Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 7, n° 1-2

Huit semaines de lutte des mineurs français

F. Moreau · Quatrième Internationale, vol. 7, n° 1-2 · janvier-février 1949 · p. 14-19 · 4 645 mots

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par F. MOREAU

PENDANT huit semaines, les mineurs de France ont mené une grève qui constitue une des pages les plus héroïques de l'histoire du prolétariat de ce pays. Témoignage d'une combativité extraordinaire, d'une tenacité remarquable, en face d'un gouvernement déchalné et de l'alde ouvertement apportée à ce gouvernement par les syndicals réformistes et chréliens, cette lutte de près de 400.000 travailleurs, conduite par une direction stalinienne, qui exploita leur combalivité mais les engagea dans une impasse, ne peut etre bien comprise que dans le développement général de la luite des classes en France

C'est en France que se fait sentir à présent le plus vivement le déclin de l'Europe occidentale, sa mise à la portion congrue. Depuis les Journees de 1934, qul ont mis fin à la période de democratie classique, ce ne sont que grands soubresauls de l'extrême-droite a l'extrême-gauche, sans pouvoir parvenir à un equilibre • le grand capital de lutte ineurs français par F. MOREAU la vie quotidienne, la montée des prix, stimulèrent la résistance des travailleurs. D'abord de pelits mouvements, sans unité apparenté ; puis une résissans unité massive es uns a C. R. S. par le gouvernement pour faire évacuer les grévistes de l'usine Bergouguan à Clermont-Ferrand souleva aussitôt celle ville et fut le point de départ d'une résistance des travallleurs se généralisant dans tout le pays.

La contre-offensive ouvrière marissait. Dès la fin de l'élé, un grand mouvement des travailleurs pointait a l'horizon. L'échec de lan dernier et la division syndicale étaient des faoteurs objectifs rendant moins aisées la généralisation des lultes et leur culmination en une bataille d'ensemble, Dans ces conditions, le rôle de la direction ouvrière devenait d'une Importance exceptionnelle. Une direction révolutionnaire disposant d'une autorité sur une large partie de la classe ouvrière aurait, par une vaste campagne, popularisé devant tous les travailleurs les objectifs communs à toutes les catégories et la nécessité de se préparer à une lutte d'ensemble comme le seul tions. Une telle politique aurait d'une moyen pour obtenir ces revendicapart éveillé l'altention des couches les plus retardataires, les aurait préparées pour le combat, et d'autre part, évité dans une certaine mesure des mouvements prématurés dans quelques industries. En tout cas, au moment où des mouvements auraient englobé un certain nombre d'industries importantes ou bien à la faveur d'événements donnés dans la lutte des classes, le mot d'ordre de la grève générale aurait trouvé logiquement sa place et un terrain favorable à sa réalisation. La contreoffensive ouvrière aurait pu alors se transformer en une grande offensive pour le pouvoir des ouvriers et des paysans.

Mais la direction qui, en Francer avait et a encore le plus d'autorité sur la classe ouvrière el sur ses couches les plus décisives, la direction stallnienne, avait une tout autre perspective el une tout autre stritégie. Elle ne songeait pas à une lulle pour la conquête du pouvoir par les travailleurs, elle visait A exercer une pression sur la bourgeoisie pour lui faire accepter une certaine politique définie au Comité Central du P. C. F. tenu à Gennevilliers en mai 1948, et dont le polnt le plus important est une nouvelle venir à un équilibre : le n'arrive pas aisément à outil réactionnaire fascisti ser son • Etat fort prolélariat reste enfermé rections dans le cadre capitaliste. En 1944-45, ration », ce so grand capital construire un e polir impoandis que le par ses d1le la sociélé à la " libéstaliniens qui ont remis debout l'Etat capitaliste et renvoyé les ouvriers qui avaient confiance nistres aux usines

