Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de janvier-février

Thèses sur la révolution américaine (adoptées par le 12e Congrès du Socialist Workers Party)

Quatrième Internationale, numéro de janvier-février · janvier-février 1947 · p. 32-38 · 5 683 mots

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LES Etats-Unis, la plus puissante nation capitaliste de l'histoire, sont une partie intégrante du système capitaliste mondial, soumis aux mêmes lois générales. Ils souffrent des mêmes maladies incurables et sont deslinés à partager son sort. La prépondérance écrasante de l'impérialisme américain ne l'empêche pas de participer à la décomposition du capitalisme mondial. mais, au contraire, ly inclut encore plus profondément, plus inextricab.ement et plus désespérément. Le capitalisme américain ne peut pas plus echapper aux consequences révolutionnaires de la décadence du capt alisme mondial que ne peuvent le faire les vieilles puissances capitalistes europeennes

L'impasse dans laquelle le monde capitaliste est engagé, les Elats-Unis aveo lui, exelnt possibilité d'une nouvelle époque organique stabilisation capitaliste. La position mondiale dominante de l'impérialisme américain à l'heure actuelle accentue et aggrave l'agonie du capitalisme dans son ensemble.

II L'impérialisme américain est sorti victorieux de la seconde guerre mondiale, non seulement par rapport à ses rivaux allemands et japonais, mais aussi par rapport a

* Alliés • démocratiques, particulièrement la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, tout à fait clair que Wall Street est le centre mondial dominant de l'impérialisme. Précisément parce qu'il est sorti de la guerre considérablement renforcé par rapport à tous ses concurrents capitalistes, l'impérialisme améticain semble invincible. La prépondérance de Wall Street sur tous les terrains — diplomalique, militaire. commercial, financier et industriel est telle que la consolidation de son hégémonie mondiale semble être facilement à sa portée. Wall Street espère inaugurer le soi-disant • siècle améri-

On réalité, la classe dirigeante américaine, pour « organiser le monde » se trouve en prisence dibstacles encore plus insurmontables que ceux auxquels la bourgeoisie allemande eut à faire face lors de ses tentatives répélées el avortées pour réaliser un but plus modesie, a savoir " organiser burope ».

La foudrovante ascension de l'impérialisme américain à l'hégémonie mondiale survient trop tard. Bien plus, elle a déplacé la base principale du capitalisme américain hors de son marché intérieur qui élait le fondement de ses succès et de son équilibre précédente, vers le marché mondial ébranlé, avec toutes ses contradictions insolubles, ses dislocations chroniques et ses foyers révolutionnaires.

Le capitalisme américain, jusqu'alors engagé seulement en partie dans l'agonie du capitalisme comme système mondial, est désormais soumis à la pression totale et directe de toutes les forces et contradictions qui ont miné les vieilles nations capitalistes européennes.

Les prémisses économiques de la révolution socialiste sont tout à fait müres aux Etats-Unis. Les prémisses politiques sont, de même, beaucoup plus avancées qu'il ne semblerait rêtre superficiellement.

Les Etats-Unis sont sortie de la seconde guerre mondiale, de même qu'en 1918 -comme le secteur le plus fort du monde capitaliste. Mais là s'arrête la ressemblance entre les conséquences des deux guerres sur la vie économique du pays. Car sur d'autres points de la plue grande importance la situation a considérablement évolué dans l'intervalle.

En 1914-18, l'Europe continentale fut le principal théâtre de guerre: le reste du monde, particulierement les pays ec oniaux, échappèrent en fait aux hostilités. Par suite, non seulement des secteurs entiers de l'Europe continentale et la Grande-Bretagne, mate lossature essentielle du marché mondial restèrent intacts. Du fait que ses concurrents européens étaient absorbés par la guerre, la voie pour la conquête de marchés était ouverte au capitalisme américain.

Bien plus, durant la première guerre mondiale, l'Europe capitaliste devint elle-même un vaste marché pour l'ogriculture er l'industrie américaines. La bourgeoisie américaine draina les richesses accumulées en Europe pendant des siècles et supplanta ses rivaux du Vieux Monde sur le marché mondial. Ceci permit à la classe dominante de transformer les Etats-Unis d'un Elat débiteur en banquier et créancier mondial, et simultanément de développer à la fois l'industrie des moyens de production et celle des moyens de consommation. Par suite, celle expansion du tempe de guerre permil le plus grand développement possible du marché intérieur du paye. Enfin, non seulement la bourgeoisie américaine réalisa des profils considérables du Tait de la guerre. mais la nation dans son ensemble en sorlit plus riche. Le coût relativement peu éleve de la participation impérialiste à la première guerre mendiale (quelques dizaines de milliards de dollars) fut couvert de loin et de nombreuses fois par les gains économiques croissante.

