A VEG la in de la guerre, les pays du « glacis • soviélique sont entrés dans une période de secousses poliques, économiques el sociales qui sont loin d'avoir pris in avec la consultulion des régimes de • démocratle populaire ». Pour pouvoir juger la portée réelle des transformalions connues nières années, il faut d'abord connaitre par ces pays au cours des deux derdes deur les faits, Or, l'opinion publique ouvrière Ignore en général l'évolution économique de ces pays, soit qu'elle se laisse prendre aux Images d'Epinal de la propagande staliningne, soit qu'elle accepte comme conformes à la vérité des schémas préconçus. C'est pourquui nous avons considéré ulile de rassembler un maximum de documentation sur l'évolution économique des pays du « glacis », qui puisse servir de base à une évaluation marxiste des dernières transformations que ces pays ont connues.
Il faul cependant faire précéder cet exposé de deux avertissements. Nous deux avons volontairement exclu de cette élude toute donnée relalive à l'économie de la Finlande et de l'Albanie qui, formellement, doivent être complées parmi les pays du a glacis ». En ce qui concerne l'Albanie, le caractère partieuMèrement arriéré de ce petit pays crée pour lul des problèmes économiques qui n'ont qu'une ressemblance fort lointaine avee ceux qui se posent aux aures pays de l'Europe orientale. La Finlande, bien que liée par un pacte d'amitié et d'as-
Le fléau principal qui s'est abatiu sur l'économie des pays du glacis sovietique dès la fin de la guerre est Tiniaton.
La tendance inflitionniste de leur économie s'était déjà fait jour duranl la sistance mutuelle pour vingt ans et par les clauses de l'Armistice à la zone d'influence soviétique, a, elle aussi, connu une évolution toute particulière qui a abouti, pendant l'été de 1948, à l'élimination du gouvernement des staliniens et à la formation du cabinet socialdémocrate homogène et minoritalre Fagerholm, Depuis, la Finlande a traversé une violente crise sociale rappelant celle de la France et de l'Italie et méritant une étude distincle qui, de toute façon, n'entre pas dans une élude des tendances relativement parallèles de développement des six autres pays du « glacis ».
Notre second averlissement concerns la valeur de la documentation. Nous nous sommes efforcés de nous en tenir strictement aux sources officielles ou officieuses, c'est-à-dire en général de caractère staliniennes ou stallnophiles. Mais l'objectivité des statistiques et des références économiques d'un pays est en rapport direct aveo son niveau culturel moyen et en rapport inverse des difficultés économiques qu'il connait : et, tant par incapacne que par interes, les gouvernemenls des pays du • glacis » sont incapables de présenter des données complètes et vériflables. Il faut done traiter tous les chiffres que nous produisons avec prudence et ne jamais perdre de vue que des parties essentelles de la reaure économique peuvent échapper à une étude basée sur les données officielles, celles-ci supprimant simplement tout témoignage sur celles-là.
des armements, de l'occupation et des destructions que connurent, sous une forme ou une autre, ces six pays. Voici un tableau des changements dans la circulation monétaire :
guerre par suite des
Bulgarie
En millions de (leva)
Juin 1939 2,891
Décembre 1945 69.921
(1) En avell 1945.