... de la plus-value les masses dont lans " leurs » mipour y « produre •

Au printemps 1947, le standard de vie s'abaissait constamment ont commencé à se dégager du carcan stalinien. A partir d'avril, les grèves se multipliérent. Le mouvement culmina vers les mois de novembre-décembre. Les staliniens qui, avec la création du Cominform, avalent entre temps fadt un tournant « à gauche », frent échouer ce mouvement en raison des mots d'ordre, des formes d'organisation el de la tactique, qu'ils mirent en avant (1). L'année 1948 s'ouvrit avec la seission syndicale de " Force Ouvrière », et avec une offensive du gouvernement et des patrons contre les conditions de vie et de travail des ouvriers. Mais l'échec de 1947 n'avait pas profondément entamé les forces du prolétariat et les ditticultés de plus en plus grandes de

(1) Voir Quatrième Internattonale, n° de novembre-décembre 1947. 14 ce sont littéralement les

INT

E

QUATRIEME orientation de politique extérieure du capitaliste français. Le mouvement des travailleurs allait être utilisé par cette direction en vue d'obtenir ce résultal. Le rylhme propre du mouvement des masses fut négligé. Pour exercer une pression, Il fallait aux dirigeants stail fallait aux dirigeants sialiniens une série de mouvemenis separes, se succedant ou se juxtaposant, mais Jamais coordonnes par lobjectil du renversement du pouvôir bourgeois,

L'autorité des staliniens chez les mineurs était particulièrement grande. Ils avaienl, à la « libération " rait nacionaliser les mines (les anciens acuonnaires en tirent néanmoins un milliard et demi de dividendes par an) et ils avalent assuré aux mineurs toute une série d'avantages par rapport aux autres catégories de travailleurs (salaires, nourriture, elc.), car il fallait " produire ». Thorez faisait de la démagogie sur son passé de mineur et allail aussi souvenl que possible parler, en patois A l'occasion, aux mineurs pour qu'ils se dépensent sans compter pour produire, produire et produire encore plus de charbon. La production des mines de France s'est rapidement relevée, mais la productivité des mineurs, comme dans tous les pays, n'a pas alteint celle de 1938. Comme tous les travailleurs, les mineurs — malgré quelques avantages reçus au lendemain de guerre par rapport aux aulres cad'où la tactique des • grèves tournantes •. La direction stalinienne freinait ici, accelerait la. La plèce maltresse dans ce combat de harcelement de la bourgeoisie devait etre la grève des mineurs. Comme toute taclique de harcèlement opposée à un ennemi qui se place sur le plan d'une lutte décisive (à la mesure de ses propres forces, bien entendu), elle devait aboutir à l'inverse du résultat cherche. un système de sanetions portant alteinte au stalut des mineurs, tel qu'il avait élé élabli après de nombreuses années de lutte.

Pour donner le caractère le plus striotement corporalif au mouvement, les staliniens mirent au premier plan les revendicalions contre les décrets Lacoste : c'est seulement aux points 3 et 4 que venaient les revendications communes aux mineurs et à toute la classe ouvrière. Dans un référendum qui précéda le déclenchement du mouvement, une écrasante majorité des mineurs se prononça pour la grève. Les dirigeants réformistes et chrétiens eux-mêmes à ce moment-là n'osèrent pas s'opposer • ouvertement à celle-ci : ils se prononcèrent pour une grève de deux jours el laissèrent aux ouvriers appartenant à leurs syndicats la liberté d'agir à leur guise par la suite. Dès le démarrage de ce mouvement, qui engloba tous les mineurs de tous les bassins de France, la classe ouvriere comprit que celte lutte élait sa propre lutte. Bien que lancée sans tenir compte des développements dans les autres industries, cette grève allait par son existence même et par ses péripéties hater la maturation d'un mouvement d'ensemble de tous les travailleurs de France.

principal bassin, celui du Nord et du

Pis-de-Calais, car il n'avait que des forces limitées, malgré tous ses efforts pour les utiliser au maximum. C'est dans la Loire et dans le Gard plus spécialement qu'il chercha à marquer des points. Une allaque ainsi concentrée sur quelques points commença par susciler une riposte vigoureuse des mineurs. Ceux-ci délogés des puits en chassaient à leur tour les C. R. S. De véritables épisodes de guerre civile se produisaient. On vit les mineurs rester maitres du terrain, faire prisonniers des centaines de gardes, avec un colonel à leur tete ; les C. B S. en plusieurs endroils s'enfuyaient, abandonnant leur matériel (camions, ele.). Une arreslation dans le Pas-de-Calais entrainait l'occupalion de la sous-préfectuure de Béthune, Le Ministre de l'intérieur, Jules Moch, grand stratege.

