Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 10-11

Stalinisme et Communisme en Albanie

X.Y.Z. · Quatrième Internationale, vol. 6, n° 10-11 · octobre-novembre 1948 · p. 17-24 · 6 108 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

L'article que nous publions ci-dessous a été écrit par un des pionniers du communisme en Albanie.

C'est le récit simple, mais vraiment poignant et significatif, de la lutte qui a mis aux prises dans ce petit pays, aux conditions encore patriarcales, lé communisme naissant avec cette gangrène du mouvement qu'est le stalinisme. Les communistes albanais qui ont lutté pour les principes élémentaires d'un libre développement du mouvement révolutionnaire dans leur pays ne soupçonnaient pas les conséquences que pouvait avoir leur attachement à ces principes face aux agents du régime bureaucratique du Kremlin.

Nous avons là un exemple hautement révélateur que le statinisme entre en conflit mortel, non seulement lavec toute opposition consciente, mais aussi avec tout courant prolétarien élémentaire qui s'oppose de quelque façon que ce soit à son emprise totalitaire et policière.

description complète du mouvement communiste en Albanie et de la façon dont il a été trahi, tout un volume serait nécessaire. Ioi, pour l'instant, je veux me limiter à exposer les points les plus importants qui, J'en suis persuadé, serviront de leçon au prolétariat de tous les pays ignorant encore que le stalinisme est tout, saut un mouvement communiste.

Je considère cela comme un bon exemple, car je sais que la classe ouvrière d'un pays donné n'apprend pas seulement par sa propre expérience mais aussi par l'amère expérience de la classe ouvrière des autres pays. Lorsqu'on est averti qu'il y a le feu quelque part, on serait bête et même fou de vouloir s'en assurer en y porlant la main.

Mainlenant venons à notre sujet.

Avant 1941, il n'y avait pas de Parti Cons groupes Al seule de ait que, communiste en Albanie. Il n'y avait que le groupe des Jeunes et le groupe de Koritza )qui, tout en se proclamant communistes, élaient en conflits perpétuels entre eux. Ces trois groupes, par manque d'expérience et d'éducation marxiste-léniniste, étaient incapables de déterminer une ligne politique juste. Chaque groupe agissait selon ses propres idées et impulsions et la majeure partie de leur activité consistait à polémiquer contre les deux autres groupes opposés.

A la fin de 1941, après l'entrée en guerre de lu. R. s. s., le groupe de Scutari et celui des Jeunes eprouverent le besoin de s'unifier et, en meme temps, de lancer un appel au groupe de Koritza (le groupe du président actuel de l'Albanie), qui refusa catégoriquement de répondre à tout appel à l'unité.

Incapables de réaliser par eux-mêmes l'unification des trois groupes et voyant que l'U. R. S. S. (qui, d'après eux, constituait la citadelle du communisme mondial) , était menacée par les armées hitlériennes, ils décidèrent de demander l'intervention de camarades de "étranger. Dans la province albanaise de Kosova, qui était et est encore sous la domination de la Yougoslavie, se trouvaient des camarades du groupe de Seutari et de celui des Jeunes qui eurent l'occasion d'entrer en contact avee les staliniens yougoslaves Meladin Popovitch et Dusham. Les camarades albanais de Kosova exposèrent à ces derniers la situation des trois groupes albanais et, d'accord avec les dirigeants des trois groupes, invitèrent les staliniens yougoslaves à venir a tirana pour aider à la fondation du Parti Communiste d'Albanie et mettre fin aux dissensions passées.

Bientôt les deux staliniens furent conduits clandestinement à Tirana et, bien que n'ayant pas d'autorisalion officielle du Parti Communiste Yougoslave, ils furent acceptés et leurs propositions mises à exécution.

Leur première proposition fut la convoeation d'une Conférence à laquelle devaient participer un certain nombre de représentants de chaque groupe. En plus des Yougoslaves, 16 représentants des trois groupes participèrent à la Conférence, dont le but était la fondation du Parti Communiste d'Albanie.

1 ~7

LE CONGRES DE FONDATION DU P. C.

Les représentants de chaque groupe présentèrent un rapport et une autocrilique du travail effectue par leur groupe respect et, en meme temps, firent la critique du travail effectué par les autres groupes.

Après chaque rapport, autocritique et critique, il y eut une discussion générale qui s'échaufta et dégénéra en attaques personnelles ; Tancien esprit de groupe ne manquant pas de se manifester au cours de la discussion.

Lorsque les discussions furent enfin terminées, les Yougoslaves qui avaient remarqué l'esprit et la conscience révolutionnaires des représentants groupe des Jeunes, profitèrent de la sincérité et de la modestie de ceux-ci pour leur adresser les critiques suivantes :

a) ne pas avoir mené dans les masses une agitation aussi large qu'ils auraient dû le faire, b) s'être limité essentiellement à la formation de cadres et à la traduction de livres marxistes.

