Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de mai-juin

Résolution politique de la Conférence de décembre 1946 des Communistes internationalistes d'Autriche (section autrichienne de la IVe Internationale)

Quatrième Internationale, numéro de mai-juin · mai-juin 1947 · p. 66-72 · 5 157 mots

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Internotionale) LA SITUATION ET NOS TACHES I. — La situation du capitalisme mondial A deuxième guerre mondiale impérialiste a fortement exacerbé les L contradictions du capitalisme mondial, Elle a amené un agrandissement gigantesque des forces productives capitalistes, surtout aux Etats-Unis, de sorte que, malgré la destruction des forces productives de deux pays comme l'Allemagne et le Japon, et malgré la destruction de presque toute l'Europe, le terrain gagne semble devenir trop étroit pour permettre l'utilisation profitable de ces forces productives gigantesques. Les contradictions fondamentales entre le développement gigantesque des forces productives et les possibilités d'écoulement avec profit, amènent des a présent à l'horizon l'ombre d'une nouvelle crise economique mondiale.

2. La période actuelle est celle d'un plein essor, surtout pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, mais également pour différents pays européens. A l'heure actuelle, les Etats-Unis sont à même, grâce à leurs forces productives gigantesques, de couvrir à eux seuls tous les besoins mondiaux. Afin de ne pas perdre définitivement du terrain sur le marché mondial, l'Angleterre est maintenir et même d'augmenter ses exportations, et ce, au prix d'une tension et d'efforts intenses. Nous nous trouvons en pleine course pour l'acquisition marchés mondiaux. Les capitalistes les plus prévoyants craignent, des à présent, la crise qui approche et essayent d'y trouver des moyens « préventifs » (salaire annuel aux Etats-Unis, ajournement des travaux publics, etc.) Mais tous ces grands et petits moyens échoueront devant la force de crise à venir. commencera au plut tôt fin 1947 et au plus tard en 1948-49 et débutera aux EtatsUnis. La crise mondiale de 1929-32, en comparaison, semblera avoir été un jeu d'enfant.

3. La nouvelle crise mondiale qui s'annonce démontrera encore une fois la faillite du capitalisme mondial. En face des richesses énormes de quelques oligarchies trouverons la misère immense des larges couches travailleuses qui s'enfonceront dans la famine et le dénuement.

4. Dês à présent, la misère des masses devient insupportable dans les pays dont les capitalistes négligent le marché intérieur au profit des marchés extérieurs, et elles doivent payer cette politique par la misère et l'augmentation du coût de la vie. Mais la classe capitaliste de tous les pays s'efforce egalement de faire supporter par les masses les frais de la guerre et ceux de la « reconstruction » : ce qui mène à leur plus grande misère, surtout dans les pays vaincus.

II. — La situation en U.R.S.S. 5. LU.R.S.S. a été terriblement affaiblie par la guerre, 50 % de ses forces productives ont été anéanti et « le socialisme dans un seul pays » de Staline est en pleine faillite. La politique stalinienne de rapine en Europe et en Asie devra cacher aux masses cette faillite, devra diminuer les pertes matérielles 86

QUATRIEMEINTERNATIONALE provoquées par la guerre et ce, aux dépens des masses des pays occupes. Mais tout cela ne peut que différer la chute du régime stalinien.

6. A interieur la guerre a aiguisé davantage contradictions entre la bureaucratie stalinienne et les masses. Du sein de la bureaucratie est sortie une particulièrement, qui semble être désignée pour le rôle de défenseur des déments caste militaire qui veut s'emparer commandement officiel. C'est d'une nouvelle classe exploiteuse, renforcée également par la guerre.

