Documents de la IVe Internationale

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La revue › nouvelle série n° 16-19

Les Etats-Unis et la deuxième guerre mondiale

Quatrième Internationale, nouvelle série n° 16-19 · mars-juin 1945 · p. 37-41 · 4 070 mots

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(Résolution adoptée à l'unanimité par la II' Conférence Nationale du Socialist Workers Party, section américaine de la /V* Internafionale, en novembre 1944.)

Quand les Etats-Unis entrèrent dans la deuxième guerre mondiale, Roosevelt, porte-parole en chef du capitalisme américain, proclama que cette guerre était une croisade pour la démocratie, pour les e Quatre Libertés », pour l'anéantissement du fascisme et cu totalitarisme. Les bureaucrates travaillistes, agents de recrutement de la machine de guerre, s'empresserent d'offrir leurs services pour présenter la guerre comme un conflit entre c le travail libre > et c le travail forcé >:

Après trois années de participation de l'Amérique à la guerre, les mots d'ordre démagogiques, à grand renfort desquels les peuples ont été précipités dans le massacre, se sont trouvés complètement mis à nu. La liberté et la démocratie figurent parmi les premières e pertes » du bilan de la guerre. Les mots d'ordre e d'unité nationale » et ‹ d'égalité des sacrifices a sont un simple piège. Les garanties de confiscation des bénéfices de guerre en vue d'empêcher la formation d'une nouvelle caste de profiteurs de guerre millionnaires, se sont avérées une monstrueuse duperie.

Le gouvernement capitaliste commença tout à fait logiquement sa campagne réactionnaire en assénant ses premiers coups à l'avant-garde consciente de la classe ouvrière américaine. Le jour même de la déclaration de la guerre, le 8 décembre 1941, le jugement contre les lenders du Socialist Workers Party fut prononcé, Ils étaient condamnés en vertu de la loi anti-ouvrière Smith pour leur opposition courageuse et sans compromis au programme de guerre et leur ferme attachement aux principes du socialisme révolutionnaire. La condamnation ef l'emprisonnement des 18 furent accompagnés d'une série de mesures destinées à étouffer les syndicats et à paralyser la résistance ouvrière contre l'offensive du grand capital.

Le droit de grève, droit fondamental pour la liberté du mouvement ouvrier, a été virtuellement mis hors la loi. Les travailleurs ont été immobilisés dans leurs entreprises avec des salaires gelés, tandis que le coût de la vie n'a cessé de monter. Une forme c modifiée → de travail forcé leur a été imposée par décret exécutif. Un fardeau croissant d'impôts pèse sur ceux qui sont le moins en mesure de les payer, tandis que les profits des sociétés atteignent des hauteurs verligneuses.

Instantanément les groupements el les institutions les plus réactionnaires se sont trouvés renforcés par la guerre. La recrudescence de la réaction, et surtout La persécution des reil qués e continuation de la ant 1. la persécution des minorités et l'extension de la haine guerre de tendances inhérentes au capitalisme dans sa phase finale. Les discriminations brutales et les distinctions humiliantes existant dans l'armée, aussi bien que dans la vie civile, entre les Blancs d'une part et les Noirs d'autre part, réduisent les mota d'ordre de e démocratie → et de liberte à une hideuse dérision pour 13 millions de citoyens américains. La vague d'antisémitisme lancée par la réaction capitaliste a déja pris des proportions alarmantes. Le Jim Crowisme et l'antisémitisme, la main dans la main, prennent part à l'assaut dirigé contre les organisations de la classe ouvrière. Telle est la réalité qui se cache derrière la façade démagogique des e Quatre Libertés >.

Déja avant l'entrée en guerre de. l'Amérique, ces tendances réactionnaires furent prévues et analysées dans le Manifeste de la IV* Internationale sur La guerre impérialiste et la Révolution Prolétarienne qui établissait que :

* Cherchant à s'assurer les avantages d'un régime totalitaire, les démocraties impérialistes combinent leur propre défense avec un assaut redoublé contre la "classe ouvrière et des persécutions dirigées contre les organisations révolutionnaires. La menace du danger de guerre el maintenant la guerre elle-même sont employées par elles pour écraser d'abord et avant tout leurs ennemis intérieurs. La bourgeoisie suit invarablement et résolument le principe : L'ennemi principal se frouve dans notre pays. ›

Une des conséquences de la guerre est la promotion de l'Etat-Major militaire à l'avant-garde de la réaction. Les cercles dirigeants capitalistes exigent une soumission aveugle à la caste militaire. Les interventions des culottes de peau dans différents secteurs de la vie civile constituent une part intégrante de l'enrégimentation croissante du peuple américain. Elles font partie du renforcement démesuré des tendances réactionnaires dans la vie et la politique américaine et de l'orientation indubitable vers un régime totalitaire.

