Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 10-11

Sur l'assassinat de Trotsky

Alfred Rosmer · Quatrième Internationale, vol. 6, n° 10-11 · octobre-novembre 1948 · p. 43-46 · 3 179 mots

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Il est désormais évident qu'on n'empêchera pas l'assassinat de Trotsky de devenir une « cause célèbre ». Trop de journalistes en quête d'articles sensationnels trouveront dans les circonstanees et la nature du crime matière à révélations renouvelées ; ils fabriqueront des testaments, décriront la • forteresse , déformeront les informations exactes qu'ils auront pu Teoueillir, aidés le plus souvent par la Propien des pistes, propagande russe, trop intéressés à à favoriser tout ce qui peui permeltre de masquer le erime sialinien pour ne pas pronter de l'occasion. On a déjà vu un certain nombre ces labrications : on en verra d'aulres.

La révélation sensationnelle la plus récente est d'un caractère différent ; elle est due à la collaboration imprévue de l'homme qui était à l'époque des attentats le chef du Service secret de la police mexicaine, le général Sanchez Salazar, et d'un des dirigeants d'un parti socialiste espagnol (P. O. U. M.) Julian Gorkin, et elle est présentée comme l' " œuvre qui achève de faire la lumière sur cet événement ». Gorkin luimeme écrit : " Je m'efforçai de découvrir la vérité... Je parvins à rassembler la documentation la plus complète... Les pièces principales sont en ma possession. » Et il ajoute : « leur acquisition et leur garde ont failli, du reste, me coûter la vie ».

Or, une lecture attentive du livre montre qu'il se compose, pour sa plus grande part, du recit du policier qui a mené l'enquête, puis de documents Importants mais tous connus, et publiés il y a des années déjà dans la presse mexicaine et américaine, dans les publications trotskystes et dans divers ouvrages d'écrivains américains. Si Gorkin a vraiment cru risquer sa vie en les rassemblant et en les publiant aujourd'hui, il s'est créé à lui-même un péril illusoire. S'il est un homme qui, à propos des menées des agents du Guépéou au Mexique, s'est exposé à leurs coups, et s'est expose souvent, c'est Victor Serge qui, par des correspondances au New Leader de New-York, dont il ne 'trait nul profit, dévoilait leurs manœuTres et parvenait ainsi a les déjouer.

Gorkin s'est donc borné à compulser les dossiers de l'enquête policière et de l'instruetion : un militant socialiste comme lui sait ce que valent les informanons de cette sorle; elles peuvent etre utilisables, donner des indications

Importantes, mais on ne peut les utiliser, quand on a le souci de servir la vérité, qu'à la condition de les vérifer, de les contrôler chaque fois qu'on a la possibilité de le faire. Pourtant Gorkin se contente de reprendre à son compte les informations et interprétations de son policier — lequel, nous le verrons, n'était pas désintéressé dans l'affaire

— tandis qu'il néglige toutes vérificatons, même celles qui vraiment s'imposaient. Après le premier attentat, et alors qu'il dit s'être passionné pour l'affaire, il ne va pas voir Trotsky ; les raisons qu'il donne de son abstention ne sont guère valables ; elles laissent supposer qu'il y en avait d'autres. Les réfugiés espagnols qui visitaient Trotsky etaient nombreux, il y avait parmi eux des membres du POUM (le parti de Gorkin), des socialistes des diverses tendances : leurs visites étaient l'occasion de discussions parfois vives mais toujours cordiales où chacun pouvait trouver son profit.

Bien mieux, alors qu'il habite a quelques centaines de metres de la maison de Trotsky, il ne se soucie pas davantage d'examiner cette maison dont la descriplion exacte a pourtant son importance : est-ce pour se réserver la possibilité d'en tracer un tableau selon le plus pur style de roman-feuilleton : « hautes et sévères murailles », « tourelles pour mitrailleuses », « hautes murailles », « forteresse inexpugnable », etc. Cette " forteresse » qu'on dresse ainsi dès le début du récit pour créer l'atmosphère roman policier est séparée de la propriété attenante par un simple mur de clôture, et, sur toute la longueur d'un autre de ses côtés, elle est doiminée par un haut talus d'où l'on plonge sur le jardin et sur les bâtiments.