Les dirigeants du groupe des Jeunes, Anastase Lula et Xhepi appuyés par plusieurs aulres éléments appartenant aux deux autres organisations, comme Vazil Santoja, répondirent à ces criliques absurdes de la façon suivante

" Nous ne prétendons pas avoir fait tout ce que nous aurions du faire ; mais, d'autre part, vous devez savoir qu'il n'était pas si facile de faire ce que vous suggérez. Vous ne connaissez pas les circonstances, les conditions et es habitudes de notre pays, comme nous ignorons celles du vôtre. Le communisme est une doctrine importée en Albanie. Ce n'est pas le produit du développement des conditions économiques de la société de notre pays. Le mouvement communiste est lancé ici par des intellectuels et particulièrement par les étudiants des écoles secondaires. L'AIbanie est un pays agraire arriéré et il n'a aucune industrie, nous n'avons pas de prolétariat industriel, et, par conséquent, il n'y a ici aucune organisation ro etamenne avant tout au moins des uts économiques.

* De plus, vous ne devez pas comnettre l'erreur de considérer sous le même angle les condilions présentes et passées, Les nouvelles conditions se moquent des anciennes. Au début, dans les premiers jours de l'accupation de notre pays par les forces fascistes, il était très difficile de faire de l'agitation ouverte dans les masses pour deux raisons : a) parce que les succès des armées nazi-fascistes avaient fait perdre a notre peuple toute conflance en une vietoire eventuelle des Alliés, et b) parce que, dans les premiers jours de loocupation, le fascisme, à la poursuite de ses buts, procéda à quelques améliorations provisoires des conditions économiques des masses, qui avaient été pires Sous le régime antérieur du roi Zog.

« Malgré cela nous avons fait de 18 notre mieux pour alteindre les masses. Nous n'avons jamais limite notre activité à la formation de cadres et à la traduction de livres, comme nous acouse le groupe de Koritza qui, par là, manifeste son ancienne haine contre nous. Nous ne sommes pas contre des criques amicales. Au contraire, nous les apprécions car la critique de notre ancienne aclivité nous renforce et augmente notre expérience pour l'avenir. Nous sommes un groupe de Jeunes pleins d'enthousiasme, mais malheureusement nous manquons d'expérience ; on peut en dire aulant des deux autres groupes qu, dans leurs rapports, ont rop exagéré leur travail passé. Nous n'avons jamais eu l'intention de ne former que des cadres qui, à un certain point de leur formation, iraient vers les masses en grande pompe. u ny a pas le limites a la formation des cadres La formation des cadres et le travail dans les masses sont deux choses étroltement liées ; plus nous avons de cadres, mieux nous pouvons atteindre les masses et inversement, plus nous pénétrons dans les masses et plus nos cadres augmentent en nombre et en force, Des la fin de nos études nous sommes allés dans le pays et nous avons formé partout des cercles d'études qui augmenterent tous les jours en nombre, et ceci dans l'intérêt de notre cause et sans aucune considération d'ordre personnel. Aujourd'hui que la situation est totalement changée, que tout le monde a pu constater de ses propres yeux que les « armées glorieuses du Duce » ne sont pas invincibles comme le proclamaient les fonctionnaires fascistes albanais, nous pouvons atteindre les masses sur une échelle beaucoup plus grande et, en meme temps, lancer une action directe contre la peste fasciste et ses fonctionnaires serviles.

u Pour conclure, ce qui est fait est fait et ne saurait être changé. Les uns ont tait davantage, les autres moins. Il s'agit maintenant d'être capables de faire de notre mieux en bons communistes.» Malgré ces déclarations qu'ils firent non pas pour se justifier mais par égard pour la vérité, ils ne pouvaient comprendre pourquoi les deux staliniens yougoslaves les regardaient d'un mauvais œil. De plus, lorsqu'ils voulaient demander des explications plus détaillées sur les ordres et les propositions, les staliniens se fâchaient et les traitaient d'intellectuels. Chaque fois qu'ils étaient à court d'explication, les staliniens usaient du terme « intellectualisme » comme argument suprême.

En demandant des explications, les camarades albanais étaient sincères et de bonne foi. Ils voulaient des explications afin de savoir plus clairement ce qu'ils devaient faire car, ainsi, les tâches sont accomplies d'une façon bien plus satisfaisante. Evidemment il y a des cas où cela demanderait aux diri-

QUATRIEME geants beaucoup trop de temps, mais les résolutions qui ne doivent etre expliquées qu'après leur accomplissement sont rares. Néanmoins les camarades se trouvant en opposition acceptèrent toujours les décisions de la majorité tout en n'étant pas toujours convaincus de leur justesse.

