par C. Charles
La nomination d'Herbert Lehman au poste de directeur de l'organisme pour, le « Secours et le Relèvement des pays étrangers > révéle d'une façon significative que la classe capitaliste américaine se prépare à la e paix » qui suivra la guerre.
Les capitalistes les plus clairvoyants savent ce qui va arriver. Ils savent que les peuples exigeront d'eux des comptes pour les morts. les blessés, les aveugles, les populations bombardées, pour les veuves et les orphelins, pour les enfants squelettiques et les hommes épuisés. pour les maladies et la famine; pour l'oppression nationale, les destructions, l'anti-semitisme, l'autocratie politique, le déclin de la civilisation, les espoirs déçus et les engagements brisés, qui résultent de la guerre.
Cette demande de comptes prendre la forme d'une série de révolutions sociales dans la dernière période de la guerre aussi bien que dans l'après-guerre. L'existence même des capitalistes en tant que classe sera remise en question. La e paix › sera une guerre acharnée des classes.
L'une des armes principales des capitalistes luttant pour leur propre existence en tant que classe sociale sera le contrôle du ravitaillement. Les capitalistes américains et jusqu'à un certain point anglais — brandiront cette arme sur l'Europe. l'Asie et l'Afrique. Ils esperent que les masses révolutionnaires affa-
ATIONALE ravitaillement rès-guerre () HARLES mées et a bout de forces seront ainsi réduites à leur merci, sous la contrainte de cette arme: le ravitaillement.
Ils essaieront aussi de s'en servir pour obtenir du régime actuel de I'LI.R.S.S. des concessions economiques et politiques encore plus grandes, dans le but d'y restaurer éventuellement le capitalisme. Les impérialistes classent I'UI.R.S.S. dans la catégorie des ‹ affaires en cours ».
Telle est la signification essentielle de la nomination de Lehman à son nouveau poste. A la suite de sa nomination, le < New-York Times > declare, Je 28 novembre 1942:
Le ravitaillement sera une arme puissante, d'un grand pouvoir de persuasion, dans cette période cruciale entre la guerre et la paix, alors que l'avenir du monde se décidera... Le ravitaillement tranchera bien des questions pendant l'armistice: ce sera un appoint important pour la diplomatie en temps de paix. Nous combattons par les armes pour liberer le monde, mais quand les armes seront deposees, pendant un temps du moins, il nous faudra combattre par le ravitaillement pour assurer la paix. La crise du ravitaillement qui sévit actuellement en Europe
Ce sont à la fois la portée et la profondeur du problème du ravitaillement qui sont plus grandes que pendant la dernière guerre mon-
(1) Malgré que cet article date de 1943, son actualite reste toujours grande.
La situation alimentaire en Europe el dans d'autres parties du mondo est critique. La ‹ libération = non seulement n'a pas amélioré le ravitaillement des pays européens, mais dans certains cas, parmi lesquels il faut citer tout d'abord celui de la France, de la Belgique et de l'italie, elle l'a aggravé,
La conférence des experts anglo-saxons pour le ravitaillement de l'Europe. tenue à Washington le 30 avril 1945, était obligée de constater à ce propos : • Dans plusieurs parties de l'Europe libérée, le niveau de consommation est déplorablement bas... = Particulierement dans les villes, la consommation n'atteint pas les 2,000 calories par Jour, qui sont considérées comme un minimum. Et elle cite quelques exemples : 450 4 500 calories pour la population d'Amsterdam et de Rotterdam, 1,700 a 1,800 calories pour la population de la Beigique, 2,000 calories environ pour In population d'Athenes. C'est le cas aussi de l'Italie, de la France et de plusieurs regions de l'Allemagne, qui connaitront une famine certaine l'hiver prochain.
L'Amérique et l'Angleterre (pays dans lesquels la consommation se maintenait respectivement en 1944 au niveau de 3,367 calories et 2,923 calories) sont les seuls pays qui peuvent venir immediatement en aide à l'Europe sous-alimentée et menacée de famine
Elles possedent, en effet, outre certains stocks, la presque totalité des transports maritimes, qui peuvent aller chercher les produits necessaires dans les pays producteurs (Canada, Amerique du sud, colonies), et les acheminer vers l'Europe. T'Europe.
