Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de novembre-décembre

La nouvelle situation dans les syndicats aux Etats-Unis

James P. Cannon · Quatrième Internationale, numéro de novembre-décembre · novembre-décembre 1947 · p. 30-38 · 7 422 mots

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Nous publions le discours prononcé par le secrétaire général du

Socialist Workers Party devant une assemblée des membres du parti à New-York, le 30 novembre dernier. Ce discours donne un aperçu le 30 novembre dernier.

de la situation aux Etats-Unis et des luttes qui s'y produisent dans le mouvement syndical.

ENDANT la guerre, la bureaucratie P syndicale révéla aux Etats-Unis son ment bourgeois dans le mouvement rôle comme agence du gouverneouvrier. Sa tâche consista à discipliner les ouvriers et à les maintenir dans la camisole de force de la « paix sociale » et du blocage des salaires. Il faut reconnaître que la bureaucratie accomplit cette tâche avec la plus grande efficacité dans tous les secteurs. Les staliniens, qui sont une partie de la bureaucratie syndicale, accomplirent même davantage que cette sale besogne. En échange de ses services en tant que police disciplinaire du mouvement sida m, te juage astat pint point, la l'appareil bureaucratie, en maintenant et en etendant la force numérique des syndicats au moyen des accords dits d' « union shop » (1). et d'au'res formules du même genre. Une partie des capitalistes monopoleurs voulait écraser les syndicats, ou essayer de le faire, même pendant la guerre. Mais ils furent forcés de se retenir et d'attendre leur heure en raison des intérêts dominants de leur classe comme telle, intérêts qui exi-

Ces calculs des monopoleurs s'avérèrent prématurés. Les syndicats, y compris le grand syndicat de l'acier qui n'avait en réalité jamais été éprouvé auparavant, tinrent bon durant les grèves ; et la masse des anciens combattants, ainsi que des éléments des classes moyennes dans les centres urbains sympathisèrent avec les grévistes.

D'une façon générale, les travailleurs et les syndicats sortirent victorieux de ce premier conflit d'après guerre. Les syndicats conservèrent leur force intacte ; leurs rangs se soudèrent à travers la lutte ; certains avantages en salaires furent même gagnés, n'ayant cependant qu'une valeur passagère.

A la suite de cet échec initial de leurs calculs, les monopoleurs changèrent de

(1) Accords suivant lesquels une usine s'engage à n'embaucher que des ouvriers syndiqués (notre du dins (notre du traducteur). traducteurs 30 geaient une production ininterrompue pour la guerre. La force numérique des syndicats augmenta et doubla presque durant la guerre et la période qui suivit immédiatement l'armistice — elle s'éleva à environ 9 millions d'inscrits en 1940, a quelque 15 millions de syndiques à l'heure actuelle.

Tout le mécontentement et toutes les plaintes non satisfaites des ouvriers comprimés durant la guerre par la bureaucratie, au moyen de lengagement de ne pas cesser le travail, éclata en une vague puissante de mouvements grévistes en 1945 et 1946. • Le secteur dominant des capitalistes monopoleurs sembla saluer ces grèves avec l'idée de se trouver en présence comme une épreuve de force. Il joua de syndicats gonflés forcément par la guerre et de les écraser dans une lutte directe. Les prof'eurs comptèrent sur un courant réactionnaire d'après guerre dans le pays et firent de leur mieux pour le déclencher. Ils comptèrent utiliser contre les grévistes les soldats retournant du front, comme ils lavaient déjà fait avec un succès considérable durant la période qui suivit immédiatement la première guerre mondiale. tactique et commencèrent à organiser et à orchestrer une véritable campagne réactionnaire dans le pays. Quand la vague gréviste recula, la presse et la radio furent mobilisées pour empoisonner le peuple par une propagande antiouvrière. Le gouvernement fut force d'abandonner sa pseudo-neutralité et d'apparaître ouvertement comme briseur de grève.

En faisant briser la grève des cheminots par le président Truman au printemps 1946, et en déclenchant une action juridique contre les mineurs en automne, les capitalistes indiquèrent qu'ils étaient prêts pour une nouvelle grande offensive. Ces actions furent destinées à restreindre dans une certaine mesure l'esprit combatif des travailleurs. Ceux-ci se virent forcés de reculer, de prendre une attitude plus prudente, d'attendre ce qui pourrait se produire avant d'entreprendre une nouvelle action de leur propre initiative.

Les syndicats ont tenu

Les syndicats ont tenu

En même temps, ces coups effrayerent totalement les bureaucrates syndicaux et les intimidèrent même plus par rapport aux patrons et au gouverne-

Le début de

Mais briser les grèves des cheminots et des mineurs par laction gouvernementale n'était que le début de ce qui était destiné à devenir une longue campagne de la part des capitalistes dominant ce pays pour terroriser le mouvement ouvrier. Cette campagne avait pour but de mater les syndicats et de les placer plus fermement que jamais sous la discipline de la bureaucratie toujours plus servile et plus conservatrice ; de diminuer le niveau de des travailleurs et de préparer l'opinion publique à une nouvelle guerre, cette fois-ci contre l'Union soviétique.

Ayant goûté du sang durant les deux premières collisions de la seconde étape du développement d'après guerre — la grève des cheminots et la grève des mineurs - les monopoleurs déclenchèrent une campagne de réaction illimitee, qui n'est essentiellement autre chose que la préparation simultanée de la guerre et d'un mouvement fasciste aux Etats-Unis.

L'offensive antiouvrière, destinée à mater les syndicats et à diminuer le niveau de vie des travailleurs ; la préparation de la guerre ; la campagne anticommuniste, et la mobilisation préfasciste — tous ces phénomènes n'ont pas seulement des rapports réciproques ; ils sont, en réalité, coordonnés comme des phases et des aspects différents d'une même et seule campagne. Voilà ce qui est graphiquement illustré par la suite des événements.