L'affirmation que j'ai « cautionné personnellement » Jacson n'est pas plus véridique. Je ne le connaissais pas ; je ne l'avais jamais vu pendant le long séjour qu'il fit à Paris ; je le rencontrais pour la première fois à Mexico : il n'est pas dans mes habitudes de m'engager à la légère et si, par exception, Javais été tenté de donner ma caution à celui-là, l'impression qu'il me fit m'en eût aussitôt détourné.

43.

Ce qu'il y a de plus important dans le récit du policier, c'est ce qu'il nous apprend sur lui-même, sur la façon dont il a entrepris et mené son investigation.

On se rappelle les conditions dans lesquelles Trotsky dut aller s'établir au Mexique. Après l'avoir exile, Staline le pourchassait de pays en pays et trouvait des complices dans les gouvernements démocratiques d'Europe. Incapables de dominer un esprit mesquin de revanche, social-démocrates d'Allemagne et travaillistes britanniques refusérent le visa qui eût permis à Trotsky de vivre dans un pays où il aurait pu poursuivre ses travaux, et où ses amis auraient pu assurer sa sécurité. Roosevelt les imita, même dans la période où le pacte conclu entre Staline et Hitler provoquait un dégoût quasi général. Les Norvégiens, qui avaient fait une heureuse exception, se haterent d'expulser lindésirable dès que Staline fit comprendre qu'il le voulait — c'était l'époque des « procès de Moscou » — et comme pour faire oublier leur socialisme d'un jour, ils exagérèrent la serVilité en entourant l'expulsion d'odieuses mesures policières.

Ignorant ces turpitudes européennes, un homme fit preuve de noblesse et de générosité : Lazare Gardenas, président de la République mexicaine. Non seulement il accueillit Trotsky, mais il dédaigna et méprisa toujours les inventions des agents du Guépéou ; il ne cessa un jour de témoigner publiquement sa sympathie a l'exile. Malheureusement, il ne pouvait pas compter sur la loyauté de tous ses collaborateurs, notamment sur celle des hauts fonctionnaires ; quelques-uns exceptés, tous le trahissaient. On était au temps du Front populaire ; les staliniens s'infiltraient partout. Celui qui était à la tête de l'organisation syndicale, Lombardo Toledano, lui avait accordé lors de son abusait du patronage que Cardenas accession à la présidence pour mettre le mouvement syndical au service de la politique slalinienne : il était successivement pour la guerre antifasciste, puis contre la guerre quand Molotov célébrait les victoires hitlériennes, et de nouveau pour la guerre le jour où Hitler se retourna contre son complice : un parlait serviteur. Le Guépéou disposait ainsi du quotidien de la C. G. T. mexicaine, de la presse du parti communiste ; même le quotidien du parti au pouvoir, le parti de Cardenas, se prêtait a la diffusion des mensonges de la propagande. Selon les tournants de la polilique stalinienne, Trotsky élait l'agent de Wall Street ou de Hitler ou du mikado, la suprême infamie, et la plus dangereuse, consistant à affirmer qu'il complotait avec les sinarquistes contre Cardenas.

Que pouvait faire Trotsky pour se protéger contre cette avalanche sans cesse renaissante d'accusations absurdes ? Les staliniens prétendaient avoir des preuves : qu'ils les apportent ! Dans des lettres que les journaux non stali44