frais énormes
Hongrle
Tchéco-
Yougoslovaquie slavie
Roumanie
(dinars)
(couronnes)
(zlotys)
(lei)
(pengoes)
6.921
38,683
10 740
1.848
120.000 (1)
350.000 (1)
1.212,925
26.319
765,446
La lutte contre P'inflation
La lutte contre P'inflation
Pologne
Ce gonflement considérable de la masse monétaire entrainait naturellement le cortège des maux biens connus : hausse des prix, baisse des salaires réels, baisse de la produetivité, raréfaction des produits de première nécessilé, troc, stockage des marchandises de la part de l'industrie et du commerce de gros, spéculation, fuite des capitaux, ele. Avant même que les gouvernements de coalition, formés dans ces pays au lendemain de l'armistice aient pu penser à remédier à cet élat de choses, une série de tacteurs nouveaux allait aggraver l'inflalion dans la plupart de ces pays et causait un effondrement complet de la monnaie. C'était : les frais de l'occupation russe : ceux des réparations imposées aux pays an-
TERNATIONALE ciennement alliés à l'Allemagne nazie : la pénurie extrême en produits alimentaires ou la famine résultant de l'effondrement successif des récolles de 19451946 et de 1946-47, par suite de la sécheresse extrême et des inondations dans tous les pays du glacis (la tougoslavie et la Bulgarie élant moins touchées que les autres) ; les conséquences économiques des premiers bouleversements sociaux (première vague des nationalisations et réforme agralre) qui, au début, provoquérent dans lous ces pays une stagnation ou même un fléchissement considérable de la production industrielle et agricole. En voici l'illustration dans les chiffres de la production agricole :
Roumanie
4,076
6,768
1.774
1.572
2.127
5,000
Tchéco- Yougo slovaquie slavie
3.148 2 636
2 437 1.973
1.732 2.300 Tchéco- Yougoslovagule slavie
2,537 5 407
1,885 1.949
1.602 4.595 dans les anciennes provinces sudètes (annexées par Hitler), en Bohème-Moravie (ancien protectorat allemand) el en Slovaquie (ancien Etat indépendant), se livra en novembre 1945 à la slabilisation monétaire, L'échange de billets n'aceorda que 500 couronnes par habilant et le montant d'un mois de salaires à tous les ouvriers et employés occupés dans les entreprises. Le reste fut bloqué sous forme de comptes au • fonds de liquidation monétaire *, qui procéda progressivement au déblocage après enquête sur l'origine des fortunes. Ce • fonds » possède une masse de biens réels (biens ennemis vendus, créances allemandes el hongroises, produit de l'impol sur l'accroissement du capital -pendant la guerre) et, de ce fait, peut débloquer des comptes sans augmenter de façon sensible la circulation moné- a circulation mone1948 a 24.233 millions de couronnes, Celle-ci s'établit en décembre à 45.589 millions en décembre 1946 et à 58.539 millions en décembre 1947, ce qui apparai comme relativement normal, étant donné l'accroissement de la production.
La Hongrie avait connu un effondrement complet de la monnaie, le caractère exorbltant des réparations russes et les frais énormes de l'occupation y ayant joué un rôle important. L'indice des prix, partant de la base 100 (pour le 31 août 1939), avait sauté à 2.431 en detobre 1945, 41.478 en décembre 1945, 435.887 en février 1946, 35.798.361 en
1934-38
Moyenne
1946
1947
Bulgarie
1.215
Moyenne 1934-38
1946
1,184
1947
Hongrie
3.184
2.013
3.050
En face de l'énorme masse de monnaie en circulation, la disparition quasicomplète de la circulation des marchandises entrainait une dépréciation constante de la monnale qul, a son tour. devenail la cause essentielle de 180centuation de l'inflation. Une réforme monétaire s'imposait donc impérieusement à tous ces pays comme point de départ d'une reprise économique.
Ils y procédèrent d'une façon tout à tait empirique, à des moment fort différents, poussés par des considérations conjoncturelles relatives à chacune des économies nationales.
La Pologne se limita à un ecnange pur et simple de billels en janvier 1945. La circulation monétaire, qui avait atteint 26.319 millions de zlotys en décembre 1945, atteignait en décembre 1946 60.066 millions de zl. et 91.483 millions en décembre 1947. Ce n'est qu'au cours de 1948 qu'une stabilisation monétaire relative se réalisa (nous en parlerons plus loin).
La Yougoslavie procéda à une réforme monétaire dès la « libération ", en avril 1945, L'échange des billets, - la confiscation des bénéfices de guerre et l'impôt sur l'accroissement des fortunes durant la guerre ramenèrent d'un coup la circulation monélaire de 350 milliards de dinars en avril 1945 a 6 milliards en août 1945.
La Tohécoslovaquie, après avoir passé par une étape intermédiaire d'unification des différentes monnaies en cours 30
Production de céréales panifiables en milliers de tonnes
Pologne
Roumanie
Bulgarle
Hongrie
3.749
8.531
1.787
2.917
3.328
1.671
1.551
1 632
3.478
1.755
1.410
1.690
Production de céréales fourragères en milliers de 1 onnes
Production de céréales panifiables en milliers de tonnes
Pologne
Production de céréales fourragères en milliers de 1
Pologne
N avril 1946, 862.317 millions du 1ºr au 15 juin 1946, 3.006.254 milliards du 1°r au 7 juillet 1946, 399.623 quadrillions du 24 au 31 juillet 1946.
