Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, n° 1-2

Les évolutions d'un courant centriste en France

Pierre Frank · Quatrième Internationale, vol. 7, n° 1-2 · janvier-février 1949 · p. 40-48 · 6 474 mots

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Tandis que la période d'avantguerre fut marquée par une lutte acharnée de la IV• Internationale contre les organisations centristes, plus particulièrement contre leur organisme international, le Bureau de Londres, où venaient se rassembler ces formations qui maintenaient des militants en oscillation entre le marxisme d'un côté et l'opportunisme ou le stalinisme de l'autre, cette parle de lactivite de notre mouvement s'est trouvée réduite au cours de l'après-guerre. D'une part, le Bureau de Londres a disparu, la plupart des anciennes organisations centristes ont cessé d'exisracine dans le renneement purierter (la plus ancienne et la plus enPI. L, P., lui-même, a estimé quelle ne comptait plus sur la scène politinue anglaise). D'autre part, 3e crise révolutionnaire de l'aprèsguerre a poussé les grandes masses vers les vieilles organisations socialdémocrates et staliniennes et le problème de la construction des partis révolutionnaires se pose à cette étaPe sous la forme de l'établissement d'une laison des organisations trotskystes avec ces masses pour pouvoir au cours d'expériences communes avec celles-ci, les amener sous drapeau de la IV* Internationale.

La rupture entre les masses et les directions des vieilles organisations commence à s'opérer à des degrés divers. Les organisations trotskystes sont encore très faibles. Y a-t-il de ce fait, place pour des organisations d'un caractère centriste ? De quelle ampleur et avec cuelle orientation ? On ne peut répondre aux questions relatives à ce sujet qu'en examinant concrètement la situation pays par pays. L'expérience de la France sur ce point est très particulière, et il faudrait se garder d'en tirer des con- Clusions tegarder denei,en des cone présente un certain intérêt pour la construction du parti révolutionnaire. 40 par Pierre FRANK

A la « libération » en 1944, l'écrasante majorité de la classe ouvrière française et d'importantes couches des classes moyennes se rangèrent derrière le parti stalinien. Le parti socialiste était suivi par le reste de la classe ouvrière et avait une large base de fonctionnaires et de classes moyennes. La politique de collaboration menée en commun par la social-démocratie et le stalinisme, puis la politique des staliniens après la création du Kominform et la collaboration de classes débridée de la S.F.I.O. ont, par leurs conséquences, rejeté une bonne partie des classes moyennes vers le gaullisme et ont détaché des vieilles directions des couches ouvrières et une partie des couches petites-bourgeoises gravitant encore autour du prolétariat. La confiance dans les partis traditionnels commence à s'épuiser. Le processus est en fait, très avance pour la social-démocratie. Il l'est beaucoup moins pour le P. C. français qui est le plus fort de tous les partis staliniens dans les pays d'Europe occidentale, car il dispose non seulement d'un grand appareil mais d'un nombre considérable de militants ouvriers liés à lui par de longues années de lutte et ayant une autorité considérable dans leurs entreprises.

Dans ce processus de rupture avec les vieilles directions, la transformation de courants centristes vagues en des organisations centristes tend à s'effectuer aux points les plus faibles des vieilles organisations. De Pens, les conches ouvrières présenouvrières présenplus d'inertie que les courants petits bourgeois ; elles s'ébranlent plus lentement, mais leur développement présente plus de régularité.

Cela vient de se vérifier très nettement en France, L'attachement des à ce parti a toujours été plus for que celui des militants et sympathisans du P. S. au parti de Blum, Aussi on n'a pu constater jusqu'à présent

DATRIEME IN qu'un très faible détachement de militants ouvriers du parti stalinien. Au cours des premiers mois de 1947, quand le P. C. F. était encore an gouvernement et appuyait le blocage des salaires, certains de ses membres ont rejoint les anarchistes, plus spécialement la C. N. T., centrale syndicale anarchosyndicaliste, mois la décomposition de celle-ci a ensuite été aussi rapide que son ascension.

Le gros de la classe ouvrière suit encore le parti stalinien. Une des raisons pour lesquelles il n'y a pas eu de développement large d'une organisation centriste est le « tournant gauche » du P. C. à la suite de la création du Kominform. Le mecontentement envers la politique suivie par le P.C.F. est grand, y compris au sein de ce parti, Il s'y manifeste des positions très opposées à la politique des Thorez, Duclos, Marty, etc. Mais cela ne se fait encore que sous des formes politiques très fragmentaires et isolées organisationnellement les unes des autres. Le centrisme ainsi présent au sein du 2 . C. F. est d'une importance exceptionnelle. C'est celui de militants ouvriers soumis à une pression de base considérable et à qui la politique de leur direction ne permet

Deux courants très voisins se sont formés dans le P. S. et se sont détachés de lui en 1947, les Jeunesses Socialistes et l'Action Socialiste et Révolutionnaire.