Mais comme pendant l'autre guerre, aujourd'hui aussi le ravitaillement est devenu entre les mains des impérialistes une arme politique contre-révolutionnaire dont nous avons fait déjà l'expérience en Belgique, en Italle et en Grèce.
IV INTERN diale et la période qui l'a suivie. Des pays qui alors n'avaient pas besoin de ravitaillement étranger et pouvaient nourrir les pays dévastés par la querre — Pays-Bas, Norvège, Espagne. Italie. Afrique du Nord, France — souffrent maintenant d'une extrême disette. Les pays qui connurent la faim pendant la dernière guerre subissent actuellement une famine plus grande encore.
Le consul général des Pays-Bas affirmait le 10 décembre que le taux croissant de la mortalité dans ce pays révélait une alimentation insuffisante. Pour une large part, laugmentation des décès à la suite des maladies contagieuses résulte de la faim latente, occasionnée par le manque de vitamines A et C.
Le même jour, le consul général de Norvège déclarait que la situation en Norvège < empirait de mois en mois et que cet hiver elle serait certainement critique 3.
Selon le consul général de Belgique, la déficience alimentaire de la population belge adulte n'est pas estimée à moins de 60 p. c. — en d'autres termes, les adultes n'ont que 40 p. c. de l'alimentation dont ils ont besoin pour vivre en bonne santé. L'individu moyen américain consomme environ 20 livres par mois de viande et matières grasses diverses. L'individu moyen adulte beige en a 2 livres (1). Le pourcentage de tuberculose a augmenté chez les enfants de 30 p. c. de même que le rachitisme: les cas de pieds et membres enflés par suite de la sous-alimentation encombrent les hopitaux. Dans les centres industriels, la mortalité infantile a doublé.
Si telle est la situation dans ces pays relativement favorises, la condition des masses en Europe orientale doit être beaucoup plus terrible. L'état de famine qui regne en Grèce est bien connu. En 1941, la France industrielle.a subi une diminution, variant entre un tiers et un demi, de sa consommation en pain, une diminution de deux tiers de sa consommation en sucre, viande et matières grasses. A présent. les conditions ont empiré. L'Italie, l'alliée de T'Allemagne, n'est que légèrement. si même elle l'est, en meilleure condition que les ennemis vaincus d'Hitler. L'Allemagne même, le mieux nourri des pays européens, n'est pas loin du stade de la famine et descendra avant la fin de la guerre, sans aucun doute, au même niveau que le reste de l'Europe.
De plus, à la liste des pays européens qui auront besoin du ravitaillement étranger. il faut aujouter l'Afrique du Nord, l'Asie mineure, le Japon, l'Inde et la Chine. l'oeuvre a d'agriculture e promene les de man Comme on soustrait de plus en plus de main-
• comme les derniere bêtes de trait sont attelées à des canons et non plus à des chárrues, que le matériel agricole s'use et ne peut être renouvelé, que tous les produits chimiques, au lieu d'aller enrichir le sol, sont employés à la fabrication d'explosifs, que les semailles et la moisson ont un rendement moindre, que le bétall, porcs et moutons,
(1) N'oublions pas que cet article date de 1943.
ATIONALE 43 qui ont besoin du fourrage et des grains étrangers, sont décimés, que les possibilités de péche sont supprimées en mer, que les pécheurs sont contraints d'entrer dans l'armée de terre ou de mer. que les réseaux ferrés sont disloqués et les routes démolies, que les systèmes monétaires seffondrent au fur et à mesure que la guerre continue, la famine ira gagnant en intensité et en étendue.
Les derniers jours de la guerre verront non seulement la famine mais la révolution. Comme Herbert Hoover l'écrivait dans le < Colliers * du 28 novembre
C'est un monde allamé qu'il faudra nourrir a la fin de cette guerre... Même si nous ne l'avons pas promis, nous devrons le faire si nous voulons créer une paix durable et non une anarchie durable
Il y a plus de Cavaliers > qui suivent la guerre actuelle qu'au temps où l'Apocalypse fut écrite. Dans la guerre totale moderne, la Famine et l'Epidémie sont accompagnées de quatre nouvelles recrues qui se nomment : Révolution. Chômage, Défiance et Haine.