La deuxième guerre mondiale différa profondément dans ses résultale. Cette fois-ci, seul l'hémisphère américain n'a pas été touché par la guerre. L'Extrême-Orient, le butin metenta la ta guerre a entraine stade collene cede un elle na taler Le marché mondial a été complètement disloqué. Ainsi culmine le processus de contraction de more Jlement et d'effondrement qui se développa entre les deux guerres (l'U.R.S.S., du gobe, échappant au marché capilaliste: l'avilissement des systèmes de devises: les méthodes de troc de l'Allemagne hitlérienne: la pénétration Japonaise dans un sixième

Get de l'Amérique latine: le système préférentiel de l'Empire les marchés asiatiques britannique; ele.., ete...). L'Europe qui ne paya pas ses deltes d'avant et d'après guerre ne servit plus comme un marché inépuisahle et très profitable, mais comme un drain gigantesque de la richesse et des ressources des Etate-Unis sous la forme du Prêt-Bail, conversion totale de l'économie américaine pour la production de guerre, la mobilisation massive de la main-d'œuvre, le grand nombre des victimes, ele...

En ce qui concerne le marché intérieur. 1914-18, il s'avéra au cours de la guerre comme capable seulement d'une au lieu de 6e développer organiquement reprise artificielle sur la base de la production de guerre comme en

Alors que la bourgeoisie s'est fabuleusement enrichie, la nation dans son ensemble astronomiques de la guerre ne seront jamais récupérés. S'esl appatvrie: les frais les facteurs principaux qui servirent autrefois à nourrir et à fortifler le capitalieme américain, soil n'existent plus, soit entraînent des effets contraires. En résumé,

Da prospérité qui suivit la première guerre mondiale et qui fut saluée comme une catastrophe économique Mais même cette prospérité éphémère des années 20 était nouvelle ère capitaliste, refulant tous les pronostics marxistes, se termina par basée sur une combinaison de circonstances qui ne peut se reproduire et ne se reproduira pas. En plus des facteurs déjà indiqués, il est nécessaire de souigner: 1°

Run continent vierge à exploiter; 2º qu'il avait pu mainle capitalisme américain avait tenir, jusqu'a un certain point, un certain équilibre entre l'industrie et l'agriculture; 3° que la principale base d'expansion du capitalisme de ce paye était son marché Intérieur. Aussi longlemps que ces Inois conditions ont existe il était possible pour le capitalisme américain de maintenir une stabilité relative. capitalisme • neuveau capitalisme », de boom des américain. • l'exceptionalisme américain », du " rêve américain » naissance le mythe la s'abilité permanente creuses du et ainsi de suite. au sujet des possibilités et de l'avenir du capitalisme américain furent répandues par les réformistes et par lous les autres apologistes de la classe dominante. Les illusions non seulement dans le pays même, mais à l'étranger. "Américanisme " était lEvangile de tous les dirigeants traîtres Ce qui se produisit en réalité avec cette fabuleuse prospérité des années 20 fut de la classe ouvrière américaine et européenne. unomie sans précédent m pissalent Tien sortit une crise chronique de agricultule les plus favorables, toules les prémisses d'une catastrophe ces conditions moins en moins grand de mains. Par là même, le reste de la population devint relativequ'une concentration des richesses dans un nombre qu'entre 1920-30 la productivité industrielle s'accrut de 50 %, les salaires n'augmentèrent que de 30 %. Proportionne lement les trava leurs pauvre. Ainsi, alors avaient un pouvoir d'achal moindre - L'appauvrissement relatif du peuple américain se reflète de la même manière pendant la prospérité — qu'auparavant les stalistiques sur la richesse nationale. Aux environs de 1928 la part des ouvriers dans a richesse nationale etait descendue & 4,7 %; lee paveans n'avalent que 15,4 % Au même moment la part de la bourgecisie dans la richesse nationale s'élait élevée a 79,9 % la plus grande partie de ces richesses étant entre les mains des 60 familles et de leurs дель trueuse. En 1929, au sommet de la prospérite. 36.000 familles avaient le même revenu La répartition du revenu national exprima de même cette disproportion monsdisproportion monsque 11 millions de familles de la catégorie la moirs élevée.

Cette concentration des richesses fut un facteur cardinal dans la limitalion de la capacité d'absorption du marché intérieur.