La liquidation de la grève des cheminots fut suivie par la capitula ion du gouvernement devant la « grève sur le tas » du trust de la viande et l'abolition de tout contrôle sur les prix. Ensuite vint l'action juridique contre la grève des mineurs. Puis, le bruit contre l'Union soviétique prépara l'opinion publique à une formula'ion de la doctrine Truman, qui n'était ni plus ni moins que l'annonce du programme impérialiste américain pour dominer le monde au moyen de la pression économique et de la force militaire. La doctrine 1numan fut suivie à brève échéance par la loi Taft-Hartley.

C'est le critère, le critère de la lutte de classe, grâce auquel nous jugeons. tout.

Ces congrès ont révélé, en général, nettement la ligne principale des nouveaux développements dans le mouvement syndical depuis que reflua la première vague de radicalisation ouvrière d'après guerre, représentée par le mou-vement gréviste de 1946, et depuis que se déclencha la contre-offensive des

TERNATIONALE ment, tout en accentuant leur résistance contre toutes les tendances réellement combattives et progressives dans le mouvement syndical. la campagne.

Après cela, tous les freins furent débloqués dans la campagne anticommuniste. Et cette campagne anticommuniste, se dirigeant en apparence seulement contre le parti communiste, est en réalité la formule générale et fondamentale qui relie tous les aspects de la campagne réactionnaire de préparation à la guerre et au fascisme en un tout cohérent. Seuls ceux qui comprennent clairement ce fait essentiel, et prennent une position sans équivoque face à la campagne anticommuniste sont capables de rendre d'utiles services à la classe ouvrière américaine dans la condition actuelle. Les Cents Noirs de la réaction, unis sous le mot d'ordre général de l'anticommunisme, s'introduisent aujourd'hui agressivement dans chaque sphère de la vie américaine. Nous pouvons suivre ce te offensive dans la presse, la radio, le cinéma, l'enseignement, les milieux littéraires, culturels et scientifiques. Ce te offensive devrait être analysée dans chacune de ces sphères. Mais cela prendrait plus de temps et couvrirait un champ plus lange que ne le permet cette occasion. Nous devons nous limiter ici à une analyse de la pénétration réactionnaire dans la sohère la plus importante et la plus décisive de toutes: le mouvement syndical américain. La réaction doit être combattue sur tous les fronts, mais d'abord et avant tout sur le front le plus important qui doit être dressé contre elle. Ce front, c'est celui de la classe ouvrière américaine. C'est de ce point de vue que nous devons examiner et analyser les nouveaux developpemen's dans le mouvement syndica., specialement tels qu'ils ont ete refletes dans les recents congrès des principaux syndicats. Le déroulement de ces congrès peut nous donner des indications intéressantes et utiles si nous les examinons objectivement de plus près, sans nous laisser aveugler par des préjugés ou des phobies ; si nous les analysons dans le seul but d'établir quel nouvel élément aide ou freine la lute de classes des travailleurs contre la bourgeoisie. grands capitalistes et de leurs agents politiques

Ces congrès montrent que la réaction anticommuniste a pénétré dans le mouvement syndical à travers la bureaucratie, aussi bien celle du C.I.O. que celle de l'A.F.L. S'adaptant à à la formidable pression des forces réactionnaires antiouvrières combinées d'une part, et profitant de la passivité des travailleurs d'autre part, la bureaucra-

Le critère de classe.

Le critère de classe.

N tie du C.I.O. a fait un violent tournant vers la droite.

L'élément principal de cette politique droitière et bureaucratique du C. I. O., c'est sa tendance à lier plus intimement les syndicats au gouvernement capitaliste et à les subordonner à celuici. Et comme B suit A, il s'ensuit sa poussée pour étrangler la démocratie intérieure, qui a été à la fois la fierté et la force des meilleurs syndicats du

C.I.O. Son but est d'établir une domination bureaucratique monolithique sur les syndicats, afin d'enlever aux militants de base jes moyens normaux de s'opposer à ce programme réactionnaire de trahison ouverte de classe.

On pourrait donner d'amples détails pour prouver et illustrer cette tendance.

Mais quelques fai s saisissants nous procurent une démonstration graphique de cette orientation,

Observez ceci : le général Marshall, le représentant et le symbole du militarisme impérialiste, fut invité à parler devan le congrès du C.I.O. et y regut une réception chaleureuse.

A la suite de cet'e soumission au gé• néral Marshall, le congrès du C. I. O.

« laissa la porte ouverte », comme il le dit, à l'acceptation de la loi TaftHartley par les syndicats affiliés.

Et quelques semaines plus tard, Reuther, qui avait éte un des dirigeants de la claque du général Marshall au congrès de Boston du C.IO., conduisit la majorité du congrès des ouvriers de lindustrie de l'au omobile (U. A. W.) par cette porte de capitulation honteuse : aussi, il est triste de le dire, par acclamation, comprenant également les acclamations de ces quelques malins qui nous assurent solennellementi que la décision du congrès de T'U.A.W. est « progressive », s'il vous plaît, et « dans la tradi ion de l'U.A.W. ».

La démocratie de TU.A.W., qui, dans le passé, avait été assurée dans une grande mesure grâce à l'équilibre entre

Les choses commencèrent à changer dans l'U.A.W. après le congrès de 1946. La fraction Thomas-Addes, qui comprenait les staliniens, s'arrêta et n'entreprit rien du tout ; mais du moment où il prit en charge la présidence du syndicat, Reuther commença à évoluer vers la droite de façon de plus en plus agressive.

