Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 1-2

Thèses du deuxième congrès du R.C.P.

Quatrième Internationale, vol. 6, n° 1-2 · janvier-février 1948 · p. 61-67 · 5 035 mots

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(Section néerlandaise de la IV® Internationale)

Ie principal document politique adopté au 2º Congrès national du Parti communiste révolutionnaire, section néerlandaise de la IV° Internationale, est intitulé : Thèses sur la situation économique et politique et sur les tâches du R.C.P. Ce document comporte six chapitres : « La nouvelle étape dans la situation internationale », « La faiblesse économique du capitalisme néerlandais », « La nouvelle étape aux Pays-Bas et Vorientation du

R.C.P. » « La révolution en Indonésie et les rapponts entre les classes

« L'organisation du R.C.P. » Nous publions ci-dessous le deuxième et le quaaux Pays Bas », « Les luttes économiques et les taches du R.C.P. », trième chapitres de ces thèses qui constituent un témoignage éloquent de la maturité politique croissante de notre section néerlandaise. LA FAIBLESSE ÉCONOMIQUE DU CAPITALISME NEERLANDAIS

La situation d' TANT la seconde guerre impériaA liste, les Pays-Bas étaient un pays créditeur type. La valeur des importations néerlandaises dépassait largement celle des exportations ; l'équiavant-guerre libre de la balance des paiements étaft maintenu grâce aux rentrées dans pays d'énormes dividendes et d'intérêts des capitaux investis à l'étranger (surtout dans les colonies).

INT

Les profits énormes et faciles rapporbés durant des siéoles par l'exploitation des colonies ont eu pour résultat que les investissements intérieurs restèrent fortement limités. L'appareil de production néerlandais reçut ainsi un caractère arriéré a p.usieurs points de vue.

Egaiement, par suite de l'absence de minerais propres, l'industrie néerlandaise se concentra presque exclusivement dans le secteur dit léger (produisant des moyens de consommation): textiles, lampes électriques, industrie de transformation des graisses, etc. L'induste lourde (macuines, locomotives, armes, etc.) manqua pour, ainsi dire complètement, à l'exception des chantiers navals qui connurent une évolution historique propre.

D'autre part, les Pays-Bas dépendaient dans une large mesure des importations pour couvrir leurs besoins militaires.

La production de céréales était ré duite à un minimum par suite de l'effondrement des prix du blé dans la seconde moitié du XIX siècle, résultant de l'exportation massive de blé des gigantesques territoires nouvellement exploites d'outre-mer.

Les résultats

La guerre et l'occupation du pays ont provoqué pour les Pays-Bas des pertes enormes sur le plan economique.

L'industrie a reçu de terribles coups, aussi bien par suite des destructions résultant des operations militaires pro prement dites (Brabant et Limbourg) que du démantèlement d'une partie importante de l'outillage vers la fin de l'occupation et de la destruction des installations portuaires d'Amsterdam et de Rotterdam. Ainsi, une importante partie des investissements intérieurs a été perdue pour la bourgeoisie.

La conversion de l'inuustrie par Poccupant en vue de la satisfaction de ses besoins de guerre a provoqué un retard sensible dans la reconversion d'aprèsguerre s'orientant vers la satisfaction des besoins de consommation. Ce retard a encore été accentué par une pénurie aigué de main-d'œuvre qualifiée, résuitat de la déportation de la jeunesse ouvrière qui ne put acquérir la qualification professionnelle normale. Cela s'exprime à son tour par un abaissement de la productivité moyenne du travail.

La capacité de production est diminuée d'autre part par suite de l'inutilisation d'une partie de l'outillage (par la brusque interruption de l'arrivée des matières premières coloniales), du vieillissement et du manque de réparations des installations industrielles.

Enfin, la perte du Hinterland allemand, surtout de la Ruhr, a porté un coup terrible au port de Rotterdam en tant que port de transit. Le tonnage Chargé et déchargé à Rotterdam marque un recul prononcé par rapport à celui d'avant-guerre.

