VATRE mois après le compromis du 6 mars qui mit fin provisoirement aux hostilités déclarées entre l'impérialisme français et les masses vietnamiennes soulevées pour mettre fin à l'odieux régime de quatrevingts ans de colonisation, la Contérence de Fontainebleau s'ouvrait à Paris, entre des représentants de la République du Viet Nam (membres du Viet Minh) et ceux de l'impérialisme français. Cette Conférence devait régler un certain nombre de points importants, particulièrement le statul de la République du Viet Nam par rapport à l'Union Française, la question de Cochinchine qui impliquait les questions du gouvernement lantoche du docteur linh, du rattachement éventuel de la Cochinchine au Viet Nam, du référendum en Cochinchine au sujet de ce rattachement.
Le discoune de Pham-Van-Dong, président de la délégation vietnamienne, prononcé à la séance inaugurale de la Conférence le 6 juillet 1946, est un résumé typique des contradiclions inhérentes à la politique du Viet Minh, politique opportuniste émaillée de temps à autre de protestations d'autant plus violentes qu'elles ne sont que purement verbales :
* .. Le gouvernement vietnamien vousal ranier. lait la paix; la France nouvelle ouesi, Car la France sortie de la Résislance ne pouvait tolérer qu'une guerre de cette nature fut entreprise et entreprise en son nom... La convention du 6 mare fut signée. Elle reconnait notre pays comme un Ctal libre et notre gouvernement consentit à recevoir amicalement les troupes francaises au Tonkin et en Annam, au nord du 16° parallèle...
" Eh bien. messieurs, c'est avec une peine profonde que nous vous disons que certaines causes de l'armistice du 6 mare n'ont pas cté exécutées par les autorités françaises an Viei-Nam, que les hostilités au lieu de cesser sur-le--champ, ont continué jusqu'à ce jour, que les troupes françaises, au lieu de rester sur leurs positions 1), ont mis tout en euvre pour gagner du terrain... Mais, par dessus tout nous tenons à protester... contre la ereation d'un Etal libre de la Cochinchine et la reconnaissance de son gouvernement provisoire par les autorités françaises de Saigon.
• Messieurs, si la convention du 6 mars n'a été signée d'un commun accord que pour permettre aux troupes françaises de penetrer pacinquement au nord du VietNam alors que, dans le meme temps, on precipitait les hostililés dans le sud aflu d'amener la Conférence à s'incliner devant le fait accompli, nous avons le devoir de dire ici que cela n'est pas fait peur faciliter les négociations et la réalisation d'une entente définitive enfre la France el le Viel-Nam pour le bien des deux pays.
« Car c'est celte entente définitive que nous voulons. Nous aimons profondément notre pays, et c'est pourquoi nous désirons l'associer à la France à laquelle tant de liens nous unissent, et avec laquelle nous grande famille des nations libres et démocomptons occuper craliques... •
Les représentants de l'impérialisme français se montrèrent évidemment intraitables sur cette question de Cochinchine, cherchant avant tout à consolider les avantages acquis et à gagner du temps. Les pourparlers furent rompus, et la « crise de la Conférence de Fontainebleau » attira les commentaires de toute la presse. A ce sujet, nous disions dans La Vérité du 9 août:
La bourgeoisie francaise a toujours considéré le compromis qu'elle a do signer avec le Viel-Nam, le 6 mars, comme un armistice avantageux, préalable à une nouve le offensive contre les masses du VietNam.
Les généraux français signèrent le comoromis parce qun saverait que larmer
Seclere élait incapable de rétablir sous une forme stable la domination imper aListe en Indochine, Impossibilité de " pacificalion », même partielle. Démoralisation et pertes en hommes considérables dans le corps expéditionnaire. Effort financier sans rendement.
L'e armistice » lul permettalt de souffler.
l'occuper milllairement des régions qu'il aurait fallu des années pour conquérir, de sauvegarder les intérêts financiers de la bourgeoisie française, de sauver la face
V° INTERNATIONALE devant le peuple français et les autres impérialismes.
Mais il n'y avait aucune illusion a se faire sur le « respect des engagements de la part des agents directs de la bourgeoisie impérialiste...