Par ailleurs on ne pouvait trouver, dans un marché mondial qui allait se réduisant, en compensation, des débouchés extérieurs pour l'agriculture et l'industrie.

nécessité d'exporler des matières premières et des produits agricoles tendait entraîner qu'une nouvelle dislocation du marché déséquilibrer davantage le commerce extérieur américain. Ceci ne mondial dont les autres participante pouvai etaient des nations débitrices qui avaient elles-mêmes besoin de vendre plus qu'elles n'achetaient en vue de couvrir les paiements de leurs deltes, la plupart de celles-ci étant les impérialistes américains étaient donc contractées envers les Alors qu'ile apparaissaient Etats-Unis comme jouant le rôle de stabilisateurs du capitalisme. ien plulot ses plus grands facteure de dés quilibre, à la fois dans le paye même principale de instabilité mondiale, le prineipal facteur d'aggravation des contradie. à lefranger. Les Etats-Unis devinrent la soure tions impérialistes Dans la période d'entre les deux guerres cela se manifesta on ne peut plus elairement par le fait que toutes les convulsions éconemiques commencèrent dans la République du dollar, dans le pays de « l'individualisme acharné ». Ce fut le cas avec la

IV* INTERNATIONALE première crise d'après guerre en 1920-21; cela se répéta huit ans plus tard lorsque le déséquilibre entre l'agriculture et l'industrie atteignit le point de rupture et lorsque le marché intérieur fut devenu saturé en raison de l'appauvrissement du peuple, d'une part, et du renforcement des de l'aulre. Le grand boom américain explosa lans une crise qui ebranla la base economique de tous les pave capitalistes.

La crise économique de 1929 ne fut pas une crise eyclique du genre de celles qui accompagnaient périodiquement orse historique tu capialeme goutant, core du ne pouvan te surmonte fil e lisme et qui menaient &

« normaux », c'est-à-dire par le simple jeu aveugle des lois gouvernant le marché.

la production en vint à un point mort. Le revenu nallonal diminua de olus de noitié, dégringolant de 81 milliards de dollars en 1929 a 40 millards en 1932. L industrie et l'agriculture s'effondrèrent. L'armée des chômeurs s'enfla à dix fois la • normale ». atteignant le chiffre vertigineux de 20 millions.

officielles. basées sur les moyennes de 1929, les pertes des annés 1930-38 s'élevèrent a 43 millions d'années de travail et a 133 milliards de dollars de revenu national.

En 1939, Ja dette nationale s'éleva à 40 milliards de dollars, c'est-à-dire 14 milliards de plus que le plus haut point atteint à la fin de la première guerre mondiale. Le nombre de chômeurs se maintenait aux environs de 10 millions. L'industrie et l'agriculture stagnaient. Le commerce extérieur des Etats-Unis, dans un marché mondial réduit, tomba à moins de la moitié de sa participation « normale » en temps de paix.

Ge que tous ces chiffres expriment en réalité est l'effrayante dégradation niveau de vie de la classe ouvrière et des classes moyennes, et la paupérisation complète du * tiers non privilégié • de la population. La couche ultra-restreinte des de sucer une part encore plus grande des richesses et des ressources du pays. monopoleurs, naturellement, ne souffrit pas, mais au contraire utilisa la crise en vue

La bourgenisie ne voyait aucune porte de sortie à la crise. Et Il n'y en avait pas. Elle el son régime restaient le principal obslacle sur la voie de la reprise non seulement nationale mais mondiale. Dans son plongeon, la bourgeoisie américaine entraina le reste du monde capitalisle avec elle et le maintint dans le marasme.

Le fait décisit est qu'en dépit de tout, de l'« amorcage *, du « brain trusting • produisit en 192 Partiette de 1934-37 s'avéra temporaire et éphémère. La chute qui se et des « réformes » d'urgence. crise. La reprise partelle le capitalisme américain fut incapable de sortir de Ha révéla l'abime devant lequel le capitalisme américain se trouvait place. La menace d'un nouveau plongeon ne fut stoppée que par les immenses entreprises de préparation à la deuxième guerre mondiale

Seule la guerre résolut temporairement la crise économique qui avait duré dix ans dans les deux hémisphères. La triste réalité cependant est que cette « solution » n'a résolu du tout. Elle n'a pas aboli, pas même atténtié, une seule des causes fondamentales de la crise de 1929.