La deuxième guerre impérialiste a eu également un effet désastreux sur

La production agricole néerlandaise s'orientait alors vers la culture de produits de luxe pouvant compenser les coûts élevés résultant de la petite entreprise agricole qui domine aans le pays. et de la nature du sol. Une large partie de la superficie cultivable était consacrée à l'horticulture (fruits, légumes) et à la floriculture (tulipes), dont les produits devaient être surtout exportés et ne pouvaient pas intervenir largement dans le ravitalllement national. Les mêmes facteurs jouaient également sur le te.rain de l'élevage.

Aussi bien pour l'approvisionnement en matières premières que pour celui en produits alimentaires, les Pays-Bas dépendaient par conséquent de l'étranger, et la bourgeoisie néerlandaise ne pouvait maintenir sa position d'impériagrâce ferativement lisme relativement indépendant que

Uses possessions coloniales qui constituaient pour ainei dire le. bouchon sur lequel flottait le capitalisme néerlandais.

Maintenir Tempire colonial signifialt cependant aussi maintenir une fiotte relativement puissante, ce qui engloutissait une purtie importante du revenu national. de la guerre l'agriculture néerlandaise. Outre les pertes provoquées directement par les opérations militaires, se trouvent celles qui résultent du manque d'engrais et de la déportation de main-d'œuvre (bien que moins désastreuse pour l'industrie). A coté du recul de la production agricole, il faut placer le coup fatal porté à l'élevage par suite du manque de fourrage et des abattages massits, surtout durant le sils, surtout durant le dernier hiver de dernier hiver de famine.

Si donc le capitalisme néerlandais sort ainsi fortement éprouvé de la guerre, le coup le plus dur lui a été porté immédiatement après l'armistice par l'éclatement de la révolution coloniale en Indonésie. La révolution indonésienne signifie l'effondrement de l'impérialisme néerlandais, la perte de sa position relativement indépendante et la disparition de l'espoir d'une rapide reconstruction de la métropole.

La perte des possessions colontales a provoqué l'arrêt du flux ininterrompu de dividendes et a détruit l'équide la balance de paiement. Il sy ajoute la disparition d'une masse de matières premières à bon marché et l'impossibilité de continuer à couvrir le déficit alimentaire aux frais des masses coloniales. Cette perte dévoile implacablement la faiblesse de l'appareil de production intérieur et sa dépendance de l'étranger pour l'approvision. nement en machines, en matières premières et en produits alimentaires.

A un rythme rapide, l'impérialisme néerlandais s'est ainsi vu transformé de pays créditeur en pays débiteur. Les emprunts étrangers conclus pendant la guerre pour des buts militaires étaient suivis de plus en plus rapidement par

QUATRIEMEIN des emprunts pour l'achat de produits alimentaires et ensuite, davantage encore, par des emprunts pour couvrir les besoins de la guerre en Indonésie et pour l'achat des machines et des matières premières nécessaires à la recons. truction de l'appareil de production métropolitain. L'impérialisme néerlandais

Durant les premières années d'aprèsguerre, le capitalisme néerlandais a réussi avec laide de credits etrangers et d'allocations de matières premières et de combustibles, à réaliser une certaine reprise et à augmenter progressivement la production.

Mais, au fur et à mesure que le poids des dettes s'est alourdi et que les obligations annuelles de paiement d'intérêts se sont accrues; au fur et à mesure aussi que la bourgeoisie impérialiste s'est avérée de plus en plus impuissante à abattre la révolution indonésienne, les créditeurs étrangers se sont montrés de moins en moins empressés à accorder de nouveaux crédits, et dans la même nesure s'est accentuée aussi la nécessité pour la bourgeoisie de se procurer grâce ses propres exportations les moyens nécessaires pour l'achat de matières pre. mières et de matériel de guerre./

En fait, la stagnation se manifeste déjà très nettement dans la rep. ise économique. La faiblesse de la position économique de la bourgeoisie se manifeste de façon aiguë à chaque événement imprévu (par exemple un hiver particufièrement sévère) qui provoque chaque fois un recul seneible de ia production

Les possibilités d'exportation sont ce. pendant fortement limitées du fait que presque tous les pays européens se trouvent dans une cituation analogue et cherchent à améliorer leur balance commerciale en limitant leurs importations de façon draconienne et en augmentant leurs exportations.