Pendant que se dénulait la première conférence de Dalat, et maintenant celle de Fontainebleau, d'Argen'leu pose li-bas jour après jour, de nouveaux jalons qui mènent à l'étranglement du Viel-Nam.
Les communistes indochinois, qui formaient l'issature du Viel-Minh, de même que Ho-Chi Minh ont mis le doigt dans L'engrenage des les débuls de la récolution, en dissolcant d'abord le parti communiste indochinois, en abandonnant ensuite leur programme d'erproprialion des colons et bourge is indigènes, et en se mettant financièrement dans la dépendance de ces derniers, en alignant enfin leur politique sur celle du P.C.F •, ce qui les mena a signer un armistice dans les pires conditione.
Que peuvent-ils done faire maintenant? Ils ont tout donné n l'impérialisme français: garanti ses intérets, laissé la Cochinchine sous son contrôle, accepté l'envoi de troupes sur toul le territone. Leur sursaul de cos derniers jours, leur refus de s'humilier encore à Fontainebleau ne sert qu'a conserrer des Tambeaux de prestige: ils capituleront. ils ne peuvent fair autrement, Ils payent et font payer au peuple vietnamien les c séquences de leur politique opp rtuniste.
La Conférence de Fontainebleau sane Préparon en tourna court. La délégation gouvernemontale vietnamienne préparait son retour en Indochine sans que la moindre précision eût été apportée aux accoras du 6 mars.
Déjà certains délégués étaient reparii. Au dernier moment, coup de théâtre, on apprit cependant qu'un modus vivendi venait d'être signé par Ho-Chi-Minh. La presse bourgeoise se félicita, assez discrètement bien entendu, des conditions de ce modus vivendi. En effet, sur aucun des points intéressant le Viet Nam le moindre accord n'était intervenu: les questions du gouvernement fantoche de Cochinchine et du référendum restaient en suspens. Mais au nom d'un éventuel réglement de cette question, Ho-Chi-Minh accepta au nom du Viet Minh d'aider l'impérialisme français à organiser le désarmement des troupes de guerillas oui menaient le combat en Cochinchine. A ce propos nous disions dans La Vérité du 20 septembre:
• A propos de ce modus vivendi bâclé in catremis, Ho-Chi-Minh Ini-même dielaro: a Pour les deux questions principales, l'indépendance de Viet-Nam dans J'Union française et le referendum en Cochinchine, aucun accord n'a encore été alteint... nous nous sommes engages à faciliter la reprise des inlérels économiques et cullurels francals au Viel-Nam. En contrepartie nous avons oblenu que les libertés démocratiques sulent appliquées en Cochinchine... Mais și ce pieux résultat ne peut apparaître que comme l'aveu d'une faillite frauduleuse vis-à-vis des martyrs de la révoTution indochinoise, une précision apportée par les « milieux français » (Le Monde) sur ce modus vivendi laisse prévoir une nouvelle trahison de taille: d'après Le Monde, le modus vivendi " prévoit que des entretiens auront lieu sur place entre Jes aulorités militaires pour mettre fin auz hostilités là où elles continuent encore. » Ainsi les révolutionnaires vietnamiens qui n'acceptèrent pas les conditione capitulardes du « compromis » du 6 mars, et les parlisans cochinchirois abandonnés à d'Argenlieu devront rendre les armes ou bien, en cas de résistance de leur part, ils trouveront en face deux, non seulement les colontalistes français, mais aussi le gouvernement Viel-Minh lui-même. Ce que Le Monde a écrit ne signifle pas autre chose. Le bilan de la politique d'u Union nallonale » et d'e alliance avee les forces réellement démocratiques trancaises • est dès à présent on ne peut plus limpide. La vague révolutionnaire des ouvriers et paysans annamites a été endiguée, jugulée, l'aile gauche décapitée, et maintenant colonialistes Trançaie et staliniens indochinois se propesent de liquider les dernières survivances de la première révolution indochinoise Le Viel-Minh et les staliniene indochino's continuent à creuser leur propre tombe en détruisant les forces vives et les organisations des travailleurs vietnamiens.»