Les Jeunesses Socialistes qui, dans de cadre de la S. F. I. O., étaient privées de droits politiques, avaient néanmoins manifesté une orientation vers un programme révolutionnaire, plus particulièrement à leur Congrès de Montrouge à Pâques 1947. Six semaines plus tard, quand éclata la première grève Renault, elles se solidarisèrent avec les grévistes et turent exclues par la direction du P. S.

Leur évolution politique se poursuisinueuse, mais elle les amena à envivit dans l'autonomie, de fucon un peu sager la fusion avec le P. C. I. et, le 13 décembre 1947, leur Comilé

National déclara :

Le Comité National des J. S. constate que les discussions et les actions engagées avec le P. C. I. ont dénontré qu'en dépit des divergences, un accord fondamental sur le programme révolutionnaire existe entre nos deux organisations.

TERNATIONALE pas de mener une activité révolutionnaire correspondant à leurs propres aspirations. En cela se pose le problème le plus important du centrisme en France. De sa resolution dépendent à la fois la création d'un fort parti révolutionnaire en France, le développement de la lutte des classes dans ce pays et, par suite, le développement des rapports de classes pour toute une période en Europe occidentale.

Ce qui s'est déjà passé parmi les courants petits bourgeois et dans les rangs de la social-démocratie — le centrisme résultant de la crise de la S. F. I. O. — tout en étant très secondaire par rapport aux phénomènes mentionnés plus haut, n'est pas indifférent. Les évolutions de ce centrisme d'origine sociale démocrate et de composition sociale petire bourgeoise ont en outre été très intimement liées aux développements politiques au sein du P. C. I. Comme nous le verrons, l'histoire de ces groupements n'est guère séparable de la récente crise de la section fran. çaise de la IV• Internationale et cette crise prend toute sa signification politique à la lumière de l'évolution de ces éléments centristes. Une expérience s'achève sur laquelle on peut faire le point. . Par conséquent, aucun obstacle sérieux ne pouvait s'opposer à la construction d'un parti révolutionnaire réunissant les J. S. et le P. C. I...

Il constate que la motion politige adoptée par l'A. S. R. définit dans l'essentiel une orientation politique semblable à celle des J.S. et du P.C.I. ce quen consequence t apparate des aujourd'hui souhaitable qu'après ane discussion et une clar fication politiques approfondies, les trois organisations participent à la construction du Parti révolutionnaire unique.

Notez bien, il n'y avait le 13 dé cembre 1947 e aucun obstacle sérieux » à l'unification des J. S. et du P. C. I.

L'Action Socialiste et Révolutionnaire se constitua assez tardivement dans le P. S. autour de Dechezelles, secrétaire-adjoint de ce parti, de C. Just, et de militants lyonnais, à la suite d'une rupture avec toute une série d'autres éléments tels que Rous, Boutbien, ete... que nous retrouverons plus loin. Au Congrès du P. S. qui se tint à Lyon en août 1947, IA. S. R. protesta con-

AVANT L'ECHEC DE NOVEMBRE-DECEMBRE 1947

AVANT L'ECHEC DE NOVEMBRE-DECEMBRE 1947

LEME

QUAT tre l'exclusion des Jeunesses mais elle n'était pas encore politiquement prête à quitter ce parti, Ce n'est que plus tard, au point culminant de la grève générale de 1947 que l'A. S. R. rompit avec le P. S., à sa Conférence du 7 décembre, en adoptant une résolution qui s'exprimait notamment comme suit :

La seule voie possible pour le renversoment de la société cap taliste et Pinstauration du pouvoir prolétarien et la construction du socialisme est la création d'un parti révoluhonnaire basé sur la lutte de classes-

En conséquence l'A. S. R. se don-

L'échec des mouvements de novembre-décembre, la scission syndicale organisée par Blum et Jouhaux et favorisée par Frachon, l'offensive patronale et gouvernementaie, la montée du gaullisme commencèrent à susciter des recherches de solutions nouvelles différentes de la collaboration ministérielle des socialistes et de la politique si complexe des staliniens.

Dans cette situation, ceux-ci ne restèrent pas inactifs. Leurs agents dans le . S., groupes autour de la

Bataille Socialiste et qui n'avaient rien dit contre l'exclusion des J. S., gne contre la politique anti-ouvriè qui n'avaient mené aucune campare de la direction et des ministres socialistes, entrèrent en conflit violent avec le Comité Directeur du P.

S. au sujet de la politique pro-américaine et anti-russe de celui-ci. Ils se firent exclure, cherchant ainsi à canaliser le mécontentement des travailleurs socialisants et de ce qui constituait l'aile gauche du P. S.

Peu après cela, ce qui restait de

« gauche » dans le P. S., les Rous,

Boutbien..., ne pouvant rester totalement silencieux ou passer franchement aux côtés de la direction, comme le fit Marceau Pivert, pensa pouvoir circonvenir la discipline du P. S. en créant avec quelques journalistes s'affirmant indépendants de toute organisation et avec des personnalités du monde littéraire comme Sartre et Rousset, un

* Rassemblement Démocratique Révolutionnaire », sans aucune base programmatique, sans aucune forme d'organisation stricte, sans diseisans pline, au-dessus des partis. Une bro- ne pour objectif la création d'un tei parti et fera appel dans ce but d tous les militants et à toutes les organisations qui sont d'accord sur les principes suivants...

