Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de mai-juin

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro de mai-juin · mai-juin 1947 · p. 73-76 · 2 024 mots

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La résistance ouvrière à la faillite et au chaos économique s'accentue

Après la grève générale des ouvriers de la Ruhr, le 2 avril 1947, la résistance des masses allemandes au régime inhumain de famine qui leur est imposé, s'est étendue et élargie à l'ensemble des zones occidentales d'occupation, pour toucher même la zone d'occupation russe. La violente crise alimentaire qui a abaisse le niveau des rations effectivement distribuées à 800 calories par jour dans les villes de la zone d'occupation américaine et même à 750 calories par jour dans la Ruhr a provoqué une série de grandes manifestations ouvrières, de grèves, des démissions massives de fonctionnaires syndicaux et politiques et même, pour la première fois depuis l'armistice, une tentative de la part des syndicats d'avancer un programme concret de contrôle ouvrier pour résoudre les problèmes immédiats posés devant la classe ouvrière allemande.

Notons quelques-uns des mouvements de protestation les plus caractéristique Duisbourg, 20.000 ouvriers organiques sent un cortège de la faim. A Hambourg, 250.000 ouvriers débrayent en exigeant que les syndicats et les partis ouvriers disposent du plein pouvoir sur la collecte et la distribution des vivres. Ils organisent également un cortège de la faim. A Berlin, dans la zone russe, grève et manifestation des syndicats des ferblantiers, des monteurs et des électriciens. Les grévistes demandent la participation des travailleurs à la gestion des entreprises. Dans le SchlesvigHolstein, grève générale le 13 mai, avec

Les élections en zone

En avril et mai, les élections pour les Landtag des Etats allemands dans les zones britannique et française se sont déroulées généralement dans une atmosphère d'apathie et de désintéressement complets de la part des masses, atmosphère provoquée à la fois par la méfiance des masses par rapport aux partis « officiels » et par les effets de la crise alimentaire. Le nombre grande manifestation à Flensbourg. A Wuppertal 2.000 ouvriers et employés municipaux exigent la diminution des heures de travail en rapport avec les rations diminuées. A Stuttgart, le conseil syndical adopte le principe d'une grève générale, tout en remettant sa réalisation à plus tard. A Solingen, le conseil municipal démissionne en bloc pour protester contre l'insuffisance du ravitaillement. A Dusseldorf, les fonctionnaires syndicaux de toute la région de Wesphalie décident de démissionner en bloc si la situation alimentaire n'a pas été améliorée en dix jours de temps. A une réunion de tous les délégués d'entreprise de la ville, de nombreux délégués de base exigent la grève générale. A Mühlhelm, plus de 1.000 délégués syndicaux de toute la Ruhr exigent l'application d'un plan d'ensemble pour le relèvement immédiat de l'économie, prévoyant l'augmentation de la production d'engrais artificiel, de graisse, de caoutchouc et d'essence synthétique, le remboursement sous forme de livraisons de vivres et de matieres premières, des exportations allemandes de charbon, etc. Pour appliquer ce plan, ils exigent la création de comités de contrôle sur la production, sur la distribution des matières premières et des produits alimentaires, sur les livraisons de produits agricoles, etc. Dans ces comites, les représentants des syndicats devraient avoir la voix décisive. Des tribunaux économiques devraient être créés pour punir économiquement tous ceux qui sabotent les mesures de salut public. britannique et française d'abstentions oscille entre 30 et 40 %. Dans la zone britannique, le parti social-démocrate a fait un léger progres aux dépens des démocrates chrétiens qui, de ce fait, perdent leur position de premier parti. Dans la zone irançaise, le parti social-chrétien maintient dans leg trois Laender sa position dominante, bien qu'il perde la majorité absolue dans le Palatinat rhénan. Les staliniens stag-

QUATRIE M E nent autour de 6 % des voix, sauf dans la Ruhr où, sous les etiets de la faim et des manifestations, leur influence passe de 10 à 14 % des voix, sans pour-

ESPAGNE PODA ANTI

Répondant à l'appel commun des socialistes, des syndicalistes et des syndicats , chrétiens, lancé à l'occasion du Ior mai, la quasi-totalité des travailleurs basques a cessé le travail ce jour-là. En reprenant le travail le lendemain, Ils purent lire une proclamation affichée aux portes des usines annonçant que tous les travailleurs ayant participé à la grève seraient licenciés. La grève se déclencha immédiatement pour obtenir satisfaction sur le point de la réintégration de tous les travailleurs

