-A domination du gouvernement
- par les cuottes de peau a atteint
Run point si alarmant que même un ancien porte-parole de l'Etat-major a trouvé nécessaire de protester, Hansen W. Baldwin, critique militaire du
New-York Times aperçoit le spectre de la dictature militaire et sonne l'alarme.
Dans un article paru dans le numéro de décembre du Harpers Magazine intitulé « Les militaires s'installent », Baldwin détaille le nombre inouï de culottes de peau qui se trouvent à des postes gouvernementaux et qui exercent une influence croissante sur la politique nationale et internationale.
Baldwin énumère les militaires qui occupent maintenant d'importants postes gouvernementaux tenus traditionnellement par des civils : le lieutenant-général Lucius D. Clay, gouverneur d'Allemagne : le général de division William H. Draper, sous-secrétaire d'Etat à l'Ar mée ; le général de brigade Frank T. Hines.
ambassadeur à Panama ; le général Thomas Holcomb, ambassadeur en Afrique du Sud ; Le bloc
La soi-disant unification des forces armées sous un nouveau « super »-ministère a, en réalité, créé quatre départements militaires. Ces quatre noureaux secrétaires : Aviation, Armée. Marine et Défense, ont le rang de ministres et perçoivent la paye de membres du gouvernement. L'acte d'unification se garda soigneusement de mentionner s'ils siégeraient ou non tous dans le conseil des ministres, mais si de Président le désire, ils le peuvent. Ceci voudrait dire un conseil des ministres ayant un solide bloc militaire de quatre membres.
Les sections de politique et de stratégie de l'Armée et de la Marine ont été unitiées avec les Affaires étrangères uans un seul Comité de coordination appelé < Swink ». C'est dans cette ai. liance profane que l'on peut trouver la le lieutenant-général Geoffroy Keyes, gouverneur d'Autriche ;
T'amiral Alan G. Kirk, ambassadeur en
Belgique L'amiral William D. Leahy, conseiller privé intime de Truman et chef de son état-major privé; le général Douglas Mac Arthur, gouverneur du Japon: le général George G, Marshall, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères : le général de brigade Kenneth C.
Royall, ministre de l'Armée ; le général de brigade Charles E. Saltzman, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères ; le lieutenant-général Walter Bedell
Smith, ambassadeur en Union su. viétique : le lieutenant-général Albert C. Wedemeyer, chei de la mission spéciale en Chine.
Il y a également environ treize missions militaires américaines en Amérique du Sud, ainsi qu'en Grèce el en Turquie. Toutes ces missions militaires exercent une grande influence politique et militalre. m litaire raison de la conduite guerrlère de la diplomatie.
La réorganisation des forces armées prévoit un super-état-major de cent of. ficiers. Il est calqué sur l'état-major allemand avec, en plus, la création d'un seul chef militaire qui, dans un cas d'urgence, serait dictateur absolu du pays. Baldwin remarque que « ni la Grande-Bretagne ni l'Allemagne dans les situations extrêmes de la dernière guerre n'ont trouvé nécessaire une telle organisation ».
Le projet d'unification était si cru que l'une des culottes de peau qui avait obtenu une médaille d'honneur du Congrès, le général de brigade Merritt A. Edson, du corps des fusiliers marins, se retira en disant que le pays avait « atteint le point su les militaires dirigent la politique de ce pays au lieu de la défendre »,
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Une énorme influence
Le grand public pensait que la nomination d'Eisenhower à la présidence de l'université de Columbia était un événement isolé. En fait, c'était un symbole de l'emprise des militaires sur T'éducation américaine. Baldwin déclare : « L'influence militaire sur la science et l'éducation est déjà énorme. » La plupart des professeurs des seiences physiques sont maintenant payés par les autorités militaires ou atomiques, ou liés à celles-ci. Le service de recherche de l'Armée et de la Marine exerce une influence considérable, taut sur les étudiants que sur les professeurs d'université.