A ce moment sous l'impulsion de la grande bataille ouvrière, ces deux courants évoluaient en direction d'un programme révolutionnaire précis. L'unification avec le P. C. I. était chez eux une question à l'ordre du jour ; elle se posait plus concrètement chez les J. S. et avec moins de netteté dans l'A. S. R. en raison du caractère plus hétérogène de cette formation, mais tout de même de façon assez claire parmi ses éléments dirigeants. chure de Rous montrait le sens politique de l'opération ; il s'agissait en fait de « gauchir › la « 5° force ». On aurait pu penser que ces deux nouveaux groupements « indépenstalinien, l'autre incapable de dissidants *. l'un manifestement promuler sa qualité d'appendice de la « troisième force • ne pouvaient exercer d'attrait puissant sur les anilitants des J. S. et de l'A. S. R. qui avaient eu le mérite de rompre avec le P. S. sur une base de classe et qui savaient, par leur propre expérience, ce que valaient exactement les membres les plus responsables de la Bataille socialiste, ainsi que ceux du R. D. R. Mais un troisième élé.

ment intervint dans la situation, qui ramena très en arrière l'A. S. R. et les J. S. Il s'agit de la crise du P

C. I. et du rôle joué dans celle-ci par l'ancienne droite du P. C. I., l'aile Parisot-Demazière, qui dirigea le Parti pendant 14 mois (de septembre 1946 à novembre 1947). Sous le poids de l'échec du mouvement me révolutionnaire jusqu'a rompre ouvrier, elle s'éloigna du, programavec la IV• Internationale. Placés devant cette rupture, les militants

_encore politiquement bien jeunes ou confus des J. S. et de l'A. S. R., se trouvèrent désorientés, démoralisés

Leur progression cessa. As commencèrent une évolution rétrograde.

Mais comment une ancienne direction trotskysle avait-elle pu en arriver là ?

Ce qui unissait la tendance de droite dans le P. C. I., ce n'était pas une communauté de vues politiques

(ses membres ne montraient pas de

DEPUIS L'ECHEC DE NOVEMBRE-DECEMBRE 1947

DEPUIS L'ECHEC DE NOVEMBRE-DECEMBRE 1947 rigueur dans la formulation de leurs positions politiques et la Vérité, sous leur direction, le manifesta, hélas, trop souvent), mais une conception de la construction du parti révolutionnaire que l'on peut résumer comme suit : les trotskystes ne se sont pas développés dans le passé en raison de leur « sectarisme › (entendez par là leur attachement à un programme concrétisant toute l'exPatiente so aec lasse parer a 1o! périence de la classe ouvrière) ; il casion les questions de programme à l'arrière-plan, la politique de chaque jour n'est pas une question de principes, il faut faire preuve d'habileté politique pour prendre la tete d'un mouvement de masses, en gagner la confiance, après quoi on peut le mener, le guider vers ses propres fins. Certains pensaient pouvoir créer ce courant de masses par une vaste agitation superficielle, d'autre en reprenant telle ou telle conception ou mot d'ordre à succès temporaire (la « Résistance » par exemple), d'autres en créant un vaste rassemblemnet informe (1). Cest aussi cette idée qui domina l'activité dans les J. S. et le P. S. de militants comme Dunoyer. Pendant toute une période, une telle orientation négligeant tout travail politique, pour se consacrer à une activité quotidienne dans laquelle on n'insista pas trop sur les problèmes polit ques, n'eut pas de conséquences vraiment néfastes ; la gauche se formait dans les J. S. et dans le P. S lentement, confusément, péniblement. Mais les choses se gâtèrent après la rupture, car ce système se poursuivit alors sous la forme d'une succession de manœuvres organisationnelles destinées à remplacer une véritable lutte politique pour un programme et entraina rapidement des accidents, puis une catastrophe.

Les Jeunesses Socialistes étaient ane organisation politiquement très faible. Une vie politique intense lui était absolument nécessaire pour assimiler le programme de la IV* Internationale, Mais au lieu et place de cela, Dunoyer jaugeait à interval-

Ses plus ou moins réguliers

• conscience politique » des J. S.

et se fixait une démarche organisationnelle destinée selon lui a faire progresser cette conscience. Dans la

TERNATIONALE période qui suivit l'exclusion de la S. F. I. O., en l'espace de quelques semaines on vit s'opérer un rapprochement de la J. S. vers TU. J. R. F. stalinienne pour permettre, paraitil, aux J. S. de faire leur expérience du stalinisme, puis une activité des 3. S. orientée sur la formation de « Comités de Regroupement révolutionnaire » pour leur faire comprendre la nécessité du parti révolutionnaire, et finalement un тарprochement des J. S. vers le P. C. I. avec campagne électorale commune aux élections municipales d'octobre 1947, en vue d'une fusion (2). Ces jeunes qui n'avaient pas de programme et à qui il aurait falla faire comprendre, dans l'étude et dans des actions autres qu'une campagne électorale, le programme révolutionnaire, furent chargés de défendre un programme fait de brie et de broc devant la classe ouvrière. Cette gymnastique organisationnelle provoqua des ravages dans les rangs de la J. S. Encore pouvait-on espérer vers la fin de l'année 1947 que le mal n'irait pas plus loin, lors de l'adoption par le Comite National des J. S. de la résolution citée plus haut.