Le 23 juillet 1942, Cordell Hull donnait l'avertissement suivant:
Dans certains pays la confusion et le chaos sulvront la cessation des hostilités. Jai constate que le tourment et le doute régnalent dans les cœurs et les esprits de ceux qui restent à l'arrière de ces fronts Ils étaient à la recherche d'un but commun... L'Europe en 1917 était probablement dans le même état d'esprit. C'est le corollaire retat astude amene par elle Serse inevitable du sang répandu par la guerre en 1917, Lenine a donné au monde un ensemble de réponses.
Pour lemploi du ravitaillement en tant qu'arme de la contre-révolution, les capitalistes américains peuvent utiliser déjà une riche expérience. Ils l'ont acquise sur une grande échelle quand, à la suite de la dernière guerre, et. en mettant fin à la guerre. l'Europe vit éclore une série de révolutions.
Hoover était alors à la tête de l'administration du Secours américain et des Fonds de secours aux enfants européens, poste similaire a celui que vient d'occuper Lehman.
Ravitaillement et contre-révolution en 1919-1922
Quelques semaines après la signature de larmistice. Woodrow Wilson demanda au Congrès 100.000,000 de dollars destinés Secours européen. Il déclara, dans le message suivant, du 24 février 1919 :
Le rétablissement du ravitaillement est maintenant la cle de toute la situation européenne et de la solution pacifique. Le bolchevisme avance résolument vers l'ouest, contaminant l'Allemagne. On ne peut Tarröter par la violence, mais par le ravitaillement et tous les dirigeants (allles) avec lesquels je suis en conférence, s'accordent pour dire qu'une action concertée est, en cette matière, d'une Importance immédiate et vitale. L'argent ne sera pas dépense à nourrir l'Allemagne elle-même, parce que l'Allema-
Heber. Hoover
Kne peut Scheter nourriture. mais # sera dépense a financer le mouvement de nos veritables amis en Pologne: pour les populations des unites liberces de l'empire austro-hongrois, ef pour nes. allies des Balkans Je ne vois pas quelles possibilites précises nous pouvons avoir de conclure la paix moins d'utiliser cus moyens d'endiguement de la marce anarchiste.
Tandis que Wilson proclamait que le bolchevisme ne serait pas arrete par la violence, il en usait lul-même contre la nouvelle république sovietique. A l'époque du message. il y avait sur le sol russe, luttant activement contre la révolution, des troupes américaines et britanniques a Murmansk: des soldats américains et japonais a Vladivostok: des Tchécoslovaques en Sibérie, orientale: des unités navales françaises à Odessa, tous cooperant activement avec les troupees de Gardes russes blancs. Les Alliés. fournissaient aussi des subsides aux Gardes russes blancs et aux pays voisins de la Russie soviétique, en guerre avec le régime soviétique.
Pour Wilson. ces Gardes blancs étaient • nos véritables amis en Pologne = et < nos alliés des Balkans ».
Vernon Kellog, qui collaborait étroitement avec Hoover dans l'œuvre de - redressement europeen, écrit dans son livre: • Herbert Hoover, THomme et son (Euvre >, (1920), qu'il caractérise dans la préface comme le livre d'un ami • plein d'admiration s
C'est d'apres ce que je connais personnellement de l'œuvre quil a accomplic. dans cette extraordinaire situation des huit aremiers mois postérieurs à l'armistice, que l'ai deja proclame ma tol en Inl au débot du present ouvrage. C'est grice a Hoover et a son ceuvre que l'anarchie, le chaos complet domination bolcivique totale Europe orientale (Russie occidentale) furent Evites (Page 267.) Il fallait un homme qui put agir efficacement. Ce fut Hoover Il n'y avait pas seulement des vies 1 sauver, Il y avait des natlons: Il n'y avait pas que la famine a combattre... avait le bolchevisme. (Page 276.)
Et Hoover lui-meme, dans son dernier article de Colliers = du 23 novembre 1942, resume ainsi le travail qu'il accomplit après la querre
Notre principal but était de sauver des centaines de millions de vles. Mais le ravitaillement et les travaux de reconstruction étaient des bases qui permettraient de maintenir Tordre et rendraient la conclusion de la paix possible. Raison de plus pour auc nous nous enlorcions de soutenir les fafbles ébauchies démocratiques qui s'étaient esquissées dans tous ces pays.
Pour Hoover, démocratie signifie régime du - boucher 2 s Mannerheim en Finlande, Paderewski et Pilsudskisen Pologne. Wrangel, Denikin et autres Gardes blancs en Russie, Forthy en Hongrie.