Ce dirigeant gréviste s'épanouit en un « homme d'Etat travailliste », soucieux de toutes sortes de « plans » hypermalins, de conferences entre employeurs et employes, de conseils industriels et autres succédanés de l'action de classe résolue, qui est la seule chose dont les ouvriers peuvent réellement tirer profit. En même temps, Reuther se plaça à la tête de la campagne réactionnaire contre « le danger rouge », transmettant l'essentiel de la « Truman-Marshall doctrine » directement à Pintérieur de PU.A.W. et du C.I.O. 82

TERNATIONALE les fractions dirigeantes — ce qui donnait aux militants de base le moyen d'intervenir comme force indépendante — reçut un coup très lourd à

Atlantic City par l'exigence qui triompha, de donner tout le pouvoir dans le syndicat à une fraction, et à la fraction qui est en faveur de « s'incliner » devant la loi Taft-Hurtley.

Au congrès de 1946 de l'U.A.W., Murrey, ce bureaucra e jusqu'à la moelle des os, dut se contenter de quelques ré-

Perences custome de plainte ta férences, sous la forme de plaisanteries, dominant dans la vie de l'U.A.W. depuis sa naissance. Il y a quelques semaines, au congres de 19%1, ce même Murray, encourage par le tournant conservateur, a demandé « qu'on en finisse avec toute politique et toute puissance de fraction dans l'U.A.W. »

Le tournant à droite et l'attaque contre la démocra ie syndicale vont la main dans la main. Nulle part cet'e vérité n'a été plus clairement démontrée que dans le syndicat de l'automobile.

Nous avons été plus lents que certains autres à avoir une vue claire de l'orientation réelle des développements dans la lutte fractionnelle à l'in érieur de 1U.A.W. Pendant des années, il n'y avai • pas de ditterence de nature programmatique entre les deux fractions dominantes à la direction de l'U.A.W. Les ouvriers trotskystes dans l'industrie de l'automobile et les militants de base qui travaillaient avec eux, ne voyaient aucune raison pour prendre position de façon décidée de l'un ou de lautre côté de ce te lutte de cliques. Au congrès de 1946, ils ont soutenu la candidature de Reuther à la présidence, surtout parce qu'à ce momentlà il symbolisait la grève des ouvriers de General Motors. Mais, au même moment, ils ont soutenu la candida ure de Thomas comme président adjoint, parce qu'ils sentaient déjà le danger d'une domination bureaucra ique du syndicat par une seule fraction.

La presse capitaliste, qui avait violemment pris à partie Reuther comme dirigeant de la grève chez General Motors, se rendit comp e de ce qui se passait, et changea son langage. Begler qui est contre les dirigeants ouvriers, même les plus conservateurs, admit, dans un article récent, que Reuther reçoit actuellement une « réception chaleureuse dans la presse ». « Réception chaleureuse » est bien le terme correct. Reu her profita d'une campagne de presse de vastes proportions et d'une uniformité remarquable.

La presse Hearst, Vorte, Daor. Fortune, Newsweek, le New News, les quotidiens de Detroit, le Toledo Blade, 'ous abandonnèrent toute neutralité dans la lutte fractionnelle dans l'U.A.W. et commencèrent à encenser Reu her.

Le New York Daily News, ce quotidien « progressif » bien connu, portait

« L'homme d'Etat travailliste »

« L'homme d'Etat travailliste »

QUATRIEMEIN la manchette suivante à son éditorial consacré à la lutte pour l'élection de délégués au congrès : « Here's luck, Mr. Reuther » (Bonne chance, Mr. Reuther).

Et le Toledo Blade précisait explicitement sa position pour que les ouvriers de l'automobile à Toledo ne se trompent d'aucune façon : « Comme les syndicats locaux à Toledo vont élire les délégués qui iront le mois prochain au congrès pour décider quel genre de syndicat sera VU.A.W,, nous espérons qu'ils suivront la direction de Richard Gosser et qu'ils enverront une forte délégation qui marchera droit derrière Walter P. Reuther. »

Notre décision de nous opposer au bloc de Reuther et de l'A. C. T. U. (2) s'est avérée correcte du moment où la victoire de Reuther dans l'élection des délégués devenait évidente. Le premier

Murray, cet apôtre du conservatisme à l'intérieur du C.I.O., qui prend son orientation direciement au Département d'Etat, fut neure dans la lutte engagée au congrès de 1946 entre Thomas et Reuther pour la presidence de YU.A.W., bien qu'il penchât légèrement en taveur de Thomas. Mais, au congrès de 1947, il soutint ouvertement la candidature de Reuther, témoignant ainsi de la solidarité de l'aile la plus conser vatrice de la bureaucratie du C. I .O. avec la tendance bureaucratique la plus conservatrice de I'U.A.W.

Le tournant à droite de la bureaucratie dominant le C.I.O. est réel, profond et incontestable. Les indices ne peuvent pas être interprétés d'une autre façon. Mais il serait absurde de conclure que cela constitue un reflet précis du sentiment qui prévaut à la base du syndicat. En réalité, un processus compliqué s'y produit.

Il n'y a pas de doute que certains ou-vriers ont été atteints et influencés. Plus nombreux sont ceux qui ont été intimidés par la fureur de la campagne anticommuniste qui les bombarde de tous cotes, de la presse, de la chaire et de la radio, et qui a éé in'roduite directement dans les syndicats par la bureaucratie dominante. Mais le résultat le plus important de la substitution d'une campagne anticommuniste au programme d'agressivité et d'esprit militant ouvrier, exigé par la si'uation, fut d'encourager et de rendre actifs les éléments les plus arriérés des syndicats : les hommes du patronat, ceux qui recherchent des privilèges individuels, les froussards qui ont été forcés de se syndiquer, les éléments conservateurs qui préféraient se tenir cois et rester passifs dans les questions syndicales quand Taction de classe était à l'ordre du jour et quand la consigne était de se montrer militant.