Le programme de guerre capitaliste

La classe capitaliste américaine est en train de réaliser au moyen de la deuxième guerre mondiale des profits Fabuleux. Les bénéfices des sociétés s'élevaient en 1942 a 19 billions de dollars, c'est-a-dire au double du chiffre afteint en 1929 et au quadruple de la moyenne de la période d'avant-guerre 19361939. Dans son rapport du mois d'avril 1944, Roosevelt ne vantait que e les bénéfices des sociétes

IV INTERN avant et après la levée des impôts s'élevaient en 1943 au-dessus même du niveau record de 1942 >: Le même rapport soulignait que c le niveau des salaires industriels de base est monté de moins de ½ cent l'heure grâce au War Labor Board, Les salaires ont été stabilisés.

Profits croissants, salaires geles, impots accablant les indigents au lieu des riches, voilà le vrai contenu du mot d'ordre trompeur de Roosevelt sur l'égalité des sacrifices.

La guerre a porté les représentants directs du grand capital à Washington. Le personnel dingeant de la machine de guerre est compose d'avocats et d'agents des sociétés, de banquiers, d'agioteurs, de spéculateurs. Wall Street est représenté dans toutes les positions-clés de l'administration de guerre. La guerre sert ainsi à accélérer la fusion du capitalisme monopoleur avec T'Etat.

La classe capitaliste américaine reste unie dans la poursuite de la réalisation de son programme impérialiste visant à établir son hégémonie sur le monde entier. Son but est de faire de Wall Street un centre dont le monde serait tributaire, Pour assurer sa domination, le capitalisme américain projette de mhintenir des armées d'occupation en Europe el en Asie. Ses représentants les plus autorisés parlent d'établir. des bases militaires et navales à travers le monde, de construire une flotte dominant les cinq océans, d'exercer la police dans le monde pendant 100 ans, de créer une ère de ‹ paix par la force ». etc. Les plans de l'impérialisme des Etats-Unis exigent le maintien d'une machine militaire devant laquelle pâlissent tous les militarismes passés du monde.

Mais que nul 'n'aille s'imaginer que cette domination impérialiste viendra répandre le bien-être parmi les masses américaines. Le maintien d'une gigantesque machine militaire comportera, traire, l'imposition de charges écrasantes sur la classe ouvrière. La création d'une caste militaire toutepuissante peut seulement mener à l'organisation à la prussienne du peuple américain. Ce programme a pour but d'ouvrir la voie au Grand Capital: il renforce les pouvoirs de la réaction qui cherche à imposer ouvertement son programme, en écrasant les syndicals et en instaurant un régime de famine et de répression pour les masses, de richesses el de privilèges, pour quelques-uns.

La guerre est inévitable aussi longtemps que le capitalisme continue d'exister, Une société exempte d'exploitation, d'oppression et de profits peut seule mettre fin à la guerre. Seule l'abolition du capitalisme et l'Instauration d'une société socialiste épargnera au peuple américain les horreurs de la continuation de la guerre.

Comme faisant partie de leur programme militaire. les cercles dirigeants capitalistes projettent la conscription de la jeunesse en temps de paix en vue de son entrainement militaire obligatoire. Nous n'avons rien de commun avec les pacifistes et les naifs qui sont e contre • l'entrainement militaire. A cette époque de guerres et de révolutions, toutes les grandes questions seront résoluces les armes à la main. Pour remplir leur mission historique, les ouvriers doivent devenir habiles à mamer les armes. Contre le plan capitaliste visant a placer l'entrainement militaire des travailleurs sous le contrôle d'une caste militaire

ATIONALE réactionnaire, nous soulenons notre politique militaire prolctanienne : entrainement militaire des ouvriers, financé par le gouvernement, mais sous le controle des syndicats, camps spéciaux d'entrainement des officiers, financés par le gouvernement, mais controlés par les syndicats, pour entrainer les ouvriers à devenir officiers.