Le 1°r août 1946, le gouvernement hongrois procéda à la stabilisation monétaire, supprimant l'ancienne monnaie — le pengö — el la remplaçant par une nouvelle monnaie - le fiorint. L'ampleur de l'inflation avait dépassé même celle de l'Allemagne de 1923, ce qui est le plus clairement indiqué par le laux d'échange ainsi fixé fiorint =
400.000 000.000.000.000.000.000.000.000 pengões. !
L'échange se fit pour l'ensemble de la monnale en circulation, ramenant au débul Te niveau des prix à environ 2 à 2,5 fois celui d'avant-guerre (en Tchécoslovaquie, après l'échange des billets, le niveau des prix avait été fixé arbitrairement à 3 fois celui d'avantguerre). La nouvelle monnaie se slabilisa rapidement, la circulation monétaire passant de 375 millions de fiorint en fin aoûl 1946 a 968 millions en fin décembre 1946 et 1.992 millions en fin décembre 1947; ce qui correspond assez bien à l'augmentation de la production.
La Bulgarie, sans connaitre une inflation galopante de même nature que celle de la Hongrie, n'en voyait pas celle de la nous e moins sa masse monétaire, en fin 1945, multipliée d'environ 2.500 pour cent par rapport à l'avant-guerre. La situation y avait élé en oulre compliquée par la mise en circulation de Bons du Trésor, donnant un intéret de 3 %, ce qui pro-
TERNATIONAL E milaire à celle de la Hongrie. La circulation monétaire du lei élait passée de 38.683 millions en juin 1939, 1.212.925 millions en décembre 1945
6.117.603 millions en décembre et a 1946. Le taux d'échange du dollar sur le marche noir, qui avait ele de 30.000 lel pour 1 dollar au debut de 1946, atteignit plus de 2 millions de lei vers le milieu de 1947. Une formidable spéculation se développail également aveo des médailles d'or, dont l'émission datait de 1945. La réforme monétaire du 15 août 1947 fixa l'échange à 20.000 anciens lei pour 1 nouveau ; le maximum pouvant etre échangé variant entre 1,5 et 5 millions de leis anciens (selon les calégories) et le restant des billets étant bloqué sans rapporer d'intérêt. Comme en Bulgarie, un moratoire fut proclamé. La circulaire monélaire à la in de 1947 s'élevait à 24.536 millions de nouveaux leis.
Toutes ces opérations ont en commun trois traits importants • a) Il s'agit d'actions brutales bouleversant la vie de toute la population, la « stabilisant » à un niveau extrêmement bas. Les intérêts immédiats des travailleurs sont sacrifiés au besoin d'une
• monnaie stable .
de la reconstruc ion verrons plus loin les erèles de la réforme départ point de économique. Nous conséquences conpour le prolétariat de pays comme la Hongrie et la Houmanie. b) La réforme monétaire devint entre les mains des gouvernements dominés par les staliniens un instrument spécilique pour une redistribution de la fortune et des revenus nationaux. Des plus ouanne nationaux Des plus frappés furent chaque fois les thésaurisaleurs, les gros paysans et les spéculateurs du marche noir, les industriels petits et moyens n'ayant pu acquérir de stocks, les rentiers, les personnes vivant de pensions diverses, etc. Dans certains cas concrets, surtout dans celui de la Yougoslavie et, dans une moindre mesure, en Hongrie, la réforme monétaire a élé un des instruments essentiels pour opérer une véritable expropriation de la bourgeoisie moyenne regiée sur place.
c) La réforme monétaire concentra une masse énorme de disponibilités entre les mains de l'Etat el lui donna automatiquement le contrôle de lout le sysrégulateur et distributeur de toul crédit LAme hancare, L'E'at devint le premier industriel. En ce sens, l'échange des billets. constitua effectivement le point de départ des différentes formes hybrides de planifleation, introduites l'une aprês l'autre, par tous les pays du « glacis ». En même temps, il concentra entre les mains de l'État un premier fonds d'accumulation et d'investissement permettant d'amorcer l'exécution des " plans ».