(1) L'Association syndicale catholique (note du traducteur).

TERNATIONALE résultat de cette victoire « progressive » fut le télégramme envoyé par Reuther à Washington annonçant sa décision de se « conformer » à la loi Taft-Hartley.

Cete action perfide, qui fut saluée dans une nouvelle de première page du New York Iimes, en tant que « capitulation » devant la lol Taft-Hartley, rompit les rangs des syndicats du C.I. O. et fut le début d'une foule de capitulations pareilles. R. J. Thomas, d'autre part, répudia sur-le-champ lopinion de Reuther ; et les deux autres dirigeants, Addes et Leonard, restèrent avec lui dans une bataille dans la dernière tranchée au congrès, autour de cette question cruciale.

Reuther a remporté la victoire, porté par une vague de fond soutenue par une influence, non seulement étrangère à PU.A.W., mais étrangère à la classe ourière.

Cette « troisième fraction », qui est présente dans tous les syndicats de base ment a Para active et pae troisième. - parfois active et parfois fraction qui peut être appelée plus correctement la fraction du patronat, a répondu avec enthousiasme à la campagne anticommuniste. Elle a joué un rôle beaucoup plus grand qu'auparavant et en déterminant les résultats des élections de l'U.A.W., elle en était sans aucun doue le facteur décisif.

Mais, de fuçon générale, nous n'avons aucune raison de supposer que la masse des militants qui a construit le magnifique mouvement du C.I.O. dans la lutte contre les capitalistes et contre le gouvernement, ait changé fondamentalement d'attitude. Cela est indiqué par les congrès des ouvriers du caoutchouc, des ouriers de l'électricité et des ouvriers maritimes. Partout où les ouvriers reçurent un soutien et une expression adéquate de la part de la direction. ils se prononcèrent clairement contre :oute acceptation de la loi TaftHartley ou toute soumission à celle-ci, cette question étant la pierre de touche de la politique ouvrière en ce moment. C'est indiqué également par le succès que reçut John L. Lewis à travers tout le mouvement ouvrier pour son rejet courageux de la loi Taft-Hartley au dernier congrès de l'AFL. C'est démontré également par la position prise par le syndicat des typographes, qui, aujourd'hui, défie la loi Taft-Hartley par son action gréviste contre le bloc de la presse capitaliste à Chicago. Même dans TU.A.W., où toutes les ressources de la presse capitalis'e, de la _ radio et de la hiérarchie ca holique — opérant à travers l'Association syndicale catholique - étaient mobilisées pour aider les capitulards reuthériens, un bon tiers du syndicat et des délégués au congrès se dressèrent contre cette soumission.

Une grande partie de la direction du Tien avonda nartie de la direction du

La politique du Département d'Etat.

La politique du Département d'Etat.

Q U A TRIE M E IN C.I.O. a sans aucun doute décrit de la façon la plus consciente un vaste et profond tournant à droite. Et sa puissance dans les syndicats est énormement renforcée par le soutien qu'elle reçoit et qu'elle continue à recevoir de la part du gouvernement et de toutes les ressources de la coercition et de la propagande de la classe dominante, dans chaque conflit qu'elle aura avec les militants de base.

Mais les militants de base n'ont pas

L'ennemi principal

L'ennemi principal des travailleurs américains se trouve dans leur propre pays, et le nom de cet ennemi, c'est la classe capitaliste et le gouvernement capitaliste. La seule politique qui peut servir les intérêts fondamentaux des travailleurs est celle qui fait progresser la lutte de classe du prolétariat contre la bourgeoisie.

Voilà notre critère dans toutes les circonstances — en temps de paix et en temps de guerre ; que les ouvriers soient dans l'offensive, comme ce fut le cas pendant la vague gréviste d'après guerre, ou qu'ils soient sur la défensive ou reculent partiellement devant l'attaque réactionnaire, comme c'est le cas aujourd'hui. La lutte de classe détermine notre ligne de conduite dans toutes les questions concernant la vie du syndicat. Dans la grève, dans les campagnes politiques, dans la lutte contre des lois antiouvrières du genre TaftHartley, et dans les élections syndicales, notre tactique, toujours et partout, est subordonnée à cette ligne générale et sert à Tappliquer.

Le fond du problème du mouvement

Une lutte

La vague gréviste de la période d'après guerre fut au fond un effort héroïque, bien que seulement en partie conscient, de la part des militants de base pour briser la camisole de force gouvernementale et reconquérir leur indépendance. La bureaucratie n'inspira pas et ne dirigea pas ces luttes. Elle les toléra, parce qu'elle ne pouvait rien faire d'autre.

L'indépendance des syndicats, par rapport au gouvernement, a atteint son point culminant durant la vague gréviste. La mainmise de la bureaucratie fut affaiblie et la démocratie à la base s'épanouit. Il en est toujours ainsi quand les masses se mettent en mouvement. Maintenant le pendule se dirige dans la direction opposée. L' « intervention étrangère » du gouvernement s'introduit à nouveau de facon agressive dans les syndicats et la tendance à rétablir et à renforcer la mainmise bureaucratique sur les syndicats s'est considérablement accentuée.

Mais, comme auparavant, la tâche des révolutionnaires dans les syndicats 34

TERNATIONALE encore dit leur dernier mot. La décision sera déterminée par le développement ultérieur des événements. En dernière analyse, celle-ci dépendra dans la plus grande mesure de la capacité des révolutionnaires dans les syndicats -les hommes de l'avenir — à analyser correctement la situation et à appliquer une politique juste.

Voilà ce qui caractérise avant tout la situation actuelle dans le mouvement syndical américain. des travailleurs. syndical d'aujourd'hui est la poussée constante pour attacher les syndicats au char de l'Etat bourgeois et pour leur enlever leur indépendance. C'est une tendance inévitable sous le capitalisme monopoleur.