A ce moment la, nous disait Dunoyer, la « conscience » des J. S. ne voyait « aucun obstacle sérieux » à la fusion avec le P. C. l. et on ne pcuvait que s'en féliciter. Mais quand les conséquences de l'échec ouvrier se firent sentir, Dunoyer évolua et avec lui la « conscience » des J. S. Les mêmes évolutions et les mêmes zigzags furent accomplis par l'ancienne direction battue au

4° Congrès du P. C. I. et par la direction de T'A. S. R.

Au lieu de la construction d'un parti révolutionnaire par unification de l'A. S. R., des J. S. et du P.

C. I. sur un programme qui devait être fondamentalement, sinon formellement, celui de la IV• Internationale, on vit tout d'abord se produire un tournant des directions A.

S. R. et J. S. vers la Bataille Socia-

(2) Il serait dommage de ne pas mentionner qu'entre temps, au Congrès des J. S

* Villeurbanne, Dunoyer se livrait & une attaque contre le P. C. I. et la IV* Internationale au sujet de leur attitude • sectaire › pendant la guerre. On aurait pu penser qu'a des jeunes qui venaient à peine de rompre le cordon ombilical avec la social-démocratie quelques notions de rigueur doetrinale sur la question de la guerre n'auraient pas été inutiles, mais cela appartenait au passé trotskyste si gênant.

(1) Cette conception

Très voisine de celle qui la classe est une moyen d'un appareil est dans son essence des staliniens, pour masse malléable au tout puissant.

ce to gran prime, liste (voir le Drapeau Rouge de février 1948). Il s'agissait de procéder, nous disait-on en a parte, à une unification des éléments d'origine socialiste, ce qui permettrait, mais avec beaucoup plus de temps, de parvenir tout de même à la construction du Parti révolutionnaire (3). Cette opération ne put aboutir parce que les gens de la Bataille Socialiste exigeaient une attaque ouverte contre le P. C. I. (ce qui, l'avenir la montré, n'aurait peut-être pas été inacceptable) et une soumission aux désirs, grands et petits, du P. C. F., ce qui n'était guère attrayant au moment où le vent avait tourné et soufflait de plus en plus fortement de FOuest.

A Pâques 1948 s'effectua l'unification des J. S. avec l'A. S. R. qui ne fit qu'entériner un état de fait, à savoir l'existence de deux direction au dessus d'une seule et même organisation, ou plutôt des vestiges d'une organisation. L'A. S. R. ainsi unifiée se trouvait en même temps devant le dilemme : ou construction d'un parti révolution- œuvrer à la

Parler de centrisme au sujet du

R.D.R. est même assez peu exact. Le centrisme traditionnel, ce mélange de phraséologie marxiste et de pratique opportuniste, est bien au-dessus des positions défendues par le

R. D. R.

(3) A la même époque (le 31 janvier),

Demazière envoyait une lettre au B. P. du

P. C. I. dans laquelle il proposait de :

* Revoir la question de l'unité organ:que avec la J. S. et l'A. S. R., les courants les plus proches de nous. Une telle unité, outre son incertitude présente, me paratt ne plus présenter de valeur...

• Favoriser donc et tenter de guider tous les regroupements partiels : B. S., J. S, et

A. S. R. par exemple, même sur des bases politiques et organiques qui nous excluent impiteltement ou explicitement, »

Il y aurait lieu de traiter d'une manlère séparée la question de l'unification des J. S.

et du P. C. I., car il fut un temps, où la droite sentant le terrain perdu pour le

4* Congrès du P. C. I, voulait faire une anification à l'esbroufle, afin d'utiliser la

J. S. comme masse de manœuvre pour ce

Congrès, afin de conserver In direction du

Parti. Il fallut une intervention de l'Interantionale pour empêcher une telle mancuvre contre le P. C. I.

(4) Dans le P. C. I.. Demazière avait envoyé une nouvelle lettre (4 mars) dans laquelle Il célébrait les vertus et l'avenir du

RD. R. en termes dythirambiques : R. D. R. en termes dythiramaques "

TERNATIONALE naire, comme elle se l'était fixée cing mois auparavant et comme le lui demandait une tendance dans son sein groupée autour des camarades Dumont et Just - et ceci signifiait chercher un rapprochement avec le P. C. I, ; ou bien abandonner cette perspective et, en centristes invétérés, se tourner vers le R. D. R. La majorité de la direction, avec l'appui des ex-trotskystes qui venaient de trahir leur parti et leur programme, adopta celte dernière solution et se prononça pour l'entrée dans le R. D. R. (4).

