Au début d'avril commençait contre les partisans grecs I'« offensive de printemps » du gouvernement réactionnaire de Maximos Tsaldaris, épaulé Pimpérialisme anglo-saxon. Après deux mois environ d'opérations militaires qui ont semé la destruction et la mort chez les paysans non-combattants de la Thessalie, de la Macédoine, de la Thrace et du Peloponèse, l'activité des partisans continue, partout intense, et de nouveaux foyers s'allument comme dans l'île de Crète.
Le gouvernement monarchiste réactionnaire a accompagné les opérations militaires d'une vague de terreur sans précédent, déclenchée dans les villes et les campagnes, emprisonnant, déportant et faisant assassiner des centaines de paysans et d'ouvriers par les cours martiales qui fonctionnent en permanence un peu partout dans le pays.
Les impérialistes américains, qui ont fait la relève des anglais en Grèce, qui patronnent le gouvernement « démocratique » de Maximos, constatant l'échec de la « manière forte » pour arriver à bout de la résistance des masses grecques, ont opéré un tournant et conseillent une large amnistie sous le contröle d'une commission composée de représentants des pays « neutres ». Ils s'apprêtent aussi, selon toute probabilité, à mettre en avant une nouvelle équipe gouvernementale.
Mais certes, il ne s'agit en aucun cas pour eux de relâcher leur mainmise sur la Grèce ou de permettre aux staliniens grecs, agents de la bureaucratie soviétique, d'influencer la politique extérieure du pays.
La Grèce reste une pièce maîtresse dans le jeu américain contre l'U. R. S. S. pour toute la partie orientale de la Méditerranée et les Balkans.
Les conclusions et les recommandations de la commission désignée par l'O. N. U. pour enquêter en Grèce et qui, au bout de quatre mois, a terminé ses travaux, sont une preuve supplémentaire de l'intérêt que l'impérialisme américain (et anglais) attache au maintien de la Grèce sous son contrôle exclusif.
La commission se partagea en deux camps ; d'une part, les délégués soviétiques et polonais ; de l'autre, les américains et les anglais, suivis de la plupart des autres délégués.
Ces deux parties étaient en désaccord sur tous les points et ils le sont demeurés jusqu'au bout.
Le rapport de la commission, voté par huit voix contre deux (U. R. S. S. et
Pologne) et une abstention (France) conclut à la responsabilité de la Yougoslavie, de l'Albanie et de la Bulgarie ; il recommande l'établissement d'une commission qui surveillera la frontière et « règlera les incidents ».
Ainsi se trouvent justifiées, en même temps, et la politique de répression: du gouvernement Maximos, et l'ingérence brutale de l'impérialisme yankee agissant dans « l'intérêt de la préservation de la paix ».
Mais le plus grave dans cette situation, c'est que les staliniens grecs, agissant pour le compte de Moscou, exploitent la combativité des masses grecques, non dans le but de les conduire à la révolution, mais exclusivement pour exercer une pression sur la bourgeoisie grecque et l'impérialisme étranger, en vue d'arri.
ver à un compromis.
Dans la conjoncture internationale actuelle, il n'y a pas d'autre issue pour les masses grecques qui saignent sous le joug d'une tyrannie féroce que de lier leurs luttes à la perspective de la révolution socialiste, que seul défend en
Grèce le Parti communiste internationaliste, en faisant constamment appel à la solidarité internationale de tous les travailleurs avec le prolétariat grec.