la guerre par ra tégories — ont sanis. Leurs plus cations étaient un ministre socialiste taient aux mains

Commencée le 4 poursuivit dans un dant une dizaine manœuvres et les pport aux autres cades salaires insuffiImportantes revendiminimum vital (fixé au chiffre dérisoire

Lacoste qui remetle l'Elat-patron tout octobre, la grève se calme apparent pende jours. Mais les prépara lits gouvernementaux se poursuivaient dans l'ombre. Le gouvernement ayant fall entrer la troupe sur les territoires miniers, la Fédération des Mineurs décida de supprimer pendant 24 heures les services de sécurité. Le gouvernement prit pretexte de celte decison pou aire intervenir ses forces de répression aln de faire évicuer les puits occupés par les mineurs en grève. La Fédération des Mineurs se refusa alors à toute mesure de sécurité ; des choes sanglants étaient prévisibles.

Les forces gouvernementales, les C. R. S. ne pouvaient proceder a une large atlaque ; le gouvernement concentra ses forces sur quelques points particuliers, négligeant au début le par les staliniens de 15.000 franes), la garantie du pouvoir d'achat et une augmentation des retraites. A cela venaient s'ajouter des revendications contre les décrets du

Les revendications et le déclenchement de la grève

Les fusillades

Les revendications et le déclenchement de la grève de 15.000 franes), la garantie du pouvoir d'achat et une augmentation des retraites. A cela venaient s'ajouter des revendications contre les décrets du

Les fusillades

T avait échoué dans sant à a assurer • liberté du travail des armes, ainsi de le faire. Fidele non de Jaurès, du tionnaire. Au Burea chon lui-même dut légations d'usines la direction de la responsabilité de grève générale.

son entreprise via sécurité . " et la a sans faire usage qu'il s'étail vanté à la tradition simoins de Noske, il

L'aspiration à la u Confédéral, Frarecevoir des déinsistant pour que

C. G. T. prit la lonner l'ordre de a direction stallmot réunions, qui terrorisait ceux qui sortaient de chez eux, la troupe pecupait gouvernement donnait à son activite les points stratégiques importanis. Le donnait à Son caractère d'opérations militaires chaque jour un communiqué indiquait le nombre de kilometres carres le nombre de kilomètres carrés de • territoire libéré •.

Il faut à présent examiner séparément les conséquences des fusillades sur toute la classe ouvrière et celles qui en résultèrent par la suite chez les mineurs. grève générale d'ordre politique, ete. Le document le plus expressir de cette hostilité fut la • lettre ouverte de B. Frachon aux ouvriers le secrétaire général de la C. G. T. inde chez Chenard et Walker tervint de tout son poids au moment où, de partout, s'exprimait la volonlé d'une lutte d'ensemble, Cette lettre n'était alors pas tanl destinée à convaincre qu'a semer le désarroi dans les esprits des militants et alnsi à prévenir un débordement de la direction.

Tous les dirigeants staliniens ne trouvaient que des obstacles à la grève générale ; aujourd'hui encore, plusieurs semaines après la défaite des mineurs, ils sont encore contraints de chercher a répondre aux inquiétudes de leurs militants sur ce point. C'est aínsi que l'organe théorique du parti stalinien, les Cahiers du Communisme, reproduit dans son numéro de janvier 4949 un artiele de Thorez vieux nienne s'opposa obstinément à ce mot d'ordre. Elle recourut à loutes sortes d'explications. Aux uns, elle dit que c'était les gaullistes qui la voulaient. A d'autres que la classe ouvrière n'était pas more pour un tel mouvement. A d'aulres aussi que les mineurs poursuivaient un mouvement corporatif. qu'ils n'avaient besoin, pour vainere, que de la solidarité financière et matérielle. A certains, que les grèves économiques ne pouvaient culminer en une : grève générale qui, étant politique, ne pouvait être lancée que sur un mot

1949 un article de Thorez Vieux de 20 ans sur la grève politique de masses.

