MERGEANT de la guerre comme de l'épreuve la plus terrible qu'elle avait connue, l'économie sovietique se trouvait ébranlée par quatre phénomènes s'attaquant à la base même de son système collectiviste :
a) La destruction d'une partie importante de son potentiel industriel.
b) L'abaissement du niveau de vie des masses jusqu'a la limite de ce qui est humainement supportable et, comme résultat, l'abaissement conséquent de la productivité du travail.
c) L'accentuation des forces centrifuges dans agriculture, sous forme d'un retour massif à l'exploitation primitive privée dans les régions où la guerre avait détruit la base technique de la
La réalisation du quatrième plan quinquennal comporte deux conditions essentielles dans le domaine du potentiel industriel: la reconstruction des bassins industriels dévastés dans l'ouest du pays ; la reconversion de l'industrie de guerre en industrie de paix dans les bassins industriels non touchés par la guerre, et leur développement ultérieur.
Le lien entre ces deux conditions est moins direct qu'on ne l'a longtemps supposé. La bureaucratie semble avoir été décidée par avance à accélérer la reconstruction des bassins dévastés par d'autres moyens que ceux des livraisons intérieures mêmes, c'est-à-dire par les apports du glacis (pillage, réparations, accords commerciaux, exploitation en commun de sources de matières premières), et par des crédits étrangers. Tout le développement de l'industrie durant l'année 1946 a confirmé limpression que, sans l'apport du « glacis », un effondrement se serait produit dans l'industrie.
Au milieu du mois de janvier 1947, la commission du Gosplan a publié son rapport annuel sur la réalisation du plan quinquennal. Comme c'est toujours le cas avec les statistiques soviétiques, cet alignement de chiffres est à la fois contradictoire et sans importance intrinsèque On nous donne dans les plus petits détails l'augmentation de la production de 1946 par rapport à celle de 1945, sans moindre idée précise du niveau de la nous donner cependant la production de 1945. Par conséquent, atte des résultats toute evaluation collectivisation, et d'une accélération de la différenciation dans les kolkhoses et de l'accumulation primitive de la part des paysans cossus dans les régions épargnées par la guerre.
d) Manque aigu de main-d'œuvre qualifiée, résultant des pertes humaines terribles de l'U.R.S.S.
Nous avons montré ailleurs (1) comment, des avant la fin des hostilités, la bureaucratie a été saisie de panique devant l'ampleur des menaces pesant sur l'économie soviétique, et avec quels expédients elle a essayé d'y remédier. L'étude présente est consacrée exclusivement a lannée 1946, c'est-à-dire à l'examen du succès relatil de la reconversion et du début de la planification. atteints dans l'industrie en 1946 sera forcément fragmentaire et basée sur des chiffres obtenus par déduction. Malgré cela, l'image qui s'en dégage est suffisamment claire. Elle dénote un rythme particulièrement lent de la reconstruction qui maintient la production à un niveau encore bien en dessous du niveau d'avant guerre.
a) Production charbonnière :
Le point le plus faible dans la reconstruction - le « goulot d'étranglement de l'industrie », comme le dit la revue hebdomadaire L'Economie — c'est, sans aucun doute, la pénurie de charbon. Le bassin du Donetz, avant la guerre la source de la moitié de la production charbonnière russe, a été complètement inondé lors de la retraite allemande. Sa production n'atteint pas 50 millions de tonnes en 1946 contre 82 millions de tonnes en 1940. Malgré un effort spécial de la part des mineurs du Kouzbass, la production charbonnière totale de cette année reste encore inférieure à 140 millions de tonnes, contre 170 millions de tonnes en 1940. L'augmentation de la production par rapport à 1945 est extrêmement faible — 10 % seulement — et face à ces chiffres, on se demande si l'objectif du plan (250 millions de tonnes pour toute la Russie et 88 mil-
- tonnes dans le bassin du Dolions de netz en 1950, ce qui exigerait une augmentation de la production de 88 % en
(1) Voir L'U.R.S.S. au lendemain de la guerre.
I. - La production industrielle.
I. - La production industrielle.
Q
EME
IONAL B quatre années de temps) pourra être atteint (2).
La pénurie de charbon provoqua une paralysie lente de toute l'industrie ; des hau's fourneaux s'éteignirent par moments, et des trains ne pouvaient partir, faute de charbon. Cette pénurie est d'autant plus dangereuse qu'elle fait pendant à une pénurie pétrolifère de plus en plus prononcée (3). La destruction de nombreux puits du bassin de Grosny et de Maikop ; l'épuisement progressif du bassin de Bakou ; la pénurie d'outillage pour effectuer de nouveaux forages ; la déportation d'une masse d'ouvriers qualifiés du Caucase au centre de la Sibérie, tous ces facteurs rendent l'approvisionnement en pétrole de l'industrie soviétique de plus en pius dépendant des livraisons de l'étranger. De là, la poussée de la bureaucratie vers le pétrole roumain, hongrois, autrichien et iranien (4).