7. D'autre part, la guerre a renforcé la conscience des masses ; leur initiative fourni de nouvelles expériences et ainsi aiguisé les contradictions qui les opposent au régime bureaucratique. La bureaucratie stalinienne essaye de parer opposition des masses par des succès en politique étrangère, par le sacrifice de boucs émissaires, par des « nettoyages » des écuries bureaucratiques, etc... la suite de sa politique perfide aiguiseront encore les contradictions formidables 8. De nouveaux efforts terribles imposés aux masses par la existant entre les masses et elle-même et les prépareront à La chute de la bureaucratie provoquée par le prolétariat prendra sans caractère civile et l'obligera à vaincre les nouveaux éléments exploiteurs, d'une guerre

III. - Impérialisme mondial et U.R.S.S. 9. Par suite de l'issue de la guerre, les voisins les plus proches de 0.R.s.s., à savoir l'Allemagne et le Japon. ont été vaineus, mais elle se trouve néanmoins devant le fait de l'effacement des différends impérialistes en face dictions générales qui s'opposent à elle. Sous la conduite de l'impérialisme des Etats-Unis il s'est un front unique impérialiste contre le premier Etat ouvrier profondément dégénéré, dépouillé en même temps de toutes les sympathies actives des masses mondiales de par la politique criminelle de Staline, comme jamais auparavant.

10. Cet antagonisme profond entre l'impérialisme mondial et YU.R.S.S. reflète, malgré la dégénérescence profonde de l'U.R.S.S., la contradiction irréconciliable de l'impérialisme rapports de propriété issus de la révolution d'Octobre En cas de guerre, le prolétariat saura défendre inconditionnellement contre l'impérialisme ces rapports de propriété.

11. L'unique fait qui permet encore à la bureaucratie stalinienne de louvoyer en face de l'impérialisme mondial : c'est la crise profonde du capitalisme mondial

Men aide, ainsi que les mouvements de masse qui en résultent en qui lui vient Europe, Amérique et les colonies.

12. L'étape suivante du conflit entre l'impérialisme mondial et l'U.R.S.S. nous apportera un éclaircissement sur leur rapport de force effectif qui miné bien davantage par le développement de la révolution internationale que par leur potentiel économique.

IV. - Les rapports de classe actuels 13. La bourgeoisie s'efforce de stopper son retrait devant les masses radicaguerre ; elle se prépare à reprendre les concessions qu'elle a dû leur faire et à lancer sa contre-offensive. Mais elle est toujours obligée de prendre en considération le mécontentement des masses, de les tromper par des impostures et de les engourdir, en se servant des partis socialiste et stalinien renforcés par les masses. Mais elle attend le moment propice pour se débarrasser de l'aide de ces laquais petits bourgeois et surtout des partis staliniens, en politique bien dirigée en ce sens. Ceci est valable surtout pour les faibles et affaiblis de la chaîne impérialiste où la bourgeoisie est déterminée à saigner les masses en liquidant les formes démocratiques

Mais la bourgeoisie n'est pas à même de risquer une collision ouverte 14. Les classes moyennes, qui, après la fin de la guerre, se tournaient vers actuellement une attitude d'attente interrompue d'oscillations a rauche et à droite. Plles suivent, dans leur majeure partie, les nouveaux partis bourgeois du « centre » qui ne sont oue des agents du capital financier et au montrent une tendance croissante à se subordonner ouvertement à ce dernier.

Dans les pays soumis aux méthodes d'occupation staliniennes, la majeure partie des classes moyennes s'est tournée vers les vieux partis bourgeois ou leurs rem-

La politique perfide des partis socialiste et stalinien agit dans le même sens, politique incapable d'aider radicalement les masses moyennes aux dépens plaçants.

de la bourgeoisie même, et les poussant finalement vers la droite et vers bourgeoisie. La couche qui suit dès à présent la bourgeoisie et ses plans d'instauration d'une dictature ouverte est encore relativement mince, Mais dans un développement continu de la politique et des staliniens, des changements brusques dans l'attitude des classes moyennes sont toujours possibles; leur tournant vers la droite peut fournir la base de masse nécessaire une dictature ouverte. En attendant, les classes moyennes n'ont pas encore pris de décision définitive pour une période assez longue. La situation objective pousse les masses moyennes vers la gauche, mais sans une politique hardie et bien définie du prolétariat, elles lui tourneront le dos et tomberont dans le piège du grand capital.

