mais dans le cadre international, en tenant comple de l'acTon ot de la reaction dialectiques entre le national et l'international : troisiemement, la Juite de classe et son expression politique, qui se developpent sur les fondations économiques, ont aussi leur propre impérieuse logique de développement par-dessus laquelle on ne peut sauter. Lorsqu'en avril 1917 Lebine dit que seule la dielature du prolétariat pouvait sauver la russie la desintégration et de la perte, l'adversaire le plus conséquent, Soukhanov, le contredit avec deux arguments fondamentaux : 1) le contenu social de la révolution bourgeoise n'avait pas encore été réalisé ; 2) la Russie n'élait pas encore économiquement mire pour la révolution socialiste. Et que répondit Lenine ? Que la Russie soit ou non müre est une chose au sujet de laquelle il faut • attendre et voir », elle ne peut pas étre déterminée statistiquement, elle sera déterminée par la lendance des evenements et, qui pus es. a une échelle internationale. Mais, dit Lenine, indépendamment de la manière dont ce contenu social sera inalement déterminé à présent, aujourd'hui, pour sauver le pays de la famine, de la guerre et de l'eselavage, il n'y a pas d'autre vole que la conquêle du pouvoir par le prolélariat.
C'est précisément ce que nous devons dire inaintenant par rapport à la Chine. Avant tout, il est faux de prétendre que la révolution agraire constitue le contenu fondamental de la présente lutte historique. En quoi doit consister cette révolution agraire ? Le partage universel de la terre ? Mais Il y a déjà eu plusieurs de ces partages universels dans histoire chinoise. Et ensuite, le développement est toujours revenu dans • sa propre orbite a. La révolution agraire. e 'est la destruction des propriétaires fonciers chinois et des 1onclionnaires chinols, Mais l'unification nationale de la Chine et sa souveraineté économique impliquent son émancipation de l'impérialisme mondial, pour lequel la Chine reste la plus importante soupape de sûreté contre l'effondrement du capitalisme européen et demain
TERNATIONALE du capitalisme américain. Le bouleversement agraire en Chine sans unification nationale et sans autonomie douanière (essentiellement, le monopole du commerce extérieur) n'ouvrirait aucune issue ni aucune perspeclive à Chine. C'est ce qui prédétermine l'ampleur gigantesque et l'acuité monstrueuse de la lutte à laquelle la Chine a à faire face, aujourd'hui après l'expérience déjà subie par tous les participants. Que devrait done se dire un communiste chinois dans ces conditions ? Peut-il vraiment procéder au raisonnement suivant : le contenu social de la révolution chinoise ne peut étre que bourgeois (ainsi qu'il est montré par tels et tels tableaux). Par conséquent, nous ne devons pas nous poser comme tâche la dielature du prolétariat : le contenu social preseril, dans le cas le plus extrême, une dictature du prolétariat et de la paysannerie coalisés. Mais pour qu'il y ait une coalltion (il est lei question bien entendu d'une coalition politique et non d'une aliance sociologique des classes), Il faut un parlenaire. Moscou m'a enseigné que le Kuo-Min-Tang était un tel partenaire. Mais il ne s'est pas matérialisé de KuoMin-Tang de gauche. Que faire ? Evidemment il ne me reste à moi, communiste chinois, qu"à me consoler aveo l'idée qu' « il est impossible de dire aujourd'hui si la petite bourgeoisie chinoise sera capable de créer une telle espèce de parti *... ou si elle ne le sera pas. Supposons qu'elle le fasse soudainement ?
Un communiste chinois qui raisonnerait suivant une telle prescription couperail le cou de la révolution chinoise
Il est bien entendu moins que tout question ici d'appeler le parti communiste de Chine à une insurrection immédate pour la conquete du pouvoir. Le rythme dépend entièrement des circons tances. La tâche consisle en ce que le parti communiste devienne totalement Imbu de la conviction que la troisième révolution chinoise ne peut parvenir a une conclusion triomphante qu'avec la dictature du prolétariat sous la direolion du parti communiste. En outre, il faut comprendre cette direction non dans un sens • général », mais dans le sens.
d'un exercice direct de tout le pouvoir révolutionnaire, En ce qui concerne le rythme avec lequel nous aurons à batie le socialisme en Chine, nous devons « attendre et voir ».