L'échec de la Conférence des « Trois » à Paris, cet le raidissement de l'attitude aussi bien de l'impérialisme yankee que de la bureaucratie soviétique,s qui s'en est suivi, on eu leur contre-coup dans la situation en Grèce,
Avant: que le Conseil de sécurité ne commençât à discuter les propositions américaines d'installer un contrôle interallié quasi permanent aux frontières nord de la Grèce, les staliniens grecs se sont empressés de déclarer qu'ils projetaient de proclamer un « gouvernement grec libre » dans les territoires contrôlés par les partisans. C'est le leader stalinien Porphyrogenis qui a fait cette déclaration au Congrès du Parti communiste français à Strasbourg en juin dernier, et peu après Zachariadès, le secrétaire du Parti communiste grec, écrivait dans « Rizospastis », l'organe centrai de son parti à Athènes : « Le moment historique présent rend Impératif, pour des raisons intérieures et extérieures, de prendre une décision dans cette direction. »
C'était là, en réalité, une directive aventureuse de Moscou qui ne correspond à aucune possibilité réelle et à aucune justification valable.
En Grèce, Il ne s'agit pas de séparer une bande de territoires montagneux sans aucune perspective viable, et de les rattacher à la Fédération yougoslave, ou de les proclamer « République macédonienne autonome » contrôlée par la bureaucratie soviétique, Il s'agit de mener la lutte au nom de la Révolution socialiste, et avec des méthodes prolétariennes, pour la République soviétique socialiste de Grèce dans le cadre de la perspective de la Fédération socialiste soviétique balkanique et des Etats-Unis socialistes d'Europe, seule perspective historique possible.
En tout cas, les fanfaronnades staliniennes ont servi de prétexte à la bourgeoisies grecque, à son gouvernement réactionnaire: Maximos Tsaldaris, et ao l'impérialisme yankee qui patronne le gouvernement, pour déclencher la plus formidable vague de terreur que ce petit pays ait jamais connue.
Prétextant une « invasion » de la Grèce par des bandes de partisans descendant d'Albanie, et un « soulèvement communisté » probable dans les villes, les forces armées du gouvernement ont procédé dans toutes les villes et les villages du pays à des arrestations massives, qui en quelques jours ont dépassé le chiffre énorme de seize mille.
Entassées dans les prisons archi pleines et dans les îles désertiques de la mer Egée, ces victimes d'une terreur inouïe qui égale, si elle ne la dépasse pas, celle des pires jours du fascisme en Italie et en Allemagne et de la dictature de Franco, risquent de mourir en masse par la famine et les brutalités policières.
En même temps, à une cadence accélérée, les cours martiales de Pinfâme gouvernement d'Athènes envoient par dizaines au poteau d'exécution les meilleurs fils et filles de ce peuple martyr.
Que le prolétariat mondial sache que ses frères de Grèce, trahis par la direction stalinienne et victimes aujourd'hui de l'antagonisme U. R. S. S.-Etats-Unis, paient pour n'avoir pas pu mener la révolution à son aboutissement triomphal et pour le retard de l'aide prolétarienne internationale un très lourd et très sanglant tribut.
Malgré les coups terribles qu'ils ont reçus de la bourgeoisie et de l'impérialisme, malgré la trahison de la bureaucratie stalinienne, malgré l'absence jusqu'à maintenant d'une aide prolétarienne internationale efficace, les paysans et ouvriers grecs n'ont pas fléchi et continuent désespérément à lutter pour leur droit à la vie etrà la liberté.
Aidons-les, ouvriers de tous les pays ! Energiquement par des actes, des manifestations, des protestations, des collectes, et surtout en vous engageant dans la lutte décisive pour le renversement du régime capitaliste, qui s'il subsistait pour longtemps encore, produirait fatalement d'autres Grèces et d'autres Espagnes. : 45