31 B1 immédiatement voqua économique bien connu vaise monnaie chasse la disparition complète de lol
(selon la la maue bonne »), leur la circulation et leur thésaurisation par la population. Le gouverne.nent se décida done. le 7 mars 1947, à procéder à l'échange de tous les billets de 200, 250, 500, 1.000 el 5.000 levas, ainsi que de tous les Bons du Trésor, en n'accordant que 2.000 levas par personne, plus la moitié du montant total des feuilles de paie mensuelles aux entreprises. A la ditérence des autres pays du « glacis ", il commit, au moment de la réforme monétaire, l'erreur fatsle de n'ordonner la fermeture des magasins que deux jours après la proclamation de la réforme, ce qui provoqua naturellement une disparition complèle de tous les slocks des produits de première nécessité pendani de longues semaines dans les grandes villes. Appliquant une politique de blodes grande fortunes monétaires cage sous forme de comptes en banque, le gouvernement bulgare réduisit le montant total de la circulation monétaire de 74.206 millions de léva en fin 1946 a 72.684 millions en fin 1947.
La Roumanie connut une évolution si
La seconde vague de nationalisations
En 1945-46, la Pologne, la Tchécola Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et, dans ime moindre connu une première vague de nationamesure. la Bulgarle avaient lisations possédant des caractéristiques communes bien précieses. Elles étalent le résultat à la fois de la montée révolutionnalre du prolétariat dans ces pays (occupation des usines plus tard nationalisées), de la disparition physique des anciens propriétaires (question de la propriété allemande dans les pays ex-ennemis de l'Allemagne), et de la structure même d'avant-guerre de ces pays, où le secteur étatique fut toufours fort important en raison de la faiblesse du capital indigène privé. CeDendant. cette premiere vague de naionalisat ons aissa subsister dans tous ces pays un secteur capitaliste privé très important, non seulement dans le commerce et le système de crédit mais également dans l'industrie. Ainsi, avant In seconde vague des nationalisations en 1948, 20 % de la production industrielle tchèque et près de 40 % de la production Indusirielle polonaise provenaient du secteur privé. En Hongrie, sauf pour l'industrie lourde, dans laquelle les 2/3 de la production provenaient d'entreprises étatisées, l'Industrie privée contrôlait an moins 80 % de la production Industrielle jusqu'au début de 1948. Pour la Bulgarie, Cyrille Lazarov écrit dans l'organe central du parti sialinien, " Rabotnitchesvo Delo » :
• Malgré la défaite qui lul fut infligée sur le plan politique, la classe des capitalistes avalt cependant conservé des pos'tions de commande dans la vie économique du pays.. tant dans l'industrie que dans le commerce et l'agr'culture.
En 1947, la situation dans P'industrie se présentait de la façon suivante : la part du secteur coopératif dans la valeur totale de la production é ait de 11 % alors que la part du secteur privé s'élevait à 65 %.. Au cours de cette année, Il y avalt encore chez nous... 740 personnes, réunissant un revenu total de plus d'un milliard de leva. » 31 octobre 1948).
En Roumanie, sauf la Banque Nationale, étatisée, et les différentes sociétés mixtes ou propriétés allemandes salsles par les Russes, l'ensemble de l'industrie élait restée propriélé privée.
Ce n'est qu'en 1948, et, de façon évidente, selon un plan préétabli, qu'une seconde vague de nationalisatons s'ébranla de façon purement bureaucratique, par décrets, dans tous les six pays, éliminant complètement le capital privé du secteur bancaire, l'éllminant en grande partie du secleur industriel et le restreignant fortement dans le secteur commercial.
Bulqarie : Par décret proposé le
23 décembre 1947 el consécufivement adoplé, 7.000 entreprises industrielles
(pratiquement toute l'industrie) furent nationalisées. De ces entreprises, seules 500 occupaient plus de 50 ouvriers. Toutes les autres étaient de pelltes entreprises. Les entreprises travaillant avee du capital étranger (abstraction faite de l'ancienne propriété allemande selsie par l'Etat russe) furent comprises dans la nationalisation. Les anciens propriétaires furent en principe indemnisés par des obligations d'Etat, donnant inlérêt et remboursables sur vingt années. Mais de cette indemnisation furent exclus tous les propriétaires ayant mis leurs usines au service de la police pour la lutte contre les partisans entre le 1** mars 1941 el la fin de 1944, ainst que tous ceux considérés comme agenis oti espions étrangers ou ayant eu une activité politique contre le nouveau régime depuis août 1944. Pratiquement, cette clause limita l'application des mesures dindemnisation au capital étranger. Celte mesure de nationalisation industrielle quasi-complète a élé accompagnée ou suivie par la nationalisation complète des banques et du commerce extérieur, ainsi que par des mesures importantes de nationalisation dans le commerce intérieur. Dans l'article précité du " Rabotn/tchesko Delo », Cyrille Lazarof évalue à 64 % la part de l'Elat dans le commerce de gros et à 22.3 % sa part dans le commerce de détall.