L'arme principale dont dispose la bourgeoisie néerlandaise pour maintenir et pour renforcer sa position dans la course aux marchés est celle des bas prix. Afin d'arriver sur les marchés étrangers avec de bas prix, elle essaye par toutes ses forces le niveau actuel des calaires aux Pays-Bas, qui est resté fortement en retard par rapport aux augmentations nominales des salatres à l'étranger. Etant donné que la tendance inflationniste est plus prononcée à l'étranger, Il reste généralement profitable à l'entrepreneur néerlandais de vendre ses produits sur les marchés extérieurs. Dans le cas opposé, l'Etat soutient l'exportateur en lui oc-

LA RÉVOLUTION EN INDONÉ LES CLASSES

La révolution en Indonésie est déterminée par son caractère permanent, comme c'est le cas pour les autres pays coloniaux ou semi-coloniaux. La période

TERNATINALE s'est vu forcé de liquider une partle très importante de ses investissements à l'étranger (vente d'actions américalnes, liquidation de banques sur hypothèque opérant à létranger) et dadmettre des investissements de l'étranger •ur une grande échelle au Pays-Bas même. troyant une prime aux exportations. Mais il en résulte que la grande majorité des exportations s'orlente vers les pays à « monnaie faible », ce qui donna une base fort instable à la balance com merciale.

D'autte part, en Hollande aussi, ta circulation fiduciaire a commencé ces derniers temps à sélargir considérablement et à prendre un caractère nettement inflationniste. Cette tendance inflationniste résulte en premler lieu du détielt du budget qui est d'une ampleur inconnue dans le passé et qui ne se volt reduit que partellement par des emprunts d'Etat. Elle est également fonction de l'inflation de crédit disribué aux entreprises industrielles par la Banque de Reconstruction et par les grandes banques privées de crédit, et du fait que certains groupes de capitalistes ont réalisé d'énormes bénéfices pour lesquels is cherchent des investissements profitables qu'ils n'ont pas encore réussi à trouver, étant donnée la lenteur de l'approvisionnement en outillage industriel. Cette Inflation qui, contrairement à ce que prétend la propagande de la bourgeoisie, ne résulte nullement de la hausse nominale des salaires, mais bien des buts poursuivis exclusivement par les capitalistes eux mêmes, se manifeste avec un rythme de plus en plus accéléré et provoque une hausse des prix du même ordre.

Cette inflation accentue d'une part la tendance à l'élévation du cours." bourse des actions industrielles, provoquée par les profits élevés des entreprises, et aboutit ainsi à l'enrichissement des spéculateurs capitalistes d'autre part, elle provoque un abaissement continuel du pouvoir d'achat des masses, qui devient la cause et le point de départ d'une nouvelle vague de luttes des masses ouvrières. Celle-ci prendra une forme plus violente à la suite de la tentative désespérée de la bourgeoisie de nouer les deux bouts par une nouvelle attaque contre le niveau de vie des ouvriers, par la diminution des rations et par l'aggravation de la qualité des produits alimentaires, jusqu'au moment ou • la réalisation du plan Marshall lui offrirait un nouveau sursis.. SIE ET LES RAPPORTS ENTRE AUX PAYS-BAS de décadence capitaliste ne permet plus que dans de tels pays se développe une bourgoisie nationale suffisamment puissante pour réaliser sa propre émanei-

La reprise économique et ses limites

La reprise économique et ses limites

QUATRIEMEIN pation du féodalisme et de l'impéria-

Isme. D'une part, sa base dans la production reste trop restreinte, par suite de la pression de l'impérialisme domis nant ; d'autre part, elle n'est plus capable de maintenir dans le cadre des rapports capitalistes de production

L'énergie révolutionnaire des masses, sur lesquelles elle doit s'appuyer dans sa lutte pour un Etat national bourgeois propre. La bourgeoisie naissante est incapabie de résoudre en Indonésie propres tâches historiques : renverser ses ce qui subsiste des rapports féodaux de propriété, de réaliser la révolution