Les syndicats sont en régression depuis Pearl Harbour. Ils ont été incapables de conserver leurs posifions contre la pression incessante des employeurs. lis se sont dépouillés de leur arne économique la plus efficace. — la grève — en faveur de l'arbitrage obligatoire exercé par le War Labour Board dominé par les patrons, ce qui les a privés de leur liberté d'action et les a inexorablement conduite à la soumission à l'Etat capitaliste. Le gouvernement capitaliste a appliqué le programme de la classe exploiteurs sous le couvert du mot d'ordre mensonger de e l'Union nationale ».

Le conseil du travail tripartite est un instrument de collaboration de classe à l'aide duquel les intérêts de la classe ouvrière sont subordonnés à ceux de la classe capitaliste. Pour créer l'illusion de l'impartialité, le personnel des corps tripartites, tels que le W. L. B., est composé d'un nombre égal de représentants des syndicats, des employeurs et du * public 3, c'est-à-dire du gouvernement. Mais dans une société capitaliste, le gouvernement exerce ses fonctions comme instrument de la classe dirigeante. En tant que minorité impuissante, les représentants ouvriers au sein du War Labour Board ne servent par conséquent qu'à perpétuer l'illusion que le W. L. B. est un organisme c impartial ».

De connivence avec les bureaucrates travaillistes, le W. L. B. a assumé le rôle de super-arbitre du mouvement ouvrier. A la suite de la promulgation de son programme de c stabilisation sur sept points 3, sur lequel la formule gelant les salaires est basée, et de l'adoption par le Congrès du Smith Connally Act, Roosevelt publia son décret des sanctions octroyant au W. L. B. le pouvoir de prendre des mesures punitives contre les syndicats c récalcitrants ». Le W. L B. est devenu un organe de police des syndicats, à Taide duquel les salaires gelés sont maintenus, qui opprime le mouvement syndical et qui sévit contre lui au profit des patrons. Avec la collaboration des fonctionnaires syndicaux, les décisions du W. L. B. sont imposéos par des menaces, par l'intimidation el par la force. L'emploi de troupes fair maintenant partie de la procédure ‹ d'arbitrage → en vue de discipliner les ouvriers et de sauvegarder la soumission des syndicats à la machine de guerre.

Les salaiies restent gelés pendant que la hausse des prix et les profits croissants enrichissent les exploiteurs. Les ouvriers sont attachés à leur entreprise pour empêcher c les compétitions entre employeurs dans un marché de iravail hermétiquement ferne s.

La mobilisation des ouvriers, telle qu'elle fut impodée par décret. administratif par le Roosevelt-Me Nutt < Labor Referral Plan >. livre les travailleurs à la merci des patriotes du dollar. Tandis que l'emploi de troupes pour briser les grèves est devenu d'un usage courant, les ennemis enragés des travailleurs au Congrès et dans les Parlements locaux de chaque Etat rivalisent entre eux pour patronner des légis

IV•INTERN lations anti-ouvrières de répression. Tels sont les résultate de la politique de collaboration des classes.

Il est devenu impossible aux syndicats de lutter pour résoudre leurs problèmes, de défendre leurs intérêts ou de préserver leur existence au moyen des ne hodes depassees ou trade unionisme e pure imple . LEtat capilaliste intervient et oper comme l'agent intégral des employeurs, même là où il s'agit des revendications « économiques a les plus démentaires. Par conséquent, la lutte pour les revendications économiques les plus élémentaires entraine à un conflit direct avec l'Etat capitaliste. La traditonnelle position apolitique de la bureaucratie syndicale condamne la classe ouvrière à l'impuissance. Les syndicats peuvent survivre uniquement en rompant avec la politique bangueroutière de la collaboration des classes, en regagnant et en renforçant leur indépendance d'action sur le plan économique, en formulant le programme politique des travailleurs et en organisant leur propre parti politique ayant pour but d'établir un gouvernement ouvrier et paysan (*). Le programme capitaliste « d'après guerre »

Dérivant du rapport Baruch-Hancock, les plans de la classe capitaliste élaborés pour c l'après-guerre › ont pris une forme législative et ont été fournis par les taikons du grand capital. Le tapport BaruchHancock a été rédigé par les banquiers de WallStreet, approuvé par Roosevelt et appuyé par le parti républicain et par le parti démocrate. Ce plan est basé sur ln conservation du système de e l'entreprise libre », c'est-i-dire qu'il perpétue le contrôle des monopoles sur la production. la distribution el les échanges. Il envisage le retour à l'époque du sabotage organisé de la production et des prix de monopole, a l'époque du chômage massif et de la pauvreté générale. Le plan Baruch est un plan à la Bourbon, dont les auteurs n'ont rien appris et rien oublié.

