Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › numéro de février

Thèses sur la Russie stalinienne d'aujourd'hui (extraits)

G. Hirt · Quatrième Internationale, numéro de février · février 1946 · p. 13-18 · 3 378 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

par G. HIRT

(Extraits)

V. - Le régime stalinien commence à s'approcher de la phase finale, qui, de toute manière, entraînera sa fin.

a) La deuxième guerre impérialiste mondiale représente principalement la guerre de l'ensemble de la bourgeoisie mondiale, et a comme but de surmonter pour un certain temps la crise mortelle du système capitaliste, aux frais du prolétariat mondial et de l'Etat prolétarien, afin de pouvoir à nouveau se procurer provisoirement un espace permettant de continuer la production capitaliste. Sur cette base, se joue l'antagonisme militaire des puissances impérialistes entre elles, antagonisme qui n'est que secondaire: La crise du système capitaliste est si profonde, qu'il faut éliminer une partie de la concurrence capitaliste mondiale pour rendre possible, du moins aux impérialistes vainqueurs, la continuation pour une certaine période, de la production sous la forme capitaliste, c'est-à-dire la production de profits.

b) La Russie Soviétique a gagné la guerre contre une partie de la bourgeoisie mondiale, contre l'Allemagne d'Hitler, et a pris également part à la victoire contre le Japon, mais elle a perdu la guerre contre l'ensemble de la bourgeoisie mondiale par suite de la politique suivie après 1923-1924 par le régime, la bureaucratie et le parti staliniens, poli- tique subite tontre-t lactionaire , tique subjectivement réactionnaire, obn'avait pas dépassé en 1939, même pas atteint le premier des Etats capitalistes, les Etats-Unis, mais son équipement se montait déjà à 60 % de celui de l'appareil industriel américain. Les impérialistes anglo-américains conduisirent la guerre mondiale en employant une tactique qui permettait à l'impérialisme allemand de détruire le plus possible l'appareil industriel soviétique, et qui obligeait l'Union Soviétique dans sa lutte contre l'impérialisme allemand à s'épuiser tout en épuisant également l'impérialisme allemand. C'est de cette façon que l'épée de l'impérialisme allemand. au service effectif de l'impérialisme anglosaxon, a détruit à peu près la moitié de l'équipement industriel russe. En même temps, la bourgeoisie américaine augmentait son appareil industriel au moins de 20 %, en réalité de beaucoup plus. En 1939, le rapport de l'appareil industriel russe vis-à-vis de celui des Etats-Unis était de 60 contre 100, aujourd'hui celui-ci n'est guère que de 30 contre 120 ou de 25 contre 100!

Tel fut le recul de l'économie soviétique, si grande est la défaite causée par la politique de Staline, de la Russie soviétique, comparée aux conditions de la bourgeoisie mondiale, dont l'exemple frappant se voit dans la comparaison avec l'Etat capitaliste principal: les Etats-Unis.

La dépendance économique du « Socialisme stalinien dans un seul pays » envers la bourgeoisie mondiale, et surtout envers les Etats-Unis, s'est accrue depuis 1939. La victoire russe sur l'Allemagne hitlérienne n'aveugle que ceux qui comparent la Russie seulement à l'Allemagne et au Japon. Mais la dialectique matérialiste nous oblige à voir, examiner et juger la guerre mondiale dans son ensemble et dans ses conséquences principales, dans leur dépendance réciproque dans l'espace et dans le temps, et à n'isoler un problème spécial que dans ce cadre et que sur cette base. Les victoires éclatantes de la Russie dans la guerre contre une partie de la classe capitaliste mondiale, contre l'impérialisme allemand et japonais, ne peuvent nous tromper sur l'ensemble catastrophique des conséquences provoquées par cette même politique stalinienne, dans ses rapports avec la bourgeoisie à l'échelle mondiale, et surtout, dans ses rapports avec les E.-U., Etat capitaliste dominant le monde.