VI La base de la prospérité américaine d'après guerre est l'expansion artificielle de l'industrie et de l'agriculture par le canal d'achals gouvernementaux creissent continuellement l'énorme dette nationale. En ce qui concerne son caractère arunciel, Le boom des premières années 40 dépasse de loin l'orgie dans laquelle s'engagea le capitalisme européen de 1914 a 1918 et pendant les premières années d'après

Le passage de la production vere l'industrie de guerre à une échelle inconnue auparavant entraina un manque temporaire de movens de consommation. Les marchés intérieurs et extérieurs semblèrent acquérir une nouvelle capacité d'absorplion. Les restrictions mondiales et les ravages de la guerre jouent un rôle temporaire d'aíguillon production, particulièrement en ce qui concerne les moyens de consommation. Cependant tout cela est chapeauté par un appauvrissement général, une dislocation des systèmes économiques, et gouvernementaux, doublé de crises et contradictions chroniques du capitalisme, non pas diminuées, mais aggravées par la guerre.

Si nous multiplions les conditions dans lesquelles le capitalisme européen, l'Angleterre en tele, sortit de première mondiale parfois par un coefficient cent (représentant l'échelle plus vaste conséquences relatives de la deuxième guerre mondiale), alors nous arriverons à une appreximation de l'état actuel du capitalleme américain.

Chacun des facteurs qui se trouve à la base de l'actuelle prospérité de « temps de paix » est éphémère. guerre mondiale comme ce fut le cas dans les années 20, mais Ce pays n'est deuxième plus pauvre dans un monde bien plus appauvri. La disproportion entre l'agriculture et l'industrie même manière,.. concentration même manière, considérablement augmenté malgré l'expansion en serre de l'agriculture. . des richesses et la polarisation population américaine entre riches et pauvres a continué à un rythme accéléré.

précipitèrent la crise de 1920 alors que le capitalisme américain en pleine santé, non seulement persistent, mais encore sont devenues plus pernicleuses. Lorsque le marché intérieur sera de nouveau saturé

Laura aucun débouché adéquat a espérer dans un marché mondial déséquilibré

IV INTERNATIONALE 35 La capacité de production considérablement accrue des Elats-Unis se heurte aux aux limites du marché mondial et à ses capacités étriquées. L'Europe ruinée elle-même a besoin d'exporter; de même l'Orient, ruiné aussi, dont l'équilibre a éte rompu par l'élimination du Japon, son secteur le plus avance.

L'Europe a absolument besoin de milliards d'emprunts. En plus du Pret-Bail, Wall-Street a déja engagé près de cinq milliards en emprunt en Angleterre; pres de deux milliards en France: et des sommes moins importantes dans d'autres paye satelites de l'Europe occidentale - sans y réaliser cependant même un semblant de stabilisation. L'Europe capitaliste en faillite reste à la fois un concurrent SUT le marché mondial et un drain aux besoins illimités. L'Orient aussi a besoin d'emprunts, partieulièrement la Chine qui, dans les convulsions de la guerre civile, a déjà avalé plus de dollars américains que ne fit l'Allemagne dans les premières années 20.

A l'intérieur, les facteurs d'explosion s'accumulent à un rythme vraiment amévraiment americain. Les intérêts de l'énorme dette nationale — le budget astronomique de l'armée " de temps de paix * (18,5 milliards de dollars pour cette année). l'inflation, les - toit ens ae peut venir mm de e • frais généraux * du programme de domination mondiale de Wall-Street, ete., etc..

revenu national. _Autrement dil, de l'abaissement du niveau de vie des masses. L'avilissement des conditions de vie des ouvriers et la paupérisation des paysane et de la classe moyenne des villes — tel est le sens du programme de Wall-Street.

VII La conclusion suivante découle de la situation objective: T'impérialleme américain qui s'est avéré incapable de surmonter ea crise et de se stabiliser dans décade qui précéda la deuxième guerre mendiale s'achemine vers une explosion encore plus eatastrophique dans l'actuelle période d'après-guerre. Le facteur cardinal qui mettra le feu aux poudres est le suivant: le marché intérieur, apres une articielle reprise initiale, doit nécessairement se réduire. Il ne peut se développer comme il le fit dans les années 20. Ce dont il s'agit n'est pas une prospérité limitee mais un boom éphémère. Dans le sillage du boom suivra nécessairement une autre crise et une dépreegion par rapport auxquelles les conditions de 1929-32 sembleront prospères.

