Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 8-9

Le 13e Congrès du Socialist Workers Party des Etats-Unis

Quatrième Internationale, vol. 6, n° 8-9 · août-septembre 1948 · p. 39-42 · 2 294 mots

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Le 13ª Congrès national du « Socialist Workers Party » qui eut lieu du ju au 5 juillet à New-York City fut précédé par les Congrès du parti Républicain et du parti Democrate et suivi par celui du parti de Wal-• lace. Ces quatre congrès contrastaient nettement dans leur caractère de classe et leur rôle politique respectis. Trois des Congrès avaient malgré certaines différentes exterieures, le même caractère de classe et remplissaient la même fonction politique. Les Républicains, les Democrates et Wallace se sont montrés franchement les défenseurs du systeme capitaliste pourri. En tant que tel, leur programme était essentiellement consacré à la préparation d'une nouvelle guerre. Les Républicains et Démocrates J'on fait en ratifiant à leurs Congros la conspiration de guerre par le bipartisme au parlement avec son « Aide Economique Européenne », les énormes budgets militaires, la conscription pour la jeunesse en « temps de paix », son anti-communisme, son offensive anti-ouvriere, et ainsi de suite. Les Wallacistes ont paradé comme « parti de la paix » opposé à ces faiseurs de guerre bipartistes. Mais le pacifisme de la variété de Wallace est un élément aussi nécessaire à la préparation de guerre capitaliste que le militarisme du type prussien des Républicains et Démocrates. Alors que ces derniers arment la machine militaire impérialiste, le premier désarme et désoriente la résistance du peuple contre les faiseurs de guerre.

En contraste direct, le congrès des trotskystes américains fut une sincère mobilisation des combattants contre la guerre. Notre programme et nos porte-parole liaient correctement la lutte contre la guerre à la lutte des ouvriers pour abolir le capitalisme et instaurer le socialisme. De ce congrès est venu Pappel pour un nouveau changement révoİutionnaire aux Etats-Unis. Les fils et filles de la liberté. hérauts de la Jatte pour l'indépendance au dixhuitième siècle et les héroiques abolitionnistes porte-flambeau de la croisade contre l'esclavage au dixneuvième siècle, ont trouvé leurs continuateurs du vingtième siècle parmi les membres du congrès du SWP.

Les combattants de la liberté d'aujourd'hui servent et défendent une nouvelle • classe - les ouvriers de L'industrie ; ils s'affirment sciemment pour la reconstruction socialiste de la société; ils sont les farouches défenseurs des droits democratiques du peuple contre la tyrannie des riches et privilégiés. C'est pourquoi ce congrès a lancé son appel en type entierement sonne: Le pour un régime politique Gouvernement des Ouvriers et des Paysans.

La différence entre les trois partis capitalistes et leur opposé révolutionnaire était également évidente par le caractère de classe des délégués des congrès respectifs.

Au premier rang des assemblées des Républicains et Démocrates, ill y avait les politiciens corrompus, les avocats des compagnies, les culottes de peaux et tout le cortege des arrivistes, les chiens de garde et les encaisseurs de pots-de-vin. Parmi eux il n'y avait pas un seul vrai représentant du peuple travailleur. Ceux qui parlaient « au nom du peuple » étaient en fait ses ennemis mortels, uniquement intéressés à exploiter les pauvres pour leurs propres orofits et dans l'intérêt des millionnaires

Les Wallacistes qui se prétendaient être les défenseurs du peuple contre ces valets des monopoles, ne sont pas moins habiles dans l'art des fausses promesses. Le congrès du « nouveau parti » était dominé par deux variétés d'entremetteurs politiques les beaux-parleurs libéraux liés au capitalisme et des agents staliniens défendant la politique étrangère du Kremlin.

Les délégués au Congrès du Socialist Workers Party étaient pour la plupart des membres militants et dirigeants de syndicats des industries-

INTERNATIONALE clés. Incorruptibles, énergiques et dynamiques ils forment une sélection parmi les travailleurs en Amérique, femmes, jeunesse, qu'ils soient noirs ou blancs, dont le but est de construire l'instrument politique pour la libération du peuple americain.

James P. Cannon, secrétaire national du SWP résuma de façon mémorable dans son principal discours Les Deux Amériques, radiodiffusé le 1°r Juillet, tout le contraste entre les congres capitalistes et celui du Socialist Workers Party.

«Il y a deux Amériques », dit-il, « l'une est l'Amérique des impérialistes, de la petite clique de capitalistes, propriétaires fonciers et militaristes qui menacent et terrifient le monde. C'est là l'Amérique que les

LES TRAVAUX

Le Congrès du SWP avait un double caractère. Ce fut, en même temps, une manifestation publique et une assemblée intérieure du parti. L'une inaugura la première campagne présidentielle menée par le mouvement trotskyste américain, depuis 20 années d'existence. Elle constitua une tribune d'où les candidats du SWP à la présidence et à la vice-présidence, les camarades Farrell Dobbs et Grace Carlson ont envoyé par les chaînes nationales de la radio, l'appel du socialisme à des millions d'Américains.