Un exemple décisif du rôle de l'administra-
(I) Pour éviter tont equivoque, on doit signaler dans ta république soclétique m auquel Ils lurent ac
ATIONALE. tion du Secours est la contre-révolution en Hongrie. Apres l'écroulement de l'AutricheHongrie, à la signature de armistice un gouvernement libéral de gauche fut porté au pouvoir en Hongrie avec le comte Karolyi. Cependant la situation économique et politique en ce pays était parvenue à un état d'extreme tension. Les Alliés Imposaient le blocus a la Hon grie. Le ravitaillement était aussi rare que les matières premières et le combustible. Les gouvernements yougoslave, roumain et tchéque. marionnettes des Alliés. étaient en train de dépecer la Hongrie, encouragés par le Conseil interallié de Pafis. A l'intérieur du pays, l'armée républicaine se laissait gagner au communisme. Les ouvriers se radicalisaient de plus en plus. Le 24 mars, le gouvernement Karolyi se retira pacifiquement et un gouvernement soviétique fut établi sous le contrôle du parti socialiste hongrois qui représentait une union nouvellement formee des communistes et socialdémocrates (1).
Cette république soviétique ne vécut que quatre mois et demi. T. C. C. Gregory fut une des figures dé premier plan au cours des événements qui amenèrent écrasement des Soviets hongrois. Laissons l'ami d'Herbert Hoover Vernon Kellog, nous présenter le personnage.
Lin des principes d'Hoover était que le ravitalllement ne doit aller qu'aux pays ou il peut etre surveille et controle Cela vaut contrete bolchevisme. Le malin Bela Kun (chef de gouvernement soviétique en Honarie) etait capable de jouer et de gagner la partie en fongele contre la Conference de la Paix et le Conseil suprême (des Alliés) A Paris, mais il était surclasse par le beau parleur, aux machoires carrées, le capitaine • Tommy • Gregory, porte-parole generai d'Hoover pout toute lEurone d Sud. (Page 277-)
Dans le & World's Work = de juin 1921, Gregory publiait un article intitulé - Renversement d'un régime rouge », Il y décrivait les événements d'une Façon assez directe :
SI l'on considerait la situation, il était clair a Paris comme à Londres ou dans les capitales du sud-ouest européen, que le salut de Europe centrale dépendait, au début de Péte 1919, du renversement immédiat de Bele Kun, dictateur bolchevik en Hongrie La methode directe étalt la force... Le maréchal Foch fut sollicite de donner avis et dit que cela pouvait se faire, mais 250,000 hommes, q1-13 faudrait employer armée de complètement equipes et prepares en vue d'une campagne energique. Ce projet fit hésiter Paris...
L'emplol direct de la violence fut rejeté. D'autres méthodes étaient a conseiller. A Vienne. Gregory entra en contact avec un certain général Boehm, qui représentait en Autriche le gouvernement soviétique hongrois Boehm, pensait Gregory, « était la clé de la situation >. Il essaya donc de tirer parti de Ir égoisme, de l'ambition, de l'arrivisme » de Boehm. quc, en dépit de l'union et de leur role dirigeant ules par le soulèvement des masses les socialdemocrites testèrent des social-démocrates tandis que Jes communistes étalent menés par un groupe de carriéristes, ayant Bela Kun et J. Pogany a leur tête, qui se révélerent totatement incepables et Qui entrerent ensuite dans la bureaucratie stalinienne.
