COINCES d'une part par leur attachement au Kremlin et à son maître Staline, et d'autre part par la campagne acharnée que celui-ci mène au moyen du Kominform sous son contrôle avec comme objectif le renversement de la « clique Tito », Tito et sa fraction dirigeant le P. C. yougoslave et le gouvernement yougoslave ont été obligés d'élargir leur rupture idéologique avec le Kremlin, plus particulièrement en ce qui concerne les méthodes employées contre eux par Moscou.
Les sanotions économiques contre la Yougoslavie que l'U. R. S. S. ordonna à tous les pays soumis à son contrôle ont amené les dirigeants yougoslaves. à reconnaître que les relations économiques imposées par Moscou « démocratie populaire » n'ont rien de commun avec une coopération socialiste économique ni avec une fusion de plus en plus étroite des différentes économies nationales préconisées jadis par Lenine, et à reconnaitre que ces relations restent réglées par les lois du commerce capitaliste. (Discours du Ministre à la Propagande, Milovan DJILAS, du 4 septembre 1948.)
Quelques jours plus tard, le 30 septembre, l'Assemblée Nationale Yougoslave approuvait une déclaration présentée par Pierre Stambolich, Premier Ministre de la République Serbe, qui exprimait la détermination de la Yougoslavie de poursuivre une politique extérieure « conforme aux intérêts du pays et du peuple ». sans la subordonner par aux strictes directives du Kremlin. Cette résolution exprimait aussi la « surprise » du pays au sujet de « la campagne menée [contre luil par les pays limitrophes et même par l'Union Soviétique ».
Pour la première fois le nom de l'Union Soviétique s'ajoutait à la liste des de « démocratie populaire » accusés de calomnier la Yougoslavie. Enfin, dans trois articles publiés dans BORBA du 2 au 4 les dirigeants yougoslaves s'en prennent directement au Parti Communiste de l'U. R. S. S., à Staline et à son principe d'autorité suprême.
question écrivent-ils — l'autorité du G. C. du P. C. de lU. R. s. S. Nul ne peut nier son rôle passé et présent. Mais l'autorité n'est pas tout. LA VERITE PASSE AVANT L'AUTORITE. Ceci été jusqu'à présent un principe dans le mouvement ouvrier. Les C. C. des Partis membres du Kominform n'ont pas adhéré à ces principes de discussion du mouvement ouvrier sans lesquels on ne saurait concevoir celui-ci, à-dire les principes constructifs de la vérité. Ils se sonl atlachés uniquement au principe d'autorité... Staline est à juste titre la plus grande figure vivante non seulement du mouvement ouvrier international mais du monde democratique en géneral. Cependant, la Justice dans le connit entre et le C. C. du P. N'EST PAS DE SON COTE, MAIS COTE DU P. C. Y... » (Souligné par nous.) Ce langage, si confus soit-il, n'en est pas moins un signe de la pression des événements sur la direction yougoslave et il ne manquera pas, pris au mot par la base du parti yougoslave, qui favorisera en son sein des différenciations idéologiques beaucoup plus profondes. au Parti Communiste Yougoslave, une seule question ? LA NATURE DU REGIME Le conflit avec le Kremiin en réalité a mis avions-nous écrit DE STALINE qui, du Kremlin, dirige l'U. R. S. S. et les partis communistes.
Celul-ci, malgré tous accommodements de langage tous les actes des dirigeants yougoslaves pour lui plaire, ne relâche pas un seul instant sa campagne qui renversement de la « clique ». L'organe Kominform POUR UNE PAIX DURABLE, POUR UNE DEMOCRATIE POPULAIRE donne, dans chaque numéro, le ton et les motifs de poursuite de cette campagne à toute la presse stalinienne mondiale.
Au même moment où les représentants yougoslaves à l'O. N. U. faisaient. bioo avec les autres « démocraties populaires et avec l'U. R. S. S. contre les pays du camp anglo-américain, l'organe du Kominform consacrait un long article sous la signature de L. Baranov (15 octobre) intitulé : " Comment la clique de Tito combat contre son propre peuple », les dirigeants yougoslaves sont gratifiés des plus honorables adjectifs : traîtres, criminels, aventuriers, nationalistes, etc. Cet article concluait que « la clique de Tito a trahi le peuple yougoslave ainsi que ses rêves et ses espoirs les plus beaux
Les dirigeants yougoslaves semblent penser qu'il leur sera possible de prolonger la situation équivoque de leur parti et de leur gouvernement, en misant sur l'antagonisme U. R. S. S.-U. S. A. qui, d'une part, dicterait au Kremlin une certaine prudence à l'égard de la Yougoslavie, tout au moins sur le plan mique, et, d'autre part, leur permettrait d'étendre leurs relations aveo les pays de l'Occident capitaliste, désireux d'attirer graduellement la Yougoslavie dans leur orbite. Peut-être espèrent-ils ainsi arriver à une prochaine étape, à un compromis avec le Kremlin qui, devant l'impossibilité de les éliminer, deciderait de se montrer plus clément envers eux ?
grandissantes en Yougoslavie presse internationale se fait l'écho, surtout dans le domaine de l'alimentation et yougoslave paraît jouir d'une grande confiance dans les masses. Mais si elle reste des transports, et malgré la campagne du Kremlin et du Kominform, la direction encore dans l'équivoque, et si elle continue le jeu de bascule qu'elle croit pouvoir prolonger, elle ne fera en définitive que le jeu de ses ennemis la confiance des masses désorientées et ne se maintiendra au pouvoir qu'en s'ap-
Men plus sur l'appareil policier et bureaucratique. Aucun régime d'origine révolutionnaire n'a survécu en ne dévoilant aux masses qu'une puyant de plus de la vérité et en s'accommodant pour le reste de toutes sortes de subterfuges, de manœuvres et de considérations opportunistes.