Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de janvier-février

Nouvelles du mouvement ouvrier et de l'Internationale

Quatrième Internationale, numéro de janvier-février · janvier-février 1947 · p. 39-40 · 1 543 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Le 12e Congrès du Socialist Workers Party

Le douzième Congrès national du SociaList Workers Party, organisation des trotskystes américaine, s'est tenu à Chicago & la mi-novembre. 116 delegues de 30 villes prirent part à cette assembice qui s'est lenue dane un esprit enthousiaste inspiré par une année de grandes balafles de classe ou le parti a pris une part imporlante et par les progrès considérables Taile par le parti depuis son congrès précident. Entre ces deux congrès, le parti a gogné plus de mille membres el il a accru son poids speciaque dans toutes les organisations syndicales du pays, 605 membres participant non seulement à la direction de grèves, mais aussi aux 01ganismes dirigeants de nombreux syndicale. Le rapport d'organisation souligna, comme particulièrement frappant, les progros du para parmi les Negres, la partie la plus opprimée de la population americaine. Plus de 20 % des membres du parti sont des camarades nègres, une propor'ton beaucoup plus élevée que celle de la population dans son ensemble.

Les travaux du Congrès commencèrent par un rapport international presente, par le camarade B.-R. Frank, sur la base des décisions de la Conférence Internationale de la Quatrième Internationale, qui furent acceptées à une très forle majorile. Un autre point traita de la « thèse sur la révolution américaine •. présenté au nom de la direction par le camarade James

Cannon, secrétaire national du parti Celle thèse — que nous publions par allleurs dans ce numeru — apporte une vue pouvelle des taches des révolulionnaires américains dans • le cadre du mouvement proitarien mondial Le Congrès accepta aussi, a une très forte majorité, la ligne esseulielle de celle these et chargea la nouvelle direction de mettre le lexte au point: Un rapport, presenle par le camarade M. Sein, sur " la situation politique actuelle el les tăclies du parti *. délinit les prochains pas pour transformer le parti d'une organisalion propagandiste en parti d'action de masse des ouvriers américains. Le camarade Farrell Dobbs rapporta sur les taches organisationnelles et syndicales du parti dans la période qui vient. La dis-cussion se basa principalement sur des expériences conerèles de lulte et sur des propceitions pour une applicalion plus précise des positions du parti.

Le Congrès a également tiré un bilan des négociations avec le Workers Parly (Shachtmanistes) et a rejeté la proposition d'unifleation de celui-ci comme une manœuvre destinée cniquement à seinder le parli et l'Internationale. L'expérience faile avee le camarade Morrow et son groupe fut également examinée et le Congres a trouve Morrow et Jeffries conpables d'infractions continuelles à la discipline du parti, en dépit d'aver/ssements répétés, et les a tous deux exelus du parii. s dockers d'Anvers

BELGIQUE

Grande victoire des dockers d'Anvers

Le 13 décembre, 14.000 dockers d'Anvers arrêtèrent le travail malgré les tentatives de la direction réformiste de leur syndicat d'éviter un mouvement gréviste. Les origines de cette grève doivent être reeherchées dans le précédent mouvement qui eut lieu au port d'Anvers au mois de septembre. A ce moment. la reprise du travail fut votée par une assez faible majorité des travai leure. La forte minorité qui était partisan de continuer la lutte pour obtenir des conditions de vie décentos, se renforça continuellement au cours des mois suivants. Les dockers ne gagnent que 156 franes par jour, ce qui fait un salaire à l'indes 195, alors que l'index des prix se trouve bien au-dessus de 400.

LE GOUVERNEMENT ENVOIE DES TROUPES AU PORT

Après léchee de toutes les manœuvres de briseurs de grève de la part de la bureaucratle syndieale, le gouvernement dirigé par un socialiste », Huysmans, envoya 2.000 soldats au port d'Anvers d'Anvers pour décharger les navires ayant à bord des marchandises pouvant se détériorer facilement.

Tour soutien inancier fut refusé aux grévistes. Les caisses syndicales leur restalent fermées. Une loi promulguée 9 80 début de 1946 par le ministre stalinien

Marteaux, permet d'autre part au gouver-

• IV INTERN nement de refuser toute allocation de chômage ou d'assistance pubique a ceux qui participent à des « grèves sauvages ». C'est par la faim que le gouvernement, le patronat et la bureaucratie syndicale essayèrent de briser le mouvement de révolte des dockers contre les bas salaires et la vie chère. Mais ils avaient compté sans l'acharnement extraordinaire des grévisles. Sans argent, sans vivres, sans charbon alors qu'il gelait à -10° , les dockers et leurs compagnes tinrent bon. Pas un seul docker ne donna suite aux muitiples tentatives failes tatte patinat dem aurer des faundicale par la bureaucratie syndicale

LA BUREAUCRATIE SYNDICALE « RECONNAIT » LA GREVE APRES TROIS SEMAINES

Le Parti communiste interna onaliste. section beige de la Iv• Internationale, qui était déjà intervenu à plusieurs reprises dans la grève pour préciser les revendications des travailleure, encourager et appeler toule la classe ouvrière du pays à la solidarité avec les dockers, avait convoqué un grand meeling à Anvers pour le soir du lundi 6 janvier. Immédiatement après l'annonce du meeting, la bureaucratie syndicale décida d'organiser ellemême une réunion des grévistes avant le meeting du P.C.I. « Le Soir », L'organe le plus représentatif de la bourgeoisie, déclara ouvertement que la convocation de cetle réunion, ainsi que toutes les démarches ultérieures qui seraient entreprises, etalent inspirées exciusivement par la volonté de la bureaucratie syndicale de regagner une partie de l'influence perdue au profit des trotskystes.