15. Le prolétariat a été profondément révolutionné par la guerre, mais par faiblesse du facteur subjectif, d'un parti révolutionnaire agissant ouvertement, il a fait d'abord confiance aux partis petits bourgeois traîtres : c'estpartis socialiste et stalinien. Depuis la fin de la guerre, il n'a pas subi de défaite profonde. La situation objective et ses répercussions le poussent de plus en plus à gauche, mais la politique perfide des partis socialiste et stalinien empêche le déveioppement de sa force révolutionnaire qui montrerait aux travailleurs le chemin unique qui mène de la misère capitaliste à la révolution orolétarienne. C'est dans son aile gauche que commence à s'éveiller et à grandir e mécontentement contre la politique criminelle des partis socialiste et stalinien.

Les éléments les plus décidés et conscients de cette classe commencent à se tourner vers la IV° Internationale, le seul parti capable de libérer les forces enchaînées et paralysées par les bureaucraties des partis socialiste, stalinien et des syndicats et de les diriger vers la voie d'une action révolutionnaire.

V. - La faillite de la social-démocratie 16. Malgré des apparences contraires, les partis socialistes (social-démocrates, parti travailliste et bureaucratie syndicaliste) ont fait faillite.

Et ce qui cache encore leur faillite : c'est la banqueroute aussi grandiose du stalinisme dont les répercussions profitent encore au parti socialiste. La faillite du parti socialiste prend racine dans la faillite du capitalisme, de ses formes de gouvernement démocratiques, la démocratie bourgeoise même.

17. La banqueroute de la démocratie bourgeoise prend racine dans l'impossibilité où se trouve le capitalisme mourant de maintenir son système de profit dans le cadre des formes démocratiques, qui fournissent par contre des possibilites de lutte plus avantageuse au prolétariat. La démocratie bourgeoisie devient de plus en plus un article de luxe que peuvent se payer seulement les pays capitalistes les plus riches, ayant soumis à leur exploitation le monde entier. Dans les autres pays, surtout elle n'existe malgré toutes les assurances hypocrites de la bourgeoisie que grâce à la peur devant les masses et n'est qu'une concession douloureuse de la bourgeoisie pourrissante aux masses mises en mouvement.

18. Le parti socialiste est incapable de reconnaître les racines historiques de la décadence de la démocratie bourgeoise la raison même de sa propre perte. Les bureaucrates petit-bourgeois qui le guident sont aussi incapables d'emprunter la seule voie de salut, celle de l'action révolutionnaire des masses. et restent des laquais banqueroutiers de leurs maîtres capitalistes en faillite et sont liés à eux par la ligne de trahison de la collaboration des classes.

historique du parti socialiste, commencée en 1914, n'est pas encore visible aux masses, grâce à la trahison stalinienne et aux trahisons grandioses du passé. Mais ses répercussions actuelles et futures sont les memes que dans le passé : la défaite catastrophique du prolétariat.

20. Le « socialisme démocratique » n'est qu'une illusion petite-bourgecise et s'avère à l'usage comme un ravaudage lamentable de la déchéance capitaliste. Seuls des bureaucrates encroûtés, s'occupant uniquement du maintien positions burcaucratiques, peuvent encore parler de la voie démocratique élcctorale vers le socialisme et ce, malgré la nécessité pour la bourgeoisie de liquider les formes démocratiques de sa domination, malgré les expériences du fascisme et du bonapartisme, malgré les expériences vécues de tout le passé.

21. La failiite interne du parti socialiste est un fait. Il faut la rendre visible aux masses. Seul le parti révolutionnaire du prolétariat, seule la IV: Internatio-

Men démontrant aux masses, à l'aide de leurs propres expériences, la voie qui les mène du chaos capitaliste à l'action révolutionnaire.

VI. - La faillite du stalinisme 22. La faillite du stalinisme, des partis staliniens, est également un fait certain. Il prend racine dans l'impossibilité de la construction du socialisme dans un seul pays. La « theorie » de la construction du socialisme dans un seul pavs n'était autre chose que la feuille de vigne cachant l'usurpation de la bureaucratie sovietique dégénérée. La toute-puissance bureaucratique a amené l'U.R.S.S. au bord de l'abime et est la racine même de la politique de rapine actuelle de 1U.R.S.S. La bureaucratie stalinienne a transformé partout les partis staliniens en laquais de la bourgeoisie dont le devoir consiste à amener la bourgeoisie à une politique extérieure qui lui soit favorable. En cas d'échec ils restent dans une « opposition » entièrement traîtresse.