ETATS-UNIS

Grève des ouvriers et

Depuis cinq semaines, la grande majorité des 300.000 ouvriers et ouvrières téléphonistes sont en grève pour exiger une augmentation de salaires en rapport avec l'augmentation constante du

D'autre part, les ouvriers du syndicat de l'automobile, les ouvriers de l'industrie de l'acier et de l'industrie des appareils électriques, representant trois des syndicats les plus puissants du C.L.O.,

TERNATIONALE tant regagner l'influence dominante qu'ils possédaient dans cette province avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler. licenciés. Grandissant de jour en jour, le mouvement gréviste engloba 60.000 ouvriers le 7 mai. Une extension des grèves se produisant à Barcelone et à Madrid, Franco s'est vu forcé de publier un décret selon lequel aucune sanction ne serait prise contre ceux qui arrêtèrent le travail le 1ºr mai. Cependant, la presse rapporte que les prisons de Bilbao regorgent de prisonniers ouvriers; le nombre des grévistes arrêtés est estimé à 6.000. ouvrières téléphonistes coût de la vie. La revendication centrale est celle d'une augmentation de 6 dollars par mois. Une partie des grévistes a repris le travail après avoir obtenu 4 dollars d'augmentation. ont obtenu des augmentations de salaires sur la voe des pourparlers. Ces augmentations se chiffrent à 15 et 17 cents par heure.

Manifestation monstre à Detroit

A Detroit, plus de 275.000 des 500.000 ouvriers industriels habitant la ville participèrent à une manifestation mons-

FRANCE.

Nous donnons ici un bref aperçu de la façon dont s'est déroulé le mouvement gréviste en France (les commentaires sont donnés dans l'éditorial): 25 avril: 1.500 ouvriers cessent le travail. dans les sections 6 et 18 dans lesquelles un comité de lutte avait 74 tre contre les projets de législation antiouvrière préparés par le nouveau Congrès à majorité républicaine.

déclenché depuis plusieurs semaines une agitation pour une augmentation de salaires de 10 francs de l'heure. 28 avril: Meeting de masse convoqué par le comité de grève des départements 6 et 18. Appels à l'extension de la grève lancés dans les autres départements.

Vague gréviste dans le pays basque

Augmentations de salaires accordées sans grève

La grève Renault et le mouvement gréviste

Vague gréviste dans le pays basque

Augmentations de salaires accordées sans grève

La grève Renault et le mouvement gréviste

Q. UATRIEME IN 29 avril: Grève générale des 34.000 ouvriers de chez Renault. Constitution d'un comité de grève élu. Par vote massif, secret et démocratique, les ouvriers se prononcent pour la grève. 30 avril: La direction stalinienne de ia

C.G.T. tente « d'adopter » la grève en substituant revendication l'augmentation de 10 francs du salaire horaire celle d'une prime de production de 10 francs. 4 mai: La grève s'étend chez Renaudin, à Suresnes. Chez Unic, une proposition de grève est repoussée par 700 voix contre 400. 6 mai: Les grévistes repoussent une proposition stalinienne de reprendre le travail sur la base d'une augmentation de 1 fr. 25 par heure. Outre Renaudin, se sont joints a la grève :

Tubauto, Bernard d'Arcueil, Neve-

Frigidaires. Le mouvement gréviste s'étend en province où, outre les usines métallurgiques de Saint-Dizier, les bateliers de Douai et de Béthune, les ouvriers des papeteries des mêmes régions, les tanneurs de Roanne, et les mineurs de plusieurs puits se sont mis en grève. 7 mai: Une nouvelle tentative de faire débrayer l'usine Unic, usine-clé de la métallurgie parisienne, sur la voie d'un déclenchement de la grève générale de la métallurgie échoue par voix contre 500. 9 mai: Les ouvriers de chez Renault votent par 12.000 voix contre 6.000 la reprise du travail le 11 mai. Les départements 6 et 18 votent pour la continuation de la grève et la continuent effectivement, exigeant le payement des heures perdues dans la grève. Les ouvriers ont obtenu l'aug-.

mentation de 3 francs par heure comme prime. 16 mai: Le gouvernement donnant une prime de reprise de travail de

1.500 francs aux grévistes, les ouvriers des départements 6 et 18 de chez

Renault reprennent le travail.