En plus des millions fabuleux amassés au moyen des commandes de guerre, les profiteurs <. pafriotes → projettent un gigantesque vol de biens fonciers d'une valeur de plusieurs billions possédes par le gouvernement, d'entreprises industrielles, d'outillage el d'autres produits. Ces propriétés du gouvernement sont évaluées approximativement à 100 billions de dollars, Représentant le quart de la capacité de production du pays, les entreprises de l'Etat à elles seules sont évaluées à 20-25 billions de dallars et représentent 20 p. c. des capitaux invesin dans l'industrie américaine. D'après le plan Baruch, préconisant la disposition des biens de l'Etat au sujet de laquelle des mesures législatives ont déja été prises sous le régime de c l'entreprise libre ». la plupart de ces biens iroat à un pelit groupe de quelque 25 magnats de sociétés, renforçant dans des proportions inouies In mainmise financière de cette oligarchie sur la vie économique et politique de la nation.

Les partisans des monopoles considèrent l'empire industriel nouvellement créé par le gouvernement

ATIONALE 39 comme une source de e surproduction » et par là comme une grosse menace pour leurs privilèges de monopole. Sous le plan Baruch, le sabotage de la production prévu et exécuté par le New Deal, alors que des primes étaient payées pour la destruction de 1/10° de la production de coton, de blé, de cheptel, sera répété sur une échelle gigantesque avec la destruction du 1/10° des entreprisees et de l'équipement industriel.

Sous un système économique rationnel, les ressources et la copacité de production de l'industrie américaine seraient en état d'assurer pour tous une économie d'abondance. Les biens fonciers, les entreprises et autres moyens de production possédés par T'Etat peuvent devenir la clé de l'avenir. S'il était utilisé au profit du peuple, cet empire industriel en possession de lEtat serait en mesure de fournir la nourriture. l'habillement et le logement à des millions d'hommes. Mais ces nouvelles possibilités de production ne seront utiliséees dans ce sens que si les producteurs eux-mêmes, c'est-à-dire les ouvriers, établissent leur contrôle sur ces vastes moyens de production.

Avec l'effondrement militaire de l'Allemagne il y aura une baisse de la production de guerre officiellement estimée à un taux oscillant entre 40 et 70 p. c.. entrainant un chómage correspondant. Le e Federal Reserve Bulletin » de mai 194l affirme qu'un retour au niveau de production de 1939 — année relativement prospère— comporterait l'existence de 15-20 millions de chômeurs. Sous le contrôle des monopoles, la conversion de la production de guerre en production de paix aura comme résultat la création de la plus grande armée de chômeurs de l'histoire. Le Congrès vote de généreux payements en espèce aux fournisseurs de guerre et assure les bénéfices des sociétés durant la période de la conversion; mais la seule mesure prise pour amortir le choc du chomage est le Starvation Bill qui prévoit pour les ouvriers une c aide a minime de 2 dollars par semaine.

Un programme ouvrier

Au plan de famine des capitalistes, les ouvriers doivent opposer leur propre plan pour la période d'après-guerre. Un tel plan, sil est sérieux, doit être présenté sous forme de programme politique. Pour résoudre les problèmes du nantissement d'aprèsquetre, ce programme transitóire doit pourvoir :

A la pleine utilisation de toute capacité productive. Au sabotage de la production en faveur des profits des monopoles, les ouvriers doivent opposer le mot d'ordre de la continuation du fonctionnement de toutes les entreprises de l'Etat sous le contrôle des Comités Ouvriers. Ceci doit être le premier pas vers lexpropriation de lindustrie dans son ensemble et de son fonctionnement sous le contrôle ouvrier. Aucune entreprise ne doit rester fermée alors qu'il existe des chômeurs.

