Les hostilités ont repris en Indonésie, où les impérialistes hollandais, encouoragés par les Anglais et les Américains, sont passés à l'offensive militaire contre le gouvernement républicain. Ce dernier, reformé après la démission de Sjahrir et sous la pression conjuguée des éléments capitulards, de la bourgeoisie indonésienne et des impérialistes anglais et américains - qui ont de gros intérêts économiques dans ce riche archipel et craignent le contre-coup pour les autres peuples coloniaux d'un affranchissement total du peuple Indonésien - avait •accepté presque toutes les conditions de l'ultimatum hollandais de mal 1947. •Seule restait à régler la question de la gendarmerie mixte qu'exigeaient les Hollandais et que refusaient les Indonésiens.
Mais en réalité, depuis laccord de Linggadjati signé le 25 mars 1947, qui reconnaissait la constitution de la République indonésienne, l'impérialisme hollandais ne pensait qu'à profiter de ce recul momentané pour mettre sur pied les *forces suffisantes à un écrasement futur de la jeune république.
Les éléments indonésiens bourgeois les plus liés à l'exploitation en commun avec les impérialistes américains et anglais et même hollandais, des richesses de l'archipel, ont systématiquement cédé à tous les compromis et saboté la défense énergique de la révolution indonésienne.
Tandis que les Hollandais préparaient fébrilement la guerre, ils mettaient tous leurs espoirs dans leur attachement à la « paix », dans les compromis et les cappels amicaux aux brigands impérialistes anglais et américains.
Ainsi, encore une fois, avec l'exemple de l'indonésie se confirme le caractère •impuissant et en définitive traitre que joue la bourgeoisie coloniale dans la lutte •libératrice de ces pays.
Les capitalistes hollandais tâcheront coûte que coûte de reconquérir le contrôle des territoires de l'Indonésie, qui reste leur seul espoir de restauration de leur puissance économique considérablement minée par les conséquences de la guerre.
C'est surtout grâce aux revenus des investissements en Indonésie que le capitalisme hollandais couvrait avant la guerre le déficit d'environ 500 millions de guilders de sa balance commerciale.
Actuellement, ce déficit s'élève à 2.200 millions de guilders, tandis que les revenus de ses investissements d'outre-mer ont très considérablement baissé - durant la guerre. Reconquérir l'Indonésie est une question de vie ou de mort pour cet impérialisme rapace.
Le prolétariat international sabotera de toutes ses forces la guerre des colonialistes hollandais.
Déjà la section hollandaise de la IV° Internationale a engagé une campagne courageuse invitant les soldats hollandais à fraterniser avec les troupes et la population indonésienne, et appelant les dockers et les marins hollandais à refuser tout chargement et tout transport à destination de l'Indonésie. Les dockers et les marins du monde entier doivent répondre à cet appel et imiter l'exemple donné déjà par l'action entreprise dans ce sens par les dockers d'Amsterdam et d'Australie.
En Indonésie même les éléments prolétariens doivent prendre la tête de la lutte antiimpérialiste et se méfier plus que jamais du rôle que peut jouer la bourgeoisie nationale.