A la fin de la discussion, Meladin demanda à la Conférence des camarades albanais de le laisser désigner lui-même le Comité Central du Parti. Ceux-ci, de bonne foi et ignorant totalement les manœuvres habituelles des stanniens, y consentirent volontiers. Meladin leur demanda en outre les noms de deux ou trois candidats de chaque groupe parmi Les . ais 10 bois comme mention au les membres du les candidats ne soient pas pris parmi les anciens dirigeants des groupes, leurs divergences passées risquant de nuire au travail du Parti, surtout au cas ou de nouvelles divergences surgiraient au sein du Comité Central. Cet argument fut également considéré comme valable par les camarades albanais. quelques jours plus tard les dirigeants du groupe des Jeunes apprirent que le C. C. avait été formé par les dirigeants des autres

FORMATION

Dès que la liste des militants des trois groupes ainsi que tout le matenel (livres de propagande, machines à ecrire, argent, elc.) Tut remis au C. C., des Yougoslaves, Dusnam, eb un membre du C. C., son adjoint, commensèrent à former des cellules dans lesquelles étaient mélangés les militants les trois groupes. Craignant les mill tants du groupe des Jeunes, ils frent entrer dans les cellules le plus grand nombre possible de sympathisants des autres groupes, dans l'intention d'avoir le plus de volles à l'élection des comités régionaux. Ils introduisirent les sympakhisants sous prétexte qu'à cette époque très peu de camarades avaient les apaciles requises pour etre des milltants du Parti. En même temps, pour avoir la majorité, ils ne se faisaient pas faute d'introduire des gens susceptibles de jouer un double jeu. Ils ne craignaient pas les gens manquant de caractère et d'éducation. Seuls les communistes leur faisaient peur, Cependant, a cette époque, leurs craintes n'étaient pas justiflées. Celui qui n'a pas la conscience tranquille redoute tout le monde. Si les dirigeants du groupe des Jeunes avaient voulu obtenir des postes, Il leur eut été possible, des le debut, non seulement de ne pas contier aux Yougoslaves la nomination du C. C., mais de s'y imposer comme membres, conformément à la volonté des militants de leur groupe.

Au cours de la Conférence des délégués devant élire le Comité Régional de Tirana (1941), un militant du groupe des Jeunes s'éleva contre ce mode groupes et un miliant de base du leur. Bien que dégus de constater la mauvaise foi évidente et les manœuvres de Meladin, ils ne firent aucune objection. En fait les Jeunes pensaient qu'en sa qualité de camaradé étranger experimenté, Meladin devait jouir de leur confiance, et qu'il agissait en tout dans l'intérêt du Parti. D'autre part, les Jeunes ne voulaient pas que Meladin pense qu'ils desiraient a tout prix étre membres du Comité Central. Les dirigeants du groupe des Jeunes ne cherchaient nullement à occuper des postes. ; leur seul but était l'intérêt du Parti.

Cependanl, les agissements de Meladin étaient bien naturels. En tant que bureaucrate stalinien, il ne pouvait agir autrement. Les ordres qu'il avait reçus de ses supérieurs étaient de ne créer que des cliques de simples agents susceptibles d'être utilisées à fond par le Kremlin. Meladin se rendait très bien compte que les dirigeants du groupe des jeunes, en tant que veritables marxistesléninistes, conscients de leur mission et révolutionnaires dans le vrai sens du mot, constituaient un obstacle à l'execution de ses plans. D'UNE CLIQUE d'élection qu'il qualifia de u fasciste ». Ce camarade était indigne de voir que, par des subterfuges, les Yougoslaves voulaient faire élire des candidats de leur choix.

Il est évident que ces faits et d'autres de moindre imporlance contribuérent à faire naître un mécontentement grandissant parmi les militants du groupe des Jeunes. Les camarades indignés s'adressèrent a leurs anciens dirigeants, Anastas et Xhepi, pour exprimer leur mecontentement. Ceux-ci leur conseillèrent habituellement de ne pas s'adresser à eux pour des choses qui ne concernaient que le Parti et non pas les individus. Ils leur conseillèrent, pour chaque faute ou erreur prouvée, de s'adresser aux responsables des cellules. Ils leur conseillèrent également de ne pas se révolter, car le Parti était nouveau et les erreurs naturellement inévitables.

Malgré cela, malgré le fait qu'Anastas et Xhepi firent de leur mieux pour calmer les camarades mécontents, en parlant toujours en faveur du Parti, Meladin et son C. C. les accusèrent de provoquer le mécontentement. Ces accusations les affectèrent beaucoup, car eux d'attronter des diricnités plus grandes, avaient eu courage politique non seulement pendant -Toccupation fasciste, mais sous le régime diolatorial du roi Zog. auraient eu également le courage de s'opposer ouvertement a Meladin, qu'ils avaient eux-mêmes libéré du camp de concentration et amené à Tirana où, volontairement, ils avaient tout remis entre ses mains.