Hongrie : Le Parlement vota le 29 avril 1948 une lol nationalisant toutes les entreprises minières, metallurgiques, de production et de distribution d'éleotricité occupant plus de 100 personnes. Er outre furent nationalisées certaines entreprises plus pelites occupant des positions-clés dans leur secteur, Furent exclues de la nationalisation, outre Tes anciennes propriétés allemandes solsies par l'Etal soviélique, toutes les entreprises dans lesquelles le capital étranger participe pour plus de 50 %. L'Indemnisation des anciens propriétaires fut prévue sans les clauses limitatives appliquées en Bulgarie, et le Consell Supérieur de l'Economie donna immédistement des avances sur ces indemnités à des lamilles bourgeoises s'adressant à lui. Le résultat global de ces mesures de nationalisations est le partage suivant de la main-d'œuvre employée par l'industrie hongroise entre les différents secteurs : 73.8 % 8u secteur étatique : 5,3 % au secteur communal : 3.6 % aux sociétés mixtes :
18,8 % au secteur privé. L'ensemble du système bancaire ainsi que 20 % environ du commerce de gros fureat par la suite nationalisés.
Poloane : Une série de mesures đe nationalisation au cours de l'année 1947 et 1948 a accru la part de l'Etat de à 80 % dans l'indus|rie du pays
Cependant, 40 % des travaux de batiment son! exécutés par des frmes privées (u Kurier Codzieeny », 14 juillet
1948). En même temps le développement du commerce d'Etat a pris un
QUATRIEME IIN essor vigoureux, surtout en 1948, et a été un instrumeht essentiel de sabilisation des prix de la monnale, Par contre, dans le commerce extérieur, la part du capilal prive, qui elait nulle au début de 1947, s'est constamment accrue el se situe actuellement entre 10 et 15 %. La part totale du secteur privé dans le commerce de délail est evaluée à environ 70 %. Ennn, par la lot du 12 novembre 1948, le systeme bancaire est complètement nationalisé. Les deux banques, qui subsistaient sous forme de sociétés par actions après la première réforme bancaire au lendemain de la • libéralion • ont été supprimées. Il est vrai que d'importantes parlicipatons privées sont admises dans la * Banque du Commerce Exlérieur ", société par actions dont la majorité appartient pourtant à l'Etat.
Roumanle : Le 11 juin 1948, le gouvernement roumain proposa par surprise au Parlement une loi prévoyant d'importantes nationalisations et obtint le vote de cette lol après une discussion qui dura trois heures. A la suite de celte mesure se trouvent nationalisés : loules les compagnies pétrolières (à l'exception de la sociélé mixte sovietohongroise), y compris celles à capital étranger ; deux grandes usines appartenant au trust brilannique Unilever, les banques, les sociétés d'assurance, les
TERNATIONALE balnéaires, ete. : tous les navires ou vaisseaux pouvant transporter plus de 50 passagers. Une indemnisation des anciens propriétaires, sous forme d'obligations d'Etat, est prévue sans clause restriclive. En outre, les anciens proprietaires peuvent conserver 30 % des avoirs liquides des entreprises nouvellement nallonalisées et recevoir le restans des avoirs liquides en obligalions d'Etat. Cette loi, nationalisant pratiquement toute la petite industrie au-dessus du niveau arlisanal, a été suivie les 21 et 22 mai 1948 par des mesures expropriant 1.105 commerçants de Belgrade sous prétexte de spéculalion. Tout le commerce de gros s'est ainsi trouvé natlonalisé.
Quelles conclusions tirer de ces difté rentes mesures quant au poids spécifique de la bourgeoisie dans la vie économique des pays du glacis ? Jusqu'a la fin de 1947, en Yougoslavie seulement, la bourgeoisie industrielle avait été complètement éliminée, à l'exception des petites entreprises : en Tehécoslovaquie et en Pologne la bourgeoisie gardait de fortes positions dans l'industrie légère ; en Hongrie elle avait encore une place prépondérante saut dans les secteurs de la métallurgie et des mines : en Roumanie et en Bulgarie, elle dominait encore pratiquement tous les secteurs. En outre, is bourgeoisie commerciale avait pour ainsi dire gardé toutes ses positions dans ces pays.