Des rapports étroits entre les culottes de peau et le grand capital sont entretenus avec attention. Les plans de mobilisation industrielle pour la prochaine guerre ont été perfectionnés. Des organisations semi-officielles telles que #'Association industrielle de la marine, l'Association de l'intendance de l'armée et bien d'autres forment le lien
Les culottes de peau couvrent mutuellement leurs crimes. Elles essayent de créer dans le public une telle crainte des culottes de peau que les critiquer devient « subversif > et « déloyal ». La démonstration en fut faite lorsque le général Eddy tenta d'étouffer le scandale des tripotages du général Meyer. Le général Eddy déclara qu'il ne s'agissait rien moins que d'un sinistre complot communiste pour salir la renommée de l'armée. Pour emnêcher que la boue n'apparaisse, l'armée censure maintenant les informations à leur source, Toutes sortes de document= américains et de documents capturés à l'ennemi, qui devraient être mis à la disposition des savants et du public, sont classés « secreta ». Cette manie' di * secret » est si contagieuse que même des documents sur la guerre civile américaine sont refusés aux historiens. Deux anciens officiers qui écrivèrent des livres sur la guerre turent déférés devant un conseil de guerre
Le 23 juillet 1947, un rapport, passé sous silence, d'une sous-commission du Congrès relative à la propagande et à la publicité fut transmis au procureur général. Il le jeta apparemment dan» la corbeille à papier. Ce rapport traitait. de la campagne du ministère de la Guerre pour le service militaire entre la caste militaire et les indus. triels. Elles entretiennent des réunions officieuses, des parades militaires, des croisières navales, etc. Grâce à leurs efforts, des marchandises nécessaires à l'économie américaine et mondiale sont stockées « en prévision d'une guerre ». Différentes matières premières sont classées comme étant « stratégiques » ct leur vente est limitée. L'industrie reçoit des commandes substantieiles de munitions, à titre « d'éducation » afin de la maintenir en forme « en prévision d'une guerre ».
Des dirigeants de la marine, soi-disant soumis au code militaire, ont fait des déclarations publiques selon lesquelles le pétrole du Moyen-Orient est < vital - pour les Etats-Unis. Cette intervention dans la politique explosive du Moyen-Orient n'a pas été rappelée à l'ordre, Si un simple conscrit faisait un discours publie critiquant la politique étrangère américaine, il se trouverait rapidement devant un conseil de guerre.
Les militaires se livrent maintenant à un des plus puissants travaux de couloirs à Washington qui n'est pas enregistré comme tel, mais que les contribuables payent. Sous prétexte de donner des informations militaires au Congrès et au public, ce service dá. verse des tonnes de propagande. Il intimide les membres du-Congrès afin qu'ils votent des lois augmentant la puissance et les revenus des culottes de peau.
Ce service fait à présent des heures supplémentaires pour faire passer le service militaire obligatoire en temps de paix. Ce service a enrôlé les efforto de propagande de la Légion américaine, des chambres de commerce, de la presse vendue. des noms célèbres, etc. On parle à ceux-ci confidentiellement de notre « faiblesse militaire » et du « degré de tension » de la situation, et on les envoie battre du tambour pour un enrôlement immédiat de tous ler hommes (de 18 ans. général. Cette sous-commission, qui comprenait d'ardents défenseurs du service militaire général, avait trouvé unanimement que l'armée s'était ‹ livrée à une propagande payée par les contribuables pour exercer une influence sur la législation ». Ce rapport révélait également que l'armée avait
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Une discrétion absolue
Un plan de « paix »
Une discrétion absolue
Un plan de « paix »
QUATRIEMEIN tait un film spécial de propagande sur l'avait intitulé, assez typiquement : un le service militaire général et plan de paix. Elle avait subventionné des tournées dans le pays d'orateurs civils pour défendre le vote du ser vice militaire général. Des brochures mensongères pour le service militaire général avaient été imprimées et distribuées dans tout re pays.
Baldwin est si alarmé de ces développements qu'il prévient franchement que le plan des culottes de peau de service militaire ne peut être accompli qu'aux • dépens de toute noira façon de vivre, de notre démocratie et de nos libertés ».
Le mouvement ouvrier en particulier ferait bien de résister à cette domina-
Les dirigeants du mouvement ouvrier qui votent avec tant d'enthousiasme en laveur du plan Marshall et qui s'égosillent lorsque Marshall daigne prendre la parole dans un congrès syndical, feraient bien de se souvenir de l'attitude des culottes de peau devant le monvement ouvrier. En décembre 1943, lorsque les cheminots menaçaient de faire grève s'ils n'obtenaient pas des salaires décents, ce junker américain convoqua ostensiblement la presse et déclara que l'action des cheminots était
TERNATIONALE tion croissante de l'armée. Le militarisme est un ennemi mortel du mouvement ouvrier, Il est opportun de raupeler que Truman essaya de mobiliser les cheminots en grève et que, dans les grèves de marins, il menaça d'utiliser la marine et les gardes côtes.
Le service militaire général ne ferait qu'étendre le pouvolr de la pu. reaucratie militaire qui hait le mouvement ouvrier. Les jeunes gens seraient ustruits par des officiers venant esseutiellement des classes dominantes qui haïssent le mouvement ouvrier. Ils soralent préparés à « dissoudre les foulAs de grévistes en émeute ». Et si besoin était, les jeunes soldats de 18 ans se raient utilisés pour chasser des piquets de grève. • le crime le plus détestable Jamais commis contre l'Amérique ».
Plutôt que d'honorer les généraux dans ses congrès nationaux, le mouvement ouvrier - s'il désire préserver ses libertés et arrêter la marche menacante vers la dictature anilitaire. lo fascisme et la guerre - doit résister aux empietements des militaires et lutter contre leur influence eroissante dans la vie américaine.