PREMIERS CONFLITS

Des que Meladin eut consolidé sa posilion en Albanie et formé sa propre clique, il convoqua une Conférence pour

Juger Anastas et Xhepi en tant qu'imbus d'esprit de secte. Voici la résolution de la Conférence.

« Il est établi que tous deux vous ne vous étes pas encore débarrassés de l'esprit de secte et, ce qui est plus grave, vous avez été les principaux animaleurs de cet esprit parmi les autres camarades de votre ancien groupe. Vous devez admettre que c'est là un obstacle pour le Parti. La Conférence vous demande de confesser vos erreurs et de faire votre autocritique. »

En dépit du fait qu'à cette Conférence assistaient outre Meladin et ses agents du C. C. un individu qui, seulement trois mois auparavant, avait été accusé par Méladin lui-même d'être un agent de l'Intelligence Service, Anastas et Xhepi ne protestèrent pas, permirent à la Conférence de suivre son cours et répondirent comme suit :

" I est evident que quand quelque chose ne va pas dans le Parti, c'est qu'il existe un obstacle à son développement. Et nous sommes d'accord avec vous que cet obstacle c'est l'ancien esprit de groupe. Mais vous ne devez pas considerer cet esprit de groupe unilatéralement. En tant que marxistes, nous devons toujours résoudre nos problèmes à l'aide du matérialisme dialectique. Vous savez qu'il n'y a pas d'effet sans cause. L'esprit de groupe qui se manifeste parmi nos camarades est le résultat de l'esprit de groupe existant, à un degré bien plus élevé parmi les camarades des deux autres groupes qui sont à la direction du Parti. La disparition de l'esprit de groupe parmi les camarades dirigeants provoquera rapidement sa disparition chez les autres camarades. Mais étant donné que vous vous êtes assigné le droit de nous juger et que de ce fait vous ne pouvez nous permettre de dénoncer vos propres fautes, il ne nous reste, dans l'intérêt même du Parti, qu'a fermer les yeux. Nous répétons encore que la disparition de lesprit de groupe ne sera réalisée que dans la mesure ou vous donnerez des preuves de justice et d'impartialité.

La Conférence se termina par la déclaration suivante du camarade Meladin :

" Si le C. C. décide de vous exclure du Parti, et, en même temps, prenant en considération - vos qualités d'anciens révolutionnaires, s'il décide de maintenir des contacts aveo vous, êtesson pas de part, nous ten is a vous conformer à sa déciaostlie que si vius adoptez une attitude hostile plus rigoureuses contre vous. »

Il était évident que même un enfant pouvait comprendre que le C. C. du Parti Communiste d'Albanie n'était qu'une simple éliquette et que le vé20 ritable C. C. était formé par Meladin et Dusham eux-mêmes. Tout le monde comprend que les membres du C. C n'étaient que des agents et des exécutants des ordres de Meladin.

Anastas et Xhepi qui aimaient le Parti plus que leur propre vie el espéraient que les choses s'amélioreraient, non seulement ne purent adopter une attitude hostile envers celui-ci, mais, au contraire, acceptèrent d'étre toujours a sa disposition. Depuis lors, tout en acceptant la collaboration proposée par

Meladin, ils commencèrent à se douter que les attaques systémaliques de celuici ne présageaient rien de bon. Son comportement leur fit entrevoir qu'il n'était pas un véritable communiste. Ils commencèrent à le considérer comme un astucieux chauvin serbe qui, sous le masque du communisme, voulait former une clique afin de mieux servir les intérêts de son pays.

Néanmoins, les dirigeants du groupe des Jeunes pensèrent qu'il valait mieux laisser au 1. . la responsabilite des consequences de cette situation. Ils préférèrent se montrer tolérants plutôt que de provoquer une scission dans le Parti.

Bien qu'exolus du Parti, ils accomplirent honnêtement et de bonne grâce, toutes les tâches qui leur furent confiées. Mais, malheureusement, l'honnêteté et la conscience révolutionnaires irritaient la clique bureaucratique, Des camarades honnêtes et de bons révolutionnaires jouissant d'une grande sympathie parmi les militants de base devaient être enminés à tout prix. Pour obtenir ce résultat, la direction chargea ses agents de contrôler l'activité de tous les véritables communistes en général et des deux camarades en particulier. Ceux-oi, bien que s'en étant aperçu, ne protesterent pas, car ils savaient que, dans un parti communiste, il est nécessaire de contrôler les camarades ; mais ce qui les révolta, ce fut de voir que ceux qui étaient chargés du contrôle n'avaient pas encore atteint même un minimum d'éducalion marxiste et, par conséquent, n'étaient pas qualifiés pour une telle tache. Tache, en effet, très délicate, car un camarade peu éduqué et, par là, incapable de juger les choses sainement, risque de faire des rapports inexacts dont seraient victimes les camarades placés sous sa surveillance.