Lors de la proclamation de la République indonésienne, en août 1945, la direction politique du nouvel Etat se trouva entre les mains d'un groupe de nationalistes bourgeois, dont les principaux porte-parole étaient Sharir, Soekarno, etc. La base économique de ce groupe est infiniment plus faible que celle de la bourgeoisie indienne qui avait réussi à construire sa propre industrie lourde et sa propre industrie des textiles, concurrentes à l'impérialisme britannique. Alors qu'il existe aux Indes indubitablement une classe capitaliste Indigène qui organise, indépendamment de l'impérialisme, l'exploitation d'une partie importante des masses et qui revendique maintenant le monopole de cette exploitation, la bourgeoisie naissante en Indonésie s'efforce seulement, à travers la révolution, d'arriver à ce premier stade de formation. En de mul. tiples occasions, le gouvernement républicain a affirmé qu'il rendra toutes les entreprises existant avant 1941 à leurs « propriétaires légitimes ». La bourgeoisie indigène naissante ne réclame rien d'autre qu'une souveraineté suffisante pour lever des impôts sur ces entreprises, et pour en fonder de nouvelles avee le. capital commercial dont elle dispose deja. La politique de ce groupe est ainsi déterminée par sa faiblesse économique. En face de la pression de l'impérialisme néerlandais, elle doit s'appuyer sur l'énergie révolutionnaire des larges masses d'exploités, alors qu'elle

La masse des ouvriers

La révolution indonésienne a été portée par la grande masse des ouvriers et paysans pauvres : les ouvriers mènent la lutte contre l'exploitation coloniale comme une lutte contre toute exploitation, et leur aspiration fondamentale n'est nullement différente de celle de tout le prolétariat mondial : la construction de la société socialiste. Grâce à leur lutte contre les rapports de propriété féodaux, maintenus et défendus par l'impérialisme, les paysans pauvres constituent par leur lutte pour la terre des alliés indispensables au prolétariat et un réservoir inépuisable de combattants révolutionnaires. L'exploitation accentuée à laquelle l'impérialieme doit soumettre ces masses dans sa période de décadence ne leur laisse plus d'autre 64

TERNATIONALE agraire et d'établir un Etat national bourgeois. D'autre part, elle se voit souvent liée organiquement, de par ses origines, aux couches dominantes féodales. Elle doit également chercher un appui auprès de l'impérialisme dominateur dans sa lutte contre les masses révolutionnaires. Les tâches de la révolution bourgeoise incombent ainsi au prolétariat, s'appuyant sur la masse des paysans pauvres. Mais le prolétariat devra réaliser ses propres fâches révolutionnaires prolétariennes, du moment qu'il s'est placé à la tête du mouvement révolutionnaire. ne peut se maintenir en face des aspira tions des masses populaires que grâce à la pression militaire et économique de l'impérialisme néerlandais et international. Il résulte précisément de son existence fantômatique qu'elle est incapable de faire des concessions décisives à l'une ou l'autre des parties en présence. Elle ne peut pas aller à l'encontre des masses populaires au point où celles-ci se verraient capables de se saisir du pouvoir politique, d'établir un gouvernement ouvrier et paysan et d'arracher ainsi à la bourgeoisie naissante une partie de la faibie portion de plus-value que celle-ci s'attribue. La constitution du « Front du Peuple », de Tan Malakka signifiait que la perspective du gouvernement ouvrier et paysan devenait réelle, et forçait le gouvernement Sjarir à rejeter cette formation dans l'illégalité et à en arrêter les dirigeants. D'autre part, le fait que la bourgeoisie naissante n'a pas encore réussi à construire sa propre industrie lui permet de ne pas marcher complètement avec l'impérialisme néerlandais contre les masses populaires. Cela aurait signifié la fin de son existence autonome. Il a été ainsi impossible au gouvernement Sjarifoeddin d'accepter l'institution d'une gendarmerie commune, qui aurait signifié le retour intégral à l'entreprise coioniale. Par suite de ses propres aspirations, elle a dû accepter la guerre qui lui est imposée par l'impérialisme néerlandais. t des paysans pauvres

• issue que celle de la révolte continuelle. Il en résulte une position intransigeante des masses populaires indonésiennes envers l'impérialisme néerlandais et mondial. Pour elles, la revolution ne cera pas Terminée avant que l'influence de l'impérialisme dominateur ne soit complètement détruite et que l'indépendance intégrale ne soit conquise, c'est-à-dire avant la destruction capitalisme comme tel également.