VIII

La crise économique menaçante, dans les conditions existantes, se développera inexorablement en crise politique et sociale du capitalisme americain, posant dans son evoluon categor quement la question de qui dirigera le pays. Dans leurs efforts insensés pour conquérir et mettre en esclavage le monde entier, les monopoleurs américains sont aujourd'hui en train de préparer la guerre contre l'Union Soviétique. Ce programme de guerre rencontrera des obstacles et des difficultés incalculab:e6. Une guerre ne résoudra pas les difficultés intérieures de l'impérialisme amériles aiguisera et les compliquera. Une telle guerre renconcain mais, au contraire, des masses européennes et coloniales qui ne veulent pas deve pas deve Wall-Street: Dans le pays, une résistance des plus acharnées se de préparation à la guerre de Wall-Street, aggravant la orise certaines conditione la précipiter. En tout cas, une autre guerre l'alternative socialiste au capitalisme, mais ne fera que la poser aiguë.

IX Le mouvement révolutionnaire des travailleurs américains partle du processus révolutionnaire mondial. Les soulèvements nir les esclaves de développera. L'effort sociale, peut dans ne supprimera pas d'une manière plus fait organiquement révolutionnaires du prolétariat européen qui sont devant nous complèteront, renforceront et accélèreront les développements révolutionnaires aux Etats-Unis, Les luttes des peuples coloniaux pour leur libération contre l'impérialisme qui se déroulent sous nos yeux qui se déroulent exerceront une influence semblable. Réciproquement, chaque coup porté par le prolétariat américain aux impérialistes dans le pays même stimulera, complétera et Intensiflera * les luttes révolutionnaires en Europe et aux colonies Chaque revers subi par l'impérialisme où que ce soit déclenehera en retour des répercussions encore plus grandes dans ce pays, donnant une telle force et une telle accélération au mouvement que les intervalles de tempe entre les périodes de lutte tendront à diminuer à la fois dans le pays et à l'étranger.

Le rôle de l'Amérique dans le monde est décisif. Si des révolutions européennes ou coloniales, - qui sont actuellement à l'ordre du jour, — précèdent dans le temps le summum de la lutte aux Etats-Unis, elles se trouveront immédiatement face la nécessité de défendre leurs conquêtes contre les assauts économiques et militatres du monstre impérialiste américain. Partoul, américain. la capacité des peuples insurgés à résister dépendra en grande partie de la puissance et de la combativité du mouvement ouvrier révolutionnaire en Amérique. Les travailleurs américains devront alors résistance

IV° INTERNATIONALE venir à leur aide, comme la classe ouvrière de l'Europe occidentale vint à l'aide venir à leur à grande éche le contre la jeune république ouvrière. de la Révolulion russe et la sauva arrêtant allaques milliaires impérialistes était, une fois de plus, retardée, cela ne signifierait Mais même si la Révolution en Buttope ou dans d'autres parties du monde

Men aucun cas une stabilisation prolongée du système capitaliste mondial. Le question : Socialisme ou Capilalisme ?

ne sera resolue qu'une fois qu'elle sera résolue de la révolution dans tel ou tel pays, même dans tel Etats-Unis. Un retard de ou tel cardi en le plus

Elats-Unis batailes décisives pour l'avenir communiste de l'humanité se livreront aux Sauvera pas l'impérialisme américain de la justice prolétarienne dans son propre

La victoire révolutionnaire des travailleurs aux Etals-Unis sonnera le glas des séniles régimes bourgevis dans tous les pays du monde. La Révolution russe les travailleurs et les peuples coloniaux sur leurs pieds. La Révolution américaine dressa unnaires qui changeront la par sa puissance cent fia face du monde. Tout Themisphère occidental sera rapimouvement des forces révoludement unillé dement uniflé en Etals-Unis socialistes de l'Amérique du Nord, du Centre et du Sud

Cette puissance invincible, se joignant à des mouvements révolutionnaires dans toutes les parties du monde, mettra un lerme à l'ensemble du système capitaliste suranné, et entreprendra la tâche grandinse de la reconstruction mondiale sous le drapeau des Etals-Unis Socialistes du Monde.

Alors que le probeme principal pour les travailleurs dans la Révolution russe lui de maintenir leur pouvoir une fois qu'ils l'eurent pris, le problème aux Etats-

La conqu presque exclisivement celui de la prise du pouvoir par les travailleurs

Be du pouvoir aux Etats-Unis sera plus difficile qu'elle ne le fut en Russie, mais precisement pour celte raison Les dangers de contre-révo ution intérieure, de la dégénérescence bureaucralique d'une classe sera pite facile d'intervention etrangère, à conso.ider et a asseoir. du blocus impéen Russie tous ces dangers découlèrent de la faiblesse numérique du prolétariat, ouvrière privilégiée.

la pauvrels ancestrale et du retard hérités du tsarisme. En outre, la Révolution russe ful isolée. Ces dangers furent en dernière analyse inévitables.