SF
Boehm se porta garant, sur la proposition de Gregory, qui ferait des démarches pour provoquer un mouvement contre-révolutionnaire. En réponse à un certain nombre de questions qu'il posa, il lut fut déclaré que :
Paris reconnaitrait et préterait sans aucun doute son appui a n'importe quel gouvernement, on toutes les classes sermient representecs, que toute ta mation hobEroise reconnaitrait En second lieu T toi fut succes re qu'il connaissait certainement des bommes pouvant disposer d intimences puissantes en Hongrie et qul tomberaient certainement - d'accord sur tout profet tentant renverser Bela Kun. pour peu quill alt des chances fondées: de succes. I) nomma aussitot Agoston et Haubrich. deux des representants ouvriers les Dits influents dans le convernement Kun.. On les envoya chercher et lle vinrent secrètement Vienne Gregory, avec Sir Thomas Cunningham de la Commission militaire britannique, et les leaders social-democrates appartenant à la diplomatie italienne furent instantanement d'accord pouf reconmaitre Que la premiere 5 demarche devait etre telaboration d'une declaration de principe Ta quelle les gouvernements alles pourraient se baser pour fournir leur appui moral au mouvement dirige contre Kin. La declaration aussitot portée à la connaissance de Paris par 'M. Hoover comportait les noints suivants D Etablissement d'un Houvernement dictatorlal avec pleins pouvoirs. Candidats possibles Haubrich, Ageston, Garami Bochm. 2) Dissolution du gouvernement-communiste Kun, avec plein anéantissement du bolchévisme et de toute propagande bolchevigne. 3) Dictature pour assurer la transition Tusous linstitution an gouvernement représentatif de toutes les classes. 4) Cessation immédiate de tons les actes de terrorisme, des confiscations et saisies. 51 Levée du blocus et demarches-immediates de l'Entente nour Journir du ravitaillement et du charbon i la Hongrie et T'aider a ouvrir le Dantibe. 6) Réunion immédiate d'un corps de conseiller de l'Entente: 7) Pas de persécutions politiques 8) Dernières décisions relatives à la socialisation d'un gouvernement permanent. On doit avoir nettement présent à l'esprit qu'à port Boehm, simple instrument, ta veritable conspiration, que nous mise sur pieds, Etait subordonnée aux -interets des travaillistes démocrates hongrois... Sans cette solide et active poignee d'hommes, Cou prive ide 1R direction des trois hommes susnommes. Bochm. ou n'importe quel antre conspirateur miftaire ou Bomarchiste aurait ete denue de Tessonrces qu'un écolier. Le complot dependait de l'élement travailliste. Je telégraphial les huit Doints d Hoover au moment ou Ils furent Ctablis, puis Cunningham et Borghes les transmirent n leurs gourernements respectifs. On les notifia aussi au gouvernement français. Gregory continue:
Sans aucun doute, c'est a Hoover surtout que nous devons la prompte réponse que nous recumes Toir Pintermedaire daCon en reme alle Le Consell suntème allie. insistant sur le fait one le nrouramme 3 appliquer à la Hongrie Cinit un programme general plutot que particulier le sirma et Lamedin : Bochm ses associés... COmmencèrent à donner corps à leurs projet
Parmi les divers points du programme, il y en avait un qui promettait la levée du blocus et la cession de ravitaillement à la fiongrie. Cependant Gregory, précisément sur ce point essentiel, se trouvait en difficulté.
L'œuvre pour lnquelle notre mission (de secours) a Pte crece ctait presque terminee et nous allions, par une stipulation Irrévocable, mettre un terme à notre activité, termes nos bureaux. licencier notre personnel et Quilter contrale le Ier
Citait-alors le 28 Juillet. Hoover m'avait télégraphie que nos fonds étaient épuises et qu'ils ne seraient plus renouveles 11 y avait de ravitaillement a Trieste, appartenant à des expéditeurs prives, ainsi que des réserves de ble et de mais dans le Вапат, etaient utilisables, mais je n'avais pas d'argent pour me procurer ces marchandises et je ne pouvais en obtenir de mulle part i une exception pres
Deus ou trois fois; un représentant de l'administration bolchevik de ravitailfement hongrois, homme fin et habile. Letait venu
Trouver secrètement à Vienne, au nom de Bela Kun, et me supplier de luf céder des réserves. l'avais refuse catégoriquement car il y avait un blocus sur la Hongrie rouge. Je lui déclarais, des l'abord, que nous ne votilions traiter aucune affaire avec le bolchevisme, et qu'il perdait son temps a me solliciter, Je vis la une possibilite de faire un coup qui nous permettrait de terminer avec plein succes notre mission en Europe centrale.
Le ministere du Ravitaillement me savait pas plus que Bela Kun qu'une mine était placée sous le bolchevisme.
.. Dans l'intervalle des quarante-huit beures qui nous separait du moment ou le dernier Vacte (renversement de Kun) se joucrait a Budapest, je l'envoyai chercher et hui dis qu'il était possible que ie revienne sur ma premiere décision concernant la cession de ravitalllement au peuple hongrois.
# en picura presque de Joie, mais je l'arrêtai E y a une difficulte, dis-ie, je ne puis vous envoyer un grain de blé ou une once de matière plant Avez-vous de Fargent Brasse, à moins que vous ne paylez comptant. disponible ?