On peut ajouter que la production mé-
Production en 1937 1940
Fonte 1 15
Acier • 18 3
Laminés 13
D'autre part, le plan quinquennal prevoit la remise en état et la construction de 45 hauts fourneaux, de 165 fours Martin et de 104 trains de laminoir. Or, pendant la première année, une fraction infime seulement de ces objectifs a été réalisée : on a remis en marche 6 hauts fourneaux (contre 11 en 1945), 18 fours Martin (contre 85 en 1945) et 9 trains de laminoir. Ce rythme devra etre serieusement accéléré, si l'on veut atteindre les objectifs du plan en 1950.
c) Autres industries.
Le charbon et les produits sidérurgiques forment la charpente de toute l'industrie. Une production insuffisante dans ces deux secteurs cause des perturbations dans tous les domaines de l'économie. Nous examinerons plus loin les effets néfastes de la production insuffisante de machines agricoles et d'objets de consommation. Bornonsnous, ici, à donner quelques exemples du rythme lent de la reconstruction :
Pour les métaux non Jerreux, laug mentation de la production de 1946 par rapport à celle de 1945 est de 6 % pour le cuivre, de 8 % pour le zine et de 19 % pour le plomb. Or, le plan quinquennal prévoit une augmentation de la production par rapport à celle d'avant guerre de 60 %, de 150 % et de 160 % pour ces trois métaux respectivement. Ces chiffres laissent plutôt rêveur...
Pour l'industrie des matériaux de construction, spécialement importante, vu le grand nombre d'immeubles détruits, les progrès par rapport à 1945 tallurgique insuffisante a empêché la fabrication du matériel nécessaire en vue de la reprise rapide de la production dans les mines du Donetz. Quand le maréchal Sokolovsky déclara vouloir arrêter dorénavant tout démantèlement industriel dans la zone d'occupation sovietique en Allemagne, il dut lui-même adme tre l'exception pour loutillage de sept puits saxons « indispensables à la remise en état des puits du Donetz » (5).
b) Industrie sidérurgique :
Le rapport du Gosplan déclare qu'en 1946, les prévisions du plan ont été exécutées pour 99,5 % en ce qui concerne la sidérurgie. En même temps, il indique une augmentation de production de 10 % seulement par rapport à 1945, ce qui fait supposer la modestie des bu's que l'industrie sidérurgique s'est fixés durant l'année passée. Le tableau suivant donne une idée du développement de l'industrie sidérurgique russe :
millions de tonnes nian pour
1942
1944
:13
1945 plan pour
1946
1950
13 0
17 8
(6)
sembient plus sérieux. Mais la production est encore loin de correspondre aux besoins pressants de la reconstruc-
(2) Ces chiffres sont calcules sur la hase des données de Bettelheim dans La Planification soviétique, du texte de la loi sur le plan ruinquennal iNo spé. cial des Cahiers de l'Economie soviélique), et des articles de la revue hebdomadaire francaise L'Economie, du 13-2 et du 27-2-1947. Dans ce dernier article, il y a de nombreuses erreurs ty. pographirates, ce qui donne une série de chiffres absurdes.
(3) Voir Tarticle de Clif, dans Socialist Appeal, janvier 1947.
(4) Comme on sait, la bureaucratie a l'abord exigé la majeure partie de la production cou ante ronmain cous forme de réparations, puis obligé la bourgeoisie roumaine à admettre la/ création de sociétés d'exploitation mixtes russo-roumaines. Le même fait se produit en Hongrie et en Tran. L'Autriche a jusqu'ici résisté aux revendications de la bureaucratie en ce qui concerne sa par'icipation directe dans l'exploitation du champ pétrolifère antrichien.
(5) LEconomie, 23-1-1947.
(6) La production de 1937 et le plan pour 194%. d'après Bettelheim, op. cit. Ta produrtion de 1940. d'après le discours électoral de Staline de févrler 1946, cité par Les Cahiers de Economie soviétique, n° 4 (avril-juillet). La production de 44, 45 et 46, sur la base de ces donnéas e des indications de L'Economie, 27-2-1947. Les données de ce dernier article sont pourtant très dé fectueuses.
(prévisions non atteintes)
(prévisions non atteintes)
IN
Q tion, et loin également des chiffres d'avant guerre :
L'effet de ce développement insuffisant de l'industrie de construction, c'est que pendant cet hiver encore, des miole nendant cet hiver encore des milions de familles russes continueront à « loger » dans des huttes construites en limon, ou simplement dans des trous creuses dans la terre... quion leur « donnera » de la mamd'œuvre par voie de mobilisation. Ces dirigeants ne comprennent pas que les difficultés de lembauche de la maind'œuvre dans les conditions d'après guerre ne sont pas chose fortuite -tiens, tiens! - que ces difficultés ne peuvent être surmontées qu'en adoptant de nouvelles méthodes de travail. Pour s'assurer de la main-d'œuvre, les entreprises doivent passer à la pratique de l'embauche organisée de la mamd'œuvre en signant des contrats individuels aussi bien avec des travailleurs isolés qu'avec des kcolkhoses... (8).