Aujourd'hui, la situation est fortement modiflée. En Yougoslavie et en
Bulgarie, été complètement é geoiste commerciale magasins de détail.
Tchécoslovaquie, il industrielle a liminée et la bourréduite aux petits
En Pologne et en lui reste quelques secteurs secondaires de la pelite industre (plus une forte perlion dans le batiment polonais) et du commerce en gros, et une position prepondérante dans le commerce de detall. En Hongrie, ene garde des positions un peu plus importantes dans l'industrie légère (75 % de l'industrie du vêtement ; 35 % de l'indusirie du papier ; 32 % de l'industrie chimique, elc.). En Roumanie, elle garde une place prépondérante dans l'industrie moyenne de plusieurs secteurs.
Cependant, pour aucun de ces paya on ne peut parler d'une disparition de la bourgeolsle, ni même de sa réduction à la limite connue par la Russie durant la période de la NEP. Ainsi, pour la Yougoslavie, qui a poussé les nationalisations le plus loin, D. Vukovic écrit (« Borba », 25 novembre 1948) que la part des capitalistes dans le revenu national de 1948 s'élèvera vraisemblablement encore à 11,22 % ; celle des ouvriers s'élève à 25,07 %. Or, le nombre d'ouvriers yougoslaves est en train de dépasser un million, s'il faul en croire les statistiques officielles. Comme on peut difficilement concevoir qu'il subsiste encore des centaines de milliers chemins de fer, la gnles de téléphone navigation el tous entreprises di radio et les compales compagnies les navires, au total toute nature. Dans la métallurgie, toutes les entreprises occupant plus de 100 ouvriers ont été nationalisées. Dans l'industrie du bois, toules les usines utilisant une puissance toures les usines uuusant une passance supérieure à 20 chevaux, dans les texilles toutes les entreprises utilisant plus de 100 chevaux, etc. Les anciens propriétaires seront indemnisés par des pretaires seront maemuses par des obligations d'Etat remboursables sur profits réalisés par les entreprises nouvellement nationalisées. Sont privées d'indemnités les personnes ayant sabolé l'économie roumaine et celles ayant quitté illégalement le pays.
Tohécoslovaqule : Le secteur étatique qui occupait environ 60 % de l'industrie, s'esi considérablement étendu après la crise de février 1948. Furent nallonalisées : de nombreuses entreprises du batiment et de l'industrie alimentaire, les grands hotels el restaurants, les centres tourlstiques, l'industrie des instruments de musique, les hôpitaux, les Imprimeries et maisons d'édition, le système des transports, les banques, tout le commerce extérieur et le commerce intérieur de gros. Le secteur privé n'occupe plus que 8 % de l'industrie, ainsi qu'une partie encore prédominante du commerce de délall.
Yougoslavie : Une loi, votée le 28 avril 1948, natlonalise environ 3.100 entreprises privées comprenant : 10 mines, 65 petiles centrales électriques, 200 imprimeries, 100 cinémas, 350 samatoria, hopitaux, hotels, installations la bourgeoisie de capitalistes, apres toutes les mesure: de nationalisation, il résulte logiquement de ces chiltres qu'il existe encore
La lutte contre l'inflation a permis de lancer la reprise économique. Les mesures successives de nationalisation ont donné à celte reprise un cadre déterminé. A quel degré est-elle arrivée à ce jour?
Tous les six pays du glacis soviétique, envisagés dans celte étude, se sont efforcés d'élaborer un plan de reconstruetion et d'industralisation, à partir du moment où les circonslances économiques générales ont perm.s d'entreprendré une telle œuvre. La suppression de l'inflation galopante élait une première condition indispensable à l'élabor.tion de ces pians. Il est clair également qu'un minimum de reprise économique préalable devait donner à l'Etat au moins le moyen de nourrir suffisamment la classe ouvrière, afin de pouvoir lui demander une certaine augmentation de productivité, pierre de iouche de tous les " plins ». C'est pourquoi Il existe en général un délai assez considérable entre le début de la reprise économique et la publicalion des proJels de p.an.