c) Staline, le régime stalinien, la bureaucratie stalinienne et les partis staliniens cherchent à cacher cette faillite catastrophique de leur politique générale aux yeux du prolétariat mondial et surtout aux masses russes, Ils amplifient l'euphorie de la victoire sur limpérialisme allemand et japonais, afin de détourner l'attention des masses du rapport de forces décisif avec la bourgeoisie mondiale et d'attirer leur attention sur le rapport relativement secondaire des forces avec la partie allemande et japonaise de cette bourgeoisie. En même temps, ils mettent tout en œuvre pour diminuer par le pillage des machines, le travail forcé, les annexions, l'émigration forcée, etc... la défaite catastrophique et la faiblesse de la Russie comparée à la classe capitaliste mondiale, défaite causée par la politique de Staline. Dans la mesure où cela leur réussit, ils obtiennent une légère amélioration, qui ne change pourtant pas grand'-chose à l'état catastrophique de l'appareil productif russe, comparé à celui des E.-U. — et ils n'obtiennent cela qu'au prix de profondes contradictions dans lesquelles ils s'engagent, entraînant avec eux l'Etat Soviétique. Car ils ne tentent d'obtenir cette « amélioration » de la catastrophe russe, que par les méthodes criminelles qui consistent à rejeter à coups de pieds la classe ouvrière allemande, — qui, du point de vue de classe - ne tomba sous le joug du nazisme que par la faute politique des partis staliniens, de la bureaucratie et du régime stalinien et de Staline lui-même — et en même temps ils piétinent et ébranlent les sympathies des travailleurs de tous les pays, provoquées par la lutte héroïque des travailleurs et des paysans pauvres russes contre les brutes nazies. Se surpassant dans l'opportunisme et la trahison envers le prolétariat et la révolution mondiale, Staline, son régime, sa bureaucratie et son Parti font le jeu de la bourgeoisie mondiale dans la décision finale du sort de l'Etat prolétarien.

d) Cette situation générale et ces perspectives sont provisoirement voilées, camouflées sous l'apparence trompeuse des « glorieuses victoires et conquêtes », qui ne sont en réalité que des pillages réussis de toutes sortes, dans la phase intermédiaire. Pour entraîner la Russie Soviétique également dans la guerre contre le Japon, les bandes impérialistes anglo-américaines firent toutes les concessions de brigands possibles à la bande de Staline. C'est ainsi que la guerre contre le Japon impérialiste a rapporté au « Généralissime » Staline d'autres « lauriers, conquêtes, etc... » c'est-à-dire d'autres succès de brigands. Peut-être que, dans l'ivresse de sa nouvelle « victoire », au comble de sa « gloire », il tentera de se faire enfin couronner Tzar par l'Eglise satisfaite de son évolution droitière. Pourtant la guerre contre le Japon, à peine terminée aussi « victorieusement » que possible, le dernier rideau de la deuxième guerre impérialiste va se lever, le dernier acte de ce drame mondial va commencer lentement à se jouer. Dans certaines conditions un jeu plus rapide des événements n'est pas impossible, e) Après la capitulation japonaise, la Russie sera isolée politiquement; pour se protéger contre l'impérialisme angloaméricain, elle n'aura plus à sa disposition la possibilité d'une alliance avec la bourgeoisie allemande et japonaise.

Les impérialistes anglo-amércains désirent garantir leur victoire mondiale économique et politique même contre l'Union Soviétique. Car cette dernière a réussi, par le moyen de la production collective, dans l'espace de vingt ans, non seulement & se retablir, mais encore à monter rapidement et, finalement à entrer dans le marché mondial et à mettre en danger, par une vigoureuse concurrence, l'exploitation avec profits de la production capitaliste des E.-U. et de l'Angleterre. Même encore plus. La bourgeoisie mondiale a appris à estimer Staline et sa bande comme instruments subjectivement tout à fait dignes de confiance contre la révolution et le prolétariat mondial. Pourtant, , de son point de vue capitaliste, elle sait reconnaitre clairement dans l'existence de la propriété et de la production collectives, un danger politique décisif pour elle, qui pousse objectivement — contre la volonté de la bureaucratie stalinienne - au développement de la revolution prolétarienne internationale et qui constitue une réserve formidable qui, au moment culminant de l'évolution révolutionnaire, peut se transformer en un levier de la révolution mondiale. Le besoin de garantir le gigantesque butin impérialiste, la position impéraliste générale et les positions économiques et politiques du capitalisme mondial, pousse les capitalistes américains et anglais et les capitalistes internationaux en général à liquider finalement la propriété collective, à rétablir en Russie soviétique la propriété capitaliste des moyens de production, et à assurer cette dernière par un Etat capitaliste totalement digne de confiance, c'est-à-dire par un appareil étatique capitaliste.

Néanmoins, cette propriété collective est et reste la base de la bureaucratie stalinienne usurpatrice puisqu'elle en vit en l'exploitant en parasite, et qu'elle ne peut l'abandonner volontairement dans sa totalité, sans perdre son dernier appui parmi les ouvriers de Russie et du monde, sans se liquider elle-même, sans commettre un suicide politique.