A du travail pour tous et à des garanties de travail. Contre le fléau du chômage, le programme

(*) Suit un chapitre sur le rôle de la bureaucratie ouvrière de la AFL-CIO, et sur le comité d'action politique de la CIO.

IV INTERNATIONALE ouvrier doit lancer le mot d'ordre d'une échelle mobile des salaires et des heures de travail. De la semaine des 30-heures sans réduction de salaire. A chaque hausse du coût de la vie, hausse correspondante des salaires. A mesure que la productivité du travail augmente les heures de travail doivent diminuer sans diminution des salaires.

A créer l'instrument politique qui appliquera ce programme. Contre les partis républicain et démocrate qui tous deux représentent les intérêts des gens des monopoles, les travailleurs doivent organiser leur propre parti ouvrier indépendant. Contre le système de la e libre entreprise », un système d'économie plannifiée. Contre le gouvernement de l'Amérique par les soixante familles, le Gouvernement Ouvrier et Paysan.

L'essence des e plans a capitalistes consiste A créer artificiellement une économie de rareté. La lasse capitaliste parasitaire a perdu toute justification pour prolonger son existence. Elle ne peut plus développer les forces de production, elle ne peut qu'entraver et saboter la production dans son ensemble. C'est la tâche de la classe ouvrière américaine de libérer les forces productives des entraves de la propriété privée et d'instituer une économie planifiée sous un gouvernement ouvrier et paysan. Le mot d'ordre qui couronne le programme transitorre trotskyste, c'est le gouvernement ouvries et paysan. Chacune de nos revendications transitoires conduit & une seule et même conclusion politique : les ouvriera doivent rompre avec les partis politiques de la classe capitaliste et organiser leur propre parti afin d'établir, conjointement avec les paysans pauvres, lear propre pouvoir. Au moyen du programme des revendications transitoites élaboré par le Socialist Workers Party, le gouvernement ouvrier et paysan peut assurer la transition du capitalisme au socialisme.

Le Socialist Workers Party S'efforce de mobiliser la classe ouvrière autour de son programme transitoire comme unique moyen de sortir du marais du chomage et de la famine, de la rareté artificielle au milieu de l'abondance.

Les dépenses de guerre colossales vont clever la dette nationale des Etats-Unis au-dessus du chiffre astronomique de 300 billions de dellars. Cette dette sans précédent accélère le processus de l'inflation. Le coût de la vie continue de monter. de nouveaux impôts plus accablants sont imposés aux masses, le standard de vie des ouvriers descend à des niveaux toujours plus bas.

Malgré la position favorisée des Etats-Unis, la guerre sura un effet ruineux sur la vie économique nméricaine. Le chômage, ce fléau social né du capitalisme, s'abattra sur le pays. Les mesures de répression archi-réactionnaires contre le mouvement ouvrier, adoptées sous prétexte des nécessités militaires, seront prolongées pendant la période e d'aprèsguerre 3. La poussée vers un gouvernement totalitaire continuera sous forme de revendication d'un gouvernement & fort > à Washingion.

Les Etats-Unis, centre nerveux du monde capitaliste, sont sensibles à tout choc et à toute dislocation du système social. Les contradictions et les antagonismes croissants qui éclatent à travers c l'unité s de surface des e Nations Unies ». le choc des intérêt impérialistes et l'aatagonisme fondamental entr l'impérialisme mondial et l'Union Soviétique, T'intensification des conflits de classe à l'intérieur de chaque nation; les épouvantables convulsions sociales secouant le continent européen, tout cela a de profondes répercussions 4 l'intérieur des Etats-Unis. Troisky écrivait :

c Nous ne devons pas un seul instant perdre de vue le fait que la puissance du capitalisme américain repose de plus en plus sur une économie mondiale fondée sur des contradictions et des crises d'ordre militaire et révolutionnaire. Cela signifie qu'une crise sociale aux Etats-Unis peut éclater bien plus tôt que beaucoup de gens ne le pensent el avoir un dévelop- Peet nécessie de le de p Doi la conclusion g .pement fiévreux des le début. D'où la conclusion :

La guerre, qui au début empêchait la radicalisation des masses, est en train de donner à cette radicalisation une impulsion estraordinaire. L'indignation des classes travailleuses s'elévera au raz-de-marée contre les partie et les chefs qui les trompèrent. La nécessité d'une solution de leurs problèmes poussera les ouvriers vers la voie de la lutte révolutionnaire. Notre programme transitoire frouvera un écho croissant dans des couches toujours plus larges de la classe ouvrière américaine.