Nous avons mené la lutte contre cette tendance de toutes nos forces, même durant la guerre. Nous avons centré alors notre campagne autour de la question sur laquelle se concentrait tout le problème qui se posait à ce moment - l'engagement que la bureaucrație avait pris envers le gouvernement de ne pas déclencher des grèves, en échange d'un plat de lentilles qui était désigné par dérision: « l'égalité des sacrifices ».

La lutte que nous avons menée ensemble avec les meilleurs militants syndicaux contre la « paix sociale » durant la guerre ne remporta pas de succès, mais elle s'en approcha au congrès de YU.A.W. de 1944. La grande lutte menée là-bas par les militants combattifs de base était indubitablement le facteur principal de préparation du terrain à la vague gréviste qui suivit immédiate. ment la fin des hostilités militaires. héroïque reste aujourd'hui la même: 1º lutter pour libérer les syndicats, pour établir leur indépendance, par rapport au contrôle gouvernemental, et 2º lutter pour la démocratie syndicale, condition nécessaire pour un libre jeu des idées et pour une libre intervention des militants de base dans la détermination de leurs propres affaires.

Et, tout comme cette lutte se concendurant la guerre, dans un combat contre l'engagement de « paix sociale » pris par la bureaucratie, elle se concentra, aux élections et congrès syndicaux récents, dans un combat contre « l'acceptation » de la loi Taft-Hartley, et contre toutes les parties de la bureaucratie, qui proposent en encouragent cette « acceptation » capitularde.

Au cours des élections et des congrès syndicaux, nous nous en sommes tenus avec acharnement à cette formule de la lutte de classe, et nous avons rejeté avec mépris toutes les abstractions vides de sems, comme « forces progressives contre forces réactionnaires » en général. Car il n'existe pas cette chose qui s'appelle un « progressiste » qui s'incline devant la loi Taft-Hartley, et il n'existe pas cette chose qui s'appelle un « démocrate » qui désire « éliminer tes fractions » dans les syndicats, à l'exception, bien entendu, de sa propre fraction, lappareil bureaucratique.

Notre critère, c'est la lutte de classe, et nous n'acceptons pas de succédané. C'est seulement en luttant sans relâche sur cette base de principes que nous pouvons remplir notre mission de révoiutionnaires. Mais un seul énoncé principes, une simple réitération de formules impeccables ne peut pas nous faire avancer beaucoup dans la lutte

On nous a offert, pour remplacer notre formule qui prend la lutte de classe des travailleurs contre la bourgeoisie comme son critère essentiel dans chaque cas particulier, a nouveau à nouveau ces derniers jours le mot d'ordre passepartout du « front unique de tout le monde contre le parti communiste ». Autour de cette panacée universelle a été déclenchée une vaste campagne publicitaire, la représentant comme un remède contre tous les maux dont souffrent la société et le mouvement ouvrier. Elle est même proposée comme un remède contre le rhumatisme et le lumbago. Mais nous ne l'aimons tout de même pas.

Voilà le mot d'ordre du Département d'Etat, du comité Thomas Rankin, de "'American Legion, de la hiérarchie catholique et d'autres groupements « progressifs » du même genre..

Nous connaissons parfaitement ce mot d'ordre parce que nous le lisons tous les jours dans la presse et parce que nous l'entendons à toute heure à la radio. Il ne devient pas plus attrayant pour nous quand il est importé dans le mouvement ouvrier par des démagogues du genre de Reuther; et il ne devient pas meilleur quand d'autres essayent de lui donner un manteau teinté de rouge. Le noir continue à percer à travers le camouflage rose.

Nous avons combattu les staliniens durant dix-neuf ans comme des traitres à la classe ouvrière ; et ce n'est pas par hasard que toujours et dans toutes les circonstances les sta-liniens mous considèrent comme leurs ennemis les plus implacables. Mais nous les combattons non du point de vue du

La lutte générale d'opposition contre l'anticommunisme ; contre la capitulation devant la loi Taft-Hartley ; et contre la domination monolithique de lU. A. W. par une seule fraction favorablem à cette capi ulation, nous momentanément amenés dans un même camp avec les staliniens. Mais cela n'élmine nullement la lutte irréconcihable entre les staliniens et nous pour

TERNATIONALE pour l'émancipation des syndicats du contrôle gouvernemental et de la domination bureaucra ique. Alors que les militants révolutionnaires sont encore talbies en nombre, ce qui est le cas présent, ils sont forcés de tenir compte chaque fois de la situation concrète qui existe dans chaque syndicat. Ils doivent prendre une attitude pratique à l'égard des courants qui se croisent et des luttes fractionnelles entre les différentes parties de la bureaucratie syndicale. Ils doivent s'efforcer d'intervenir dans ces luttes de façon telle qu'ils servent leurs principes fondamentaux et fassent progresser leur cause. « capitalisme démocratique » en formant un bloc avec les capitalistes et leurs laquais, mais bien du point de vue de la lutte de classe et de la démocratie ouvrière.

Nous avons combattu les staliniens de ce point de vue quand ils étaient forts, et quand ils fortifiaient leur position par leur alliance de guerre avec les bureaucrates anticommunistes d'aujourd hui ; et nous ne diminuons en rien notre antagonisme ni ne modérons nullement notre haine face à ces traitres au moment actuel quand ils sont affaiblis, pourchassés et s'enfuient et se dissimulent pour se protéger.

Nous combattons les staliniens partout et dans toutes les circonstances. Et nous ne leur avons jamais porté des coups plus rudes que dans la periode récente, quand les événemen s nous ont amenés à des positions plus proches des leurs dans l'opposition générale contre l'anticommunisme dans le syndicat de l'automobile.