Utilisant le plus possible les partis staliniens comme instruments contre la Révolution prolétarienne qui monte, les impérialistes anglo-américains tâchent de toute façon de forcer la bureaucratie stalinienne à abandonner la propriété collective. Ils combineront tous les moyens d'amorcage (emprunts gigantesques, etc...) avec les moyens de pression. Ils essaieront de plus en plus de collaborer d'une façon ou de l'autre avec les nouveaux éléments capitalistes de Russie, qui se sont développés déjà largement et vont se développant. continuellement et qui sont le résultat objectif de l'ensemble de la politique stalinienne, afin de fortifier la pression extérieure impérialiste par la pression intérieure des nouveaux éléments capitalistes russes qui demeurent encore à l'intérieur de la bureau cratie et autour d'elle à l'arrière-plan, Afin de mettre toujours plus fortement en action les éléments bourgeois de Russie dans cette direction, Ils concentreront la pression au commencement sur le rétablissement de la démocratie bourgeoise, sur l'introduction de sociation, d'organisation et la formation des partis politiques pour les nouveaux éléments possédants, l'instauration d'un Parlement bourgeois-démocrate, qui devra garantir à ces derniers la possibilité totale de développer et de réunir les forces bourgeoises, d'utiliser les masses afin d'en tirer le plus de réserves possibles et de les mobiliser pour leurs fins. Ils prépareront cette campagne politique par une première attaque qui se développera selon un plan, dont le but sera de donner, dans la « zone de sécurité » europeenne de Staline, le pouvoir à la democratie bourgeoise, à la bourgeoisie « démocratique ».

Si cette pression accrue et combinée par étapes ne suffit pas, les impérialistes iront jusqu'au bout: jusqu'à l'action brutale contre-révolutionnaire de l'intérieur et de l'extérieur ou de l'extérieur et de l'intérieur; ils combineront le soulèvement contre-révolutionnaire des nouveaux éléments bourgeois russes, qui sortiront enfin de leur attitude peureuse, avec l'invasion impérialiste venant de l'extérieur. Dans ce dernier acte de la deuxième guerre mondiale qui sera immédiatement dirigé ouvertement contre l'Etat prolétarien, le Labour Party, la social-démocratie et la bureaucratie dégénérée des syndicats et des corporations rendront aux impérialistes anglo-saxons leur offices de valets, selon toute probabilité avec le mot d'ordre « Pour la démocratie (bourgeoise,

,cela va sans dire) même en Russie Soviétique ». Grâce aux services gigantesques qui leur ont été rendus par le régime, la bureaucratie et le parti de Staline, les brigands anglosaxons n'auront pas besoin de mener eux-mêmes le dernier acte de la guerre. La bourgeoisie allemande et japonaise,

IVe qui sera « démocratique » entre temps, et se sera effectivement incorporée a limpérialisme anglo-saxon, ne demandera qu'à se précipiter dans cette guerre, contre la promesse d'une amélioration des conditions de paix qui leur ont été imposées. Les coups de pieds de Staline et de sa bande donnés aujourd'hui à la classe ouvrière allemande, demain à la classe ouvrere Japonaise, faciliteront cette opération des capitalistes allemands et japonais. L'Amérique et l'Angleterre impérialistes leur procureront encore d'autres alliés, les équiperont richement de matériel de guerre, et, pour le reste, se limiteront à les soutenir « du ciel ».

VI. - Le mécanisme du processus général du capitalisme, son économie, sa politique, ses intérêts, son profit, poussent les impérialistes anglo-américains dans cette direction. Ce qui importe, c'est le rythme de leur action. En général, les considérations impérialistes tourneront autour des alternatives suivantes: Une action lente donnerait le temps à l'Union Soviétique de se renforcer — un développement régulier au cours des prochaines années (et de plus en plus rapide) se heurterait par contre non seulement à une Union Soviétique politiquement isolée, économiquement affaiblie par ses énormes sacrifices humains, mais devrait compter dans le monde entier avec les masses désorientées par vingt années de politique du stalinisme, du Labour Party, de la social-démocratie, de la bureaucratie dégénérée des syndicats et des corporations, des droitiers, des centristes, des « ultra-gauches », des anarchistes.

Après 6 années de guerre impérialiste, les soulèvements sont plus lents qu'après la première guerre mondiale, en Allemagne et surtout au Japon; il n'en sera guère autrement avec les masses écrasées impitoyablement par le régime de Staline.