L'autre aspect du congrès fut la concentration sur les voies et moyens de mettre en œuvre la campagne présidentielle parallèllement gramme et au travail du parti dans la lutte quotidienne au cours de la Congres et périn rasseet egard, de prochaine periode. A cet egard, le camarades préoccupés de la construction d'une organisation plus forte et meilleure.

Malgré les ressources et les forces numériques limitées du parti, ces deux tâches politiques différentes ont été réalisées dans les meilleures traditions du trotskysme. Le congrès fut un succès magnifique.

Dans son action publique comme dans ses délibérations intérieures le congrès a été fidèle à l'esprit du marxisme révolutionnaire exigeant une fidélité inflexible aux principes et des réponses directes aux problèmes vitaux des travailleurs.

Les discours radiodiffusés attaquaient courageusement le régime 40 peupies du monde haïssent et craignent.

«Il y a l'autre Amérique - l'Amérique des ouvriers et paysans et des « petites gens ». Ils constituent la grande majorité du peuple. Ils font le travail du pays. Ils vénèrent ses vieilles traditions démocratiques, ses traditions d'amitié vis-a-vis des peuples des autres pays dans leur lutte contre les rois et les tyrans ; sa généreuse hospitalité accordée librement autrefois aux opprimés.

« C'est là l'Amérique qui doit résoudre et résoudra la crise mondiale *- en prenant le pouvoir des mains de la petite clique des exploiteurs et parasites et en établissant un gouvernement des ouvriers et des paysans ». DU CONGRES capitaliste par une agitation pénétrante dans l'esprit de Bill Haywood, Eugene Debs et autres pionniers du Socialisme et du Communisme américain. Le succès de ces discours radiodiffusés est confirmé par des centaines de lettres d'auditeurs de toutes les régions du pays, demandant des informations sur le parti, la littérature pour la diffuser dans leur localité et proposant de nous aider dans notre campagne électorale.

Ce bon départ de la campagne présidentielle du SWP a également stimulé et inspiré les militants de base du parti qui venaient de traverser une difficile période d'activité limitée.

Ceci fut le reflet de la stagnation des luttes ouvrières due essentiellement à la mauvaise direction et aux trahisons de la bureaucratie syndicale, des sociaux-démocrates et des staliniens.

Le SWP a comme but de se transformer en parti d'action des masses. Un tell parti deviendrait un tacteur décisit dans les luttes des ouvriers et dans la vie politique du pays en général. Pourtant aujourd'hui le SWP est encore trop petit et trop faible pour jouer ce rôle. Mais, d'autre part, le parti est deja si profondement enraciné dans les industries-clés et parmi le peuple nègre qu'il est sensible à tout changement d'humeur des masses. Le SWP n'est pas une secte à qui suffit une vie en vase clos en dehors du mouvement vivant des masses.

La première campagne presidentelle du parti lui permet, à cette étape de sa croissance d'intervenir comme une force importante dans la vie politique de la nation et du mouvement ouvrier. Cette campagne lui permet également d'acquérir de l'expérience et de l'habileté en appliquant et en perfectionnant les méthodes d'agitation d'un parti de masses. L'écho spontané à la radiodiffusion du congrès a montré à quel point le peuple américain est irrité contre les dirigeants capitalistes leur gouvernement à Washington.

Dans une atmosphère d'enthousiasme créée par l'inauguration de la campagne presidentielle, le congres décision les ic menses re ces alme a envisagé avec une sobre et calme tiques qui incombent au parti.

Avec à propos le premier point de l'ordre du jour concernait la situation mondiale et les progres du mouvement trotskyste mondial. Le congrès salua les résultats du Deuxième Congrès Mondial de la IV* Internationale, exprimant son accord avec les documents programmatiques produits par celui-ci.

Puis, vinrent le rapport et la discussion sur la situation actuelle du capitalisme américain et ses préparatils de guerre.

Bien qu'un certain nombre de delégués aient soutenu un rapport minoritaire invitant le parti à trouver une voie de participation au mouvement Wallace, la controverse sur la question Wallace, joua un rôle secondaire dans les discussions du congrès. Il était évident que la propre avait réglé la question au moins campagne électorale du SWP pour l'année 1948.

Il y eut un rapport copieux et une large discussion sur la question ine large discussion sur la questio syndicale axée sur la tâche de construction d'une large aile gauche capable de donner une nouvelle direction aux travailleurs organisés.