écrasante el au polds social du prolétariat, à son potentiel et son haut niveau cullurel; Ces dangers existent Elate-Unis. Grâce à la supériorité numérique grace aux vastes ressources du pays, a ses capacités productrices et

Unis, des qu'elle aura consolidé son pouvoir, scra presque automatiquement à l'abri prépondérant sur l'arène mondiale, la révolution prolétarienne victorieuse aux Etatsl'une restauration capitaliste soit par une contre-révolution intérieure, soit par une intervention étrangère et le blocus impérialiste.

En ce qui concerne le danger d'une dégénérescence bureaucratique après la victoire révolutionnaire - celui-ci ne peut naître seulement que de privilèges basés eux-mêmes sur le re ard historique, la pauvreté el la disette générale. ne peut avoir de bases matérie les au sein des Etats-Unis. Aux Etats-Unis un gou- Un tel danger vernement ouvrier et victorieux serait des le début capable d'organiser la production socialiste à des niveaux infiniment plus élevés que sous le capitaleme et. en fait, à assurer pour ainsi dire du jour au lendemain un tel standard de vie pour les masses laborieuses que le mot sene matériel n'aurait plus Les spéculations insipides danger d'une dégénérescence bureaucralique apres la victeire de la révelution ne servent rien d'autre qu'a le scepticisme et le pessimisme dans les rangs de l'avant-garde ouvrière paralyser volonté de lutte, tout en fournissant aux pusillanimes pleurnicheurs un prélexte commode pour déserter et abandonner blème aux Etats-Unis est presque exelusivement celui de la conquête du pouvoir la lutte. Le propelitique par les travailleurs. Dans la lulte à venir pour le pouvoir, les avanlages principaux serent du côté des travailleurs; avec cne mobilisation adéquate de leurs forces une direction appropriée, les travailleurs vaincront.

cap.la.isle américaine esl forte, mais la classe ouvrière américaine est encore plus forte. Si on veut avoir affaire à la rigoureuse réalité fictions et des apparences superficielles, c'est la seule manière de poser la question.

La force numérique et le poids social de la classe ouvrière américaine, considérablement accrue par la guerre, sent écrasante dans la vie du pays. Rien ne peut tenir devant elle. La productivilé du travail aux Etale-Unis, elle aussi considérablement par la guerre, est la ples forle du monde. Cela signitle spécialisalion, et apécialisation signifle puissance. les plus élevés. L'opinion générale Les travailleurs américains sont habitués aux standards selon laquelle les hauts salaires sont un facteur de vie et de travail • conservateur » tendant à immuniser les travailleurs contre les idées et les actions révelutionnaires, est unilatérale el facese. Ceci est vrai seulement dans des conditions de stabilité capitaliste lorsque le siandard de vie relativement élevé peut être maintenu et même amélioreee travailleurs Ceci est exelu pour l'avenir, comme toute notre analyse montré. D'autre part. réagissent violemment contre toute atfeinte à leurs standards de vie.

Ceci a déja été démontré

IV INTERNATIONALE 37 par les vagues de grève dans lesquelles les travailleurs " conservateurs ont formes Inite les plus combatlives et les de vie relativement élev Plus radicales. situation donnée, done, le standard des travailleurs americains est un facleur révolutionnaire et non pas, comme on le croit communément, un facteur de conservatisme.

Le potentiel révolutionnaire des ouvriers est renforcé de plus par leur combalivité traditionnelle jointe à la capacite de reagir presque spontanément pour la défense de leurs intérêts vicaux et par leur parliculière ingéniosite pleine de ressources (les grèves avec occupalion!).

Un autre facteur extrêmement important dans l'élévation du potentiel révolutionnaire de la classe ouvrière américaine est sa cohésion et son homogénéité considérablement accrue, celte transformation s'élant accomplie dans le dernier quarl de siècle.

Autrefois, de grandes parlies décisives du prolétariat dans les industries de base étaient recrutées par immigration. Ces ouvriers d'origine élrangère étaient handicapés et divisés par des barrières de langue. traités comme des parias sociaux et prives des droils de ciloyens et des droils civiques les plus Élémentaires. Toutes ces circonslancés apparaissaient comme des barrières insurmontables dans la vole de leur organisation et de leur intervention comme force ouvrière unie. Dans les années écoulées, ces ouvriers d'origine étrangère ont élé assimilés et « oméricanisés ». Eux et leurs Als constlluent aujourd'hui un détachement puissant, combattif et expressif des organisalions ouvrières.