NTERNA TIONALE niens consentent parfois à publier, demande la constitution d'une commission où les staliniens enverront leurs représeniants, à côté des siens et de ceux du gouvernement pour une confrontation publique. Naturellement, les menteurs acculés se dérobent ; leur dérobade les condamne pour un temps au silence ; puis ils recommencent. La commission internationale présidée par John Dewey vient au Mexique pour proséances sont publiques : elle conciuera ceder a une enquête approfondie que les accusations sont sans base ; rien ny lait : les agents du Guépéou pournivent leur sinistre besogne. Il n'est pas de meeting • organise par le parti communiste ou annexes ou, qu'une occasion s'offre, l'un d'eux ne s'écrie : « Muerte à Trotsky 1 » De bons types d'ouvriers mexicains, empoisonnés par la propagande, leur font ecno ; pour montrer a quel point on a porte cette excitation, il me suffira d'indiquer que le congrès des syndicats de l'enseignement tenu au début de 1940 se lermina « aux cris répétés de « Mort à Trotsky » : c'était devenu le mot d'ordre qu'il fallait partout répéter.

Ainsi les gens du Guépéou, qu'on savait nombreux, opéraient tout à leur aise, sans être Jamais inquiétés par le général Salazar — qui, comme chef de la police secrète, était spécialement chargé par Cardenas de veiller à la sécurité de Trotsky — de 1936 à mai 1940, date du premier attentat. Si jamais crime fût signé, c'était bien celuila. Pas pour le général Salazar. A peine arrivé à la « forteresse », sa conviction est faite : il s'agit d'un attentat simulé, d'une mise en scène. Les murs cribles de balles : mise en scène ; lea secretaires sont calmes : mise en scène ; Trotsky et Natalia sont calmes : mise en scene : entin, apres interrogatoire des deux cuisinières, il n'a plus de doute. Ici il faut citer un court passage pour montrer le ton grotesque de ce récil. Salazar questionne Trotsky :

" — Soupçonnez-vous quelqu'un ou quelque groupe détre lauteur de cel attentat ? demandai-ie.

« - Bien sûr que oui | répondit-il sur le ton de la plus profonde conviction. Venez....

« Il posa son bras droit sur mon épaule et me conduisit lentement vers les cages à lapins. L'une de ses occupations favorites était en effet de nourrir lui-même ses lapins. Il s'arrêta, lança autour de lui un regard circulaire pour s'assurer que nous étions seuls, et, plaçant sa main droite près de sa bouche, comme s'il voulait rendre sa confidence plus secrète, il me dit d'une voix basse et avec une conviction profonde :

«- L'auteur de l'attentat est Joseph Staline, par l'intermédiaire de son Guépéou. Je dois dire que cette réponse me déçut complètement... Mon premier soupçon se transformait en certitude. De nouveau

INTERNATIONALE je me dis : • C'est une mise en scène

Cela ne fait pas le moindre doute. -

Ei comme il n'a plus de doute, !! 11 commence par arrêter deux des secrétaires. Il ne s'agit done pas d'une erreu involontaire comme pourrait le faire croire la sottise du récit. C'est très grave. Ca version de l'attentat simulé c'est précisément celle que dos пе 10U de suite El Popular. le quotidien de

Lombardo Toledano, celle qüe les agents du Guépéou, préoccupés de masque leur crime et leur échec. s'empressent se répandre. Trotsky décidément abuse Tont-ils dire ; on a arrélé deux de ses secrétaires ce ne sont que des com parses ; c'est l'auteur principal qu'il faut frapper, l'inculper complo contre le gouvernement mexicain pour le compte de trusts yankees ; en tout eas le déporter. L'attitude du policier est est egalement celle de ses aides, également celle de ses aides des APs substituts qui procèdent à l'instruction. L'un d'eux qui, ayant posé la question soupçonnez-vous quelqu'un ? manifeste la plus grande surprise quand il lui est répondu : certainement, le Guépéou. « Vous le croyez vraiment », dit-il alors, sur un ton de parfaite ingénuité.