Depuis lors, T'A. S. R. a virtuellement disparu. Sa dislocation politique s'est poursuivie. A une récente session de son comité central, après avoir procédé à l'exclusion de la tendance favorable à la construction d'un parti révolutionnaire avec le P. C. I., la majorité s'est divisée en une partie pour la fusion avec la stalinienne Bataille socialiste constituée en « Parti socialiste Unitaire » (5) et une autre qui n'a plus d'autre espoir que d'être la fraction animatrice (1) du R. D. R.

Le premier manifeste annonciateur de cette création issue de la social-démocratie commença par...

amender Marx. Sa devise était :

« Prolétaires et hommes libres de tous les pays, unissez-vous 1 »

Hommes libres ? N'étant ni les pro-

* Le R. D. R., lent à Denir au monde, semble avoir un très vif succès dans ses premiers jours. Ma conviction profonde dat qu'll doit se développer sérieusement dans les semaines à venir jusqu'à atteindre rapsdement quelques dizaines de milliera de militants. Il est le symbole de la confusion régnante, de la recherche éperdue de millions d'ouvriers, d'antellectuels, de petite bourgeois qui ne veulent pas choisir entre

Truman et Staline... »

Une décision du Comité directeur du P. S.

• entrainé le départ des Rous et Boutbien.

Les dizaines de milliers de militants ne sont évidemment pas venus. La confusion est restée.

(5) Il est très frappant de noter qu'a ce

Comité Central de l'A. S. R. on vit exelure

Dumont yal, quelques jours plus tard, allait être le porte-parole de l'opposition révolutionnaire au Congrès de la C. G. T., par Sauterey qui allait voter sur tous les points avec les staliniens & ce même Congrès confédéral. Dechezelles, Dunoyer et autres sont vraiment très qualiflés après cele pour donner des leçons de souplesse politique aux trotskystes.

LES HOMMES LIBRES

LES HOMMES LIBRES

INT constituant létaires, nommément désignés, ni les capitalistes, cette expression ne pouvait signifier que ce qu'en notre langage de marxiste et de sectaire impénitent nous appelons les classes moyennes, la petite bourgeoisie.

La notion de classe est abhorrée au R. D. R. Selon les « hommes libres » du R. D. R. il y a des entités au-dessus des classes et de leurs luttes, et la plus importante d'entre elles, c'est la « Résistance ». Il faut être un méchant marxiste pour voir qu'un peu partout la « Résistance » était divisée et s'entretuait suivant était divisée et s'entretuait suivant Grèce), ou se div.sa très rapidement des lignes de classe (Yougoslavie suivant les mêmes lignes de classe (France, Belgique).

Un homme libre comme David dans sa lettre du 4 mars constituant sa rupture avec le trotskysme découvre : •. la naissance, avec la pénurie, de nouvelles couches d'exploiteurs et de privilégiés (intermédiaires, margculins), completement insoucieuses de l'indépendance de leur pays. Faut-il s'étonner si, dans La Gauche (le titre du journal du R. D. R. est à lui seul tout un programme en France), on disserte sur la culpabilite du peuple allemand ? Bien entendu, on n'y parle pas de cette culpabilité dans n'importe quel sens. Mais qui ne sait pas que l'art des gens de « gôche » est de trouver un sens progressif aux idées que la classe dominante utilise pour sa politique réactionnaire ?

La tension internationale oblige les hommes libres à se situer. David Rousset a abandonné discrètement sa position pro-stalinienne du lendemain de la « libération (7) : il aperçoit seulement « l'extension géographique du système russe dont la forme étatique ne respecte pas toutes les libertés » (les termes sont très prudents pour parler du régime du Guépéon, car il ne faut pas couper tous les ponts) et il voit aussi l'Amérique dont « la progression stratégique vise essentiellement * sauver, partout où il est menacé, un régime économique moribond mais indispensable à son économie ». Et le R. D. R. de proposer une « lutte constructive » contre le plan Marshall, consistant à demander à Wall

(7) Au lendemain de la • libération »;

D. Rousset vint faire trois petlts tours dans le P. C. I. où son activité se borna, avant de disparaitre complètement, à défendre au

2° Congrès (février 1946) une thèse qu'IL signait Leblane, dont volet des passages essentiels:

• La bureaucratie soviêtique se trouve aujourd'hut dans les actes contrainte, dans le mesure où elle prépare sa défense dans le cadre de l'éventualité d'un troisième conflit, de poser et de réaliser la révolution socialiste à l'étranger. La liquidation de la deuxième guerre a mis fin aux yeux mêmes des bureaucrates à la théorie et à la pro-

Eque du socialisme dans un seul pays.