Les militants sans parti, influencés auparavant par les staliniens ont eu loccasion de nous comparer de plus près avec ceux-ci ; et ils ne sont pas peu nombreux, ceux de ces militants qui nous ont reconnus comme les représentants authentiques d'une politique de lutte de classe, qui est tout aussi libre et indépendante des directives du Kremlin → qui détermine la pseudocombativité courante des staliniens — qu'elle est libre et indépendante de la diplomatie de l'impérialisme américain, qui détermine le conservatisme et la tendance à la capitulation des autres bureaucrates syndicaux. influencer les militants sans parti qui constituent masse de ce camp oppositionnel. Et dans cette lutte, considérée de plus près, les staliniens sortent vaincus à chaque engagement.

Les sociaux-démocrates peuvent continuer à s'enrouer au sujet de notre soi-disant « alliance » avec les staliniens, et du soi-disant « soutien » que nous aurions donné aux staliniens.

Une formule fausse.

Nous combattons les staliniens.

Une formule fausse.

Nous combattons les staliniens.

VATRIEME I N

Et les petits cousins des sociaux-démo crates, les shachtmanistes, peuvent ajouter leurs cris i hysteriques chœur, ils ne pourront pas convaincre les staliniens qu'il y a un profit quelconque pour eux dans cette « alliance».

Pour le prouver, il suffit de lire la presse stalinienne.

Le Daily Worker (3) a réussi la performance remarquable de publier rapport sur la lutte au congrès de

YU. A. W., et de décrire en long et en large la composition des fractions, sans dire un mot de la position des délégués trotskystes. Labor Action (4) réussit la performance non moins remarquable de publier un numéro spécial consacré au congrès de l'U. A. W., qui traita en long et en large de la composition des fractions en lutte, sans men'ionner d'un seul mot la bande de

Gosser et l'association syndicale catholique, qui faisaient partie de la fraction de Reuther.

Ils se sont apparemment tous les deux inspirés de la même pensée illusoire: « Si nous ne les mentionnons pas, ils disparaîtront peu-être. »

Les sociaux-démocrates et tous leurs cousins et parents pauvres ne peuvent pas convaincre les militants combattifs de base que nous « aidons les staliniens ». car ces ouvriers ne sont pas aussi stupides qu'on ose les considérer. Ils se sont bien rendus compte des premiers résultats de la participation ac lve et énergique des trotskystes à l'opposition générale contre Reuther.

Les staliniens ont commencé immédiatement à calmer et à diminuer leur enthousiasme en faveur du bloc d'opposition, ils ont saboté sa lutte en présentant des listes indépendantes de candidats à l'élecion de délégués et de fonctionnaires au congrès lui-même.

En présentant leurs propres candidats contre ceux de la tendance ThomasAddes-Leonard. les staliniens ont démasqué leur faiblesse numérique lamentable. Ils ont en même temps révélé Pabsurdité des affirmations répandues à cor et à cri par les stalinophobes, selon lesquels les staliniens « contrôlent » la fraction oppositionnelle.

Il est vrai que les staliniens étaient autrefois une grande force dans TU. A. W., et avançaient la main pour prendre le contrôle du syndicat, mais c'était vrai hier. Aujourd'hui, comme le démontre leur attitude pitoyable au congrès, ils sont une puissance faible et sur le déclin, méprisée et hale par la grande masse des mili'ants oppositionnels.

La bureaucratisation, l'opportunisme et la trahison des staliniens, répétés à plusieurs reprises durant des annees, ont imposé un tribut effrayan* aux cadres autrefois imposants à l'intérieur de l'U. A. W. Les opportunis'es et carriéristes avec lesquels les staliniens flir-

(3) Organe stalinien. (Note du traducteur.)

(4) Organe shachtmaniste. (Note du traducteur.) 36-

TERNATIONALE taient, quand ils calomniaient et persécutaient les véritables révolutionnaires de leur fureur sauvage, les ont cyniquement désertés au moment de leur affaiblissement et de leur défaite. Entre temps, beaucoup parmi les meilleurs de leurs vieux militants — et ils avaient jadis des militants splendides - ont appris leur dure leçon, et ont rejoint un meilleur parti avec un drapeau plus propre. Et beaucoup des autres communiste, déçus et découragés par appartenaient aux vieux cadres du parti leurs expériences malheureuses, sont retombés dans une passivité complète.

Les staliniens ont encore quelques bons militants qui méritent un meilleur parti, et nous espérons les gagner mais la force principale de la fraction stalinienne dans TU. A. W. consiste aujourd'hui en bureaucrates à gages, corrompus et complètement usés, qui ont fini leur jeu avec les ouvriers d'automobile, et qui ne pourront plus jamais être élus à des fonc'ions syndicales ou même comme délégués au congrès.

Les bureaucrates staliniens savent comment se battre seulement dans le cas où ils tiennent la puissance de l'appareil dans leurs mains, et ils le dirigent contre des ennemis plus faibles. Dans des syndicats comme celui de l'électricité , où les staliniens contrôlent l'appareil, ils possèdent une puissance corrompue, méchante, et l'exercent avec agressivité. Mais dans les autres syndicats, où ils ont perdu l'appareil ou ont perdu définitivement la lutte pour s'en emparer, ils ont également perdu la volonté, la capacité de lutter de façon efficace Il leur manque la conviction et lesprit de classe révolutionnaire qui seuls sont capables d'inspirer et d'aider les ouvriers à lutte" et à se sacrifier comme une petite minorité face à des difficultés et des défaites innombrables. Il reste très peu d'esprit combattif parmi les bureaucrates staliniens, amolflasques et poltrons quand ils sont jetés hors de l'appareil et quand le courant se re ourne contre eux.