Les deux premiers plans annonces, le plan triennal polonals et le plan biennal tchèque, devalent tous deux entrer en vigueur le 1°r janvier 1947. Leur objectif é ait surtout la reconstruction : en fait, l'annexion par la Pologne des • territoires occidentaux :» (ancienne Silésie et Poméranie allemandes) et Texpulsion de Tchécoslovaqule de la population allemande des Sudètes posaient pour ces deux pays un objectir de colonisation intérieure, à la Tois par transplantalon de paysans dans les régions nouvellement acquises et par grands inves lissements industriels dans ces régions. Ces plans visaient done essenliellement à rattraper, dans des conditions sociales et nation les toul-a-
Tait bouleversées, le niveau de production d'avant-guerre atteint dans les régons qui entrent maintenant dans leur territoire national. Les invesuissements prevus sont considérables, et dolvent absorber de 20 à 23 % du revenu natonal, pourcentage très élevé, supérieur à celui des premiers pl ns quinquennaux russes. La répartition entre l'agriculture et l'indus'rie, et entre l'industrie lourde et l'industrie légère, favorise, dans les deux cas, assez considérablement l'industrie lourde, l'agriculture ne devant recevoir que de 7 à 9 % des investissements en Tehécoslovaqule et de 13 a 15 % en Pologne.
Le plan biennal bulgare entra en vigueur le 1*r avril 1947. Il est d'une nature fort différente, étont donné les conditions économiques de ce pays. Le taux d'investissement prévu, par rap-
TERNATIONALE d'énormes différences de revenus entre les ouvriers el les éléments capitalistes " talonnés par les pouvoirs publics ». port au revenu national, est beaucoup plus bas : 9 % pour la premiere annee, 3 % pour la seconde annee. Bien que l'accent fut mis sur une industrialisation accélérée, qui devrait permettre à la Bulgarie de dépasser rapidemenl le niveau de production industrielle extremement bas de 1938, le plan a un objectit essentiellement agricole, et consiste dans un effort pour alteindre la production agricole de 1938.
Le plan quinquennal yougoslave entré en vigueur le 30 avril 1947, après une longue période d'élaboration et de discussion, a des objectifs autrement ambitieux. Il prévoit l'industrialisation de toul le pays, destinée à la fois à doter la Fédéralion yougoslave d'une industrie lourde, et a impulser le développement de l'industrie légère des républiques fédérales parliculièrement arriérées. Les investissement prévus sont extrêmement élevés : 42 % du revenu national devraient etre absorbés | Le plan prévoit seulement 8 % des Investissements pour l'agricullure et vise done à une transformation tolale de la structure.
Le plan triennal hongrois, élaboré parallèlement au plan de réforme monetaire, devail entrer en vigueur immédiatement au lendemain de celle-ci, le 1°r août 1947. Ses objectifs sont beaucoup plus souples que ceiles des auires plans. La somme totale des Investissements prévus est de 10 % du revenu national (il faut dire que les réparaions russes constiluent une charge de léconomie hongroise l'empéchant d'ang. menter considérablement le taux d'accumulation) 30 % de ces investissements sont destinés à l'agriculture et 26,5 %
Le plan honseulement a l'industrie. grois vise surtout au rétablissement de la structure d'avant-guerre de l'économie du piys, à l'augmentation de la production agricole et au développement de l'industrie légère. Il semble etre, de tous les plans, celui qui tient le plus compte de la nécessité d'améliorer immédialement le niveau de vie des travailleurs. Nous verrons d'ailleurs plus loin qu'aveo la Pologne, la Hongrie est le seul pays du glacis ou ce niveau de vie a effectivement atteint en 1948 celui de 1938.
Enfin, se débattant dans des difficultés financières inextricables et n'ayant pas encore réussi à faire démarrer l'Industrie en 1947, la Roumanie s'est contentée de promulguer le 15 Juin 1947 un pan de redressement économique et finaneler, dont le but essenter ecur ta lutte contre l'inflation. C'est seulement le 27 décembre 1948 que le Parlement roumain a voté une loi promulgant un
• Plan d'un an », prévoyant pour 1949
L'effort de reconstruction et d'industrialisation
L'effort de reconstruction et d'industrialisation la Fite, Pays erali
N un accroissement de 40 % de la production industrielle, ce qui devrait l'amener au-dessus du niveau de 1938.