.... les forces économiques soviétiques intervennent dans les affaires mondiales directement sous le visage politique de la bureaucratie stalinienne. Dans la nouvelle pause oi nous sommes entrés, elles représentent la seule garantle réelle efficace de la révolution socialiste dans le monde. »

Depuls lors, la grande amitié avec l'U. B.

S. S. n'est plus de mode. Quant aux trots-

Kystes, ce sont des gens malades de la grève générale, pour M. Rousset qui a trouve sa place parmi les gens-de-lettres.

Rousset, en présence festations réactionnaires s'écrie pathétiquement la Résistance n'avait ça 1 » Il faut aussi cervelle d'un homme des manien France, : a Non, pas voulu avoir la libre pour trouver qu'une « des erreurs du général de Gaulle... qui trouve son explication dans sa formation sociale et dans son orientation politique.. (est) d'avoir considéré la Résistance uniquement dans son acceptation étroite d'action militaire et de renseignement. > Les capitalistes et les militaires à leur service sont obligés dans leurs guerres, d'utiliser les masses travailleuses sous « l'acceptation étroite de l'action militaire », pour employer le langage du « démocrate révolutionnaire » ; il n'y a pas là d'erreur de leur part. Mais les capitalistes savent ce qu'est une classe et ils savent aussi utiliser à leur profit les intellectuels petits bourgeois.

Le problème national est aussi abordé par le R.D.R. du point de vue des « hommes libres » et non du point de vue de classes. Lénine avait souligné le rôle du prolétariat dans la lutte pour l'indépendance des peuples opprimés ; il avait aussi montré, dans son étude sur l'impérialisme, que celui-ci entraînait la subordination non seulement de pays coloniaux mais aussi de petits pays capitalistes modernes à des pays plus puissants. Cette tendance s'est tragiquement développée puisque nous voyons à présent l'Europe réduite à la portion congrue par les

Etats-Unis. Mais Lénine ne compte plus pour les hommes libres, surtout pour ceux d'entre eux qui se sont

Ibérés du trotskysme. Demazière

Street un droit de contrôle effectif par les organisations syndicales sur utilisation des dons et crédits américains. Washington permettant à qui (Jouhaux ou Frachon ?) de contrôler que les fonds américains remis aux Etats capitalistes sont employés par ceux-ci pour faire quoi ? constru.re le socialisme peut-écre ? Les hommes libres sont surtout libres d'employer n'importe quelle formule sans s'astreindre à lui donner un contenu.

Les dénonciations de « l'ancien colonialisme » (l'ancien s'il vous plait), ne manquent pas chez les

LES CENTRISTES ET LES

En face des problèmes intérieurs, le caractère petit bourgeois des conrants centristes se manifeste de multiples façons. Tant dans Le Drapeau Rouge que dans La Gauche, les revendications ouvrières, loin d'occuper la place principale ne sont Pobjet que de préoccupations secondaires. Il n'y eut qu'un bref effort du Drapeau Rouge, dans la seconde moitié de 1947, pour donner plus de place aux problèmes ouvriers proprement dits, Quant aux revendications qui y sont défendues, elles varient d'un numéro à l'autre, suivant le rédacteur qui en a la charge. En juin 1948, le R. D. R. était en même temps pour l'échelle mobile et pour une augmentation des salaires proportionnelle à la production. Voulaitil ainsi donner satisfaction à tous les courants du mouvement ouvrier ?

C'est sur la question du front unique que le centrisme de l'ex-droite du P. C. I. et des dirigeants de l'A. S. R. et des J. S. a donné toute sa mesure. Pendant toute la période où les deux vieilles directions — social-démocrate et stalinienne étaient unies pour s'opposer au dé clenchement des grèves et où l'initiative était entre les mains d'un prolétariat de plus en plus difficilement contenu par ces directions, pendant toute cette période où le problème de la division ouvrière ne se posait pratiquement pas et où par contre, se posait la question de la grève générale comme forme suprême de l'unité de front des travailleurs, nos centristes réclamaient à tout propos et hors de propos le 46

NTERNATIONALE gens de a la gôche ». Mais le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes trouve chez eux une limite, celle de l'Union française, ou, pour être très précis, d'une « véritable Union francaise, (a2(2). Pourvu qu'ils veuillent bien démocratique révolutionnaise tenir dans cette limite ,les Vietnamiens, les Maigaches, les Algériens, ete., pourront disposer d'eux-mêmes. Autrement dit, à la place de « l'ancien colonialisme », nos hommes libres proposent un nouveau colonialisme a démocratique et révolutionnaire », exercé, nous le supposons, par de bonnes G. D. V. républicaines PROBLEMES DE LA LUTTE front unique, allant jusqu'à proposer un « front unique électoral » au P. C. et au P. S. pour les élections de novembre 1946. Mais lorsque, par suite de l'échec de la grève générale, l'initiative passa aux mains de la bourgeoisie et qu'il fallut reconstruire l'unité de front prolétarien, pour organiser une résistance prolétarienne susceptible de se transformer en une contre-offensive vicvictorieuse, quand de ce fait, le front unique devint l'axe central de la politique d'un parti révolutionnaire soucieux d'ouvrir une perspective à la classe ouvrière, le mot d'ordre du front unique disparut pratiquement de la plate-forme des centristes. Une ambiguïté n'a jamais cessé d'exister sur la nature du R. D. R., selon ses partisans euxmêmes. Tantôt, c'est une formation à programme plus ou moins bien précisé, agissant à côté des partis existants ; tantôt le R. D. R. prétend être un rassemblement au-dessus des partis pour s'opposer à l'autre Rassemblement (1) et de ce fait, réaliser en lui le front unique des masses. Mais comme les masses ne sont pas décidées à suivre ce genre d'organisations (8), le R. D. R. ne peut être qu'une formation politique, un sous-parti sans programme precis. Il ne réalisera pas le front unique