23. La trahison stalinienne est la cause principale des défaites catastrophiques subies depuis vingt ans par le prolétariat mondial. mondial. Elle a complètement détruit la confiance révolutionnaire que les masses mondiales avaient en TU.R.SS. et la ainsi dépouillée du aide contre l'impérialisme mondial. Par sa politique actuelle de rapine éhontée, d'annexions, séparations et deportations, bureaucratie stalinienne compromet le communisme aux veux des masses. 68

24. Le stalinisme a fait faillite malgré le nombre élevé de voix recueillies par les partis staliniens dans quelques pays où les masses m'ont pas encore percer à jour leur opportunisme. Le parti stalinien, comme le parti socialiste, ne peut montrer aux masses que la voie de la démocratie bourgeoise émasculée ou celle de la « démocratie du peuple » érigée seulement sous la protection directe de la bureaucratie russe et qui soumet les masses au commandement bureaueratique.

ouverte du stalinisme commence à se faire jour dans les pays où les masses ont fait leur propre expérience des méthodes criminelles d'occupation de Staline. Dans ces pays, les masses font confiance au parti socialiste, aussi incapable, voire aux partis bourgeois. Ainsi le stalinisme détaillant devient encore le recruteur du parti socialiste ou de la bourgeoisie,

26. Mais même dans les pays où les partis staliniens ont encore quelque peu la politique stallnienne mène a des contradictions de plus en pius fortes avec leur faillite ouverte devient inévitable. Ainsi que la politique socialiste, les masses, dont les intérêts principaux ne peuvent être sauvegardés par une Pe iiguir et ta TV Internationple, une sao tique ré oututionna de de sard de politique petite-bourgeoise mais par une politique révolutionnaire de classe. C'est la IV° Internationale, de sa politique révolutionnaire de parti de classe révolutionnaire, de démontrer clairement aux masses ces contradictions et de lui dévoiler cette banqueroute actuellement encore cachée.

VIl. - Les perspectives 27. Grâce à la trahison sans égale des partis socialiste et stalinien, la bourgeoisie mondiale a pu terminer sa deuxième guerre impérialiste mondiale sans sérieuse menace révolutionnaire pour sa domination. Tous deux, par leur politique listivant faire sortir le prolétariat de la guerre impérialiste et du chaos capitaperfide de de collaboration de classe avec les capitalistes, ont barré la route unique

: la route de la révolution prolétarienne. 28. Les contradictions aiguës du capitalisme mourant mettent néanmoins la question la révolution prolétarienne à l'ordre du JOur historiquement. non-exécution, provoquée par la politique perfide des partis socialiste et stalinien, est la cause de spasmes et de convulsions continus dans des pays comme France et lItalie, empêche l'éveil et le raffermissement de la classe ouvrière allemande, aide les impérialistes au dépècement de l'Europe et maintient le prolétariat dans l'impuissance,

29. La conjoncture favorable ne touchera qu'accidentellement les pays vaincus ou semi-vaincus.

Quelques-uns de ces pays ne sortiront de leur propre crise que pour être entraînés dans la crise mondiale qui s'approche. Dans ces pays (surtout la France, (Italie) des heurts de classes aigus sont à l'ordre du jour, posant objectivement la question de la révolution prolétarienne.

30. La crise mondiale, qui commencera au plus tôt dans un an et au plus tard dans trois ans, posera d'autant plus objectivement, à plus forte raison, la question de la révolution prolétarienne. La bourgeoisie mondiale essayera devancer cette crise en perspective ou de s'y soustraire par une nouvelle guerre impérialiste : lattaque impérialiste de l'U.R.S.S. Sa destruction devra créer aux capitalistes de nouveaux débouchés, de nouveaux champs de manœuvres pour les forces productives du capitalisme et, en même temps, par l'anéantissement des classe ouvrire dee, 1 voit infliger une detite catasteengue an proierat derniers restes de la Révolution d'Octobre par l'écrasement sanglant de la mondial et à la révolution mondiale.

