Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › vol. 6, n° 1-2

Quelle indépendance pour Ceylan ?

Colvin R. de Silva · Quatrième Internationale, vol. 6, n° 1-2 · janvier-février 1948 · p. 53-54 · 1 133 mots

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LA soi-disante loi d'indépendance du gouvernement britannique et l'accord qui y est lié constituent l'étape finale de la longue intrigue des maîtres impérialistes avec le cabinet de Senanayake. A travers la Constitu tion de Soulbury, l'impérialisme bri. tannique pensait installer des représen. tants de la classe capitaliste de façon permanente à Ceylan contre les masses. Maintenant, Il essaie de transmettre formellement et officiellement à cette classe l'agence monopoliste pour protéger les intérêts de l'impérialisme britannique à Ceylan. En un mot, l'impérialisme britannique, appliquant la politique du gouvernement travailliste pour la reconstruction des rapports impérialistes, est également passé à Cey-

Ce nouveau statut est-il un statut de dominion ? Il est évident par la loi elle-même que ce n'est pas le cas. Car la loi évite prudemment le terme et utile la phrase « statut pleinement responsable dans le Commonwhealth britannique des nations ». Si la loi était destinée à conférer le statut de dominion, il n'aurait pas été difficile de le dire.

Pourtant, à notre avis, la question de savoir si la loi donne le statut de dominion est stérile. Le statut de dominion est un statut de dépendance, alors que la revendication du peuple de Cey. lan exige une complète indépendance.

Que veut dire une complète indépendance ? Il est évident que cela doit être au moins l'abolition de tout vestige du contrôle militaire sur Ceylan par l'impérialisme britannique.

Le nouveau statut remplit-il même cette condition? Evidemment non! Même la lecture la plus rapide des accords de défense qu'a signé M. Senanayake, sans même consulter le Parlement, et encore moins le peuple, montre que Ceylan continue à être lié au char militaire de l'impérialisme britannique.

Par cet accord, le gouvernement britarinique et celui de Ceylan se promettent une aide militaire mutuelle. Tel est le sens formel et superficiel de l'accord. Pourtant, en fait, l'accord re présente réellement une promesse du gouvernement de Ceylan de permettre nce pour Ceylan ? lan d'une politique de pouvoir direct à une politique de pouvoir indirect.

Sans aucun doute, la nouvelle loi établit un nouveau statut pour la classe capitaliste de Ceylan dans l'empire britannique. Elle reçut par cette loi la seule liberté que la bourgeoisie servile Implore des patrons impérialistes. La liberté qu'elle veut n'est pas la liberté pour les masses, mais la liberté pour elle-même afin d'exploiter les masses dans le cadre d'une continuelle exploitation capitaliste. La bourgeoisie de Ceylan a obtenu cela avec toutes les garanties dans les intérêts impérialistes. C'est la le réel changement de statut apporté par cette loi. à la Grande-Bretagne de continuer à utiliser Ceylan comme sa base militaire et sa forteresse impériale dans l'océan Indien. Nous sommes libres d'être une base militaire britannique ! Et la Grande-Bretagne est libre de nous utiliser comme sa base ! Quelle liberté travestie !

On ne peut surestimer l'importance de cet accord de défense. C'est le document-clef des documents publiés par le gouvernement Senanayake. Lorsque le premier nouveau décret parlementaire fut annoncé, nous déclarions que son sens réel ne pouvait jamais être deviné jusqu'à ce que les accords soient publiés. Il est prouvé que nous avons eu cent fois raison. Tout comme le cerveau de M. Senanayake est réputé être dans le crâne de Sir Oliver, ainsi le contenu réel du décret doit être trouvé dans les accords qui le précédèrent.

Il est vrai que le décret lui-même parle de statut pleinement responsable dans le Commonwealth britannique des nations. Mais c'est seulement dans les accords de défense que le principe est accepté et établi que Ceylan a intérêt à maintenir et à continuer l'Empire britannique, Contrairement an temns passé, lorsque nous étions au molne considérés comme haïssant les chafnes impérialistes, maintenant M. Senanayake s'est arrangé pour qu'il semble que nous ne les considérions pas comme des chaînes d'esclavage mais seule-

Ceylan demeure enchaîné

Ceylan demeure enchaîné

N ment des liens d'amour volontairement noués.

Ainsi Ceylan n'est pas libre mais demeure enchaine, Seulement, maintenant, notre nation enchainée à un nouveau gardien recruté sur place, Ceylan

Notre tâche

Quelle est notre tâche immédiate dans cette situation ? Evidemment de développer une puissante lutte pour le rejet des accords. La lol du Parlement britannique ne nous concerne pas. Si le Parlement britannique désire se priver de tout pouvoir à Ceylan et sur Ceylan, qui sommes-nous pour y objec ter ou pour nous y opposer ? Mais lorgque la condition pour que la loi ellemême vienne en application est l'acceptation d'un accord imposé à Ceylan par le gouvernement britannique, alors nous avons le droit et le devoir de lutter contre l'accord. Nous disons : Aucun accord avec l'impérialisme britannique tant que Ceylan demeure sous un statut de dépendance ! Repoussez l'accord d'esclavage, expulsez leurs signataires, à bas l'impérialisme britannique et tous ses agents indigènes !

Il est important de souligner que, sous le nouveau statut, le trait essentiel de l'accord de Soulbury demeure inchangé. Nous ne nous référons pas ici à des choses comme les pouvoira réservés. Nous nous référons plutôt aux manipulations techniques de la Constitution de Soulbury qui ont pour but de maintenir une réaction permanente. Le système réactionnaire du cabinet, la deuxième chambre évidemment réactionnaire et le système de déImitation secrète réactionnaire, lié à la création de la commission des services publics et d'autres semblables, demeurent inchangés. Les vrais représen-

TERNATIONAI pour les Cingalais, cela veut dire que les Cingalais seront opprimés par des Cingalais dans l'intérêt de l'impérialisme britannique et, pour son compte, M. Senanayake n'est que le gardienchef de la prison de l'impérialisme bri tannique. immédiate •tants des masses sont privés d'une réelle influence au parlement. Un régime de clique est au pouvoir et s'appelle cabinet. La liquidation du régime de Soulbury est de ce fait essentielle au succès de la lutte pour une réelle lIberté, en opposition à la liberté mensongère que la combinaison Senanayake-Sir Oliver a obtenue pour nous du gouvernement travailliste impérialiste de Whitehall, Nous répétons : A bas la Constitution Soulbury ! Pour une Constitution établie par nous!

Tant qu'un seul soldat britannique demeure à Ceylan, il n'y aura aucune possibilité pour nous de préparer librement notre propre constitution et sans l'intervention d'influence impérialiste. Nous devons donc lutter immédiatement pour le retrait de toutes les troupes britanniques de Ceylan. Il ne peut y avoir de possibilité de libération de linfluence britannique tant que la mainmise britannique demeure sur l'économie de Ceylan. Nous devons donc lutter pour mettre fin à cette mainmise. Une telle lutte peut naitre seulement d'un organisme ou d'une organisation suffisamment indépendante de l'impérialisme britannique pour pouvoir convoquer une réelle assemblée constituante d'un peuple libre. Le mot d'ordre du jour est : Pour une assem. blée constituante convoquée par un organisme indépendant de l'actuel régime impérialiste sur la base du suffrage direct, universel, égalitalre et secret !

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