Notre article n'a pas pour objet de discuter tous les arguments staliniens, mais de faire comprendre la place de la grève des mineurs dans la lutte du prolétariat français. A ceux qui peuvent se demander si la classe ouvrière était mûre pour une lutte générale, répondons simplement par ce tableau forcément incomplet des luttes ouvrières pendant cette période, tableau dressé à partir des informations de " l'Humanité ».

En septembre (avant la grève des mineurs). :

1er septembre. - Débrayage et manifestation chez les métallos de Nantes,

Saint-Nazalre, Montarg's, Bagnolet. — Débrayage partiel à Dôle. Manifestation dans le 15°

3 septembre. — Grève de 2 heures à Marseille,

5 septembre. - Débrayage et manifestation à Tulle.

7 septembre. — Grève de 24 heures à Troyes. Débrayage et manifestation à Strasbourg. Débrayage dans le Rhône Débrayage à Pont-de-l'Arche.

8 septembre. - Débrayage à Aubusson.

9 septembre, — Débrayage au Banc-Mesnil. Grève de 24 heures à La

Rochelle et dans la Somme.

10 septembre. — Débrayage et manifestation à Boulogne, Saint-Ouen, Puteaux, Courbevole, Clichy, Saint-Denis et Issy. Débrayage dans les Ardennes.

la Haute-Garonne, le Cher et à Saint-Etienne.

11 septembre. — Débrayage et grève dans plusieurs endroits : métallos, bät'ment, texti'e et papeterles, dans l'Ariège ; dans l'Aisne s papeteries de Saint-Girons. Débrayage à Levallois.

12 septembre. — Débrayage à Arras et à Boulogne n'hésita pas à donner l'ordre de tirer. bes Journaux et la radio répandirent quelques mensonges pour semer la panique, et le 19 octobre, les fusillades commencèrent. Des mineurs furent tués dans la Loire, dans le Gard ; les arresrations se mulupterent, un regime de terreur fut instauré qui interdisalt les

L'assassinat de grévistes déchaina la colère des travailleurs dans toute la France. L'idée de la grève générale qui faisait jusqu'alors peu à peu son chemin s'imposa très rapidement à de très larges couches de la classe ouvrière. Partant des usines, cette revendication s'éleva jusqu'aux sommets de l'appareil de la C. G. T. Les syndicats, les unions départementales, les fédérations recevaient des résolutions demandant la grève générale, et ce, quelques jours après la fin du 27: Congrès de la C. G. T. où la direction avait fait repousser la proposition presentee par les delegues les délégués de la minorite revolun'hésita pas à donner l'ordre de tirer. bes Journaux et la radio répandirent quelques mensonges pour semer la panique, et le 19 octobre, les fusillades commencèrent. Des mineurs furent tués dans la Loire, dans le Gard ; les arresrations se mulupterent, un regime de terreur fut instauré qui interdisalt les

L'assassinat de grévistes déchaina la colère des travailleurs dans toute la France. L'idée de la grève générale qui faisait jusqu'alors peu à peu son chemin s'imposa très rapidement à de très larges couches de la classe ouvrière. Partant des usines, cette revendication s'éleva jusqu'aux sommets de l'appareil de la C. G. T. Les syndicats, les unions départementales, les fédérations recevaient des résolutions demandant la grève générale, et ce, quelques jours après la fin du la C. G. T. où la direction avait fait repousser la proposition presentee par les délégués de la minorite revolu-

14 septembre. - Débrayage à Hagondange. Débrayage et manifestation à Gennevilliers, Asnières, Saint-Cloud, Grève d'une beure à Alès et à Nimes. Grève générale dans le Doubs. 16 septembre, - Débrayage et manifestation à Tarbes et en Charente.

17 septembre. — Débrayage à Orléans et dans la Sarthe.

21 septembre. — Débrayage dans le Haut-Rhin, à Lorient et à Grenoble (obséques de l'ouvrier Voitrin, assassiné par les gaullistes).

25 septembre. — Grève générale de 2 heures dans toute la France, à l'appel de toutes les centrales syndicales (C. G. T., • Force Ouvrière », C. F. T. C., Cadres).

28 septembre. - Débrayage au Havre.

lor octobre. — Grève de 24 heures du personnel du gaz et de Pélectricité A partir du 1ºr octobre : dans toute la France. 5 octobre. — Grève des taxis à Paris et Bordeaux. Journée d'agitation des communaux (C. G. T. et C. F. T. C) dans toute la France. Début de la grève des chemins de fer du Nord-Est et des métallurgistes de Lorraine (qui durera jusqu'au 16).

