Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de mai-juin

Nouvelle étape de la révolution chinoise

Quatrième Internationale, numéro de mai-juin · mai-juin 1947 · p. 5-5 · 460 mots

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Tchang Kaï Chek et son régime de dictature sont en train de passer un mauvais quart d'heure.

Après l'échec de la tentative de médiation de Marshall, qui s'est efforcé de mettre les staliniens sous la coupe de Tchoung King et de « pacifier » la Chine, pour rendre plus facile et plus profitable la pénétration économique et politique de l'impérialisme yankee, Tchang Kaï Chek entreprend une double offensive, politique et militaire, pour consolider son régime et donner satisfaction à Washington.

Le dictateur chinois promulgue une nouvelle « Constitution libérale » qui met fin à la domination du Kuomintang, et convoque une Assemblée à laquelle parti. cipent, en outre, le parti de la Jeune Chine et le parti social-démocrate. En même temps, finance, armé et équipé largement par les Américains, il entreprend une nouvelle expédition militaire contre le Nord et le Yenan, déclarés en état de « rebellion ouverte » contre le gouvernement central.

Cette offensive, après quelques succès initiaux et la spectaculaire occupation du Yenan, vient de s'achever en déroute désordonnée. Les armées de Nao Tsé Tung occupent de nouveau la plus grande partie de la Mandchourie et de la Chine du Nord.

Dans les régions contrôlées par Tchang Kai Chek règnent une inflation fantastique et la famine, qui provoque des soulèvements fréquents de paysans et d'ouvriers, ainsi que les dernières grandes grèves et manifestations qui ont éclaté à Changhaï et dans plusieurs autres villes.

L'armature de la dictature qui, depuls vingt ans environ, a terriblement opprimé le peuple chinois, craque de tous côtés.

Les ouvriers et les étudiants des grandes villes du Sud de la Chine luttent vaillamment pour leurs revendications économiques et démocratiques. Dans des manifestations puissantes de centaines de milliers de personnes, qui ont paralysé et complètement débordé les forces de répression de Nankin (où s'installait le nouveau gouvernement du général Chang-Chun, qui succède au Dr T. V. Saong), ils ont posé de véritables ultimatums au dictateur.

Dans les campagnes, les paysans réclament la terre et lexonération des impôts qui les écrasent. La bourgeoisie commerciale et industrielle elle-même, qui, dans les villes du Sud, retrouve de l'importance avec la fin de la guerre contre le Japon, est mécontente et demande que le régime de Nankin relâche ses liens avec les élements féodaux corrompus qui ont submergé le Kuomintang durant sa retraite à l'intérieur du pays, et qu'il s'engage dans la voie des réformes qui permettront aux « affaires » de prospérer.

La dictature est aux abois et une nouvelle phase de la révolution chinoise commence, qui ouvre des perspectives grandioses pour la révolution socialiste en Asie et dans le monde.

Ces événements constituent, d'autre part, un des freins les plus puissants à la préparation par l'impérialisme de la troisième guerre mondiale.

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