(8) L'opération n'a jamais réussi aux staliniens, malgré tous leurs moyens, aved les • Comités Amterdam-Pleyel », le « Front National » et autres paravents qui n'out surtout servi qu'à placer des bureauerates et qu'à faire quelques incursions dans les milieux petits bourgeois.

DES CLASSES EN FRANCE

DES CLASSES EN FRANCE ni ne contribuera à sa réalisation. Dans la mesure où il nuit à la formation du parti révolutionnaire, il nuit à la réalisation du front unique,

Au moment où chacun voit que la question dominante en France est celle du pouvoir, où de Gaulle et les staliniens qui se partagent les troisquarts du pays mènent campagne, Tun pour un « Etat fort », les autres pour un « gouvernement d'union démocratique », les hommes fibres n'ont rien à dire aux masses travailleuses sur cette question. A moins que l'on puisse considérer comme un mot d'ordre les propos d'Altman qui, affirmant son attachement à la République (c'est vraiment touchant), préconise « un rassemblement de toutes les forces de gauche du pays », « avec la garantie formelle (1) de la libre expression des divergences ». Ca peut paraitre un peu compliqué, ce « rassemblement démocratique-révolutionnaire » lui-

Les centristes ont leur façon d'être internationalistes. Avant la guerre, le a Bureau de Londres » groupait loute une série de formations politiques qui se rencontraient de temps à autre, échangeaient des saluis fraternels, adoptaient de vagues résolutions et ne se sentaient liées par rien du tout. La guerre a mis fin à ce Bureau et à la plupart de ses participants.

La rupture de l'aile droite du P.C.I. se produisit très peu de temps avant la tenue du 2º Congrès Mondial de la IV• Internationale. Elle se sépara des bolcheviks - léninistes de plus de trente pays pour s'unir aux hommes libres de la rédaction de Franc-Tireur et du café de Flore. Ceci fait, Demazière, Dunoyer, ete., etc., se déclarèrent prêts à rester dans la IV° Internationale, à condition que celle-ci veuille bien se satisfaire d'une information à intervalles réguliers sur leur activité dans le R. D. R., autrement dit, à condition qu'elle veuille bien pren. dre la place du défunt « Bureau de Londres ».

Mais comme il y a des bolcheviksléninistes cinghalais, uruguayens et même francais qui n'ont pas de goût pour cette Internationale new look, il fallait bien que les ex-trotskystes et ceux avec lesquels ils se sont as-

TERNATIONALE même enfermé dans « un rassemblement de toutes les forces de gauche », le tout assaisonné du droit de chacun à la plus grande liberté de tout dire et de ne rien faire, mais le résultat global est une vieille rengaine bien connue, qui s'est intitulée : bloc des gauches, front populaire, tripartisme, etc...

Voilà à quoi se réduit tout le programme des centristes. Et pour s'y rendre, Demazière venait au P. C. I. affirmer que :

L'avant-garde révolutionnaire dont le P. I. C., doit aller au R. D. R. et jouer le jeu à fond et intelligemment. Dans l'état de désarroi et de recherche où se trouve l'avant-garde ouvrière, quelques valeurs-clefs permettront à nos militants de se retrouver.

.Pour le reste, nous devons altendre que nos vues se décantent an travers d'une activité considérablement plus large que celle que nous avons connue jusqu'ici. sociés trouvent un moyen de manifester un certain internationalisme pour avoir la conscience claire de ce côté-là. Ce n'est pas un problème difficile à résoudre. « Un mouvement d'hommes libres qui n'est inféodé à aucun système, à aucun régime, à aucune doctrine » (Altman dixit) ne sera guère embarrassé pour trouver par delà les frontières et les océans d'autres hommes non moins libres et non moins dépourvus de doctrine.

Si les rumeurs qui circulent sont exacies (et nous faisons ici toute réserve non pas sur l'existence du projet que nous allons mentionner mais sur sa réalisation) les ex-trotskystes se sont assurés du concours du P.O.U.M. et de Shachtman pour la publication d'une revue. Les alliances internationales ont un grand intérêt pour caractériser politiquement un mouvement.