Le péril était sérieux ; seule une démarche énergique pouvait le conjurer. Trotsky décide done de rédiger une longue déclaration, exposant le fonctionnement du Guépéou dans chaque pays, montrant par de pénibles exemples assassinat de deux de ses secrétaires, d'Ignace Reiss — comment son activité se traduit par des meurtres. La lettre, adressée aux autorités judiciaire et policière, est aussi communiquée au Président Cardenas. Immédiatement tout onange i les hauts fonctionnaires de justice, de police, ou d'ambassade peuvent tromper et trahir Cardenas et ils le font souvent, mais pas quand il s'agit d'une affaire de celte importance ; au surplus, ils n'ignorent pas que Trotsky veille. Notre poucier va donc rapidement trouver la vraie piste car, selon ce qu'il raconte, le hasard « consent » alors à le favoriser. Trotsky ne lui permettra plus de s'égarer ; il l'aidera, par des intervenuons repetées, a se maintenir dans la bonne vole ; il avait designe nommément le principal auteur de l'attentat dans sa lettre aux autorités.

Sur l'attentat, sur sa préparation, son organisation, on a beaucoup mieux que les révélations du policier

: on a les aveux de l'auteur lui-même : le peintre David Alfaro Siqueiros ; non pas des aveux genre Vychinski et procès de moscou, mais des aveux écrits, librement lormulés. Siqueiros se vantera même d'avoir organisé et dirigé l'attentat.

Best un point important mais non capital qui n'a pu élre élucidé et ne le sera probablement jamais. Pourquoi le secrétaire Sheldon Harle, qui était de garde dans la nuit de l'attental, a-t-il Siqueiros de pénétrerems la la bon et permis bande

Pour les auteurs de ce livre, la réponse •n'est pas douteuse : il était un agent du Guépéou. Mais leurs arguments ne sont nullement convaincants: impressions des policiers du corps de garde qui se laisserent aisement immobiliser ; declarations que le père de ce secrétaire aurait faites aux policiers mais qu'il a aussitol démenties ; enfin le récit d'un homme qui aurait vu Sheldon Harte dans l'étrange maison où il aurait passé les quelques jours qui suivirent l'attentat, avant d'etre assassiné.

Pour le Trotskysme, il fallait que Sheldon füt innocent •, tel était le titre donné au treizième chapitre publié par le Figaro. Quell vements révoluli temps et de tous pu empêcher des duire dans leurs péou quand il était ne se laissa pas séjour à Coyoacan qu'il fut dupe d l'amena à livrer la peu à Goyoacan d'age, de caractère e bêtise : Les mouonnaires de tous les les pays n'ont jamais mouchards de s'introà New-York et qu'il acheter durant son

Ils sont convaincus

'un stratagème qui place. Il était depuis il était très jeune.

d'activilé politique il avait eu la vie facile d'un jeune bourgeois ; les canailles de la bande de Siqueiros ne le choisirent certainement pas au hasard comme complice involontaire dans la perpétration de l'attentat. Peut-être étaif-ce une erreur de l'avoir cru capable de la dure besogne qu'on exigeail des secrétaires ; mais alors il est trop facile de critiquer les trotskystes américains ; sur eux seuls reposait la lourde tâche de recruter des secrétaires, de les prendre à leur charge, d'assurer leur relève. Les révolutionnaires non slaliniens étaient nombreux à Mexico : ils savaient ce dont le Guépéou était capable puisque plusieur des leurs étaient tombés sous ses coups en Espagne. Ils ne firent pas grand chose pour contrebattre l'oftensive poursuivie sans relache contre Trotsky, la permanente excitation au meurtre. Sans doute estimaient-ils avoir assez à faire pour se protéger euxmêmes ou pensaient-ils que le cas de Trotsky ne les intéressait pas ; je ne discute ni ne juge, je constate simplement pour conclure que, dans ces conditions, il convient d'être réservé dans ses appréciations.