8 octobre, — Grève de 24 heures de toute la marine marchande.

11 octobre. → Grève de 24 heures dans la Moselle. Grève de 48 heures des métallurg stes de Moselle. 13 octobre. - Grève de 24 heures de tous les ports de France.

15 octobre. - Grève de 24 heures des métallurgistes de Bordeaux. Grève du textile à Troyes, Sedan, Vendôme. 20 octobre. - Grève de 24 heures des cheminots de la région méditerranéenne. Grève générale dans le Tarn.

21 octobre. — Grève de 48 heures des cheminots du Mans, d'Alençon et de Château-du-Loir. 22 octobre. — Grève de 24 heures des cheminots de Toulouse, de Nimes, de Nimes, d'Ales, d'Avignon, de Sète et du Tell. Refus des dockers de Calais et de Boulogne de décharger du charbon. Débrayage de solidarité dans toute la métallurg'c parisienne. 25 octobre. - Grève de 24 heures dans la Loire. Débrayage à Lyon, Marseille, Limoges, Saint-Junien, ete. Nombreuses grèves dans tout le pays.

26 octobre. - Débrayage à Marseille, Rouen, Dieppe, Montpellier, Beziers, Sète, Clermont-Ferrand, La Rochelle. 27 octobre. - Débrayage & Marsellle, La Bocca, Toulon, Brignolles, Pé rigueux. 28 octobre. — Grève de 24 heures dans le Gard. Débrayage dans la Vienne, à Mantes, chez les métallos de Denain.

29 octobre. - Débrayage à Bonlogne-sur-Mer.

1er novembre. — Grève des marins

Tout cela, en une période où tous les dirigeants écoutés parlaient contre la greve generale. Tout cela, en une période où la politique stalinienne élant que les ouvriers pouvaient arracher les revendications par des mouvements

La grève générale fut ainsi évitee par les dirigeants staliniens et les mineurs poursuivirent leur grève aidés par la solidarité matérielle des travailleurs (collecles a chaque paye, evacuation et hébergement d'enfants de mineurs). mais dans des conditions où la guerre d'usure ne pouvait tourner qu'a leur de Marseille. partiels. Aueun doute qu'une propagande qui aurall mis en avant la nécessité d'une lutte générale aurait rencontré un écho formidable et préparé un mouvement d'une ampleur extraordinaire. qui ne regardaient pas au prix du charbon.

Mais il n'y eut pas que les diffleultés matérielles, la faim et le régime de terreur, pour amoindrir la capacité de résistance des mineurs. La tactique de la direction stalinienne vint se combiner à toutes ces difficultés.

Revenons à la question de la supmesur longée tique, de sécurité. La e décidée pour 24 heures fut, développement de la lutte, prosans limite. Mais une telle tacextrêmement rare dans cette même au cours de grèves corporation, même au cours de greves ment disproportionnée aux objectifs de très prolongées, apparaissait visibleaux la lutte tels que les staliniens les présentaient. Dans une lutte décisive pour le pouvolr, où se joue tout le sort de la société, les mesures les plus extré- désavantage.

Les versements, les

Les versements, les l'aide matérielle, malgré volonté des travailleurs, par les possibilit

Imités souscriptions, toute la bonne trouvaient

Se limitées és de ceux-ci. Une chose est de soutenir 5 ou 10.000 grévistes et leur Tamille une autre est de soutenir 400.000 grévistes et leur famille. A 1.000 francs par semaine, chintre insutisant, # eut fallu recueillir 400 millions par 80maine | Par contre, le gouvernement francais reoevait l'aide des Américains

Le déclin de la grève des mineurs

Le déclin de la grève des mineurs pression des équipes

QUATRIEM B IIN mes et les plus audacieuses sont justiffées el comprises par tous les travailleurs ; mais on ne peut concevoir une direction proposant des objectifs limilés au cadre d'une corporation, retusant de recourir à une grève générale et appelant aux moyens de lulte les plus extremes. de gouvernemen les olus extrêmes. Le gouvernement et les réformistes de tout poil exploitèrent cetle discordance entre les moyens et les buts. La propagande dénonçant les dirigeants staliniens comme ayant d'autres buts que les intérêls des mineurs se basait dans ce cas sur quelque chose de très réel : aussi, en l'absence d'une organisation révolutonnaire susceptible d'etre entendue avec assez d'autorilé pour monier une Issue révolutionnaire, en présence de l'étranglement du mouvement pour la grève générale, un nombre grandissant de mineurs, dont les familles étaient affamées et qui ne voyalent pas d'issue au mouvement, reprenait le chemin des puits.