Nous constatons déja les premiers signes de ce réveil dam la prédilection croissante pour une action politique ouvrière indépendante et dans la croissante opposition des militants des syndicats aux garanties de non-participation à des grèves.

Dans beaucoup de cas, des militants syndicaux ont adapté des parties de notre programme transitoire et lancé nos mots d'ordre dans la lutte contre les bureaucrates travaillistes, Ces manifestations démontrent que notre programme transitoire est conforme aux besoins des travailleurs, qu'il constitue, quand il est convenablement appliqué, un moyen indispensable pour mener à bien nos tâches politiques au sein du mouvement des masses.

Seul le Socialist Workers Party a présenté un tel programme et peut donner in direction nécessaire. Un grand nombre de militants syndicaux parmi les meilleurs. les plus intelligents, les plus conscients politiquement, tireront de leur expérience les conclusions qui s'imposent et rejoindront les rangs de notre parti pendant la période qui vient. C'est uniquement en se basant sur notre programme transitoire que les syndicats pourront sortir de l'impasse dans laquelle les bureaucrates travaillistes les ont menes el devenir effectivement un puissant levier susceptible de faire progresser les intérêts de la classe outriere.

Il est de notre devoir d'accroître notre pénétration dans les syndicats, d'étendre notre influence au sein du mouvement des masses, de conduire les militants qui cherchent leur voie à une solution révolutionnaire, de rallier l'avant-garde autour de notre drapeau. Notre programme a subi l'épreuve de l'expérence, notre drapeau est sans tache, nos cadres sont prêts. Nous pouvons regarder en avant avec pleine confionce en un développement rapide de notre parti pendant la période qui vient.

La crise profonde du système social et l'acuité croissante de la lutte des classes posent devant le peuple américain l'alternative : fascisme ou socialisme. Il n'y a pas de troisieme solution. Devant la

IV INTERN menace de perdre leurs privilèges et leurs profits, les capitalistes des monopoler feront appel à leurs gangsters fascistes pour préserver c la loi et Tordre = capitaliste. Remplissant leurs fonctions en tant qu'agents du grand capital, les fascistes recrutent leurs hommes dans des sections de la population que l'impasse économique à laquelle le capitalisme a conduit la société a acculées au désespoir. Le méconlentement, l'indignation el le désespoir des chômeurs, les désillusions des anciens combattants el la rage des classes moyennes ruinées par le grand capital sont détournés par les fascistes de leur vraie source de misère et utiliés contre les travailleurs.

Le Socialist Workers Parly enseigne que le mouvement ouvrier ne peut combattre la menace fasciste qu'en organisant les chômeurs en allance avec les syndicats et en se faisant le champion de leurs luttes; que le mouvement ouvrier doit réunir les anciens combattants dans des organisations liées aux syndicats et lutter pour leurs revendications: que le mouvement ouvrier doit élaborer un programme hardi offrant une solution aux besoins urgents des travail-

ATIONALE 41 leurs agricoles et de la classe moyenne urbaine ruinée. C'est seulement en se mettant à la tête de toutes ces parties de la population exploitée et opprimée par le capitalisme monopoleur et en luttant pour la solution fondamentale contenue dans notre programme transitoire que la classe ouvrière peut détruire le fascume et conduire le peuple vers une société de paix. de sécurité et d'abondance.

Il a été établi comme une loi historique que le ,fascisme ne peut s'emparer du pouvoir que quand la classe ouvrière se montre incapable de fournir une direction appropriée à la lutte révolutionnaire pour le pouvoir. La classe ouvrière américaine a fait la preuve de sa capacité de lutte dans de nombreux combats de classe. Elle est relativement libre des tradition social-démocrates et staliniennes qui ont paralysé la volonté des ouvriers européens avant l'offensive fasciste, Cest à la classe ouvrière américaine qu'appartient l'initiative. Notre parti, le seul parti revolationnaire sur l'arène politique, va avoir à courir sa chitce. Nous ne faillirons pas,

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