• Du point de vue économique, le modus vivendi pouvait étre caractérisé par Les Nouvelles économiques du 27 septembre de la façon suivante : • des avantages certains et considérables ont été consentis aux Français » En effet, sur tous les points importants, bases même qui avaient été fixées par Ho-Chi-Minh cédait 82173 les la deuxième conférence de Dalal que d'Argenlieu avait convoquée alors même que la Conférence de Fontainebleau se déroulait à Paris, conférence de fantoches valets de l'impérialisme français, el contre laquelle les délégués dn goavernement du Viet Minh avatent auparavant proiesté violemruent. En résumé: garantie des intErête français; restitution des biens poquusitionnés; liberté d'établissement; sfait des biens, des entreprises, de l'embauche identiques pour l'impérialispe français et les nationaux. Sujétion de ia piastre au franc. Mêmes tarifs à l'entrée des marchandises dans les territoires indochinois et à la sortie.
La capitulation ne s'était pas fait attendre, elle se produisait sur toute la ligne
IV° INTERN Que recherche l'impérialisme français ?
Aujourd'hui la presse bourgeoise française hurle à la « duplicité » du gouvernement d'Ho-Chi-Minh qui. dite'le, préparait une nouvelle reprise de la lutte armée. En fait, les délégués Viet Minh n'étaient que trop sinceres dans leurs avances répétées à l'impérialisme français, avances qui étaient fonction de la ligne imposée par la politique extérieure de la bureaucratie stalinienne. Toute la question pour celte dernière, et pour le P.C.F., était de maintenir, dans l'Union Française et au sud de la Chine, un gouvernement à leurs ordres, pion docile sur l'échiquier international au prix de n'importe quelle concession sur le plan économique ou de l'indépendance nationale. En ce sens le P.C.E. n'a pas cessé, et pour cause, de protester contre la création d'une république fantoche cochinchinoise, mais en ce sens seulement.
Mais d'autre part l'impérialisme francais ne pouvait tolérer l'extension ou le maintien de l'aulorité du Viet Minh stalinien au sommet en Indochine. El cela, non seulement pour les seules raisons de sa politique extérieure, mais avant tout el surtout parce qui ne croit pas, et à juste utre, aux vertus contre-révolutionnaires élernel es du stalinisme. En eltel, sous la mince pellicule superficielle formée par quelques valets fidoles de Moscou, des millions et des millions de prolétaires et de paysans du Viet Nam grondent. « Manque d'aulorité », débordé par les « extrémistes », tes sont les reproches principaux et essentiels pour l'instant que la bourgeoisie francaise adresse réellement au Viet Minh. Pour l'impérialisme français il s'agit maintenant de faire se dégager une équipe petite bourgeoise conciliatrice, analogue à celle du « gouvernement » autonomiste cochinchinois, dont l'existence repose sur les baïonnettes françaises, et sur laquel e elle puisse s'appuyer pour tronquer, édulcorer, puis detruire, toute forme. d'organisation de masses ou de pouvoir ouvrier et paysan (Comités du Penrle) Lim-érlisme ne craint pas tant le « nationalisme » bourgeois que la révolution sociale des prolétaires et des paysans d'Indochine. C'est en fonction de cette ligne générale que, depuis le 6 mars, les représentants de l'impéria isme français en Indochine n'ont cessé de poursuivre une politique de provocation ouverte, combinant la pression militaire au filet des relations « di-
ATIONALE 21 plomatiques » tendant à resserrer les mailles du compromis du 6 mars, Réaction empirique du Viet Minh
Certain dirigeants de ue Minh, pl particulièrement Vo-Nguyen n'ont pas été sans s'apercevoir rapidement que la voie des concessions à l'impérialisme pour imposer la reconnaissance de Tautorité du Viet Minh en tant que gouvernement pour l'ensemble du Viet Nam n'élait pas la bonne. Les préparatifs des militaristes français étaient assez clairs à cet égard. De juillet à décembre, les deux camps en présence se préparèrent pour une nouvelle épreuve de forces.
En juillet-août, Giap procède à l'élimination du Dong-Minh-Hoi et du Viel Nam Guoc-Dan-Dang, partis d'opposition bourgeoise, et nettement pro-chinois en ce qui concerne le Dong-Minh. Leurs dirigeants sont en partie forcés de se réfugier en Chine. Par ailleurs Giap renforce numériquement, structurel ement et militairement l'armée vietnamienne qui double au moins ses effectifs réels et tend de plus en plus à assimiler la technique militaire moderne, compte tenu bien enlendu de l'infériorité matérielle qu'elle a vis-à-vis du corps expéditionnaire.