Mais, ce qui est bien pire, les agents avaient ordré du C. C. de faire des rapports défavorables sur les camarades qu'ils étaient chargés de surveiller. 11 y eut toute une série de rapports dont nous ignorons encore le contenu. Les camarades sous contrôle savaient que le principe communiste du contrôlé des camarades ne part que de la bonne intention de découvrir les erreurs et de les corriger. Mais, en aucun cas, ce contrôle ne devait avoir pour but de faire tomber les camarades dans un piège. Malheureusement, dans le Parti

Communiste d'Albanie, l'esprit de piège dominail l'esprit de redressement des erreurs commises. Le contrôle effectué de bas en haut préconisé par Lénine, n'était même pas envisagé par le Parti Communiste d'Albanie.

Il n'y avait qu'un contrôle serré d'en haut : alors que le léninisme nous enseigne que le contrôle doit etre beaucoup plus fort d'en bas, car les erreurs commises par un simple militant ne peuvent pas causer de graves dommages au Parti.

S'il arrivait à un camarade de critiquer dans sa cellule les erreurs commises par un dirigeant du Parti, non seulement on lui reiusait le droit d'exercer une telle critique mais encore il était attaqué par le responsable de la cellule et qualifié de Xhepiste, Trotskyste, saboteur, etc. Ainsi, pour ne pas étre mal vu, les camarades n'osaient plus oritiquer les erreurs qu'ils pouvaient

LA CHASSE A

C'est alors que profondément inquiétée par les critiques continuelles et voyant qu'elle perdait chaque jour du terrain, la clique bureaucratique décida de trouver une issue à cette impasse. La seule solution pour défendre ses positions était de se débarrasser le plus vite possible de l'opposition révolutionnaire qui en élait encore à ses débuts. Pour avoir raison de celle-ci, la clique résolut d'éliminer par des assassinats secrets tous les révolutionnaires inflexibles. La décision prise, on passa immédiatement à sa réalisation : Le marxiste-léniniste le plus connu en Albanie, Anastas Lula, fut sauvagement assassiné. Dès que le camarade Dill, commissaire politique du bataillon de Mallaxastra (les bataillons constituaient a cente epoque les plus grandes unites militaires les partisans) militant dévoué de l'opposition révolutionnaire, apprit cette terrible nouvelle, il alla voir camarade Xhepi pour discuter avec Jui et s'entendre sur ce qu'il fallait faire. Voici ce qu'il lui dit :

« Je vais t'apprendre quelque chose de revoltant, non seulement pour toi mais pour tout communiste conscien de sa mission. i, sonvoqua une Conterence un Il y a quelques e G. C. entre autre, il décida de te condamner à mort ainsi qu'Anastas. Anastas fut arrêté par un escadron du bataillon dans lequel il était incorporé et emmené dans village où il était inconnu de la population et présenté comme trotskyste, traitre, espion, ete. Dès qu'il commença à parler pour refuter ces accusations, il fut emmené par l'escadron et sauvagement assassiné. Pour toi ils ont décide un autre type d'assassinat. Sachant que tu jouis d'une grande sympathie parmi les militants de base du Parti et les habitants de valona, ils ont décidé de t'assassiner secrètement, pendant la observer. Voici des exemples de tique qu'un membre d'une cellule adressa à un membre du Comité Régional de valona: be camarade en queston se rendant une nuit d'un village à un autre escorté d'une guerilla de partisans armés rencontra des miliciens fascistes et, sition qu'il occupait dans le Parti, s'enau lieu de se montrer digne de la position qui occupait dans le Parti, s'enfuit lachement, abandonnant ses camarades et même son pardessus. Une autre fois, au cours d'un combat furieux (un combat qui fut une épopée pour peuple albanais) contre l'armée fasciste venue faire un coup de main dans le village, Gjormi, le même militant, sous prétexte qu'il avait mal au ventre, quitta le front et s'en alla manger du poulet rôti dans un autre village où il était certain de ne même pas entendre e bruit du combat. il y eut de nombreus as semblables qu'i serait superflu d'énumérer. L'OPPOSITION nuit et, le lendemain, d'organiser un enterrement magnifique, avec fleurs, couronnes et discours exaltant ton héroisme et tes vertus. Il s'agit maintenant de savoir ce qu'il convient de faire pour mettre fin a cet affreux terrorisme individuel. Je sais qu'en agissant ainsi je romps avec la discipline du Parti mais celte infraction est absolument nécessaire et elle est commise dans l'intention de sauver le Parti et d'empêcher des erreurs conduisant à la catastrophe. En outre, je m'adresse à un camarade comme toi sachant bien que toutes leurs accusations sont de pures inventions. Si tu avais l'intention de nuire au Parti pour en prendre la direction, comme ils disent, je sais que je serais le premier a qui tu confierais tes plans, moi ton plus intime camarade. C'est le contraire qui est vrai. Chaque fois que je t'ai exprimé mon mécontentement contre le comité le Valona, tu as essayé de me persuader qu'il fallait avoir confiance dans le Parti. Je ne comprends pas comment on peut t'accuser de parelle chose. Pour moi ils ne sont qu'une clique qui, sous le masque du communisme, essaye de monopoliser pour toujours la direction du Parti et qui, pour cela, a décidé d'exterminer tous les révolutionnaires de valeur. Comment peut-on justifier les assassinats de camarades, sans jugement ni possibilité pour eux de se défendre ? Je pense que c'est une trahison manifeste de notre mouvement révolution. naire, mais je te demande en tant que communiste expérimenté, de nous montrer par quelle voie normale nous pouvons mettre un a de pareils procédés. »