La composition socialle de la grande masse révolutionnaire en Indonésie est cependant défavorable à la formation de la conscience politique qui seule peut montrer l'issue à leurs aspirations. Le prolétariat salarié ne constitue qu'une partie relativement petite de la population indonésienne. Le prolétariat indus-

La bourgeoisie naissante en Indonésie

La bourgeoisie naissante en Indonésie

QUATRIEME "IN triel ne représente à son tour qu'une fraction minime de cette partie. Malgré cela, l'idée qu'il faut un gouvernement ouvrier et paysan, s'appuyant sur les propres organes de ces classes, fait con chemin. C'est à la suite de la pression croissante des masses sur le gouvernement que Sjarifoeddin a dù abandonner

Révolution indonésienne

Ce n'est pas seulement l'état embryonnaire de la bourgeoisie indonésienne et l'impossibilité de le dépasser; ce n'est pas seulement l'énergie révolutionnaire inépuisable des masses indonésiennes et la puissance croissante des révolutionnaires indonésiens; c'est aussi la nécessité de relier la révolution indonésienne à la révolution mondiale qui implique le caractère permanent de la crise •du capitalisme et des révoltes coloniales dans ce pays. Le caractère permanent de la révolution ne s'exprime pas seulement dans le déroulement de la révolution en Indonésie, mais également dans la combinaison, dans l'espace de la lutte d'émancipation indonésienne avec celle d'autres peuples coloniaux et celle du

Après le 24

Le déclenchement de la guerre ouverte a accéléré le processus révolutionnaire des mastes en Indonésie et ailleurs. Les dernières revendications brutales des impérialistes néerlandais, qui n'impliquaient rien moins que la destruction de la République, ont démasqué comme une politique traître celle des Soekarno-Sjarir et de tous ceux qui -appuyaient leur attitude conciliatrice. L'accord de Linggadjati, considéré par par eux comme la base solide de l'indépendance indonésienne et de la collaboration pacitique entre la Republique et les Pays-Bas impérialistes, s'avéra en réalibé être le point de départ d'une attaque frontale de la bourgeoisie néerlandaise contre eux. Ainsi, la stratégie de défaite du gouvernement indonérien et & in dirigeatement stigmatisitels sa et des dirigeants ouvriers « officiels » a

La révolution indonésienne constitue une question d'intérêt mondial, et cela est compris aussi bien par la bourgeoisie que par le prolétariat mondial. L'intervention de l'O. N. U. et le mouvement de boycott international démontrent qu'en ce qui concerne ses aspects internationaux, la révolution indonésienne joue, toutes proportions gardées, un rôle analogue à celui de la jeune Russie soviétique après l'autre guerre mondiale.

Pour la clique dominante en Indonésie, l'appel à l'O. N. U. constitue une suite logique de sa politique conciliatrice dans les conditions d'une guerre coloniale. Les chefs staliniens et réformistes de leur côté se sont emparés aveo gratitude de cette possibilité de

TERNATIONALE le procès de Tan Malakka, jadis annoncé comme un des points essentiels de son programme, et qu'il a dû libérer ce leader révolutionnaire. Cela ouvre des perspectives grandioses à la formation d'organismes autonomes des ouvriers et paysans pauvres en Indonésie et à la lutte pour le socialisme. et révolution mondiale prolétariat mondial. Le mouvement de boycott mené par les ouvriers de nombreux pays du monde est d'une importance décisive précisément à cause de le composition sociable faible des masses indonésiennes, Ln révolution indonésienne ne pourra triomphe à l'état isolé. Elle dévra recevoir ile soutien actif d'autres peuples colonlaux, d'organisation supérieure, tels que ceux des Indes et du Ceyan, ainsi que de la clanse ouvrière européenne et mondiale. La révolution indonésienne est incluse dans le processus révolusionnatre mondial et aboutira à la victoire finale grâce à la révclution mondiale, ou bien fera avec le monde enter un pas de pius vera la barbarie. juillet (1) augmente dans une mesure Importante les chances du parti révolutionnaire.

