Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, n° 1-2

Les 3 L

Quatrième Internationale, vol. 7, n° 1-2 · janvier-février 1949 · p. 6-6 · 820 mots

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L y a 30 ans Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg étaient assassinés par la contre-révolution allemande. Il y a 25 ans, Lenine mourait.

La perte du plus intrépide des révolutionnaires et de la plus remarquable personnalité marxiste allemande depuis Marx et Engels lalssaient la classe ouvrière allemande, plus particulièrement son avant-garde communiste, sans une direction qualifiée. La tragédie du prolétariat allemand a trouvé son expression particullérement sensible dans les successives directions du P. C allemand, tantôt opportunistes, tantôt aventuristes, tantôt combinant les deux, pour finir par une direction soumise au Kremlin. De l'écrasement de Spartacus en 1919, en passant par les batailles de 1921 et la défaite de 1928, Jusqu'à la espitulation de 1933, le plus puissant prolétariat d'Europe n'avait pu trouver le chemin de la victoire, faute d'une solide direction révolutionnaire.

La mort de Lenine coïncide aveo la ligne de partage du développement de la Révolution russe. La politique orientée sur la révolution mondiale et sur la démocratle prolétarienne, est remplacée par la politique du « socialisme dans un seul pays • dictée par une bureaucratle qui impose de plus en plus un régime de terreur sur la soclété soviétique. Depuis 1924, dans une succession de zigzags, de l'opportunisme le plus grossier à l'ultragauchisme le plus débridé, la direction de Staline a aboli la démocratie ouvrière, détruit le parti bolchevik comme avant-garde ouvrière et l'internationale communiste, cette première tentative de création d'une direction internationale contre 'impérialisme mondial, et provoqué défaites sur défaites de la classe ouvrière.

L'anniversalre de la mort de Lenine a été une fois de plus l'occasion pour les staliniens de poursuivre leurs déformations systématiques de tout l'enseignement de celul-ci. u Chaque homme de progrès, déclara Duclos en cette occaaion, a deux patries, la sienne et l'Union soviétique, le grand pays du socialisme. »

On ne pouvait en une seule phrase difficilement plétiner davantage le léninisme. Nous volci avec une nouvelle catégorie sociale, celle des « hommes de progrès », tout aussi détachée de la notion de olasse que les « hommes libres • du Rassemblement Démocratique Révolutionnaire. Et, contre Marx et Lenine, volol que les travailleurs qui n'avaient pas de patrie en sont gratifiées de deux : Duclos leur fait retrouver la patrie des capitalistes, de leurs exploiteurs. Enfin, si l'U. R. S. S. est un pays qui, certes, se trouve en dehors du circuit capitaliate, si o'est un pays que l'impérialisme menace - et que les travailleurs doivens défendre contre celui-ci —— ce n'est ni de près ni de loin le « pays du socialisme » et le renversement du régime policier y est la condition première pour un développement en direction d'une soclété soclaliste.

Deux patries I C'est pour cela que Duclos ne veut pas que la France Tasse la guerre à l'U R. 8. 8. Mals quand leurs « deux patries » n'étaient diplomatlquement pas opposées, les ministres staliniens n'hésitaient pas à voter les crédita pour faire la guerre au peuple viet-namien. A ce moment là l° • Humanité • n'aurait pas dorit : le peuple de France ne fera Jamala la guerre contre le Viet-Nam.

Sous le nom de Lenine, o'est à Staline que tous les valets du Kremlin ont en fait rendu hommage. Mais ils n'avalent pas les moyens, fournis par des années de mensonges accumulés, de camoufler les deux autres grands leaders du prolétarlat mondial. Aussi ont-ils étouffé ou réduit à rien le souvenir des dirigeants de Spartacus.

Les • 3 L » paraissent écrasés sous ce développement de la plus honteuse des Impostures à la direction du mouvement ouvrier. Cette direction disposané d'infiniment plus d'autorité que la social-démocratie n'en a jamais eu sur olasse ouvrière pourrait presque sans coup férir amener le prolétariat à s'emparer du pouvoir sur une très grande partie du globe ; parce qu'elle ne vise qu'a défendre les privilèges de la bureaucratie de PU. R. S. S., elle se borne à exploiter à son profit la combativité et la confiance des masses travailleuses dans des aventures sans issue pour les travailleurs. Mais les « 3 L » n'avalent jamais désespéré de la classe ouvrière, de sa capacité à se libérer, tant de la société capitaliste que des directions bureauoratiques que des conditions historiques ont amenées à sa tête pour une période. Et, dans les circonstances présentes, la plus importante des leçons des « 3 L », c'est la confiance dans les forces du prolétariat et dans la force du programme révolutionnaire.

Il y a aussi 25 ans que, dans le rayon de Moscou du parti bolchevik, Trotsky commençait à rassembter, contre la bureaucratie montante, la fraction bolohevikléniniste. Le combat, pendant 25 ans, a servi à défendre le capital révolutionnaire, à préparer de nouveaux cadres de la révolution prolétarienne. Malgré toutes les persécutions et les calomnies, les trotskystes n'ont jamais Interrompu la lutte.

Incarnés dans la IV• Internationale et ses sections, les • 3 L > poursuivent leur oombat pour la révolution mondiale.

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