Xhepi pensa que le meilleur moyen communiste serait de convoquer une Conférence à laquelle participeraient au tous les membres du Comité Régional moins deux membres de chaque cellule de Valona (1) plus un ou deux membres du Comité Central. Cette Conférence devrait avoir pour objectif d'examiner en général les fautes et les erreurs commises et de condamner, s'Il y avail lieu, les coupables. Au cas ou les débats montreraient que le comite de Valona ne jouissait plus de la conflance de la majorité des camarades, un nouveau comité devrait elre élu démocratiquement.

Mais, en dépit du fait que près de 80 % des militants désiraient la convocation de cette Conférence, le Comité de Valona, ainsi que le Comité Central s'y opposèrent catégoriquement. Au début, ils firent semblant d'adopter l'idée d'une telle Contérence dans la seule intention de gagner du temps et de préparer un plan pour éliminer les camarades les plus actiis el les plus conscients. Aussitôt achevée la preparation de leur plan terroriste, ils arrétèrent clandestinement le commissaire politique de la commune de Dukau. Is organisèrent également un guet-apens pour assassiner le camarade nepi, mais il échappa à la mort grâce à ses camarades qui l'avertirent à temps. Ils arrétèrent aussi traitreusement le commissaire politique Xhemil Cakerri et le commandant Vangjo du bataillon de Valona qu'ils conduisirent dans un moulin pour les assassiner. Le commissaire politique fut sauvagement assassiné, mais le commandant réussit à s'échapper avec seulement une blessure à la main et il se réfugia dans un village où les habitants le reçurent amicalement. Memet Shehu (aujourd'hui commandant général stalinien), le criminel le plus fameux d'Albanie, se rendit à ce village et arrêta à nouveau Vangjo, disant aux gens du village que les assassinats avaient été commis accidentellement par l'escorte et que maintenant Vangjo allait comparattre devant les juges du Parti. Ainsi Vangjo fut conduit dans une maison au milieu d'une forêt où il fut forcé, sous la menace du revolver du général, d'écrire une lettre à son bataillon, pour transférer le commandement au général en question. Il fut gardé prisonnier pendant trois mois, jusqu'a ce qu'il réussisse à s'échapper et à rejoindre ses camarades oppositionnels. Entre temps, les -assassinats des camarades de l'opposition révolutionnaire étaient devenus de plus en plus nombreux. Par la presse et par la propagande, la direction voulalt faire croire que la demande de la convocation de la Conférence n'était formulée que pour detruire le Parti et, qu'en fait, il s'agissait d'une conspiration sous les ordres de Xhepi.

Si lopposition révolutionnaire avait eu l'intention de conspirer, comme le

(1) Valona étant un des centres les plus révolutionnaires, on pensa que c'était par là qu'il fallait commencer à appliquer les principes léninistes de centralisme démocratique. Ensuite tous les autres centres suivraient son exemple. 22

TERNATIONALE prétendaient les staliniens, le renversement de leur olique aurait été inévitable et n'aurait présenté aucune difficulté, étant donné qu'a Valona elle était en minorité. Mais les camarades de l'opposition révolutionnaire, ignorant des méthodes terroristes staliniennes, désiraient au contraire agir le plus légalement possible dans le Parti, Ils n'étaient pas et ne pouvaient pas être des ennemis du Parti, mais la clique dirigeante avait décidé une fois pour toutes de les supprimer par tous les moyens. Leur conscience révolutionnaire ne pouvais Jamais leur permettre de se servir de leurs armes contre leurs camarades, alors que la clique stalinienne n'hésitait pas à plonger ses mains dans le sang des militanis révolutionnaires les plus éprouvés dans la lutte contre le fascisme et les forces d'occupation.

Il est évident que l'opposition révolutionnaire d'Albanie a été victime de ses scrupules et c'est ce qui a permis l'élimination systématique de tous les militants qui s'étaient déclarés pour Conférence. Même un enfant pourrais comprendre que si la clique bureaucratique refusait de convoquer la Conférence, c'était non pas parce qu'elle la considérait comme un danger pour le Parti, mais parce qu'elle était incapable de se justifier et, par-dessus tout, d'expliquer ses déviations de la véritable ligne communiste. Il lui était donc plus facile de gagner du temps par la terreur. Si les dirigeants staliniens avaient des révolutionnaires véritables, 1ls n'auraient pas eu de raison de tant redouter la convocation de la Conférence dont le seul but était de redresser les erreurs passées et d'élire démocratiquement les organismes du Parti.