La grève des usines Renault a donc donné le signal du déclenchement de la plus large des vagues de luttes revendicatives que la France ait connue depuis la fin des hostilités. Dans la région parisienne comme en province de très nombreux mouvements ont éclaté dans

TERNATIONALE presque toutes les corporations. Outre les grèves qui sont signalées plus haut on doit noter l'extension du mouvement dans la métallurgie à Dives-sur-Mer, a Sochaux chez Peugeot, à Corbeil chez Decauville. Une grève dans la blanchisantérieure au mouvement Renault, rebondit et s'élargit a toutes les bianchisseries de la région parisienne. Des corporations touchées par des grè ves antérieures saisirent la possibilité de la généralisation pour reprendre la lutte interrompue, ainsi les employés de banque du Havre, les brasseurs de Roubaix, les ouvriers du « Livre » du Puy. Un mouvement d'une grande importance s'est déclenché aux Moulins de Paris, auquel le gouvernement répondit par une réquisition dont les ouvriers ne tinrent aucun compte. L'alimentation entra également dans la lutte avec les grèves de l'Alco-Levure à SaintOuen-l'Aumône (Seine-et-Oise) et de l'usine de levure de Roubaix. Tout le nord de la France fut soulevé; ce furent tour à tour les flatures (Armentières, Houplines, Seclin, etc...), la batellerie, les mines, la papeterie (Corbehem), l'industrie chimique avec l'usine Kuhlmann de Loos - les - Mines. Des cimenteries, des tanneries, les chantiers navals de Boulogne-sur-Mer, les marins de Bordeaux, les dockers de France et d'Algérie en une grève d'avertissement, les chemins de fer par ses manutentionnaires (La Chapelle, Le Bourget), des secteurs de toutes les industries, enfin, ont saisi le signal de lutte du « Poutilov » français pour entrer dans la voie de l'action revendicative.

Il faut noter que si la grande majorité de ces grèves se fixait des augmentations de salaires pour objectif, certaines y joignaient des revendications touchant le ravitaillement et la question du pain dont le rationnement s'est aggravé ces derniers temps en France (Montluçon, les mines du Nord).

Le mécontentement contre l'insuffisance du ravitaillement et le renforcement des restrictions de pain a provoqué de violentes manifestations populaires (Lyon, Nevers, ete...).

D'autre part, les organisations de petits commerçants ont tenu à travers la France plusieurs meetings de protestation contre le « dirigisme », en particulier à Paris ou environ 50.000 petits bourgeois ont conspué à travers le « dirigisme » le gouvernement et les partis ouvriers.

INDES

100.000 grévistes à Madras exigent la libération d'un dirigeant trotskyste arrêté gouvernement du « Parti du Congrès »

Plus de 100.000 travailleurs ont arrêté à Madras.

du camarade Antonipillay, trotskyste, le travail le 31 mars, à Madras, pour et président de la Centrale syndicale protester contre l'arrestation par le de Madras. Le camarade Antonipillay est membre du Comité central du Parti bolchevik-léniniste des Indes (B.L.P.I.) et membre du Conseil général de la C.G.T. hindoue.

L'arrestation du camarade Antonipillay était un acte de désespoir de la part du gouvernement destiné à éviter une extension de la grève de 14.000 travailleurs du coton, qui durait depuis plusieurs jours. Cette mesure a eu leffet opposé. Bien que les staliniens essayèrent de faire traîner les choses en longueur, et que le premier ministre ft un appel hystérique par radio pour la reprise du travail, la grève de protestation réussit complètement, groupant tous les ouvriers des services de transport de la ville, les travailleurs SOCIETE NATIONALE DES ENTREPRISES DE PRESSE

TERNATIONALE des tanneries, les dockers, les cheminots, les ouvriers des grandes usines de coton, les employés des magasins, etc. La police armée stationnée tous les dix mètres, des trolleybus garnis de policiers patrouillant les lignes de chemin de fer, les détachements de « Gurkhas », mitraillette au poing dans la ville, telle fut la réponse du Parti du Congrès à la grève de protestation des masses ! Entre-temps, le camarade Antonipillay demeurant arrêté, et deux autres militants trotskystes : R. de Silva et M. Muthiah, Math: hindoue avertit le gouvernele rejoignant en prison, la ment que si leur libération ne se produisait pas immédiatement, la grève générale serait déclenchée dans toute la province.

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