In développement aussi important et profond est représenté par la transformation qui s'est produite dans la position occupée par les Nègres, Autrefois écartées et privées des drolis et des avantages de Vorganieation par les réaclionnaires syndicats de métler qui prédominalent, et d'autre part considérées et quelquefois utilisées par les altons comme une reserve de briseurs de greve les masses nègres ont depuis les années 20 sont membres du C.I.O, de rA.F.L, et des syndicats indépendants. Is ont prouvé dans pénétré les industries et les svndicals. Plus de deux millione de Nègres les grandes luttes grévistes qu'ils se trouvaient aux premières lignes de la progressivité et de la combalivité.

Les travailleurs américains ont lavantage d'être relativement libres de préjugés réformistes, particulièrement dans les couches les plus jeunes et les plus combattives.

pas été infeclée par le poison débilitant du réforва славве. son ensemble n'a misme, soit de la variété « socialiste » classique, soit de celle de marque stalinienne. 1116 mO Conséquemment, lorsqu'elle entre en action, elle accepte d'autant plus facilement les solutions les plus radicales. Aucune couche importanle de la classe, sans parler de la classe ouvrière dans son ensemble, n'a été démoralisée par des défaites. Enfin, cette Jeune force puissante est, entrainée dans les phases décisives dela lutte classes a un rythme qui crée des prémisses sans précédent pour cne radicalisalion de masse.

XII! On a parlé beauccup de l'« état arriéré » de la classe ouvrière américaine pour justifier une vision pessimiste. le renvoi de la révolution socialiste à un avenir loinlain et la désertion de la lulle. Il s'agit la d'une vision lout a lal superneene des travailleurs américaine et de leurs perspectives.

Il est vral que celte classe, sous de nombreux rapporte la plus avancée la plus avancée et la plus progressive du monde, n'a pas encore pris le chemin de laction politique indépendanle à une échelle te masse. Mais colte falblesse une échelle de peut être rapidement surmon-

• la poussée des nécessités objectives, non seulement des peuples arriérés, chir de grandes distances en quelques bends. mais aussi les classes arriérées dans les pays avancés se trouvent poussées à fran- En fait, la classe ouvrière américaine a déja fait un bond de ce genre qui l'a amenée loin en avant par rapport à anciennes positions.

Les travailleurs abordèrent la crise de 1929 pour ainsi dire comme une masse inorganisée, atomisée, imbue d'ilusions au sujet de « l'individualieme acharné la initiative privée », de la « libre entreprise », de la " manière américaine ", elo... Moine de 10 % de l'ensemble de la classe étaient organisés dans syndicats (moins de freis millions sur trente-trois millions, en 1929). De plus, celte mince couche comprenait principalement 1 Faciles ne const te syndical ane ouvriers hautement qualifiés et privilégiés. organisés d'archaiques La couche principale et la plus cales d'entreprise o, restant sans les avantages, l'expérience, et même la compréhension de la forme d'organisation ouvrière la plus élémentaire - le syndicat. étalent considérés el traités comme de la matière première pour l'exploitation capitaliste, sans droite,

En conséquence.

Pendant trois ans, leur résistance ful protection, ni aucune sécurité de travail.

désarmée el impotente.

crise de 1929 trouva la classe euvriere les masses restèrent eberluées et désorientées par le désastre:

extrêmement limilée et sporadique. Mais leur colère et leur ressentiment s'accumulaient. Les cinq années qui suivirent (1933-37), coineidant avec une reprise parlielle de l'industrie, virent se développer une sórle de luttes gigantesques, de batailles de rues et de grèves d'occupation — une guerre civile embryond'ouvriers qui passèrent de la non-existence en tant que force organisée à l'organinaire - qui se terminerent par un bond, un bond de géant, pour des miliens sation et à la conscience syndicales. A peine démarré, le mouvement de syndicalisation il boule de neige. comprenant aujeurd'hul presque quinze millions de travailleurs comprenant dans toutes les industries de base.

En un seul bond — en une brève décade — les travailleurs américaine parvinrent à la conscience syndicale à un niveau plus élevé et à des formes d'organisation plus puissantes que dans toul autre pays avancé. C'est dans une étude et une analyse de cette grande transformation Sons le choe le grande Benement et En prevolE Tevoutien a venir. ins pides retard » des travailleurs américains, qu'on peut trouver la clef pressantes, les travailleurs américains passeront par dessus les limites du mouvement syndieal et acquerront une conscience de classe et des formes d'organisation politiques dans un mouvement d'une envergure semblable.

