POUR la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, un authentique parti ouvrier a pu faire connaître le programme intégral du marxisme révolutionnaire aux millions de prolétaires américains. La campagne du Socialist Workers Party aux élections présidentielles nestera un exemple de l'effort que peut accomplir une organisation prolélarienne, quand elle est animée d'une loi révolutionnaire basée sur la confiance inspirée par le programme du marxisme révolutionnaire qu'elle détend.
Quand le S. W. P. décida, au début de cette année, de participer avec ses propres candidats aux élections présidentielles, les conditions ne semblaient guère favorables pour entreprendre un tel effort. La campagne anticommuniste et belliqueuse déclenchée par les capitalistes monopoleurs qui règnent dans la citadelle du monde capitaliste d'après-guerre, battait son plein, tandis que le prolétariat américain paraissait, sous la pression de la réaction, avoir ralenti sa poussée revendicative qui avait connu tant d'ampleur au cours des années passées. En outre, le Parti Progressiste de Wallace, soutenu par les staliniens, faisait irruption sur la scène politique américaine, polarisant d'emblée une grande partie de l'opinion des bourgeois libéraux et des ouvriers sympathisants au Parti Communiste Américain.
L'apparition de ce Parti Progressiste sema, pendant un moment, une certaine confusion même dans les propres rangs du S. W. P. Fallait-il vrai ment prendre part aux élections présidentielles avec ses propres candidats ou, en face du flot montant de la reaction, ne fallait-ll pas soutenir d'une laçon critique Wallace? Quelle etalt Texacte nature de classe de ce part t Quelle serait la dynamique de son évolution ? Sur ces question se poursuivit dans le S. W. P. une sérieuse discussion intérieure, dont la tenue et la conclusion furent une preuve supplémentaire de la maturité politique de ce Parti et de son attachement profond au programme du marxisme révolutionnaire, qui sont les gages les plus surs de ses succès et de ses vicfoires futurs.
Le S. W. P. a défini le Parti de Wallace, malgré le soutien qu'il a reçu et qu'il reçoit de la part d'importants milieux ouvriers, comme un parti libéral bourgeois, delenseur d'un programme de « capitalisme progressiste. »
« Le caractere de classe d'un parti, a souligné le camarade James Cannon dans son remarquable rapport à la session du C. l. du s. w. P. en février 1948, est determiné d'abord par son programme ; deuxiemement par la politique qu'il pratique reellement et troisièmement par sa composisition et par qui le contrôle. Le parti de Wallace est un parti bourgeois d tons ces points de vue.
« L'affirmation que ce parți est contrôlé par les staliniens et les syndicats staliniens est à mon avis radicalement fausse.. Le mouvement de Wallace restel contrôlé par Wallace lui-même, qui détermine les candidats et le programme... Aller dans le mouvement de Wallace pour changer son programme et son candidat ? Meme d'un point de vue prauque, ceci semble completement utopique. Li ensemble du mouvement est organisé sur la base de la candidature de Wallace et de son programme ».
Et le camarade Cannon concluait : « Le probleme que nous avons à affronter en 1948 est sérieux. Si nous refusons de soutenir le mouvement dei Wallace, et si nous ne présentons pas nos propres candidals, nous apparaitrons comme n'ayant rien à offrir
• D'autre part, poser notre propre candidature est une tâche immense pour un parti de notre taille. Cette tâche exigera les efforts les plus extraordinaires pour participer aux élections dans un nombre suffisant d'Etats, afin que notre campagne ait une importance naltonale. D'autre part, si nous surmontons ces difficullés, ce que je crots possible, et si nous désignons nos candidats aux postes de Président, de Vice-Président, etc... und bonne occasion pour porter notre Parti à un niveau plus élevé et pour l'inscrire politiquement sur lechelle nationale. »
Le S. W. P • Se prononça en ce sens et s'engagea plein d'ardeur dans la plus grande bataille politique qu'il ait livrée jusqu'ici, en vue de jeter
Jes bases d'un grand parti révolutionnaire de la classe ouvrière américaine.
A la veille des élections du 2 novembre 1948, le S. W. P. était autorisé a participer aux élections de 13 Blats, parmi les plus importants, représentant plus de 40 % de la population totale des Etats-Unis.
Ceci a été rendu possible parce que le Parti a pu réunir dans les délais restreints accordés par les lois de la République capitaliste américaine, qui sont faites pour écraser les tentatives d'organisation politique indépendante de la classe ouvrière, les milliers de signatures nécessaires pour donner droit à la présentation d'un candidat. Mais aussi, grâce à ce succès, le Parti pales, porà des dize nes des de mis, lasade pro compes ams chaines na a pu utiliser à des dizaines de reprises, la radio, y compris les chaînes naprogramme, le programme du marxisme révolutionnaire de notre époque.
Les candidats du Parti, avant tout le camarade Farrell Dobbs pour la Présidence et la camarade Grace Carlson pour la vice-présidence, ont traversé d'un bout à l'autre l'immense pays, parlant de meeting en meeting, s'adressant par la radio à toute la population, discutant avec les ouvriers des usines et des quartiers, apportant leur appui « total et inconditionnel › aux populations noires, aux métallos, aux dockers et aux marins en grève, qu'il sont allés voir partout où ils se battaient au cours des trois derniers mois et qu'ils encourageaient dans leurs luttes.
En même temps tout le parti, mobilisé comme un bloc, soutenait ardemment ses candidats, recrutait, organisait ses nouvelles conquêtes, gagnait des milliers de nouveaux lecteurs à sa presse, faisait pénétrer, par tous les moyens (journaux, brochures, meetings, ele...) le programme du Parti dans la classe ouvrière américaine.
Le mouvement trotskyste international peut être fier de cette campagne menée par ses frères des Etats-Unis.
Le prolétariat mondial tout entier reconnaîtra que la lutte des trotskistes américains qui, seuls, s'efforcent d'organiser et de mobiliser le prolétariat américain contre la citadelle du capitalisme mondial, contre la nouvelle guerre que préparent les monopoleurs de Wall Street, a une portée historique internationale.
Pour indiquer le sens politique de la campagne électorale menée par les trotskystes américains, nous publions ci-dessous:
a) Le discours que le camarade Farrell Dobbs, candidat du S. W. P. à la Présidence, a prononcé le 15 mai 1948 à la radio nationale des EtatsUnis et qui restera parmi les plus fiers défis lancés aux oppresseurs du monde par les leaders révolutionnaires du prolétariat.
b) L'adresse finale aux prolétaires d'Amérique lancée le 25 octobre, à la veille des élections. par les camarades Farrel Dobbs et Grace Carlson.