Il était impossible que des communistes qui avaient fait tant de sacrifices pour fonder le Parti tentent de détruire de leurs propres mains les fruits de tant de peines. Les staliniens le savaient bien. Mais la vraie raison de leurs machinations était qu'ils avaient peur de perdre la direction du Parti. Cependant, même s'ils avaient voulu accepter la proposition partaitement justitiée de l'opposition révolutionnaire, n'auraient pas eu la possibilité de le faire car ils n'étaient pas indépendants. Quelqu'un d'autre commandait en Albanie : le généralissime Staline.

En tout cas, je pense que la tragique situation de notre Parti suffit à démontrer que non seulement le stalinisme s'est substitué au fascisme, mais qu'il l'a dépassé dans ses méthodes comme dans sa politique.

Evidemment, en ce qui concerne le Parti Communiste d'Albanie, on ne saurait en attendre beaucoup, alors qu'il y a d'autres Partis Communistes, vieux Partis avec des bonnes traditions révolutionnaires — comme le P. C. français — don| les directions sont, depuis longtemps, de simples instruments de la clique bureaucratique du Kremlin. Le mouvement communiste albanais se trouvait encore à sa phase embryonnaire au moment de l'infection

QUATRIEME stalinienne. Très peu de camarades avaient même des notions sur le marxisme-léninisme. Tous les autres étaient des sympathisants convaincus sur un plan senamental de la justesse du communisme plutôt que des militants révolutionnaires eduques. En tait, il est clieue de devenir un communiste par simple décret, comme cela s'est passé

Albanie. Les communistes sont les produits des conditions sociales et économiques données (la lutte des classes), qui, à celte époque, n'étaient pas parvenues en Albanie à un degré de maturité suffisante. Le Parti n'avait pas même un an et demi d'existence, et les communistes albanais n'avaient pas eu le temps nécessaire de s'éduquer et d'évoluer.

Le prolétariat industriel et, par conséquent, la luite de classe organisée n'existaient pas. Ce qui est admirable c'est que le peuple albanais, malgré le rude combat pour l'existence et contre l'oppression des regimes étrangers, a montré un esprit révolutionnaire incomparable.

Du fait que les dirigeants du mouvement communiste albanais n'avaient même, pas assimilé les principes élémentaires du communisme, il était naturel que les agents staliniens yougoslaves ormer une digue susceptible derac aient pu, sans aucun obstacle. ler aveuglement leurs ordres. Il va sans dire que leurs premières directives étaient l'élimination par l'assassinat des vrais révolutionnaires marxistesléninistes. Seuls les communistes étaient un danger pour eux. Les fascistes et les les réactionnaires, selon eux, ne venaient qu'après. naensi, l'aple à ses maitres étrangers, qui lui avaient promis postes et distinetions, cette clique procéda à l'assassinat de plusieurs militants révolutionnaires, de ceux qui avaient, en réalité, construit le mouvement en Albanie.

A la suite du refus par la direction de convoquer la Conférence et de l'emploi de méthodes terroristes contre l'opposition révolutionnaire, celle-ci publia un long tract intitulé " Pourquoi nous nous sommes séparés du soi-disant Parti Communiste » qu'elle signa « La véritable Organisation Communiste ». Le but de ce tract était d'informer les militants du Parti et toute la population des trahisons qui se tramaient.

Après la publication de ce tract, le mouvement de lopposition révolutionnaire de Valona fut suivi par d'autres mouvements analogues dans d'autres centres de l'Albanie, particulfèrement dans le centre de Bérati, dirigé par les militanls révolutionnaires Résul, Namik et Fatbardh.

Mais, malheureusement, ces mouvements étaient voués à l'isolement, car ils avaient commencé à une époque où la clique bureaucratique avait consolidé ses positions par ses méthodes terroristes el démagogiques.

Ensuite les staliniens accusèrent l'opposition révolutionnaire de favoriser la réaction. Les révolutionnaires, au contraire, que c'était les staliniens qui décevaient prouverent avec faits à l'appui les masses et les sypathisants du Parti, en utilisant des méthodes terroristes contre des camarades bien connus de tous comme militants révolutionnaires de la première heure. Et comment le peuple aurait-il pu ne pas se détourner de ce Parti, qu'il voyait assassiner les révolutionnaires les plus connus tels que : Anastas Lula, Neki Hoxha

(Vangjo), Xhemil Cakerri, Lazar Fundo (1), Rezul Tozhari, Namik Mequemeja, Xhafer Dalami, Xhelal Hoxha,

Nimet Mitaa, Haki Xhelo, Duro Kanina,

Idajet Bolena, Zei Noja et une centaine d'autres qui s'étaient distingués par leur activité révolutionnaire.