Ce n'était pas tout. La politique stalinienne favorisait d'une part le retour au travail des moins combatifs; mais elle engendrait d'autre part chez les plus combatifs, chez ceux qui continuaient la grève, des sentiments de colère et de désespoir qui se tourné-

Sur le plan de la corporation minière, ce fut une défaile très lourde. Près de deux mille mineurs ont été emprisonnés et condamnés, notamment presque tous les délégués à la sécurité qui constituent l'armature du mouvement syndical dans les mines. Le gouvernement s'est aussi livré à la plus odieuse des répressions contre les ouvriers immigrés qui avaient fait leur devolr de classe pour l'internationalisme des Moch et Cie, ils sont tout juste bons à produire et à se taire. Les dirigeants réformistes de " Force Ouvrière " et des syndicats chréliens ne tireront pas grand proft de cette défaile des mi-

Men dépit ou à cause de l'aide neurs, scandaleuse que leur donne le gouvernement et du vote par l'Assemblée na-

TERNATIONALE rent à plusieurs reprises en actes terroristes contre ceux qui avaient repris le travail. La violence contre les jaunes est légitime, mais se livrer à des actes de violence (bris de carreau, coups, ete...) envers ceux qui, après plusieurs semaines de lutte, ont repris le travail onL parce qu'ils n'avaient plus la force de parce quaran des raisons quelle que tenir et parce ment donner: se question de la cess ne peut enrayer le la direction, pour ne peut honnêteefuse à poser la ation de la grève, déclin d'un mouvement ; au contraire, cette tactique (si on peut employer ce mot) ne pêut qu'aggraver la défaite en engendrant des sentiments de haine au sein des travailleurs.

Dans la dernière période de la grève, non seulement tous les petits bassins n'étaient plus en lutte, mais même dans le Nord et le Pas-de-Calais il n'y avait guère qu'un tiers des mineurs encore en grève. C'est le 29 novembre, au moment où une désagrégation complète menaçait ce qui restait du mouvement, que la Fédération des Mineurs donne l'ordre de reprise du travail, vinglquatre heures après avoir appelé une lutte jusqu'au bout et sans même consulter ceux qui restaient en lutte. vie des travailleurs et, ce qui esl très important, un nouvel affaiblissement du mouvement syndical. La reprise des cartes pour 1949 a la C. G. T. a été très faible ; ni " Force Ouvrière », ni la C. F. T. C. (chrétiens) n'en d'ailleurs bénéfcié ; en même temps commencent T pulluler les syndicats autonomes ou règne la confusion la plus grand et où se sont camouflés des éléments gaullistes, avec la consigne de ne pas se dévoiler. On peut dire qu'il n'y a presque plus de syndicats de masse en France ; il y a plusieurs centrales rivales, qui sont plutot les expressions de partis ou de courants politiques dans le domaine des revendications ouvrières. N'y adhé-rent en général que les membres des partis et les sympathisants les plus proches.

La classe ouvrière française a encore des ressources de combativité très grandes ; des industries entières (la métallurgie et d'autres) n'ont pas été vaincues dans ce combat ; les besoins les plus élémentaires des travailleurs les pousseront vers de nouvelles batailles pour défendre leur standard de vie. La défensive actuelle tout à fait sporadique ne manquera pas de se développer, sans que rien ne permetle pour Mais il est certain qu'une lutte d'en- l'instant d'en prévoir le rythme. semble sera beaucoup plus difficile à obtenir, que des corporations entières ou des usines soit ne bougeront plus, soit ne démarreront pas tant que le mouvement n'atteindra pas une am- Am - tonale d'un crédit de faveur de ceux qui ont de violence des grévistes

Il y a encore peu apprécier exactement ohez les mineurs et la leur défaile. Cependant ment, à Firminy, où un assassiné, il y eut une millions en subi des actes d'indices pour l'état d'esprit profondeur de tout récemtravailleur fut élection pour un délégué mineur, dans laquelle sur près d'un millier d'ouvriers, le candidat de la C. G. T. bat très largement Ies candidats « Force Ouvrière » et du syndicat chrétien, mais dans laquelle aussi près de la moitié des mineurs s'est abstenue de participer au vote.