D'autre part, le fait que le gouvernement de la République a dû accepter la guerre coloniale qui fui a été imposée, démontre que sa marge de manœuvre s'est considérabiement réduite, Cola ne concerne pas seulement son attitude envers l'impérialisme néorlandais, mais également sa politique envers les masseo révolutionnaires en Indonésie. L'attaque de l'impérialisme néerlandais le livre en fait à la discrétion des masses qui sont entrées dans un processus de radicalnation consciente accélérée. La libération de Tan Malakka et des siens démontre que la poussée des masses vers l'établissement d'un gouvernement ouvirier et paysan ne pourra pas être contenue à la longue par le gouvernement indonésien. continuer à tromper les masses. Le fait que Sjahrir et Cie ont accepté de se roumettre inconditionnellement aux décisions de l'O, N. U. constitue une trahison encore plus flagrante que celle du 24 juillet, car la situation militaire de la République s'est empirée depuis lors ; et les armées populaires indonériennes n'ont pas manqué de considérer comme telle l'ordre de « Cessez le feu ». L'attitude des agents de Wall Street à YO. N. U., tout en restant invariablement, orientée vers la soumission com-

(I) Date à laquelle, en 1947, commença sous l'étiquette « action de police... ». la guerre ouverte de l'impérialisme contre la République indonésienne.

L'O.N.U. et le mouvement de boycott •

L'O.N.U. et le mouvement de boycott •

N plète de la République, reflète les exigences que les impérialistes américains ont posées à leurs confrères néerlandais en échange de leurs bons services. C'est cela qui explique la résistance de Van Kleffens. Tout comme l'ordre de « Cessez le feu » était unilatéral et exclusivement destiné à permettre aux impérialistes néerlandais d'occuper effectivement les territoires conquis au moyen d' « opérations de nettoyage », toute décision utérieure de cette «assemblée de brigands » sera caractérisée par son unilatéralité.

D'autre part, la classe ouvrière a déclaré sienne la cause du boycott dans

La position sans issue de l

La bourgeoisie néeriandaise se trouve, depuis la capitulation de l'Allemagne et du Japon, dans les mêmes difficultés que celles que connaissent les bourgeoisies des autres pays européens. Un poids alourdi de dettes et une économie desaxée se joignent au fait que le prolétariat neer-andais n'est nullement prêt à accepter les méthodes d'exploitation d'avant 1940; révolution indonésienne a amené la bourgeoisie néerlandaise dans une situation de détresse extrême. Tous ces facteurs sont des phénomènes de la crise d'agonie du capitalisme, et de même qu'on peut très peu parier de reconstruction durable même d'équilibre stable pour la bourgeoisie mondiale, de même la bourgeoisie néerlandaise est-elle aussi peu capable de trouver une issue à ses difficultés. L'équilibre le capitalisme néeriandais a su rétablir est aussi instable que celui de toutes les autres bourgeoisies européennes.

Les mesures que le gouvernement néerlandais est forcé de prendre à chaque occasion pour reconquérir les sources de plus-value indonéziennes menacent progressivement de détruire cet énuilibre et ne tarderont pas à avoir des résultats funestes pour la bourgeoisie méerlandaise. Du point de vue financier, la guerre en Indonés'e a déjà largement dépassé ses possibilités et, de ce fait, elle est devenue entièrement dépendante de Wall Street et du sort que le capitalisme américain fait à sa politique indonésienne. Du point de vue économique, l'aventure militaire en Indonésie constitue une entrave extrêmement lourde pour la reconstruction des forces productives des Pays-Bar, parce qu'ele enlève des crédits et de la main-d'œuvre aux buts productifs. Il résulte de tout cela une pression sans cesse croisante sur le prolétariat néerlandais, dont les conséquences politiques et socloles sont d'une portée de grande importance. Sur le plan international, la position de la bourgeoisie néerlandaise est celle d'une prisonnière impuissante qui doit sa place untaurment au fait qu'une petite tâche lui incomhe, à elle ausri dans le cadre de la politique des boursiers yankees. L'aventure indonésienne renforce encore cette dépendance.