Ce que ce conseil signitie « en pratique », on peut s'en faire une idée en passant à l'examen de ces deux « méthodes d'embauchage ». Le « contrat avec le kolkhose » revient, en pratique, à l'odieux « marché d'esclaves » dénoncé déjà par Bettelheim (9), au cours duquel un fonctionnaire dirigeant du kolkhose « s'engage » à « livrer » tant de travailleurs pour un espace de temps déterminé à une • entreprise. Ce système, avec tout ce qu'il comporte de contrainte dans le « choix » et la « livraison » de ces travailleurs à l'intérieur du kolkhose, a surtout conduit à la désertion en masse des mineurs recrutés de la sorte (10). Le « contrat avec des travailleurs isolés » revient à l'organisation, par des recruteurs professionnels, de véritables guet-apens aux abords ou à l'intérieur de grands centres industriels, où ces recruteurs « arrêtent » les milliers d'hommes valides qui se trouvent en migration constante pour fuir les beautés des kolkhoses et des usines « socialistes », leur promettant papiers et passeports en règle à condition qu'ils se laissent embaucher dans une usine déterminée, et les menaçant de les livrer, au cas de refus, à la Guépéou qui les déporterait promptement aux travaux forcés pour « voyage illicite ».
(7) L'Economie, 13-2-1947.
(8) Voznessenski : « Le Plan quinquennal de lU.R.S.S. », Paris, Editions sociales, 1946.
(9) Bettelheim. op eif p 166
(10) Les Cahiers de l'Economie soviétique, N° 4, constatent « qu'il faut aussi s'assurer dès maintenant une main. d'œuvre stable ; il faut faire en sorte qu'aucun travailleur ne quitte plus la mine une fois qu'il a résolu (!) d'y tra vailler. »
1940
1945
Ciment, en mil-
5,83
2,6 lions de tonne
Verre à vitres, millions de en
44,50
18,2 m2
....
brév prev.
du plan
1946
1950
10,5
4,8
30,0
80,0
Comment expliquer les difficultés extraordinaires que l'industrie soviétique rencontre sur la voie de la reconstruction ? Sans doute, les difficultés dans les industries de base pèsent lourdement sur l'ensemble de l'économie. Mais deux facteurs spécifiques jouent un rôle prépondérant pour ralentir davantage encore le processus de reconstruction de l'industrie soviétique. Il s'agit de la pénurie de main-d'œuvre et du développement monstrueux pillage de la part de la bureaucratie. Des millions de travailleurs d'avant guerre sont morts durant la guerre. Des millions d'autres sont mutilés et inaptes au travail. Leur place a été prise provisoirement par des femmes, des vieillards et de très jeunes gens, mobilisés de force durant la guerre. La chute catastrophique du nombre douvriers qualifiés est allée renforcer les effets de l'abaissement du niveau de vie des travailleurs en accentuant encore la baisse de la productivité du travail. La bureaucratie essaye d'améliorer la situation en accélérant l'éducation professionnelle des jeunes, ce qui, à son tour, sera loin d'améliorer leur qualification. Mais même sur le plan du nombre, elle n'a pas pu atteindre son but. Elle s'est fixé l'objectit de voir, en 1950, un million de jeunes travailJeurs quitter les écoles professionnelles. Or, en 1946, le nombre de ces jeunes gens n'a atteint que 382.000, contre 350.000 en 1945 (7), alors qu'il aurait dû s'élever au moins à 450.000 pour que lobjectif de 1950 puisse être atteint. la batrepartie rec la relade la feerre D'autre part, avec la fin de la guerre, ment la contrainte dirigée contre la masse des travailleurs industriels. La mobilisation forcée par lOtat a cesse ; le droit du directeur d'entreprise de torcer un ouvrier à rester à l'usine contre sa volonté a également été supprimé. Une fuite générale s'en est suivie, les ouvriers espérant trouver « n'importe où ailleurs » de meilleures conditions de vie que dans l'usine qu'ils viennent de quitter. Voznessenski, président de la commission du Gosplan, a dû, luimême, attirer l'attention de la bureaucratie sur cet état de fait, et en présentant son projet pour le plan quinquennal, il déclare : Il y a encore, chez nous, pas mal de dirigeants d'entreprises qui escomptent 14 il. - La reconversion bureaucratique possède des tares spécifiques il. - La reconversion bureaucratique possède des tares spécifiques
Le deuxième facteur qui a ralenti la reconstruction, c'est l'accroissement monstrueux du pillage de la bureaucratie. La suppression, durant la
Suerre, du « fonds du directeur », soi-disant destine au payement de primes supplémentaires aux ouvriers, mais en réalité source principale des prélèvements de la bureaucratie (Il), a dirige lavidite insatiable de ces écumeurs vers les fonds de roulement et de salaires, les stocks, les outils, les produits finis et même les machines de « leurs » usines qu'ils subtilisent en grande quantité. A partir de juillet 1946, la presse soviétique, elle-même, a été forcée de dénoncer maint scandale. L'incurie, l'incapacité, la malhonnêteté foncière de la bureaucratie sont apparues encore une fois dans les colonnes mêmes de la presse stalinienne, et l'énumération monotone de ces cas interminables de vol, de détournement, de dépense et utilisation illicite, nous permet de considérer le pillage accru de la bureaucratie comme un des freins essentiels de la reconstruction de l'industrie soviétique.