31. L'étape qui est devant nous sera remplie de heurts de classes aigus, d'agressions repetees des masses contre les attaques capitalistes de rapine, surtout dans les paye qui constituent les chainons les plus faibles de la chaine capitaliste ; la bourgeoisie s'efforcera, surtout dans ces pays, de reprendre toutes les concessions démocratiques qu'elle a dû faire aux masses et d'ériger une dictature ouverte ou à peine cachée, afin de pouvoir mener sans encombre l'offensive capitaliste contre les masses.

Les luttes futures remettent d'ores et déjà la question de la révolution prolétarienne à l'ordre du jour comme l'issue unique du prolétariat et des classes moyennes pauvres. Sans une politique révolutionnaire du prolétariat, sans déplotement de la lutte des masses, le maintien de la moindre concession bourgeoise, de la moindre acquisition de la classe ouvrière, le maintien et la défense du champs de lutte démocratique deviennent impossibles,

Cette politique devra aboutir à linstauration de la dictatare prolétarienne, qui, seule, peut bannir la misère des masses, rétablir la démocratie socialiste pour les exploités et abattre impitoyablement les exploiteurs déchus.

32. La perspective révolutionnaire reste donc entièrement valable. Elle se raffermira davantage dans les luttes futures. Sa réalisation dépendra uniquement de la force, de la politique juste du parti révolutionnaire, de la IV° Internationale. Des victoires partielles passagères de la bourgeoisie ne peuvent changer la perspective générale, mais seulement ditferer les écheances. Il faut compter en general sur un développement contradictoire des luttes, une situation contradictoire sur les différents champs de bataille, qui prendront naissance dans les tournants

QUATRIEMEINTERNATIONALI rapides à l'intérieur des différents pays soumis plus ou moins fortement à la crise de déclin du capitalisme.

33. Les tentatives de la bourgeoisie de faire freiner actuellement l'offensive des masses par les bureaucraties des partis socialiste et stalinien ou par des syndicats et de commencer demain l'offensive directe, ne peuvent constituer un danger contre révolutionnaire immédiat que par suite d'une faiblesse chronique du parti révolutionnaire. Il ne s'agit nulle part d'un danger immé diat. Mais il est aussi dangereux de le surestimer que de le sous-estimer. variante contre-révolutionnaire recule encore devant la révolutionnaire. Il user de toute notre force afin de réaliser la perspective révolutionnaire.

VIli. — Nos tâches dans la période de lutte immédiate 34. La prochaine période de lutte qui s'ouvre devant nous pose les tâches suivantes:

La) Lutte pour la défense et l'amélioration des conditions de vie des ouvriers ainsi que des classes moyennes pauvres aux dépens de la bourgeoisie entière.

Mb) Lutte contre l'imposition aux masses des frais de guerre et de « reconstruction » suivant le désir de la bourgeoisie que les partis socialiste et stalinien acceptent, à condition que cette imposition soit déguisée ;

Gc) Lutte contre toute altération du champ d'action démocratique, lutte pour la conquête des droits démocratiques des masses.

35. La solution de ces tâches actuelles ainsi que de la tâche principale du proTétariat, c'est-à-dire la prise du pouvoir, suppose la création et le renforcement du parti révolutionnaire prolétarien. Afin de mener une lutte couronnée de succès, il

La) En principe l'orienter contre la bourgeoisie tout entière ; b) La mener en dehors du Parlement, sans cependant renoncer à l'utilisation de la tribune parlementaire, afin de mobiliser les masses ;

Gc) Employer une tactique souple vis-à-vis des partis socialiste et stalinien auxquels la majorité de la classe ouvrière prête encore l'oreille, en particulier en leur rappelant leur parole, en exigant une lutte sérieuse pour la réalisation de leur la chute révolutionnaire de la bourgeoisie.