Mais il est impossible à la bourgeoisie 6G

TERNATIONALE de nombreux pays du globe Mené depuis août 1945 par les travailleurs australiens, le mouvement de boycott a trouvé maintenant une réponse parmi les travailleurs de Singapour et d'autres villes de l'Extrême-Orient, ainsi qu'aux EtatsUnis et au Canada. Les staliniens néerlandais ont également été obligés de procamer le boycott. La réalisation effective du boycott aux Pays-Bas constitue une grande tâche révolutionnaire qui incombe au R. C. P. Eile est absolument indispensable pour la delense de la Republique et offre de grandes perspectives au développement de la lutte de classe aux Pays-Bas. a bourgeoisie néerlandaise néerlandaise de se résigner à la perte de l'Indonésie qui constitue la base du capitalisme néerlandais. Le fait que la bourgeoisie mondiale ne peut nullement permettre un nouveau développement de la révolution indonésienne accentue encore la nécessité pour le gouvernement Beel d'intervenir rapidement efficacement. Si les conséquences de l'aventure militaire peuvent être considérées comme sérieuses, les résuitats d'une perte définitive de l'Indonésie ne seraient pas moins funestes• La guerre est donc pour elle un mal inéiuctable ; mais sa position e'avère ainsi plus faible qu'elle ne la jamais été depuis le début de l'éclatement de la révolution indonésienne, et cela rend les chances du prolétariat plus favorables que jamais

La bourgeoisie néerlandaise ne peut pas essayer, comme l'a fait avec sue. cès la bourgeoisie britannique aux Indes, de conserver sa mainmise sur l'économie en remettant la responsabilité politique du pouvoir à la bourgeoisie indigène, ne fût-ce parce que celle-ci ne s'est pas encore constituée en tant que classe consolidée en Indonésie. Si elle a cependant commencé à Malino et Den Passar (1) une politique de « diviser pour régner » à l'aide de ses Quislings, politique qu'elle s'efforcera de poursuivre avec logique jusqu'à la division totale de la République, cela ne change rien à la nécessité dans laquelle elle se trouve de reconquérir d'abord par les armes chaque pouce de terrain qu'elle désire dominer. Elle n'est pas davantage capable de tromper les masses quant à la persistance de l'exploitation coloniale toute nue dans les ter. ritoires occupés par l'armée néerlandaise qui ont été proclamés « indépendants dans le cadre de l'Union néerlandaise ».

La bourgeoisie néerlandaise ne trouve pas de parti du Congrès à sa disposition. C'est pourquoi elle n'a pas d'autre perspective que celle de la guerre -d'une guerre qui a pris maintenant la forme de guerre prolongée.

(1) Capitales de deux Etats Quislings, comparables à la Cochinchine « autonome », établie en Indochine par l'impérlalisme français,

Le prolétariat néerlandais et la révolution indonésienne

La crise latente dans laquelle se trouve le capitalisme néerlandais lui impose la nécessité d'accentuer l'exploi. tation des maises néerlandaises constitue la cause de la disparition de sa base politique essencielle : l'aristocratie ouvrière maintenue grâce aux surprofits indonésiens. Les couches mêmes qui étaient jadis la base du réformisme se trouvent maintenant à lavant-garde de la lutte du prolétariat néerlandais pour l'amélioration de son sort. Cela constitue un des indices les plus sûrs de la décomposition du ca. • pitalisme néerlandais et crée des conditions propices à l'application de tous les mots d'ordre du programme transitoire.

La politique indonésienne du parti révolutionnaire doit partir du caractère permanent de la ravolution indonésienne. La base de sa politique est cons. tituée par le mot d'ordre : « Indépondance immédiate et intégrale de l'Indonésie » (« Indonesië los van Holland, nu: ») Tout ce qui favorise la cause indonésienne accélère la chute du capitalisme néerlandais et mondial. L'organisation de la solidarité des masses néerlandaises envers la révolution indonésienne est un devoir impérieux pour les révolutionnaires métropolitains. Les mots d'ordre de boycott de tout transport vers l'indonesie, et de l'action pour le retrait des troupes néerlandaises constituent des mots d'ordre transitoires révolutionnaires qui se montrent vi. varte dans le cœur du prolétariat néervants dans le landais.