Après les discours de la campagne presidentielle, le moment culminant du congrès fut constitué sans aucun doute par le rapport et la discussion sur la question nègre. La résolution sur la question nègre est basée sur l'expérience inestimable du parti dans ce domaine, pendant et depuis la deuxième guerre mondiale. Elle fut. en outre, enrichie par les contributions de ces révolutionnaires nègres qui ont évolué dans de directes du a tiTadole dans la direction du début d'une discussion interne du parti sur tous les aspects du problème nègre.

La progression théorique du parti dans la détermination de ses positions sur différents aspects de la future révolution américaine est marquée par les resolutions principales de ses trois derniers congres. En 1944 le part detinit sa ligne sur les principales questions de la politique mondiale ; en 1946 il a produit les thèses sur la révolution américaine ; maintenant, en 1948, il a fixé sa position sur la lutte des nègres.

En plus de ses sessions quotidiennes régulières, le travail du congrès progressa au moyen d'une série de discussions de commissions se réunissant dans la soirée. Celles-ci eurent trait aux différents domaines d'activité du parti dans les syndidats, dans les localités, chez les négres, dans le travail de solidarité et dans la diffusion de la littérature du parti, dans la propagande, etc. La commission d'organisation adopta les plans pour étendre le travail du parti dans la jeunesse.

La pénétration croissante du parti dans la lutte de classe s'exprima concrètement dans le fait que ses commissions ne s'occupèrent pas de généralisations abstraites, mais de la manière de réaliser la politique et les tâches du parti dans tous ces domaines d'activité pratique.

En passant, le congres trancha la question de l'unité avec le Workers party qui, lul-meme, quelque temps auparavant, avait repoussé l'unification comme n'étant pas une proposition réalisable.

D'autre part, le congrès marqua la complète intégration dans rangs de l'ancienne tendance Johnson i Forest qui avait rompu l'an dernier avec les Shachtmannistes.

Le congrès dans son ensemble et en particulier linauguration de la campagne presidentielle, constitue une justification de la confiance du parti dans son avenir. C'est aussi une autre justification de la confiance que Léon Trotsky, notre grand leader, exprima à plusieurs reprises dans l'avenir du mouvement trotskyste américain.

OPTIMISME REVOLUTIONNAIRE

Cet esprit d'optimisme révolutionnaire imprégna le congrès. Cette certitude que le socialisme finira par triompher en Amérique reflète la force politique dynamique inhérente à la jeune classe ouvrière américaine. Les ouvriers américains n'ont jamais souffert de défaite décisive. Tout en cherchant encore leur voie vers une claire conscience de leurs tâches politiques, ils ont l'avantage incomparable de ne pas avoir à briser une bureaucratie politique incrustée ou fossilisée, telles que la social-démocratie ou le stalinisme. Il y a toutes les chances pour que, lorsqu'ils romperont définitivement avec les partis capitalistes, ils tendent de plus en plus à passer directement dans le camp du socialisme révolutionnaire.

L'optimisme révolutionnaire du congrès s'exprima de la façon la plus saisissante dans la décision résolue de faire entendre le message du trotskysme aux ouvriers américains en 1948 sur une échelle non tentée jusqu'alors par le parti. Dans la première campagne présidentielle du SWP les délégués virent justement une occasion sans précédent de briser la conspiration du silence de la presse capitaliste et les mensonges et calomnies du stalinisme, et de faire connaître aux masses travailleuses dans tout le pays la vérité au sujet des possibilités pratiques de construire le socialisme. Qui plus est, l'occasion de porter des coups puissants aux plans de guerre des impérialistes au moyen de la campagne présidentielle souleva considérablement le moral du congrès.

Le congrès décida de collecter le fonds le plus élevé dans l'histoire du parti, une somme de 25.000 dollars pour renforcer la dentielle et renforcer le par prési campagne . présisignifie de grands sacrifices pour chaque membre du parti, cependant les délégués étaient certains que les amis et sympathisants du SWP répondraient à cette occasion unique avec un enthousiasme égal au leur et que de nouveaux amis seraient trouvés au cours de la campagne, qui feraient de leur mieux pour que des fonds ne manquent pas en vue d'apporter l'appel du socialisme révolutionnaire au plus grand nombre de gens.

Le 13° congrès national constitue une étape importante dans le passage du SWP d'un groupe de propagande er un parti d'action de masses. Après de longues années d'étude et de travail persévérant d'entraînement, les délégués ont senti que l'heure avait Sexpå desn dem par grands pas dans sonné des premiers grands pas dans

Après cinq journées pleines de sessions éducatives copieuses les délégues sont retournées chez eux et à leurs tâches de parti avec contance et détermination révolutionnaire. Appréciant le 13° congrès sobrement et dialectiquement, on sentait que tout le parti était prêt pour agir, agir et agir encore davantage.

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