Pd) A toutes les étapes de la lutte et dès le début faire connaître la critique révolutionnaire des partis socialiste et stalinien aux ouvriers afin de leur démontrer que ni le parti socialiste, ni le parti stalinien en tant que partis petit bourgeois traîtres ne sont à mème de sauvegarder les intérêts principaux de la classe ouvrière et des classes moyennes appauvries en face de la bourgeoisie ;

Be) A toutes les étapes de la lutte et dès le début, appliquer la critique révolutionnaire, aussi bien aux mots d'ordre actuels qu'à ceux de la période transitoire, à savoir sous l'angle principal suivant : aucune conquête des masses en lutte contre la bourgeoisie ne peut être maintenue sans la chute révolutionnaire de cette dernière et sans l'instauration de la dictature du prolétariat ;

Of) Maintenir continuellement à toutes les étapes de la lutte, la propagande révolutionnaire de nos buts de classe, expliquer notre programme ainsi caractère restreint, insuffisant et provisoire de tous les mots d'ordre présents et transitoires en face des mots d'ordre révolutionnaires.

36. A chaque étape de la lutte, le parti, s'il est déjà suffisamment fort, devra développer sa propre action suivant sa capacité et la conscience des masses.

37. En menant la lutte de la façon indiquée et selon la situation concrète, le parti se fraye d'abord un chemin vers les couches combattives et conscientes de la classe et par là même, vers les masses ; il crée ainsi les conditions de lutte bour la chute révolutionnaire de la bourgeoisie.

38. Dans les pays où le parti n'est pas encore suffisamment fort pour un déploiement du travail révolutionnaire parmi les masses et là où les conditions ne permettent pas encore un tel travail, le travall du parti, de son noyau, devra être orienté vers son renforcement en gagnant les ouvriers avancés au programme révolutionnaire. La lutte devra être dirigée vers l'élimination des obstacles qui s'opposent à un déploiement général des activités du parti et vers la préparation de l'étape de lutte pour la conquête des masses.

39. Dans les pays où nos partis restent dans l'illégalité et en revendications démocratiques, il faudra mener une lutte opiniâtre et systématique pour leur légalisation qui, seule, nous permettra d'approcher les masses. Mais à tout moment nos partis devront prévoir la nécessité d'un passage rapide dans une nouvelle illégalité et, en fonction des conditions actuelles, le noyau décisif du parti devra posséder sa propre organisation illégale.

IX. - La situation en Autriche 40. Le capitalisme autrichien, rétabli l'année passée sous la protection des Impérialistes victorieux et de Staline, est un des chaînons les plus faibles de la chaine capitaliste. Malgré toutes les assurances contraires de la bourgeoisie et de 70 ses laquais, les partis socialiste et stalinien, l'Autriche est plutôt une absurdité qu'une réalité. Son existence précaire, aux rivalités entre les impérialistes ainsi que de celles entre les impérialistes et lU.R.S.S. est la preuve la plus marquante de la nécessité de la création des Etats-Unis soviétiques d'Europe qui. historiquement parlant, est depuis longtemps à l'ordre du jour et devra réunir l'Autriche à l'Allemagne révolutionnaire.

41. Les contradictions du capitalisme mondial, les contradictions entre impérialisme mondial et U.R.S.S. ne se reflètent nulle part avec une telle force qu'en Autriche. D'une part la pression étouffante de l'occupation. l'appareil de production encore à moitié anéanti qui, cependant, rapporte déjà des profits appréciables aux capitalistes, mercantis et spéculateurs pillant effrontément, à la bourgeoisie des différents pays fédéraux entourant Vienne. à une paysannerie rassasiée affamant les villes et, d'autre part, une classe ouvrière épuisée, tourmentée et affamée qui, malgré les partis socialiste et stalinien et la bureaucratie syndicaliste se prépare de nouveau à la lutte, et à ses côtés les classes moyennes pauvres et affamées des villes et des campagnes : voici le tableau de l'Autriche un an et demi après sa « libération »

42. La situation en Autriche est caractérisée par le fait que la bourgeoisie renforcée à l'aide des partis socialiste et stalinien est toujours obligée de puyer également sur eux dans le gouvernement. En ce qui concerne le parti stalinien, elle y est obligée du fait de l'occupation soviétique. Malgré cela, la bourgeoisie s'est consolidée, ce qui se constate dans le raffermissement de reil d'Etat, dans son effronterie à accabler les masses sous la misère et la faim, dans ses efforts plus ou moins ouverts pour remplacer la démocratie actuelle par une « démocratie autrichienne », c'est-à-dire par une dictature voilée.