• Vous pouvez faire votre chois, dit-il. Les bolcheviks ont pris en mains les banques hongroises, et pal des millions de couronnes. de franes, de marks, de livres; l'ai meme des dollars americains...
Vers trois heures de l'après-midi, le lendemain, deux hommes, accompagnés par le ministre hongrois, entrerent porteurs de paPendant dois heures, min secrétaire encais- a linge, recouverts d'une serviette. sa des livres anglaises et turques, des francs français, des lires italiennes, pour ne rien dire des marks et des couronnes, le tout couronne par 90,00) dollars, en beaux billets de mille dollars. Cette nuit même, ils furent déposés à notre nom & la Vienna Bank Verein, Un marche avait été conclu avec les agents des expediteurs et trois chargements de mancrees arasses commandes, destimes 1 etre expedies immediatement a Biцapes.n au reçu d'un télégramme émanant Le ni01. Cet apres-midi la, le gouvernement de BelaKun fut renversé. A dix heures du matin, le Jendemain des trains de vivres, chargés à bloc, et venant de toutes les directions, se mirent a rouler vers la Hongrie.
Cependant, le renversement du gouvernement de Bela Kun n'était que la première ¿tape du mouvement réactionnel. Le gouvernement des socialistes jaunes dura quelques Jours et sut renverse par les sordats roumains — armes et coupes par les Allies - qui mirent un Habsbourg sur le trone. 11
IV INTERN fut destitué par le Consell Interallié de Paris qui ne voulait pas d'un Habsbourg au pouvoIr.. préférant une autre variété de réactionnaire.
Ici prend fin le récit de Gregory. Nous savons ce qui suivit. Le Habsbourg fut remplace apres par les Gardes Blancs hongrois et les réactionnaires, avec Horthy à leur tête, qui vint au pouvoir et s'y maintint en faisant régner une terreur abominable et en exterminant quiconque élevait la voix contre la sanglante dietature. Horthy et les Gardes blancs étaient encouragés et soutenus par les Alliés, tandis que travailleurs et paysans hongrois étaient amenés à la, soumission par la famine.
Tout dans ce récit est absolument logique : Temploi du blocus du ravitaillement et des produits pharmaceutiques pour lutter contre une révolution, tandis qu'on soutenait les préparatifs contre-révolutionnaires. Temploi par les capitalistes de la seule force capable de déloger les ouvriers : des leaders social-démocrates jaunes; puis leur renversement rapide par les réactionnaires quand ceux-ci les eurent utilisés pour la réalisation de leur dessein. Les circonstances varient, mais au fond la suite des faits est sensiblement la méme dans toute l'histoire européenne, pendant la période qui suivit la première guerre mondiale.
Contre-révolution de Hoover en Finlande
A la suite de la révolution russe de novembre 1917, une révolution semblable eut lieu Les ouvriers et paysans finlandais Finlande. trouvèrent ligues contre eux a la fois la bourgeoisie finnoise avec le général Mannerheim a sa tête et les régiments allemands sous les ordres du général von der Goltz. Ces deux adversairees réunis purent abattre le régime soviétique finnois et une période de terreur blanche souvrit, ou l'on vit Mannerheim, appuyé par les baionnettes impérialistes alle= mandes, massacrer 15.000 ouvriers et paysans, tandis qu'il en mourait encore 15.000 en prison. (où 150,000 hommes, au total, étaient détenus). Pour prix de ses exploits. Mannerheim obtint le sobriquet de = Boucher ». Mais il n'aurait pu réussir sans l'aide de * l'organisation de Secours > de Hoover.
La division du travail est un fait intéressant à constater. Les Allemands soutiennent Mannerheim contre les masses. Puis cet agent déclaré de l'Allemagne est aidé, après l'armistice, par l'organisation américaine de Secours. Dans le c Saturday Evening Post > du 30 avril 1921, Hoover rapporte :
Le cas de la Finlande, tel que me l'a exposé récemment le ministre finnois, linstrefa P'importance finale de toutes ces mesures (de secours) non seulement du secours a Penfance Il déclara que Poreanisation americaine de secours, pendant l'hiver 1918-1919, et, à un moindre degré, pendant l'hiver 1919-20, non seulement ner. mit au gouvernement finnois de se maintenir mais Dosa les bases de la stabilite natlonale. il parvint a renforcer tellement les armes des forces de l'ordre que le pays a pu triompher de la menace bolche. vique postée à ses portes même.