XIV L'instrument décisif de la révolution prolétarienne est le parti de l'avant-garde consciente, En l'absence d'une telle direction eu d'un tel parli, les situalions révolutionnaires les plus lavorables, qui découlent des circonslances objecuves, ne peuvent se terminer par la voire revo utonnatre du prolelar at et le début d'une organisation planitlée de la société sur des bases secialistes. Cela fut démontré d'une manière concluante — et positive - par la Révolution ruese de 1917. Cette même leçon découle non moins irréfutablement — quoique négativement — de toute l'expérience mondiale de l'époque des guerres, des révolutions et des révoltes coloniales qui commencèrent avec l'ouverture de la première guerre mondiale en 1914.

Cependant cete conclusion fondamentale de la vaste et tragique expérience des trente dernieres annees peut etre interpretée, et la ete, d'une manière réactionnaire par une école de néo-révisionnisles, représentée par les ideologues, les philosophes et les prètres de la prosiration, de la capitulation et de la detale. 18 disent en effet: " Etant donné que le parti révolutionnaire est petit et faible il est superflui de parler de possibilités révolulionnaires, La faiblesse du parti change tout. " Les auteurs de cel'e • théorie subjective de la relative du parli à politique objective croiséance rapide et

Elant donné

• rejettent et répudient le marxisme, adoptant à sa place l'école sociologie. Is isolent le facteur de la faiblesse numérique un moment donné de l'ensemble de l'évolution éconemique

Get qui crée tontes les conditions nécessaires et suffisantes pour la tempétueuse du parti de l'avant-garde révolutionnaire. le situation ohjectivement révolutionnaire, un parti prolétarien

- même un petit parit — armé d'un programme marxiste sérieusément élaboré et de cadres solides peut déployer ses forces et parvenir à la tête du mouvement solides révolutionna re des masses en un temps relativement court. Ceci aussi a été démontré d'une manière concluante — et posilivement — par l'expérience de la Révolution russe de 1917. De paru bolchevik, dirige par benine et Trotsky, passa d'une pelle minorité qui sortait juste de lisolement dans la candestnite en tevrier au paru qui mena les masses à la prise du pouvoir en octobre — dans une période de neuf mois.

La Taiblesse numérique n'est certes pas une vertu pour un parti révolutionnaire, mais tne faiblesse à surmonter par un travail persévérant et une lutte résolue. Aux Etals-Unis. toutes les condlions devant permettre la transformation rapide de lavantgarde organisée d'un groupe propagandiste en un parti de masse suffisamment fort pour diriger la lutte révolutionnaire pour le pouvoir se trouvent dans un processus de maturation.

XV Les contradictions sans issue du capicalisme américain, inextricablement liées à lagonie mortele du capitalisme mondial, mèneront nécessairement à une crise sociale qui aura de telles proportions catastrophiques qu'eles mettront la révolution socialiste à l'ordre du jour.

Dans cette crise, il est réaliste de s'altendre à ce que les travailleurs américains. qui parvinrent a la conscience et à l'organisation syndieales en moins d'une seule décade, passeront à travers une grande transformation de leur conscience, parvenant à la conscience et aux formes d'organisalion politiques. Au cours de la dynamique de cette évolution, la formation a'un " Labour Party a basé sur les syndicale ne constituerait pas un délour vere la stagnation et la futilité réformistes, comme cela s'est produit en Angelerre et ailleurs dans la période ascendante du capitalisme. D'apres toutes les indications, cela representerail plutot un stade prelimmaire dans la radicalisation des travailleurs américains, les préparant pour la direction directe du parti révolutionnaire.

Le parli révolutionnaire d'avant-garde, destiné à diriger ce tumu tueux mouvement révolutionnaire aux Blats-Unis, n'a pas a être créé. Il existe deja, et son nom est le Social'st Workers Parly. Il est le seul continuateur et héritier légitime des pionniers du communisme américain el des mouvements révolutionnaires des travaleure americains dont est serli. Son noyau a déjà pris forme en trois décades le travail et de luttes ininferrompues contre le courant. Son programme a élé forge d'attaques dans des lutles idéologiques et il a été défendu avee succès contre toute révisionnistes portées contre Jui, Le noyau fondamental d'une direction sorte de révolutionnaires professionnels a été assemblé et entrainé sous le signe du parti de combat pour la revolulion.

La lache du Socialist Workers Party consiste simplement a rester fidèle à son progremme et A son drapeau: à préciser son programme à chaque nouveau développement et a l'appliquer correctement dans la lutte de classes; à se développer et à croître avec le développement du mouvement révolutionnaire des masses, aspirant toujours à les mener à la victoire dans la lutte pour le pouvoir politique.

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