Reste à examiner dans quelle mesure - les ressources du « glacis », considérées par la bureaucratie comme « l'aide la plus sûre » de la reconstruction, ont réellement pu amélioter la situation.
Quelle que soit l'influence prépondérante que l'U.R.S.S. peut avoir acquise l'on se place au point de vue de ces pays, l'apport de leurs importations relativement aux besoins de l'économie so-
La situation alimentaire se présentait sous un aspect assez tavorable, au début de 1946, en U.R.S.S. Les livraisons copieuses de l'U.N.R.R.A. alimentaient en grande partie l'Ukraine et la BiéloRussie en viande et matières grasses. Les stocks de guerre étaient loin d'être épuisés, et bien qu'on fût loin de pouvoir garantir une consommation alimentaire « normale » aux masses soviétiques, Staline promit, en février 1946, labolition rapide du rationnement du pain.
Malheureusement, une catastrophe naturelle allait précipiter une crise préparée par le jeu des facteurs économiques (réduction des stocks, diminution de la surface emblavée, diminution du rendement par hectare, suite à la démécanisation relative, pénurie de semences et d'outillage agricole, ete.). Une vague de sécheresse, partant en mars de la Moldavie, s'étendait progressivement jusqu'a la Volga, touchant une superficie plus grande que celle qui avait souffert de la sécheresse de 1921 et causant une récolte extrêmement mauvaise.
Le rapport de la commission du Gosplan compare l'étendue de la catastrophe à celle de 1921 et à celle de 1891, les deux années de pire famine que la Russie ait connues dans les temps modernes. Il ajoute, bien entendu, que, cette fois-ci, le pire a été évité grâce
TERNATIONALE viétique est en réalité négligeable. Voici les quantités importées en 1946, en pourcentage de la production soviétique :
Petrole roumain, 1.800.000 tonnes (6 % de la production russe) ; charbon et coke polonais, 4,6 millions de tonnes dans les 6 premiers mois (6,5 % de la production russe durant la même période) ; produits de soude polonais,
25.000 tonnes de produits de soude durant les 6 premiers mois de 1946, ce qui constitue environ 8 % de la production russe pour la meme période qui, dailleurs, n'a pas atteint les prévisions ; ciment hongrois, 250.000 tonnes (5 % de la production russe), etc. (12). Le bois finlandais, les produits de textile polonais et hongrois et les souliers tchécoslovaques, tout en constituant des quantités importantes, n'atteignent même pas 1% de la production soviétique courante.
Un apport beaucoup plus important a été constitué par les livraisons d'installations industrielles tcheques (pour une valeur de plus de 1 milliard de kc.) et le démantèlement d'usines allemandes.
Cependant, cet apport était de loin inférieur à celui de l'outillage « importé », en 1940, de Mandchourie, d'Allemagne, d'Autriche, de Pologne, de Roumanie, de Tchécoslovaquie et de Finlande, qui a permis la remise en marche de nombreuses usines russes détruites durant la guerre. Quant à l'accord commercial russo-suedois, ll ne se tera sentir que durant l'année 1947 (18), à l'apport des régions agricoles transouraliennes. Mais, comme le fait remarquer The Economist du 9 février 1947, la mention d'une augmentation de la récolte de 50 % en Sibérie occidentale et en Kazakhstan doit être considérée à la lumière de l'aveu fait par la Pravda, quelques semaines auparavant, selon lequel la surface totale emblavée au delà de l'Oural est maintenant inférieure à celle d'avant 1941.
Il semble fort probable que, dans ces conditions, la récolte de céréales n'ait acteint que 70 millions de tonnes, contre
(11) Voir à ce sujet la citation qu'emFront Eutes, e quelle est, de prunte Bettelheim, gp. cit., 159, naoustranzatiou, donnant exemple trappant de lu lisation efiecinve du fonds directorial par la bureau cratie dans ses intérêts exelusifs.
(12) Chiffres empruntés au Quarterly Review of the National Economie Bank of Poland, septembre 1946, et à la rubrique économique de la Neue Zurcher Zeitung qui a donné les précisions les plus exactes sur le commrce extérieur des pays du glacis.
(13) Cet accord auquel la presse deg pays anglo-saxons n'a pas donné beaucoup de publicité mérite une étude spéciale.
