Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 6-7

Trois sursauts

Quatrième Internationale, vol. 6, n° 6-7 · juin-juillet 1948 · p. 3-4 · 460 mots

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A U moment où l'offensive mondiale du Capital commence à se heurter de .

tout côté à une résistance plus acharnée des masses laborieuses, le prolétariat européen vient de montrer dans trois remarquables sursauts qu'il n'avait rien perdu de son potentiel de combat à la suite des très importants échecs de la fin de l'année dernière.

200.000 métallos BELGES onf tenu ferme pendant une semaine bien qu'il ait été impossible de leur distribuer des secours de grève ; et si le gouvernement a pu s'appuyer sur la bureaucratie syndicale pour imposer un compromis, le patronat qui voulait transformer cette grève en une épreuve de force a été à son tour obligé d'accepter un accord devant lalmenace d'une grève générale de toutes les corporations, pour laquelle s'étaient déjà prononcées d'importantes sections régionales de la Fédération Générale des Travailleurs Belges.

Le prolétariat ITALIEN a surmonté rapidement le désarroi provoqué par la défaite électorale et engagé une série de batailles importantes contre les licenciements. La menace du chômage reste l'arme la plus puissante de la bourgeoisie italienne contre les travailleurs, dans le cadre de la politique déflationniste suivie par le cabinet de Gasperi. Les grèves générales de Bologne, Turin et Milan, la grève générale de l'industrie alimentaire dans toute la péninsule, annoncent des combats de plus grande envergure encore vers lesquels converge également le mécontentement chronique des travailleurs agricoles et des paysans sans terre.

Enfin EN FRANCE qui reste pour le moment le pays décisif en Europe occidentale dans l'évolution des rapports de force entre les classes, les événements de Clermont-Ferrand et la grève générale d'une heure que la C. G. T. a déclenchée pour protester contre la répression anti-ouvrière ont clairement montré les énormes réserves de combativité dont dispose encore le prolétariat. Les événements de Clermont-Ferrand infligent un démenti cinglant à tous les petits-bourgeois désabusés qui ergotent sur le thème du « recul de la conscience de classe » prolétarienne. Voilà la première fois dans l'histoire que les travailleurs répondent à une attaque par bombes lacrymogènes par une contreattaque mettant en jeu tous les moyens techniques dont dispose l'usine occupée (fonte, caoutchouc, liquides corrosifs). Après Márseille, après Saint-Etienne, la profonde volonté INSURRECTIONNELLE du prolétariat français vient encore une fois de rappeler brusquement aux révolutionnaires la nature de l'époque dans laquelle nous vivons.

Ainsi s'ouvre une perspective d'un nouveau développement de luttes sociales en Europe, qui part de luttes partielles pour des revendications limitées en s'élevant à des niveaux de plus en plus élevés. Pour que la classe ouvrière puisse engager ces combats avec l'ensemble de ses forces et surmonter les conséquences de ses échecs passés, une NOUVELLE DIRECTION doit se confirmer dans les usines qui parviendra effectivement, sur un programme de classe, à la RECONSTITUTION DE L'UNITE DU FRONT PROLETARIEN.

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