Sous la pression de la lutte dans TU. A. W., la majorité du bloc oppositionnel commençait à reconnaître la nudité de la lutte de cliques sordide qui se termina de façon si désastreuse. Des guestions concernant le programme, exprimant les intérêts vitaux des travailleurs, furent avancées et constituèrent progressivement le centre des débats. Ces nouveaux courants étaient déjà clairement apparents au congrès de l'U.A.W. et ils sont salués par une approbation particulière d'une grande partie des meilleurs militants. Ces militants veulent combattre la tendance à la capitulation de la bureaucratie ruthérienne sans se mettre à la merci des manœuvres et des zigzags traîtres des staliniens ; et ils veulent combattre la clique stalini nne détestée, sans tomber dans les bras de l'anticommunisme,

J'ose dire que ce développement est même p'us important pour l'avenir de YU. A. W. que les résultats immédiats des élections au congrès.

VATRIEME IN

Une tactique

A première vue, notre tactique dans la lutte à l'intérieur des différents syndicats peut apparaître comme irrationnelle et contradictoire, puisqu'elle varie d'un syndicat à l'autre en fonction des circonstances concrètes. Mais en réalité notre tactique est partout complètement

TERNATIONALE conséquente. démocratique. Le « Wage Earner », l'organe syndical catholique, considère l'U. A. W. comme le syndicat-clef du C.I.O. C'est juste et il y a une cause évidente à cela. L'U. A. W. a élé construit dès le premier moment dans des luttes qui précédèrent toutes les autres. autres. Et la lutte pour préserver sa démocratie interne et pour s'opposer à sa domination bureaule plus fort, le plus dynamique et le plus luttes de pionniers.

La lutte intérieure déterminant le caractère et l'avenir de TU. A. W. ne sest pas terminée au dernier congres. E.le a plutôt commencé, sur un plan plus éle ve, a A lantic City, car pour la première fois elie a commencé a prendre une forme programmatique. La vieille lutte de cliques, concernant des combinaisons et des maquignonnages dans la distribution des fonctions en tant qu'élément dominant des débats, a commencé à être remplacée à Atlantic City par une lutte directe de principe autour de la question la plus brûlante pour le mouvement ouvrier : la capitulation devant la loi Taft-Hartley. A notre avis, c'est ce dé-• veloppement dans le congrès de l'U.A.W. qui était réellement progressif.

Les shachtmanistes ont combiné leur attaque violente contre notre politique syndicale avec un brusque désaveu de l'accord sur l'unification qu'ils signèrent avec nous en février dernier. Il y peut-être une logique dans cette coincidence. Il y a des principes de c'asse à la base de cette dispute syndicale, et nous pouvons tomber d'accord avec Shacatman quand il déclare-dans le numéro du 24 novembre de « Labor Action » : « Voici une divergence irréconciliale. »

Car, pour notre part, nous sommes fiers d'être une minorité dans une lutte comme celle qui a eu lieu dans le syndicat de l'automobile autour d'une capitulation devant la loi Taft-Hartley. Et nous sommes fiers d'être en minorité dans la lutte contre l'anticommunisme vulgaire et réactionnaire, qui tend à remplacer la démocratie traditionnelle de l'U. A. W. par une domination monolithique d'une seule fraction bureaucra: tique.

Nos amis n'étaient pas engagés dans une quelconque lutte de cliques pour des postes, mais ils combattaient au sujet de propositions vitales pour l'avenir du mouvement syndical aux Etats-Unis. Ils ont lutté pour l'indépendance de IU. A. W. vis-à-vis du contrôle gouvernemental et pour la préserva ion de celte démocratie interne. La lutte pour ce programme est une lutte qui continuera dans tous les syndicats. de l'automobile en particulier, est au fond le produit de cette vague de réaction qui emporte toute tendance conserva rice et rétrograde dans le mouvement ouvrier.

A notre congrès, il y a un an, nous avons dans une certaine mesure surestimé la profondear et la puissance de la consequente, car elle zir partout la même pour l'indépendarce pour la démocratie à dicats.

est destinée à serpolitique : la lutte syndicats et des l'intérieur des syn-

Et par indépendance des syndicats nous n'entendons pas seulement l'indépendance par rapport à Washington, mais également l'indépendance par rapport au Kremlin. Au moment même où nous combattons la domination bureaucratique de l'U. A. W. par l'appareil de Reuther et des catholiques, qui est un instrument de Washington, nous combattons avec une énergle pareille la domination bureaucratique du syndicat des marins par l'appareil stalinien qui est un instrument du Kremlin. Nous partons d'une position de principe sans nous laisser influencer par le fait que telle ou telle fraction bureaucratique puisse s'aligner momentanément dans le même camp que le nôtre pour ses propres motifs.

Au cours du congrès des ouvriers du caoutchouc, des délégués sympathisants avec nous ont dirigé la lutte contre la proposition du président Buckmaster de capituler devant la loi Tafi-Haruey. Iis ne se sont pas retirés de la lutte parce que les délégués staliniens se trouvaient dans le même camp.

Dans le syndicat de l'électricité, par contre, nous agissons comme l'opposition irréductible face à la bande stalinienne qui domine ce syndicat de façon bureaucratique. Nous y défendons les droits démien ati es de soppos ion davoir un mocratiques de l'opposition Carey-Block, sympathie quelconque pour son programme.

Nous luttons pour la démocratie dans les syndicats dans toutes les circonstances, et pour le droit de chaque tendance

Use grouper librement et de lutter pour ses opinions. Car sans cette démocratie les syndicats ne peuvent pas vivre en tant qu'organes indépendants des ouvriers, capables de servir leurs intérêts de classe.