VII. - Seule la révolution prolétarienne internationale survenait victorieusement à temps, qui, dans son avance, animera inévitablement les ouvriers et les paysans pauvres russes, peut entraver le plan perfide et meurtrier des impérialistes anglo-américains et sauver l'Union Soviétique en tant qu'Etat prolétarien, en renversant la bourgeosie européenne et le régime stalinien, en libérant et en épurant l'Etat soviétique de la bureaucratie stalinienne, en le reformant selon les principes léninistes, en rétablissant la démocratie prolétarienne et en instaurant la Fédération Mondiale des Républiques Soviétiques Démocratiques Prolétariennes de tous les Continents, par la Fédération de l'Union Soviétique démocratique prolétarienne avec la Fédération des Républiques Soviétiques Démocratiques Prolétariennes d'Europe.

Par l'occupation de l'Allemagne, les impérialistes anglo-saxons et les bureaucrates staliniens russes, soutenus par le Labour Party, la Social-démocratie, les partis staliniens, la bureaucratie dégénérée des syndicats et des corporations affaiblissant le prolétariat mondial et renforçant la bourgeoisie mondiale par leur continuelle trahison des intérêts prolétariens dans tous les pays, ont empêché la révolution prolétarienne des masses allemandes et le règlement révolutionnaire de leur compte avec le national-socialisme, le fascisme et l'ensemble de la bourgeoisie allemande (et ils préparent la même chose pour le Japon). Cependant, le sort barbare qu'ils préparent aux masses allemandes, atteint de plus en plus l'Europe toute entière.

La désindustrialisation de l'Allemagne, liée à l'émigration et l'immigration forcée par les staliniens de plusieurs millions d'hommes, etc.., fait baisser le pouvoir d'achat des masses allemandes, à un grand degré, et ramène tous les pays du continent européen à une diminution de 20 à 40 % de leurs exportations, En même temps, les E.-U. et l'Angleterre leur rendent à peu près impossible la vente sur le marché mondial, pour que la production aux E.-U. et en Angleterre puisse être poursuivie suivant les formes capitalistes avec un profit accru, malgré l'accroissement formidable des forces de production aux E.-U. Pour pouvoir jeter quelques miettes de ces surprofits aux masses anglo-américaines en prenant un aspect socialiste et réformiste, pour éviter aux E.-U . et à l'Angleterre la crise économique, le chômage massif et la révolution des masses, la classe capitaliste anglo-américaine augmentera les exportations au détriment de tous les autres pays dont les exportations seront diminuées de 50 %. L'étranglement économique et politique de l'Allemagne empêche provisoirement la Révolution en Allemagne, mais cela se contrebalance par le développement du processus révolutionnaire allant de la périphérie au centre de l'Europe.

Dans tous les pays européens, la fermentation des masses s'étend et s'approfondit en avançant par vagues successives. C'est précisément pourquoi, dans tous les pays européens, les partis « ouvriers » petits-bourgeois (Labour Party, social-démocratie, partis staliniens) prennent de plus en plus la direction des Etats capitalistes pour pouvoir cette fois aussi étrangler par leur trahison leur perfidie et leur brutalité au service de la bourgeoisie mondiale, la révolution prolétarienne.

Comme la social-démocratie en Allemagne et en Autriche en 1918-1919, le Labour Party en Angleterre, malgré sa majorité parlementaire, laisse l'appareil étatique capitaliste intact, en abandonnant de cette façon la force politique effective aux mains de la classe capitaliste. De ce fait, l'étatisation de la Banque d'Angleterre, de l'Industrie houillère, etc., n'afaiblissent pas, mais au contraire, renforcent la puissance économique de la bourgeoisie anglaise. Le Labour Party veut encore augmenter les fardeaux matériels imposés par la guerre impérialiste aux masses anglaises, par des indemnités s'élevant à des milliards distribués aux milliardaires anglais de la banque et de la houille. Dans le meilleur des cas, cette étatisation (capitaliste) élèvera une couche d'ouvriers à la position d'employés de l'Etat capitaliste au-dessus de la grande masse des ouvriers anglais. La politique du Labour Party tend, suivant ses conséquences générales, à fortifier l'aristocratie ouvrière et par là la bourgeoisie, et à diviser par le même moyen la classe ouvrière, à la miner, et à provoquer l'affaiblissement de la grande masse des ouvriers anglais. La déception inévitable de la politique du Labour Party entraînera finalement même en Angleterre les masses ouvrières profondément mécontentes et qui ont tout de même appris quelque chose depuis 1918-1920 dans la fermentation révolutionnaire. Au point culminant de cette évolution, le processus révolutionnaire se transportera brusquement de la périphérie au centre. La révolution européenne reste à l'ordre du jour, Dans son développement, elle se transportera en Russie, s'unissant étroitement aux ouvriers et paysans pauvres révolutionnaires de Russie et mettant à l'ordre du jour la révolution prolétarienne à l'échelle mondiale.