L'assemblée générale des grévistes réunit plus de 8.000 dockers au Palais des Sports, à Anvers. Les dir geanls du syndi- Chons a nvers. Les dingeanls du svndicat expliquèrent, sous les huées de l'aseistance, qu'ils voulaient * retirer les grévistes des mauvale drape dans lesquels ils s'etaient mis par leur propre faute ». I's déclarèrent avoir proposé au patronat Tcetroi d'une prime de 24... franes pour déplacements effectués en dehors des heures de travall. Le patronat n'ayant pas voulu accepter ces propositions, ils étaient prête à reconnaitre la grève et à payer dorénavant aux dockere une Indemn té de grève. Frénétiquement acclamé par les 8.000 grévistes, le militant Doremans dénonça la mancuvre de la bureaccratie qui voulait se mettre a la tête d'un mouvement qu'elle avait trahi au début. Il opposa à la « revendication » de la butreaucratie la nécessité d'augmenter le salaire de base en rapport avec la hausse du coût de la vie. Son discours — que le journal bourgeois d'Anvers « De Nieure Gaset » appelle « une magnifique improvisation enflammée » — se termina par un appel à la grève générale, seule capable d'assurer l'adaptation des salaires au coût de la vie.

LES DOCKERS

OBTIENNENT SATISFACTION

Les grévistes ayant refusé de considérer toute reprise du travail sur la base

ATIONALE des propositions initiales du syndicat, le patronal lui-même était forcé de reconnaître sa défaite, I proposa une augmenlaLon substantielle du salaire de base, loctroi d'une prime spéciale de déplacement, T'augmentalion des primes pour le travali lourd et dangereux. Au total, ces concessions signinent une augmentalon de salaire net de plus de 30 %. Pas un docker ne gagnera dorénavant moins de 200 Irs par Jour.

Le samedi 11 janvier, nouvelle assemblée générale des grévistes à laquelle assistérent près de 11.000 personnes, dont de nombreuses femmes. Après que les bureaucrates eussent préconisé la reprise pure et simple du travail, Doremans demanda la parole, ma s les bureaucrates le frent expulser de ferce par la poliee de Ta salle. Pour protester contre cette attilude indigne, p.us de 5.000 dockers quitTèrent la Balle avee Iii. Le referendum organisé après leur dépurt donna 5.000 voix pour el 1.000 voix contre la reprise du travail.

L'ACTION DU P.C.L.

La grève des dockers d'Anvers, le mouvement le plus acharré et le p.us vietorieux mené en Belgique depuis la « libératon , est également celui dans lequel l'action du P.C.I. a pu avoir le plus d'eftet el ou le parli révolutonnaire a pu le mieux démontrer aux travailleurs qu'il conslitue actuellement la seule organisation du pays. défendant les intérêts de la classe ouvrière avec l plus de conséquence pos ible. Cette intervention éner-. gique et constante du P.CI. dans la grève a précipité d'abord le changement d'attitude de la bureaucrate syndicale, et ensuite la volte-face ensationnelle du pa-

Iro al, effray influence de trotskyste. A édité quatre la Tulte pour par masse

Anver lilléren la perpective d'une stabillsée du parti s même, le P.C.I. a ts tracts au cours de eçone d'une étape de des directives, des 'espoir aux grévistes te. Au meeting du

P.ci. qui se tenait quelques heures après ra réunion générale des grévistes, dans un froid glacial, ple de 1.000 travailleurs acclamèrent Doremans et Vereeeken qui tirerent les leçons de la greve et tracèrent la perspective large des luttes ouvrières dans le pays.

Dans toutes les autres régions e P.C.. appela les travailleurs à la solidarité avec les grévistes par la vole d'affiches, de tracls, d'appels aux syndicats, d'intervenlans dans les gssemblées syndicales, d'organisat on de collectes, ele... De nombreuses résolctione de solidarité ainsi qu'une sérieuse lendance vers la reconnaissance de la grève par la F.G.T.B. avant même que le syndical des dockers n'ait pris cette décision. montrèrent le succès de cette action el confirment l'impression donnée par le dernier congrès de la E.G.T.B., qu'une large aile gauche est en train de erg'alteer au sein du mouvemen syndical belge.

H. VALLIN.

Une erreur sur cette page ?