III. - La famine et la crise de l'agriculture collectivisée.
III. - La famine et la crise de l'agriculture collectivisée.
UAT RI ME IN 73,4 millions en 1928, 115 millions en 1937 et 120 millions de tonnes en 1940. La récolte de betteraves sucrières s'élève à 15 millions de tonnes contre 14 millions en 1930, 16,8 millions en 1936 et 20,95 millions en 1940 (14).
Dès le début de l'automne, la bureaucratie a commencé à se rendre compte de la non-réalisation du plan pour l'agriculture. Les mesures pour la suppression du rationnement du pain ont été subitement suspendues. Une campagne générale pour la mobilisation intégrate de la récolte se déclencha dans la presse soviétique, accompagnée de la propagande démagogique habituelle au sujet de « l'émulation socialiste » (15). Les kolkhoses de la région de l'Altaï décident « avec enthousiasme » de livrer plus de céréales à l'Etat qu'il n'a été prévu. D'autres régions suivent,, dont, s'il faut en croire les statistioues soviétiques, également la Lithuanie (16). Il est triste de devoir constater que « l'émulation socialiste », loin d'avoir pour objectif de donner « à chacun seIon ses besoins », est destinée à sauver le pays de la famine toute nue...
Sans tracteurs, pas de collectivisation ; sans reconversion de l'industrie de guerre en industrie de paix, pas de tracteurs : ce syllogisme impeccable est en train de se vérifier en Russie de la façon la plus douloureuse pour l'agriculture « socialiste ».
Le parc total de tracteurs russes semble avoir été réduit, durant la guerre, de 523.000 à 390.000 ; celui des moissonneuses-batteuces, de 182.000 à 133 000, c'est-à-dire respectivement de 25 et de 27 % (17). Or la masse des machines agricoles qui restaient en U.R.S.S. se trouvait concentrée dans les régions non touchées par la guerre. Cependant, dans ces régions, on n'a pas assisté à une augmentation, mais, au contraire, à une diminution des surfaces emblavées et du rendement par hectare, ce qui est confirmé par une dépêche du Moscou
News du 12-1-1947. Cette dépêche ajoute que l'Etat augmentera le nombre des tracteurs dans ces régions de 5.280 en
1947 et de 14.000 en 1948. Par conséquent, une infime partie seulement de ce parc de machines agricoles a été transportée dans les régions libérées.
Celles-ci dépendaient donc complètement de la production courante, qui était à son tour conditionnée par le succès de la reconversion des usines de tanks en usines de tracteurs à Kharkov et à Stalingrad.
Le rapport de la commission du Gosplan reconnaît l'échec complet de cette reconversion. Il donne 70 % comme le degré auquel les prévisions du plan pour
1946 ont été remplies. L'Economie du
9-1-1947 pense que cela représente 60 % de la production d'avant guerre, qui était de plus de 170.000 tracteurs et
50.000 combinés. Nous avons cependant
Pimpression que ce chiffre même est plus élevé que la réalité. En effet, Vos nessenski fixe le but à atteindre par le plan quinquernal à l'augmentation du
ERNATIONA E parc de tracteurs à 720.000 pièces en 1950. Cela exige une production 330.000 tracteurs en cinq années de temps, ce qui donne une moyenne de 66.000 tracteurs par an. Or le plan a prévu certainement pour la première année un chiffre en dessous de cette moyenne. De ce chiffre, à son tour, 50 % seulement ont été atteints. Cela nous amène à admettre comme exact le chiffre avancé par The Observer (2-3-1947) de 34.000 tracteurs fabriques, chiitre beaucoup plus probable en tout cas que le chiffre de 100.000 tracteurs suggéré par l'Economie.
Il n'est pas difficile de calculer les conséquences de cet état de choses en ce qui concerne la structure de l'agriculture soviétique. On sait que dès le début de 1946, la presse soviétique publia de longs rapports et de nombreux échos aman à la rupture de la structure kolkhosienne dans les territoires libérés. Les indications manquent complètement pour déterminer dans quelle mesure la lutte a été déclenchée contre la prédominance de la petite agriculture privée, exécutée avec les moyens les plus primitifs sur une surface cultivée fortement réduite (à peine un tiers anciennement cultivées ont été labourées en 1945). Mais il est à des terres supposer que la bureaucratie, qui a reconnu elle-même que « la plupart des travaux des champs s'effectueront encore cette année à la main » (18), s'est trouvée, dans ces conditions, fortement réelle contre l'exploitation privée. Ne handicapée pour entamer une lutte pouvant donner au paysan ni enorais, ni semences, ni machines agricoles, et voyant celul-ci poussé iusqu'aux bords de la famine par la sécheresse, elle a dû se borner à expédier un minimum de vivres dans les régions menacées et pour le reste attendre des conditions plus favorables pour forcer le paysan à labourer plus de terres que son propre petit lopin.