VIII. - Même si les masses ne s'en rendent pas clairement compte, elles' n'ont pas d'autre choix: ou se laisser entraîner toujours plus brutalement par la décadence du capitalisme vers la barbarie, jusqu'à la véritable catastrophe - ou entrer dans la seule voie du salut, celle de la révolution prolétarienne, par le renversement de la bourgeoisie, pour l'établissement de la dictature prolétarienne des travailleurs, des paysans pauvres et des petits-bourgeois, de l'Etat soviétique démocratique prolétarien, pour la liquidation du capitalisme, pour la construction du socialisme et du communisme sur toute la terre.

IX. - Les masses croient encore que le Labour Party, la social-démocratie, les partis staliniens leur apporteront le socialisme et le communisme avec leur politique réaliste d'expérience vivante. Mais les combats qui se sont déjà dé roulés et qui se produiront encore démasqueront de plus en plus complètement les Partis de la trahison devant les masses. La marche des événements découvrira toujours plus nettement l'essence réelle, la trahison de ces partis de la bureaucratie et de l'aristocratie ouvrière dégénérée et embourgeoisée, qui feignent le « socialisme » et le « communisme », mais ne sont objectivement en réalité que la main gauche de la bourgeoisie, après la faillite provisoire de la main droite du capitalisme, le fascisme; cette main gauche à la solde de la bourgeoisie mondiale accomplit effectivement le service de retenir, de diviser, d'endormir, au besoin d'écraser par la force brutale et en tout cas de tenir en sance les maliste rodies par le mase les masses révoltées par le masactuelle au moyen de méthodes « démocratiques » capitalistes et par des miettes du soi-disant « socialisme » et du social-réformisme. Après avoir accompli ce travail ingrat, après s'être compromis aux yeux de la classe ouvrière, ainsi désabusée, divisée, et finalement paralysée, la main gauche fera place à nouveau à la main droite de la bourgeoisie, c'est-à-dire au fascisme, sous un nouveau nom, avec de nouveaux mots d'ordre, de nouveaux camouflages et de nouveaux tortionnaires... Le temps approche où les masses reconnaîtront le rôle des partis traîtres et commenceront à se tourner contre les partis staliniens, le Labour Party et la social-démocratie

X. - La marche des masses révolutionnaires avance déjà à l'Ouest et au Sud de l'Europe, bien que la fin rapide de la guerre au Japon puisse retarder pour un certain temps cette évolution. Les masses anglaises et même américaines seront entraînées dans un courant toujours croissant, profondément touchées et secouées par la crise du système capitaliste, le chômage massif et la guerre impérialiste. Les masses ouvrières anglaises et américaines entraveront les mouvements de l'impérialisme anglosaxon qui fera tout pour écraser la révolution européenne. Le mouvement révolutionnaire de libération des masses populaires coloniales, fortifié et entraîné par le développement révolutionnaire en Europe, donnera de' son côté une impulsion plus forte a ce dernier.

La révolution vient inévitablement. Mais, pour qu'elles prennent la bonne voie, pour qu'elles puissent vaincre, les masses ont besoin de la direction prolétarienne révolutionnaire par le Parti de classe prolétarien, par l'Internationale proletarienne, la IVe Internationale.

La tâche la plus pressante, la plus impérative de l'heure présente est celle de son établissement et de son renforce

IVe INTER ment partout. Seules la coopération et la lutte commune des masses révolutionnaires avec le parti prolétarien de la Revolution, l'Internationale révolutionnaire, et sous sa direction, assureront aux masses le salut de l'Etat prolétarien dégénéré et finalement de toute 'humanite, les sauveront de la barbarie des brigands impérialistes de leurs tortionnaires fascistes, de leurs laquais staliniens, du Labour Party, social-démocrates, bureaucrates syndicaux, droitiers, centristes, ultra-gauchistes, anarchistes. Le salut sera apporté par la révolution prolétarienne démocratique victorieuse des travailleurs, des paysans pauvres et des petits bourgeois, par le socialisme et le communisme révolutionnaires, internationaux, prolétariens - démocratiques.

G. HIRT.

18-8-1945.

Une erreur sur cette page ?