La lutte dans lU. A. W. présente l'exemple le plus clair, l'épreuve la meilleure pour une politique révolutionnaire. L'U. A. W. n'est pas seulement le plus grand syndicat, c'est aussi le syndicat le plus fort, le plus dynamique et le plsu

La première vague d'après guerre de radicalisation ouvrière, caractérisée par le grand mouvement gréviste de 19451946, a reflué et a fait place à une violente contre-offensive de la réaction qui est toujours en pleine mon ée. La victolre de lalle droite dans le mouvement ouvrier en général, et dans le syndicat

•Nos perspectives.

•Nos perspectives.

VATRIE ME première vague d'après guerre de radicalisation ouvrière. Nous avons pensé • qu'elle se poursuivrait, alors qu'elle commençait déjà à décliner et que la contreoffensive réactionnaire était déja en train de se développer. Cette erreur de jugement de la conjoncture a créé une certaine déception et peut-être même une certaine désoriemtation dans les rangs du parti, étant donné que le congrès avait la perspective d'un rythme de progrès du parti qui ne pouvait pas se maintenir dans la situation défavorable qui a suivi le congrès.

Mais c'est une erreur qui peut être facilement corrigée. Ce qui est important pour nous, c'est de nous rappeler que la lutte de classes se développe à travers des flux et des reflux ; et que nous ne devons pas prendre la situation défavorable présente comme un rapport de forces stable et final entre classes, et entre les conservateurs et les révolutionnaires dans le mouvement ouvrier. La situation défavorable d'aujourd'hui est conjoncturelle et rien de plus; et elle ne peut pas être de longue durée.

Il serait indigne de trotskystes, de marxistes, de se laisser aller au découragement, et de prendre de façon erronée des phénomènes passagers pour la réalité permanente. L'époque d'agonie du capitalisme ne peut pas donner d'autres perspectives qu'une sulte continuelle de grandes batailles de classes, culminant dans la victoire révolutionnaire du prolétariat. L'offensive réactionnaire actuelle contre les organisations ouvrières et les attaques accélérées contre le niveau de vie des travailleurs préparent en fait les conditions nécessaires pour une nouvelle contre-attaque ouvrière, pour

Les trotskystes, seuls, restent dams l'apposition, indépendants et révolutionnaires, ne s'occupant ni de places ni d'intérêts personnels mais soucieux seulement des intérêts du prolétariat et de son avenir révolutionnaire. Les trotskystes sont les « incorruptibles » du mouvement ouvrier que personne ne peut intimider et que personne ne peut acheter.

Les forces à la disposition du parti ne sont pas encore grandes en nombre, mais puissantes, en qualité, car elles ont été selectionnées et éprouvées dans la lutte. coups les plus durs, ester avre a tra les Elles ont appris à rester droit sous les les défaites et à préparer la revanche en combattant. Cette qualité d'intransigeance révolutionnaire de notre parti, qui travaille contre nous quand la réaction domine dans le mouvement ouvrie: et quand les ouvriers restent passifs, constituera la plus grande force d'attraction du parti quand les masses, impulsées par la détérioration de leurs conditions de vie, reprendront la voie de l'action et chercheront une direction résolue.

Le destin a placé une grande responsabilité sur les épaules de ceux qui constituent aujourd'hui notre parti et de 38

TERNATIONALE une vague nouvelle de radicalisation ouvrière qui sera bien plus profonde et bien plus puissante que la première et qui aura forcément un caractère plus politique.

Ce n'est pas la perspective pour un avenir lointain, mais bien la perspective pour demain. Nous devons nous en rendre compte et nous devons la préparer. Un trotskyste est avant tout quelqu'un qui sait comment combattre pour ses principes, et comment rester fidèle à son drapeau, même quand la situation est detavorable et quand les faibles et les couards chancellent, désertent et trahissent. Ne pas se laisser flotter dans le courant, mais nager contre le courant, telle est la tâche des cadres trotskystes aujourd'hui dans le mouvement syndical.

Une pression puissante est exercée sur ceux qui s'engagent dans la lutte révolutionnaire contre la plus grande puissance impérialiste du monde, et de ce fait contre la bureaucratie retranchée dans le mouvement syndical qui sert les intérêts de celle-ci et en reçoit un soutien. Tous les autres partis et •groupes d'extrême-gauche qui ont pris part au mouvement syndical, ont succombé à cette pression ; ils ont abandonné la lutte pour les intérêts des travailleurs ; et beaucoup de leurs membres actifs ont pris des piaces de fonctionnaires corrompus dans la bureaucratie. Ce fut le cas des syndicalistes, des anarchistes, des socialistes et sociaux-démocrates et de leurs Ypsels (1) ; ce fut aussi le cas des lovestonistes. C'est également le fond reel de la degenerescence des staliniens.

(1) La Jeunesse socialiste aux EtatsUnis, ayant un caractère petit-bourgeois prononcé. (Note du truducteur.) ceux qui rejoindront demain ses rangs. Se conformer à cette responsabilite sl Se conformer à responsabilité, gnifie regarder plus loin que les sodes conjoncturels du moment, signifie regarder vers les tendances profondes qui indiquent la réalité future.

Une condition du succès de notre lutte, c'est de ne jamais oublie: l'importance transcendante de notre mission comme les hérauts et les organisateurs d'un monde nouveau ; c'est de ne jamais perdre confiance dans les forces historiques qui travaillent pour ce monde nouveau et qui s'avéreront en définitive plus puissantes que les forces rétrogrades travaillant à faire tourner en arrière la roue de l'histoire vers une nouvelle époque sombre de fascisme et de guerres d'extermination. Notre tâche dans la situation présente consiste simplement à rester fidèles à nous-mêmes et à notre tradition. Tout ce qui est nécessaire suivra de cela.

Nous devons pénétrer plus profondément dans les syndicats, en amenant avec nous notre programme et notre tradition, en travaillant pour la fusion du parti trotskyste avec la masse des ouvriers américains. C'est la formule qui signifie la transformation révolutionnaire de la société.

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