Et comment le peuple aurait-il pu ne pas perdre confiance en ce Parti en apprenant qu'un colonel fasciste de l'armée italienne tira trois coups de feu en l'air en signe de joie pour l'assassinat de ces héros révolutionnaires qui avaient été la terreur des fascistes en Albanie ?

Et comment le peuple aurait-il pu ne pas être révolté en apprenant que les ennemis les plus inflexibles du fascisme et de la réaction furent assassinés par leur propre Parti et que les plus chers désirs des fascistes se trouvaient ainsi réalisés par leurs dignes émules, les staliniens ?

Pour conclure, décénéra dès l'inter mouvement com muniste albanais vention des agents staliniens ci-dessus nommés.

Après leur intervention, la franchise passée était remplacée par l'hypocrisie et la basse calomnie, la fidélité à l'idéal communiste par le carriérisme et le culte des chefs, l'autodiscipline par une discipline de fer imposée, la critique par la seule autocritique. la pensée libre par l'obéissance aveugle. L'ancien respect volontaire, inspiré par les camarades qui avaient donné des preuves éclatantes de leur dévotion au mouvement était remplacé par l'idolatrie imposée de gens sans valeur, de petits bourgeois ignorants et vils comme lo colonel général Enver Hodja et C°.

La majorité des militants du Parti, les sympathisants et toute la population albanaise, s'aperçoivent maintenant chaque jour plus clairement de la dégénérescence croissante du communisme, due à la clique bureaucratique stalinienne. Les soi-disants tribunaux du peuple rendent grand service en permetlant aul

(1) Lazar Fundo et Halim Xhelo avaient été les premiers propagandistes communistes en Albanie. Lazar Fundo avait également été pendant longtemps membre du Komintern qu'il quitta, voyant que ce dernier s'était transformé en instrument pur et simple aux ordres de la clique bureaucratique du Kremlin. Après avoir quitté le Komintern, il dénonça les trahisons de Staline et, pour sauvegarder la tradition communiste, propagea les idées trotskystes en Albanie.

peuple albanais de voir plus clairement et de comprendre les intentions réelles des promoteurs des nouvelles « Démocraties Populaires ». Les lâches assassinats de centaines de révolutionnaires marxistes-léninistes, la récente condamnation à mort du vieux révolutionnaire bien connu Hasan Reci (1), l'emprisonnement du révolutionnaire Kadri Hoxha (2), la disgrâce du vieux révolutionnaire Sejfulla Maleshova (3), les privilèges sociaux et économiques de la caste bureaucratique et, par-dessus tout, l'oppression du peuple à travers la dictature d'une simple clique, sont les traits les plus marquants de la trahison du mouvement communiste albanais.

Et maintenant la question se pose : le peuple albanais restera-t-il éternellement passif en considérant cet état de choses comme un mal incurable ? Non ! jamais. Le peuple albanais qui est toujours révolutionnaire saura, sous la direction des militants marxistes-léninistes les plus dévoués (provisoirement réduits à l'impuissance mais toujours prêts à recommencer la lutte), se délivrer de ces dangereux microbes de la vrer de ces dangereux microbes de . société humaine. Ce fut le peuple qui, se fiant aux promesses des staliniens, leur donna tout le pouvoir. Et ce sera le peuple qui, les ayant vus de ses yeux trahir son idéal et celui des milliers de camarades tombés pour sa cause, mettra fin à leurs crimes et, sous le drapeau de la IVe Internationale Compoursuivra son chemin vers muniste, l'affranchissement de la société humaine et vers le socialisme.

Depuis que cet article a été écrit, une crise importante s'est développée dans le P. C. Albanais en répercussion de l'affaire yougoslave. Cinq membres du Bureau Politique ont été mis sur la sellette. Deux d'entre eux, Koci Xoxe, Ministre de l'Intérieur, et Pandis Kristos, exclus du parti et du gouvernement, ont pris le maquis. Cette crise, nous en sommes convaincus, aidera les révolutionnaires albanais à se libérer de l'emprise du stalinisme dont on a lu plus haut le rôle néfaste sur le jeune mouvement communiste.

(1) Hasan Reci fut trois fois condamné à mort comme communiste : par le régime du roi Zog, par les occupants fascistes et, pour la troisième fois, par les staliniens.

(2) Kadri Hoxha, militant révolutionnaire des plus dévoués, a beaucoup fait pour la cause du communisme.

(3) Sejfulla Maleshova, un des premiers pionniers du communisme en Albanie, a passé une grande partie de sa vie à l'étranger pour coordonner le mouvement albanais avec celui des autres pays. Il fut longtemps professeur de philosophie matérialiste à l'Université de Moscou.

Une erreur sur cette page ?