43. Grâce aux méthodes d'occupation staliniennes, la bourgeoisie a réussi à grande majorité des classes moyennes et en particulier de la paysannerie. Seules les couches appauvries des classes moyennes, du fait de leur aggravée, ont actuellement encore une tendance vers la gauche et le parti socialiste.

44. Le prolétariat qui supporte la charge principale de la faim et de la misère. du fait de l'augmentation de la production a gagné des forces et essaye de s'en servir pour améliorer sa situation. On trotive actellement dans ses rangs des ignorant en grande partie le passé antérieur à 1934, qui, pour la première fois, mènent une lutte organisée et qui devront tout apprendre. Il manque d'autre part, dans ses rangs, des centaines de milliers d'hommes tombés sur les champs de bataille impérialistes ou encore prisonniers de guerre. Il a été renforcé numériquement et dans son poids du fait que pendant les dernières années de la guerre, de nombreuses entreprises ont été créées dans l'ouest de l'Autriche.

45. L'activité du prolétariat démontrée par la vague des grèves du printemps dent l'apogée fut la grève des employés du tramway viennois (18-6-46), s'est réveillée de nouveau en automne à la suite de l'abaissement du niveau de vie des grandes masses et a abouti à la revendication de moyens de lutte plus efficaces. Nul doute que l'activité du prolétariat, dirigée par une sérieuse force déterminée, même minime, aurait pu amener une amélioration sensible de la situation des masses, en brisant le sabotage de la bourgeoisie.

- 46. Ni le parti socialiste, ni le parti stalinien ne sont prêts ou à même de diriger la volonté de lutte évidente du prolétariat dans les voies d'une lutte contre la bourgeoisie. Tous les deux agissent sur une ligne de collaboration, de « concentration » avec la bourgeoisie : le parti stalinien avant dans la politique extéreure une tendance d'orientation vers l'U.R.S.S. Ces deux partis ont, l'année passée, remis le pouvoir entre les mains de la bourgeoisie et l'ont aidée à se remettre en selle, comme le parti socialiste l'avait fait en 1918, au lieu de prendre le pouvoir dans l'intérêt même des ouvriers et des petits paysans. ont engagé les ouvriers dans la voie de la « reconstruction » capitaliste. Maintenant qu'apparaissent les fruits inévitables de la « reconstruction » capitaliste, là faim, la misère des masses et le renforcement effectif des classes capitalistes. les partis socialliste et stalinien élaborent des programmes sans cependant faire un seul pas dans la voie de la lutte pour la réalisation de ieurs revendications, à seule fin d'exploiter le mécontentement des masses obtenir des victoires « électorales ».

47. Le mécontentement des masses profite encore au parti socialiste, en l'abrévolutionnaire, comme cela a été prouvé récemment par le Tinten es den stagnation, 8il me ped pas de terrain, pes cipal teste de la pol- Le parti stalinien est en stagnation, tique d'occupation stalinienne. La poussée des masses vers le parti socialiste présage sa majorité absolue aux prochaines élections.

48. Mais à l'intérieur même des couches actives et combattives du prolétariat des processus importants se font jour qui méritent notre attention particulière. Ils se reflètent dans les sommets du P.S. où l'on peut distinguer trois groupements : l'aile droite qui maintient la collaboration ouverte avec la bourgeoisie sein du gouvernement, en excluant, autant que possible, le parti stalinien ; l'aile gauche, qui, à la suite du mécontentement grandissant des masses et poussée par la crainte que les masses ne se tournent finalement contre le

QUATRIEMEINTERNATIONALE P.S., veut arrêter la collaboration ouverte avec la bourgeoisie ; et enfin le centre, gul, pour des raisons « tactiques », veut maintenir encore la collaboration ouverte tout en mettant en garde contre des « exagérations » de la politique de coalition et qui veut provoquer la fin de la collaboration ouverte dans un avenir éloigné seulement. La droite comprend MM. Helmer, Schaerf, la « gauche » : MM. Scharf, Divisch, Krones, tandis que Deutsch-Adler et Cie appartiennent au centre, tout en restant à l'écart afin de pouvoir sortir des coulisses le moment venu, en hommes non compromis.