Les provocations et violations continuelles des accords par les représentants de l'impérialisme français en Indochine accélérèrent le processus vers une reprise des hostilités.
Reprise des hostilités
Pour répondre à la campagne de la presse bourgeoise et « socialiste » française sur les responsabilités du Viet Minh dans la reprise des hostilités, 1 suffrait d'énumérer la succession des violations des accords opérés par l'impérialisme français en Indochine
Mais quoiqu'il en soit. ce n'est pas du point de vue de « Qui est responsable de la reprise des hostilités? » que le prolétariat français et mondial peut se placer pour prendre position devant la guerre coloniale de l'impérialisme français. Depuis l'aurore du mouvement ouvrier les révo utionnaires ont toujours distingué les guerres justes, correspondant à la révolte d'un peuple opprimé ou accélérant le processus révolutionnaire, des entreprises réactiennaires et contre-révolutionnaires de l'impérialisme. Dans le cas de l'Indochine il ne peut subsister aucun doute à ce sujet: la guerre menée par les masses indochinoises est une
IV* INTERN guerre juste, elle est susceptible d'accélérer considérablement le processus révolutionnaire dans l'Union Francaise, en France, et en Extrême-Orient. Même avee la direction Ho-Chi-MinhGilap, même si elle était dirigée par des nationalistes bourgeois, elle doit Atre soutenue inconditionnellement et par tous les moyens par la classe ouvrière mondiale, et en premier lieu par le prolétariat français. Les tâches du prolétariat français et du prolétariat mondial
Les partis ouvriers traditionnels en France, Parti socialiste et Parti Communiste Français ont l'un et l'autre participé objectivement à la préparation de la nouvelle offensive impérialiste en présentant à la classe ouvrière française les successives capitulations du Viet Minh, défaites pour le Viet Nam, comme des victoires. Après avoir voté les crédits de guerre, ils ont célébré le compromis du 6 mars, entretenu la confusion lors de la Conférence de Fontainebleau avec Jeur phraséologie sur l'Union Française et sur l'entente entre la République démocratique du Viet Nam et la démocratie française issue de la résistance antifasciste, salué le modus vivendi comme une preuve de bonne volonté réciproque.
Depuis la reprise des hostilités leur attitude envers les opprimés d'Indochine n'en est devenue que plus abjecte. En ce qui concerne le Parti socialiste et son gouvernement Blum, il s'est rangé définitivement et clairement du côté des colonialistes. peut dire sans être suspecté de « mauvaise foi extrémiste » que le réformisme en France et dans le monde (en Angleterre en particulier) a remplacé les missions chrétiennes et les Jésuites dans leur role d'avocats « humanitaires » des entreprises de massacre et de répression colonialiste. C'est maintenant au nom de la « démocratie rénovée », e voire " socialiste » qu'on justifie la surexploitation et les massacres contre-révolutionnaires impérialistes. Ce fait n'a d'ailleurs rien de nouveau: C'est un gouvernement Blum qui dissout lEtoile Nord-Africaine et couvrit les massacres de Metlaoui Tunisie, c'est un ministre socialiste de Intérieur, Tixier, qui dirigea de Paris les massacres de mai 1945 en Algérie.
Aujourd'hui, le socialiste Moutet
ATIONALE réclame « une décision militaire » en Indochine:
Lorsque la bourgeoisie n'est plus capable par elle-même et à elle seule de maintenir sa domination et d'exercer la répression dans son Empire, il lui faut trouver des professionnels de la trahison de la classe ouvrière, capables de semer suffisamment de confusion dans • les rangs de celle-ci pour éviter, freiner et réprimer toute tentative de solidarité efficace contre les opprimés des colonies et les exploités de la métropole. Aujourd'hui, non seulement les Blum, Moutet and C° jouent ce rôle, mais encore il ressort clairement, de nombreuses informations passées au crible par la presse bourgeoise, que le gouvernement Blum est partisan d'une politique « plus déterminée et plus énergique » en Indochine que certains militaristes qui jugent techniquement de ce que représente une telle entreprise militaire.