Chaque lutte partielle que le prolétariat néerlandais conduit aujourd'hui Potte Contre tation la sanse capit unte pour lamélioration de son sort est une et contre son gouvernement ; de ce fait déjà, chaque conflit de classe aux PaysBas se pose dans le cadre de la lutte contre le gouvernement et sa politique indonésienne du gouvernement aboutie, • coloniale. La lutte contre la elle aussi, à des mots d'ordre transitoires : « Rompez la coalition de guerre ! Pour un gouvernement socialiste.communiste ! ». Le parti révolutionnaire aux Pays-Bas doit en même temps considérer comme sa tâche propre de prendre contact avec les révolutionnalres en Indonésie et de favoriser par tous les moyens la construction d'une section indonésienne de la IV" Internationale.

Le parti travailliste réformiste, direc tement responsable du passage guerre coloniale ouverte et de sa préparation, a connu à cette occasion sa première grande crise dans ses rangs. Notre action pour la rupture de coalition de guerre implique la désagrégation du parti trava liste.

Et politique du parti stalinien concernant la question indonésienne est d'autant plus criminelle que les grandes masses ouvrières des industries-clé lui ont accordé leur conflance. C'est lui qui & brise la resistance au départ des soldats, quand il a ramené les ouvriers au travail, le 24 septembre 1946. C'est lul qui, forcé par l'éclatement de la guerre coloniale ouverte de reprendre le mot d'ordre du boycott, a fait échouer ensuite cette action en laissant les ou vriers sans direction. Mais les sentiments du prolétariat au sujet de la lutte émancipatrice des Indonésiens sont trop élémentaires pour pouvoir être détournés pendant longtemps. La lutte pour le soutien de la révolution indonésienne constitue un combat acharné avec les réformistes et les staliniens pour leur arracher la direction du prolétariat. Le R.C.P. doit consacrer toutes ses forces à l'organisation du boycott et à la réalisation de la grève de protestation contre le gouvernement Beel et pour le retrait des troupes.

La trahison des staliniens et des réformistes a pu d'autant mieux détourner les ouvriers de la lutte directe qu'ils trompaient politiquement les ouvriers en accordant leur soutien aux « forces progressistes dans le gouvernement », c'est-à-dire à la préparation organisée de la guerre qu'ils appelaient « politl. que de temporisation pacifique ». Cela se prolonge aujourd'hui, après l'éclatement de la guerre ouverte, dans une politique pacifiste, orientée vers la conclusion d'un armistice avec retrait des troupes sur les positions occupées à la veille de l'éclatement de la guerre ouverte. Sous le couvert de la lutte pour la « paix », ils se refurent à mener à bien la lutte pour l'indépendance complète.

Le R.C.P. soutient dans la guerre coloniale, par tous les moyens, les forces indonésiennes. Le moyen de soutien le plus efficace est pour lui l'action de masse et la fraternisation massive des prolétaires néerlandais en uniforme avec les combattants indonétiens populaires. Il écarte le refus individuel de rejoindre l'armée, produit de la mentalité des pacifistes d'origine stalinienne ou centriste, comme nuisible à la réalisation de l'unité révolutionnaire et de la fraternisation entre ouvriers néerlandais et masses indonésiennes, et le condamne comme un désarmement du prolétariat.

La politique des partis réformiste et stalinien n'est pas déterminée par • les intérêts de la révolution indonésienne et mondiale. Le parti travailliste est l'exécuteur des intérêts stalinien es de fait du et la propagandiste direct des impérialistes. Le parti raye de couvrir son soutien néerlandais gouvernement par un soutien platonique du gouvernement indonésien. Le R.C.P. voit les garanties d'un développement révolutionnaire dans la position sans issue de la bourgeoisie néerlandaise, dans le dérou. lement des événements en Indonésie confirmant la justesse de la théorie de la révolution permanente, et dans l'esprit de solidarité et dans la combattivité du prolétariat nerlandais qui se sont déjà une fois puissamment manifestés.

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