Comnlètement différent est le tableau der régions soviétiques épargnées par la guerre. Dans ces régions, l'Etat a dû
(14) Production de 1946, L'Economie,
9-1-47. Chiffres comparatifs. Bettelheim op rit..
(15) Probleme der Kolkhoswirstchaft, pa" Fritz Roth dans le No 1 de l'année
1947. de lorgane théoriale de in annial.
démocratie autrichienne, Die Zukunft.
(16) La chiffre du « sonlément pour la Lithuanie est de 1 million de pouds, c'es -à-dire 16.380 tonnes. ce qui constitue à peine 1 % de la production de céréales d'avant guerre. Cependant, le plan quinquennal révoit pour 1950 une su face emblavée totale de 2,5 millions d'hectares, dont 1,6 million d'hectares nour les céréales, alors que la surface emblavée totale était de 4,5 mil lions d'hectares avant la ouerre !
(17) Les Cahiers de l'Economie SOviétique, N° 4 (avril-juillet 1946), p. 33.
(18) Les Cahiers de l'Economie viétique, N° 4 (avril-juillet 1946), p. 33.
QUATRIE ME IN exiger toujours davantage de livraisons en rature, abesoins de armée en des en nature, durant la villes industrielles assiégées. D'autre part, la production totale de ces régions, comme nous l'avons indiqué, a eu tendance à s'abaisser et non pas a augmenter dans les kolkhoses. Etant donné que ces kolkhoses, comme le dit cyniquement le n° 4 des Cahiers de l'Economie soviétique, « ont augmenté de 250 % entre 1942 et 1944, leur production de ble non consomme » (p. 33), la quantité totale de produits qui restait aux kolkhosiens et sur la base de laquelle était calculée la valeur d'une journée-travail devait diminuer sans cesse et même tomber à ce point qu'elle ne suffit plus à couvrir les besoins de produits agricoles des paysans eux-mêmes. Il s'ensuivit d'abord une tendance
TERNATIONALE générale à augmenter les efforts sur les terres privées, à y augmenter la production, non seulement dans le but de garantir la consommation du producteur lui-même, mais aussi et surtout pour profiter de la pénurie générale de produits alimentaires en vendant l'excédent de la production privée au marché libre. De pair avec cette tendance, une poussée des éléments privilégiés dans les kolkhoses allait vers l'agrandissement systématique des terres privées et laccroissement des ressources personnelles par laccentuation de l'exploitation des éléments pauvres. Le résultat de cette poussée est clairement exposé dans la motivation du décret du Conseil des ministres russe du 19 septembre 1946 au suiet de la réorganisation des kolkhoses (19).
IV. - La bureaucratie dans les kolkhoses : vol, pillage, dépréda ions.
Ce décret énumère d'abord quatre
« maux » qui se sent développés durant la guerre dans les kolkhoses :
La) La bureaucratisation énorme de l'agriculture. L'appareil administratif des kolkhoses s'est développé de façon particulière durant la guerre. Ainsi, en
1948 encore, 17 % des journées-travail dans la région de Pensa furent ré ribuées à l'appareil administratif, et même 18 % dans la région de Tambov
(20). Il estlhors de doute qu'une masse
Ne « spécialistes » inutiles se sont progressivement « casés » dans l'appareil pour éviter leur mobilisation dans l'armée ou leur retour dans les régions dévastées. Il est également fréquent qu'un paysan particulièrement prospère abandonne complétement le travail et se fait payer en tant qu' « administrateur » « sans effectuer le moindre travail », comme le dit le décret.
L'appareil administratif ne se contente pas de vivre en parasie du travail productif fourni par la masse des kolkhosiens. Les réparations que les bureaucrates font exécuter à leurs maisons. les souliers qu'ils se font fabriquer er les costumes qu'ils se font faire — tout est payé comme « journées-travail » consacrée aux kolkhoses. c'es 8-dire par la masse des paysans euxmêmes.
b) Le pillage des terres collectives par la bureaucratie et par les couches pav annes prospères Tin décrot. 211 2 avril 1912 avait autorisé, pour la durée ue la guerre, les commissa iats du peuple des républiques fédérées et autouomes à remettre aux organisations politiques, aux cemmandemants militaires et aux entreprises industrielles des terres non cultivées des kolkhoses en régie propr Cette mesure avait été rendue néci "ire par la désorganisation du système des transports exécutant par priorité les transports militaires et ceux nécessaires à l'industrie de guerre, le sorte que de nombreuses usines et camps de l'armée risquaient de se voir coupés de vivres pendant de longues semaines. Elle était, en outre.