Le POUM fut désigné par Trotsky comme étant la plus sérieuse des organisations centristes. Il avait une base ouvrière en Catalogne et une certaine tradition révolutionnaire. Mais sa politique n'a jamais été caractérisée par sa fermelé. Le POUM dont certains dirigeants prétendent avoir des penchants vers la IV• Internationale ne manque jamais une occasion d'aider des adversaires de

HOMMES LIBRES DE TOUS PAYS, UNISSEZ-VOUS !

HOMMES LIBRES DE TOUS PAYS, UNISSEZ-VOUS !

UATRIE E I N la IV• Internationale, ou de leur mamifester sa sympathie. C'est déjà une drôle de façon que d'avoir de la svmpathie pour la IV• Internationale que de s'entendre avec ceux qui viennent de la trahir. La Batalla, Porgane du POUM, s'est occupée des élections president.eles américaines. On sait que nos camarades du S. W. P. ont mené une campagne très ardente sur la candidature de Farrell Dobbs. On sait beaucoup moins que l'organisation de Shachtman a pris la décision de demander aux électeurs américains (qui ne le sauront pratiquement pas đn tout) de voter à leur guise pour un des « candidats du socialisme », c'est-à-dire soit pour le candidat du S. W. P., soit pour le candidat du P. S. américain, Norman Thomas, soit pour le candidat d'un groupement archaïque, le Socialist Labour Party. A vrai dire dans l'organisation de Shachtman, les plus résolus penchent pour Norman Thomas et certains (James T. Farrell, A. Goldman) l'ont quittée sur cette question. Mentionnant la position vague de Shachtman. La Batalln du 18 septembre 1948, déclare :

Il aurait été plus juste de s'exprimer publiquement et officiellement en faveur du candidat du Parti Socialiste et même d'intervenir d'une façon active dans la campagne élecforale en sa faveur.

Ainsi entre le trotskysme dont le candidat est un militant ouvrier ayant un passé de luttes, condamné pour son action pendant la guerre et le socialisme américain dont le candidat est un ancien pasteur qui a soutenu la guerre impérialiste et n'a jamais rien eu de commun avec la pensée socialiste, les sympathies du

POUM penchent du côté de la social-démocratie.

Quant à Shachtman, nous ne doutons pas de sa capacité de noircir le papier d'une revue. Mais sur la base de quel programme peutil le faire 2 Le mot programme vient rarement sous sa plume. Et quelles perspectives a-t-il ? Rentré dans son pays, après un séjour en Europe, il a retrouvé une organisation complètement démoralisée. C'est la constatation initiale de tous les articles du Bulletin Intérieur du « Workers

Party » et de quelques articles de sa presse publique. Le 2° Congrès

Mondial de la IV• Internationale, la plus forte assemblée trotskyste in-

Ternationale selon les propres ter-

TERNATIONALE mes de Shachtman, n'a nullemest impressionné celui-ci. Il s'est volodtairement fermé la porte de ce côté. II ne voit comme solution que de renoncer au titre de « Workers Party », de faire place à un cercle d'études et de propagande, el à ce qui reste de marxistes (selon ses conceptions) dans le monde, de se plonger, sans programme, dans le mouvement des masses, ce mouvement étant représenté en France non par le parti stalinien, mais par le R. D. R. ! Shachtman rejoint en tout point Demazière. Sans doctrine, sans principe, personne n'est tenu rien et par personne. Quelle remarquable revue on pourra produire sur ce néant idéologique l

C'est avec beaucoup d'amertume que nous avons eu à assister à une misérable comédie centriste jouée surtout par d'ex-trotskystes. Elle éclaire singulièrement la lutte qui s'est poursuivie pendant des années au sein du P. C, I. comme étant la lutte entre les partisans du programme trotskyste et une aile petite bourgeoise qui tendait à se libérer du programme et de l'organisation trotskystes.

Le sort du centrisme issu de couches petites bourgeoises et socialdémocrates était inéluctablement très limité en France. La lutte des trotskystes contre lui doit leur permettre à présent de se tourner vers l'autre centrisme, celui des prolétaires en rupture avec le stalinisme, avec toute la clarté théorique nécessaire mais aussi avec toute la souplesse politique indispensable, pour les faire progresser sur le programme de la IV* Internationale.

15 Octobre 1948.

P.-8. — Cet article n'avalt pu paraitro faute de place dans le numéro précédent. Depuis qu'il a été écrit, s'est tenu un Congrès de PA. S. R. Celui-cl, grãce à un bloc des partisans du R. D. R.

et de la « Bataille Socialiste », a commencé par exclure la tendance minoritaire, celle des camarades Dumont, Cl.

Just, Grudlinger, ... qui ont depuis lore rejoint le P. C 1. Ensuite la tendance pro R. D. R. a battu la tendance prostalinienne qul s'était renforcée. Après le Congrès, chacun a continué à agir a sa guise, l'un dans le R. D. R., l'autre chez les « Socialistes unitalres • staliniens. Le Drapeau Rouge ne parait plus,

L'A. S. R. n'existe plus que sur du papier à lettre.

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