L'attitude de la « gauche » socialiste n'en est que plus abjecte. C'est le plus souvent elle-même qui, par ses crises de conscience, ses larmes de crocodile, et ses silences navrés, fournit à Blum-Moutet, et par conséquent au colonialisme, une couverture idéologique suffisamment trompeuse pour maintenir les travailleurs socialistes dans une attitude de passivité honteuse.
Le Parti Communiste Français collabore avec plus de discrétion à cette entreprise. Celte discrétion provient d'ailleurs plus particulièrement du fait que toute une série des leaders actuels du Viet Minh se sont avérés des agents dociles de la politique extérieure de la bureaucratie stalinienne et que celle-ci ne peut voir de bon cœur cerlains de ses pions en Extrême-Orient éliminés plus ou moins de l'arène politique au profit de petits bourgeois conciliateurs tendant à s'orienter vers l'impérialisme américain, que ce soit par un canal pro-chinois, pro-français ou plus direct. Il n'en reste pas moins que la politique française du stalinisme l'entraine à meltre en veilleuse cette affaire d'Indochine et à abandonner plus ou moins Ho-Chi-Minh, voNguyen-Giap et leurs collègues. D9 ce Tall le P.C.F. peut ajouter à ses certificats de bonne conduite la déclaration du journal colonialiste Climats:
« L'Humanité » se montre beaucoup plus natlonale depuis le début des hostilités; nous nous en réjoutssons. L'unanimité doit etre maintenue dans la métropole. Que Paris ne détruise pas ce qui peut se construire à Saigon. (2 Janvier 1947.)
résistante ».
Pas une seule fois, durant la première étape de la guerre de recon quête, ou actuellement, le P.C.F. n'a fait le moindre appel à la plus minime action de solidarité envers les travailleurs indochinois en lutte. Chaque fois il a dénoncé, sinon officiellement, lout au moins dans ses rangs et dans ceux du Viet-Minh-Dong-Ti (Amis du Viet Minh) en France, les actions entreprises ou proposées par les trotskystes comme des provocations fascistes. La C.G.T. qui, forte de millions de membres, pouvait organiser un boycolt absolument décisif de l'expédition colonialiste, n'a pas soufflé mot depuis quelques protestations verbales émises en fin 1945. Quant à la Fédération Syndicale Mondiale, sa carence absolue est une preuve de plus qu'elle ne représente absolument pas un organisme syndical international capable d'entreprendre ou d'appuyer efficacement le mouvement ouvrier révolutionnaire.
Les prolétaires français et du monde entier doivent comprendre que leur rôle est décisif, nécessaire et suffisant, pour assurer la victoire des opprimés d'Indochine. En l'absence de toute action organisée du prolétariat frangais, la bourgeoisie française n'est même pas capable de restaurer en une fois sa domination sur l'Indochine. Elle doit procéder par étapes et
ATIONALE 23 il suffit de lire Le Monde ou Climats pour se rendre compte avec quelles précautions, malgré ses déclarations grandiloquentes, elle envisage le problème d'un nouveau compromis provisoire. De la solidarité active du prolétariat mondial et particulièrement du prolétariat français dépend totalement le succès ou l'échec de l'entreprise colonialiste.
Les travailleurs français doivent exiger de leurs partis et de leurs organisations de jeunesse une prise de position claire en faveur d'une action coordonnée de solidarité envers les Indochinois en lutte. Mais ils doivent eux-mêmes PASSER A L'ACTION sans attendre l'avis des bonzes réformistes ou staliniens. En particulier, les dockers et les marins, soutenus par l'ensemble de la classe ouvrière française doivent ORGANISER, NATIONALEMENT ET INTERNATIONALEMENT, LE BOYCOTT DE L'EXPEDITION IMPERIALISTE FRANCAISE EN INDOCHINE, pour imposer: LA CESSATION IMMEDIATE DES HOSTILITES; LE RETRAIT DES TROUPES FRANÇAISES DE TOUTE L'INDOCHINE; LA RECONNAISSANCE DE L'INDEPENDANCE TOTALE DU VIETNAM. 5 janvier 1947.