moyen d'augmenter la production agricole déficiente, et elle exprimait, vie fois de plus, la puissance des tentances centrifuges dans l'économie soviétique durant la guerre. Un article des Izvestia du 7 septembre nous donne cependant le tableau de la façon aont la bureaucratie et la paysannerie cossue ont « applique » cette mesure. Tandls que la masse des paysans accroît progressivement ses efforts sur ses propres parcelles, et considére de plus en plus le travai sur les terres des kolkhoses comme du travail torcé qui
One rapporte presque rien, la bureaucratio s'approprie les meilleurs terrains, passe brutalement outre à tout arrangement même formel avec le kolkhose et stimule de son côté le partage progressif des terres par les couches les plis prospères parmi la pavsann rie 191) Les lavestia citent à ce sujet les chiffres suivants : Dans la région de Tcheliabinsk (22), les administrations réco: eront sous leur régie et pour leurs hesoins plus de 8000 tonnes de ble, dont 2 ou 3 % seulement seront livrées à vrwat. Dans le rayon de Bredin de cette même région, 22 administrations, comptant ensemble E0 bureaucrates, disposent de 47,5 hec ares, presqu'un hectare par personne... S'il v a de la famine en Russie. pa no seront nas en tout nos. les bureaucrates qui auront faim cette année:
c) Bureaucrates, administrateurs et fonctionnaires obligent loa k-wherer à leur livrer gratuitement du bétail, du blé, des fruits, du lait, du miel, etc, et ils ont l'habitude, comme le montre les
(19) Lavestia, 20-9-46.
(20) Provinces très fertiles de la Russie centrale. entre la han et la Talea.
(21) Cité par Die Zukunft, article cité plus haut.
(22) Région transouralienne, au sud de Sverdlovsk.
Q VATRIE ME I N Iavestia du 26 septembre. « de puiser largement, et sans honte, dans la propriete des kolkhoses comme dans leur propre poche. » La Pravda du même jour relate la réponse é ennee d'une jeune kolkhosienne, interrogée pour savoir pour quelle raison la direction du kolkhose avait pris l'habitude de donner des pots-de-vin aux directions des M.T.S. « Sans pot-de-vin on ne reçoit rien. n'avions plus lu, sous une plume stali- » Il y a longtemps que nous nienne, une définition aussi rigoureusement exacte et sociologiquement correcte, du régime bureaurratique qui règne en U. R. S. S. Notons encore cette remarque savoureuse du décret du Conseil des ministres, selon laquelle les dirigeants des kolkhoses « ont souvent l'habitude de vendre les produits du travail commun à des prix inférieurs aux coûts de production à des « personnes privilégiées » (!) (23).
d) Il va de soi que ce n'est pas la masse des kolkhosiens qui ont « élu » ou nommé cette armée de fonctionnaien passant qu'ils sont « mieux rétribués res parasites, -- dont le décret nous dit que les travailleurs productifs ». Il n'y a plus eu de réunions collectives des membres des kolkhoses, les fonctionnaires ont été « tout simplement » désignés par les « autorités ». N'est-il pas étonnant que jamais une seule plainte à ce sujet n'ait transpiré dans la presse sovietique, avant cette soudaine campagne déclenchée d'en haut ? Faut-il supposer à ce sujet que les paysans trouvaient ce système « tout simple-
V. - Contre le mal bureaucrati a la famine et à la décollectivisation, la Faisant en Russie occidentale, bureaucratie stalinienne a dû entamer dans les conditions les plus difficiles la lutte contre les tendances petites-bourgeoises et centrifuges dans le pays. La lutte économique contre la bureaucratisme et la déprédation des kolkhoses n'est possible qu'à des conditions économiques déterminées. Si l'on veut amener le paysan à travailler davantage aux kolkhoses et à limiter ses efforts sur son propre lopin de terre, il faut qu'il reçoive l'équivalent exact de sa journée-travail, et que la répartition du produit net des kolkhoses ne soit pas faussée par les procédés bureaucratiques mentionnés ci-dessus. Il faut ensuite qu'en échange de la journée-travail, rémunérée en grande partle en tionnée, il puisse s'acheter aux coopéraroubles-papier de consommation tives des produits d'un prix plus bas et de meilleure qualité que ceux qu'il achètera sur le marché libre. Il faut lui plus favorable que le déplacement surtout que cette opération soit pour à. la ville, la vente des produits excédentaires de son lopin « propre » et sachar a des prix exorhitants d'objets de consommation sur le marché libre.
C'est-à-dire, qu'il faut avant tout qu'il
TERNATIONALE inent » naturel, parce qu'ils n'étaiênt pas habitués à autre chose depuis près de vingt ans ? Ou bien la presse soviétique, « au service des ouvriers et des paysans », d'après la « constitution stalinienne », serait-elle fermée aux plaintes de la base ?
La conséquence de ce régime bureaucratique, dit le décret du Conseil des ministres, c'est que « les paysans kolkhosiens n'ont pas pu exercer la moindre influence sur la régie et la distribution des revenus (!) des kolkhoses, ce qui a conduit à des abus (!) de la part des fonctionnaires des kolkhoses, qui se considèrent comme indépendants de la masse des membres et perdent tout sentiment de responsabilité (!) envers eux ». En d'autres termes, le système bureaucratique qui dirige les regards des fonctionnaires exciusivement vers en haut, et qui pénètre comme in gangrène dans toutes les sphères de la vie sociale, engendrant le cynisme, la corruption et la renaissance de l'esprit de lucre, a conduit, durant la guerre, au développement d'une bureaucratie 1ocale dans les villages, dont les liens avec la bureaucratie « centrale » étaient plutôt relâchés, et qui a volé et pillé sans vergogne la masse des paysans, astreints à un labeur plus dur que jamais.