La Tchécoslovaquie et la Bulgarie, dent les plans ont pris fin en 1948, ont élaboré au cours de cette année deux plans quinquennaux prévoyant un essor industriel accéléré. Nous reviendrons sur ces plans en conclusion de cette étude, mais nous nous contenterons d'indiquer que la « superindustrialisation » bulgare, en tout point pareille à celle de la Yougoslavie, vient de recevoir la bénédiction suprême de Staline en personne, comme d'ailleurs le plan quinquennal yougoslave avait or personnes comme dantours élé accueilli avec enthousiasme par la • Pravda » avant le conflit avee Tito...
A quel point les prévisions des différents plans ont-elles été réalisées à la fin de 1948 ?
En Bulgarie, la tranche pour 1947 tranehe nour 19/7 n'avait été exécutée qu'a 77 % (Terpetchev, " Izgrev ", 15 el 24 février 1948). L'écart le plus grand se trouvail dans l'agriculture, surtout pour les produits d'exportations (raisins et fruits). De ce fait, les chiffres pour 1948 ont été revisés ; l'industrie devait depasser de 36 % le niveau de 1947 et l'agriculture devait depasser de 86 % le nivean de 1947, ce qui ramenait les objectifs de 1948 légèrement au-dessus des objectifs initiaux de 1947. Ils ont été réalisés pour l'industrie où l'indice de production atteint 170 (100 pour 1938) ; mais, pour l'agriculture, les résultats sont loin d'etre aussi posilifs. . Le « Rabotnitchesko Delo » des 15 et
17 octobre 1948 indique que, maigre 1a récolte abondante de l'année, au 10 octobre, un seul arrondissement avait livré une masse de produits correspondant aux objectifs fixés, 13 arrondissements avaient livré entre 80 et 90 % de ces objectifs et de nombreux arrondissements n'avaient même pas livré la moitlé de leurs obligations.
Men Hongrie, la production industrielle a connu en 1947 un essor dans l'industrie lourde et un grave retard dans l'industrie légère. Alors que l'industrie lourde avait déjà dépassé le niveau de 1938, la Hongrie ne produisait en fin 1947 que deux millions de paires de souliers contre 4,7 en 1938 ; elle produisait 140 millions de mètres de tissus de coton contre 184,8 en 1938. En novembre 1948, d'après Rakosi, l'index de l'industrie minièré et métallurgique était de 137, celui de l'industrie chimique
TERNATIONALE 123 et celui de lindustrie des textiles 110 (100 = 1938). Quant à l'agriculture hongroise, elle s'est complètement remise des coups de la sécheresse et connait actuellement une période de prospérilé.
Pologne, — La production industrielle de la Pologne, s'appuyant sur le nouveau bassin de Silésie, a atteint le niveau de 1938 au cours de l'année 1947, puis s'est progressivement élevée à 130 el à 140 au milieu et à la fin de 1948. Un retard considérable sépare ici aussi le secteur des moyens de consommation de celui des moyens de production.
L'agriculture taire en 1947 faire lous les engagée dans portation de
Roumanle. mais. de tou polonaise, encore defici, a réussi en 1948 à satisbesoins nationaux et s'est un vaste programme d'exproduits d'élevage. - Peu ou pas de chiffres; ite evidence. la Roumanie mais, de toule évidence, la Houmanie est de lous les pays du glacis celui dont la reprise économique a le plus tardé. Le niveau de production de 1938 n'a été atteint nl dans l'industrie, ni dans l'agriculture.
Tohécoslovaqule. - Pays le plus avancé du glacis, il est aussi celui qui a connu les aimicultes structurelles les plus compliquées pour un développement des forces productives. L'indice de production, qui avait atteint 87 en 1947 (100 en 1937), a plafonné en 1948 autour de 100, niveau atteint des les premiers mois de l'année. A noter le retard des industries de consommation qui livreront en 1948 a peine 80 % des produits de 1938. Quant à l'agriculture, elle connait une crise grave que nous trallerons plus loin.
Enfn, la Yougoslavie & cerlainement connu un rythme reel d'industriansation de loin supérieur à celui des autres pays du glacis. Dans un discours récent, Tito prétend que les objectifs du plan ont êté atteints à 100 % en 1948. Cependant, l'article précité de D. Vukovic dans " Borba " (25 novembre 1948) fixe à 38,33 % le taux d'investissement par rapport au revenu national en 1948, alors que le plan prévoyait un taux de 42 %.
De Taçon générale, la reprise économique s'est donc réalisée dans les cadres prévus, mais avec un retard général des prévue ar on retard général.
1* janvier 1949 (A suivre.)