R de

Pour le second attental, celui perpétré par le tueur Jacson seul, trois mois plus tard, Gorkin a largement puisé dans la brochure d'Albert Goldman porLeon Protsky e. Cest une bossie son ce. tant pour utre « the Assassination of Goldman était trotskyste et avocat ; il connaissait les hommes ; il a suivi l'affaire de bout en bout. Cette brochure a été publiée à New-York dès octobre 1940 ; tout le monde a pu et peut se la procurer pour 15 cents ; on y trouve rangs, meme à des postes de direction Il s'agit ici de recherche de la vérité. Tous ceux qui ont connu Sheldon Harte sont unanimes à penser qu'il n'apparlenait pas au Guépostes de direction Il s'agit ici de recherche de la vérité. Tous ceux ont connu Sheldon Harte sont unanimes à penser qu'il n'apparlenait pas au Gué-

E tout l'essentiel de ce que rapporte aujourd'hui Gorkin -- sans les déformations et inexactitudes qui sont de son cru, notamment en ce qui concerne la façon dont Jacson s'est introduit dans la maison, Il utilise aussi, mais sans leur donner leur importance, les révélations - réelles celles-là — faites par le dirigeant du parli communiste américain qui ful, dès l'origine, l'auxiliaire des agents du Guépéou envoyés à New-York pour préparer l'assassinat.

Venu du catholicisme au mouvement ouvrier puis au communisme, Louis f Budenz fut membre du Comité central de 1939 a 1945, et rédacteur et rédacteur en chef du quotidien du parti communiste americaine, le Daily Worker, de 1950 a octobre 1945. Les missions qu'on lui confia montrent qu'il avait la pleine confiance des dirigeants du parti. Après dix années de pratique stalinienne, Budenz arriva à la conclusion que le stalinisme ne s'accordait décidément pas avec la foi de sa Jeunesse : 1 decida de retourner au sein de l'Eglise catholique. Il écrivit alors un livre pour raconter ses expériences, son histoire, qui fut publié à New-York au début de 1947 sous le titre This is my story.

Dès décembre 1936, Budenz avait été chargé de la liaison avec les hommes du Guépéou, et on trouve dans son livre, minutieusement et précisément rapporté, le comportement de ces agents, le genre d'informations qu'ils recherchent pour préparer leurs coups, en particulier celul qui devait aboutir quaire ans plus tard a l'assassinat de Trotsky. La malheureuse dupe choisie pour permettre l'installation de Jacson au Mexique était une jeune trotskyste dont la sœur avait eté quelque temps, à Coyoacan, secrétaire de Trotsky. Elle allait en Europe : on lui trouva une compagne de voyage 46 que faisons la fit genon rer e n qui, à Paris, lui fit rencontrer Jacson.

née entière pour même : puis La ruse démoniaque pressée : elle prend

Budenz, renseigné que quiconque bien

Paris de Staline n'est pas son temps.

sur tout cela mieux qu'il n'ail compris qu'après coup de quelle opération il s'était fait le complice, est aujourd'hui professeur d'économie politique à Fordham University ; au début de septembre dernier, il a contirme, en Justice. sous la toi du serment, loul ce qu'il avait écrit dans son livre.

On me dit : Il est possible qu'on connût ailleurs, depuis des années, tout ce qu'on peut trouver dans ce livre que Gorkin publie aujourd'hui à Paris, qu'on en sût même davantage : mais en France, où on ignorait à peu près tout, mieux vaut encore cette information sous sa forme déplaisante de roman policier que pas d'information du tout. Je ne le crois pas. Le policier aurait pu seul raconter son histoire : on aurait su tout de suite de quoi il s'agissait. Mais qu'un militant socialiste — et qui. quoi qu'il dise, a été trotskyste — la prenne a son compte, la presente comme le fruit de longues recherches. mieux encore qu'il prétende ainsi servir la verité, c'est cela qui est insupportable, car le fond de l'histoire, qui est véridique, se trouve déformé, noyé dans une sauce malodoranle ; c'est substituer le mélodrame à la tragedie, et, par la, permetire aux messieurs Andre Pierre de s'écrier : très intéressant, caplivant, mais pas convaincant : tandis que les petits aboyeurs d'Action auraient été tout de même plus embarrassés pour étaler leurs mensonges si on leur avalt simplement mis sous le nez les aveux de leur, camarade Siqueiros.

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