En ce qui concerne l'ensemble de la olasse ouvrière de France, cette défaite a eu pour conséquence une nouvelle offensive contre les conditions de 18

Les suites de la défalte

Les suites de la défalte pleur énorme el que l'unité de front des travailleurs ne sera pas réalisée. Et ce fronl unique est d'autant plus nécessaire que la menace gaulliste s'est accentuée sur la base même de la défaite ouvrière.

Depuis la fin de la grève des mimeurs, les dirigeants staliniens ont été plus prudenis par la force même des choses ; sachant qu'ils ne rencontreraient que peu d'écho, ils se sont rahallus sur les plus petites revendicaInexistantes chez les mineure la sala Aveo des forees quasi tion francaise de la IV° Internationale a porté l'essentiel de ses efforis sur l'agitalion pour la grève générale et eur la nécessité pour les travailleurs, en face d'une direction défaillante, de créer eux-mêmes une nouvelle direotion capable de préparer et de diriger le mouvement.

La politique du P. C. I a trouvé un écho parmi les travailleurs. La proposition d'envoi de délégations d'usines au Bureau Confédéral pour lui demander de donner l'ordre de grève générale ful souvent bien accueillie et même réalisée dans l'usine Chenard et Walker, par les dirigeants de la cellule du P. C. F. et de la section syndicale. en l'absence de tout trolskyste organisé. Celle délégation qui y pleine contiance dans les chefs de la

: G. T. a exprimé ce qui se pensait dans toute la métallurgie parisienne, comme en témoigne le compte-rendu d'une réunion de la Commission exécutive du syndicat des mélaux de la région parisienne, publié par la Vérité. C'est cette action qui a forcé le secrétaire de la C. G. T., Benoit Frachon, le plus qualifié des dirigeants syndicaux de la bureaucratie stalinienne, à Acrire ga a lettre ouverte aux ouvriers écrire sa a lettre ouverte aux ouvriers de chez Chenard et Walker dans

TERNATIONALE tiens, non pas tant pour provoquer des mouvements immédiats que pour renforeer les syndicats de la C. G. T. sur la base d'une agitation autour de ces revendications ; mais le plus grave est qu'ils ont conservé leur tactique des • grèves tournantes » qui, pour les besoins de la diplomatie du Kremlin, a mené la grève des mineurs à la déTaile et qui risque de nuire à l'avenir successivement a toule une série d'industries.

laquelle il masquer et rigeants du dé= a dû ouvertement se montrer l'hostilité des di-

P. C. F. à la grève générale. Cette lettre a souvent élé le point de départ de larges discussions parmi les travailleurs. Malgré la faiblesse des moyens de propagande du P. C. I., la direction du parii stalinien. cru nécessaire de rééditer une brochure ancienne contre les trolskystes, en y ajoutant une quarantaine de lignes pour dénoncer leur action en faveur de la grève générale. Immédiatement après la fin de la grève, dans le climat de la défaite, une offensive stalinienne s'est déclenchée en vue d'exclure les trotskystes de la C. G. T. ou des postes qu'ils avaient dans les syndicats. Mais, les mesures bureaucratiques ne peutveni ni arrêter l'activilé des trotskystes ni mettre fin à la parti stalinien. Le

Internationaliste est cette grande lutte protonde crise du

Parti Communiste sorti renforcé de lu prolétariat francais; des travailleurs, en petit nombre certes, ont rejoint ses rangs: son enracinement dans la classe ouvrière se poursuit : sa campagne de front unique se développe. Ses militants ont, malgré les dangers qui menacent la classe ouvrière, une confiance accrue dans les possibilités de leur parti dans les balailles de demain.

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