Voilà la beauté des millionnaires soviétiques, vantés par les propagandistes staliniens (24) comme « un indice beureux qui permet d'espérer que l'Union soviétique deviendra. une nation de gens prospères et heureux »• que, remèdes bureaucratiques. quantité suffisante aux prix « officiels ».
Nous reviendrons plus loin sur l'aspect économique du problème. Constatons immédiatement que le gouvernement stalinien, dans la lutte qu'il entend entamer contre les tendances petites-bourgeoises, est forcé de passer . complètement a côté du mécanisme économique qui les provoque. Le mal bureaucratique est combattu de façon bureaucratique, c'est-à-dire par des menaces et des intimidations, par un « décret », et, non en dernier dieu, par la création d'un nouveau « corps de contrôleurs » dépendant cette fois-ci directement de l'administration centrale.
Le décret du Conseil des ministres du
19 septembre 1946 prévoit en effet pour rétablir la situation des kolkhoses les* mesures suivantes:
a) Les dirigeants des organisations du parti et de l'Etat doivent dans un délai de deux mois « réduire » leur appareil bureaucratique à des proportions plus convenables ».
b) Jusqu'au 15 novembre, une revision de la propriété paysanne doit être
(23) Neue Zürcher Zeltung, 24-9-46.
24) Reginald Bishoo: Millionnaires soviétiques, édité par les « Amitiés belges ».
Q UATRIEME IN effectuée à l'aide du cadastre, rétablissant la superficie originale de la propriété kolkhosienne. Les régies autonomes dis usines, administrations locales et commandements militaires sont supprimees. Ces terres doivent être restituces aux kolkhoses.
c) Les « bases démocratiques » dans les kolknoses doivent être rétablies. Tous les présidents et fonctionnaires doivent « de nouveau » être élus. Le décret n'ajoute pas — et pour cause ! -les « modalités d'exécution » de ce décret, qui doit permettre aux paysans pauvres de se soustraire à la pression combinée des kolkhosiens cossus et des bureaucrates locaux, pour rendre cerie « démocratie » effective...
d) A lavenir, chaque intervention « non autorisée » dans la propriété des kolkhoses sera punie comme une action criminelle et contraire à la sûreté de l'Etat (cette menace au moins doit être « bien comprise ») ; e) Un ministère spécial des kolkhoses est créé au sein du gouvernement central de l'U. R. S. S., ministère qui enverra ses contrôleurs dans toutes les républiques fédérées et autonomes et qui ira vérifier sur place l'intégrité de la propriété kolkhosienne, la protection, des kolkhoses et la défense de leur statut.
Quels sont les resultats de ces mesures ? Nous ne possédons jusqu'ici qu'une donnée statistique : le ministre des kolkhoses, Benediktof • a déclaré que 11 millions d'acres (plus de 5 millions d'hectares) ont été retournés aux kolkhoses. Ce chiffre énorme, représentant plus de 5 % de la superficie cultivée totale, et qui dépasse l'ensemble de
TERNATIONALE la surface ' emblavée de la Biélorussie et des trois pays baltes, donne une idée de la rapidité avec laquelle la paysannerie cossue et la bureaucratie sont passées à l'appropriation des terres. Il ue donne, par contre, aucune idée du degré auquel cette appropriation a été réduite, la fraction de l'ensemble des terres enlevées aux kolkhoses représentée par ces 1l millions d'acres n'étant pas indiquée. Une bureaucratie centralisée, soumise directement à l'appareil bonapartiste, « évince » maintenant, en quelque sorte, cette bureaucratie locale, ayant tendance à s'agglomérer avec les couches paysannes cossues. Ce procesa11s, qui est assez pareil à celui qui s'est déroulé lors du passage de la N. E. P. à la plantrication. se heurtera cependant à des difficultes économiques d'un caractère tout à fait différent. La résistance de la paysannerie a été brisée en 1928 en détruisant le cadre de l'exploiration privée et en instaurant le système collectivisé. L'enthousiasme de larges masses laborieuses dans le passage vers lindustrialisme était indéninble. La résistance paysanne actuelle se produit en tant qu'excroissance du svstème collectivisé, ayant l'appui d'une large partie de la bureaucra le interieure, et faisant face à la haine accumulée des masses ouvrières face au régime stalinien. Les rapports de forces ont évolué et ils n'ont pas évolué en faveur de la bureaucratie. Voilà pourquoi celle-ci se voit forcée d'admettre la pression paysanne et d'ajuster sa politique des prix et salaires de telle façon qu'elle puisse agir dans l'intérêt de la paysannerie.