49. Quoiqu'il s'agisse seulement de regroupements tactiques au sommet du tion d'une alle « gauche » démontre cependant une radicalisation P.S. et sur la base du principe de la collaboration avec la bourgeoisie, l'apparimasses qu'elle reflète à contre-cœur. Une partie de ces masses radicalisées, leur sérieuse des couche supérieure conscience, est dégoûtée des partis socialiste et stalinien et de leur politique perfide et cherche une issue, sa force nouvelle lui montrant la vote de sortie de la trahison socialiste et stalinienne. Ce fait devra servir de base à l'action des Communistes Internationalistes d'Autriche dans la prochaine étape de leur lutte.

X. - Nos tâches 50. L'étape de lutte qui s'ouvre devant nous exige principalement la création d'un parti revolutionnaire de classe du prolétariat. Il s'agit d'abord de renforcer le noyau de ce parti, de le rentorcer quantitativement en vue de son amélioration sans nuire à sa qualité.

61. Le principal moyen de réalisation de cette tâche est et reste la propagande individuelle mais les conditions de lutte améliorées nous donnent la pos sibilité de lier davantage cette propagande à la lutte effective de la classe ouvrière.

52. La propagande révolutionnaire dirigée vers les meilleurs et les plus conscients des éléments de la classe ouvrière, liée à la participation récife au premer rang des luttes journalières de classe sera l'activité principale de notre organisation dans l'étape future. d'obliger les partis petit-bourgeois perfides à tenir leur parole et à réaliser tes 33. La ligne tactique de notre participation a la lutte de classe pratique est revendications ouvrières élaborées par eux.

54. Les expériences principales devant nous servir de base pour notre travail sont, d'une part, l'expérience que les ouvriers ont faite de la politique d'occupation stalinienne et, d'autre part, celles qu'ils ont faites du sabotage des grèves par les partis socialiste et stalinien.. Ces deux genres d'expériences sont bien vivants parmi les éléments conscients de la classe ; il faudra donc nous rapporter à eux.

55. Il faudra mettre au premier plan de notre participation pratique à la lutte de la classe ouvrière, l'améiioration de la situation des masses aux dépens de la bourgeoisie et celle du terrain de lutte démocratique, la lutte pour le rétablissement complet des droits démocratiques des masses, le retrait de toutes les troupes d'occupation, la suppression de toute censure, la liberté complète d'opinion et d'association pour les ouvriers, le droit pour eux de former des partis, etc.

56. Par son importance même, le travall dans les entreprises doit être le premier objet de nos préoccupations. Nous devons de plus en plus gagner la conflance des masses par une conduite exemplaire. Il faut concentrer notre propagande sur les ouvriers les plus avancés et grouper les autres en sympathisants. Notre travail syndical doit se faire sous l'angle de notre propagande. Il faut tout particulièrement veiller sur les comptes rendus provenant des entreprises.

57. Immédiatement en second lieu vient l'opposition grandissante dans les rangs des ouvriers qui suivent encore le sillon du P.S., et surtout parmi la jeunesse. Grâce à une activité de fraction, il faudra entrer en contact avec des éléments et groupes hésitants et indécis, en attirant petit à petit, et à la suite de leurs propres expériences, les ouvriers vers nous.

....... ....

59. C'est encore une autre tâche de notre organisation que la préparation de sa légalisation, quand le moment sera venu.

60. Nous ne pourrons réaliser toutes ces tâches que grâce à la pleine utilisation de toutes nos forces. Toute notre organisation, du sommet à la base, devra donc, dans l'avenir le plus proche, se consacrer à leur réalisation.

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