Le e New-York Times → du 22 décembre 1918, publia la dépêche suivante:
Washington, 22 dec. On a annoncé officiellement cette nuit. du Ministere de la Guetre, que la Finlande avait apparemment pu renverser la domination (!) germanique depuis la signature d'armistice. et fonner un gouvernement populaire, et que d'importantes cargaisons de ravitaillement ont eu l'autorisation d'approvisionner la population affamée. Cette action, proposée par Herbert Hoover, administrateur du ravitaillement, a ité approuvée par les nations alliées. Il est egalement certain que ce gouvernement se prépare a ctendre l'aide materielle il toutes les parties de la Russie d'ou l'on à reussi à chasser les bolcheviks ct les agents allemands On comprend qu'un des problèmes étudies par le président Wilson et Herbert Hoover en collaboration avec les nations alllées a été l'importance d'une telle action devant avoir lieu le plus tôt possible, et le tonnage necessaire pour aider les Russes sera fourni aussi vite qu'il le faudra, avant de donner satisfaction à toute autre revendication. La décinration relative à la Finlande ext considérée ici comme une indication que ce gouvernentent, de concert avec les alliés, espère une prochaine extension du programme de secours russe, qui comprend une carRaison de 200,000 tonnes de ravitaillement velements, tournitures agricoles, et materiel suivre, et qui suivra les armes doccupat Ferroviaire, pour trois mois vout Ce plan de secours graduellement étendu • Bien surate que poste, pendant don Russie sera mene liquidera mueshor amententation les effectifs d'occupation
Ainsi, a l'égard de la Russie sovietique. la politique des Alliés était celle de l'intervention armée, et du blocus impitoyable imposé aux bolchevistes. Le c cordon sanitaire > interdisait aux bolcheviks d'acheter, et à plus forte raison de recevoir comme secours, aucun ravitaillement, produit pharmaceutique ou outillage. tandis que l'organisation de secours alliée fournissait des armes et des capitaux aux Gardes blancs et aux différents Etats voisins. Cette politique dura quatre ans, jusqu'à ce qu'il fut évident que les Soviets de Russie tenaient solidement le pouvoir.
Les premiers efforts des Alliés pour écraser la Russie soviétique prirent la forme d'utilisation directe d'armées d'intervention : américaine, anglaise, canadienne, tchécoslovaque et japonaise. Cette méthode, cependant. dut être abandonnée. Les troupes américaines se révoltérent: le gouvernement canadien, sous la pression populaire, exigea que les troupes canadiennes fussent retirées; les Tehèques combattirent a contre-coeur : les marins de la flotte française de la Mer Noire se mutinerent, et la révolte se propagea dans l'armée anglaise d'occupation et émut la population civile anglaise. Les régiments anglais destinés à la Russie refusérent de sembarquer. Lloyd George, premier ministre d'Angleterre, avertit Clémenceau que. si les efforts pour envoyer des troupes alliées contre la Russie continuaient, • des soviets se constitueraient à Londres et à Paris a.
Après le premier échec, les Alliés adoptèrent une méthode un peu différente : au lieu d'intervenir directement, is armèrent. payèrent et entretinrent les Gardes blancs réactionnaires.
IV INTERN qui luttaient contre la Russie soviétique, et encouragerent délibérément les tentatives impérialistes des Etats nouveaux, voisins de la Russie soviétique, et particulièrement de la Pologne.
Les principales armées qui tenterent une restauration du capitalisme étaient conduites par des mercenaires et des tsaristes, tels güe Mannerheim, Lemenoff, von der Goitz (1). Kolchak. Denikin. Yudenitch, Wrangel, Rodzianko et Pilsudski. La population, sur les territoires occupés par ces armées, était ravitaillée par LA.R.A. et les autres organisations de secours. qui délivraient ainsi les Gardes blancs de cette dépense.
Dans le n" 8, 2' série, du < Bulletin de l'Administration américaine de Secours >, nous trouvons
L'entrée en activité de l'administration américaine de secours dans les régions Iberées de la Russie a suivi de près le succes et les échecs des forces liguees contre le bolchévisme. Depuis que le secours a commence a fonctionner, en avril 1919, s00 theatre d'opération s'est agrandi ou resserré * dans la mesure où les hommes de Rodzianko et Yudenitch avançaient ou reculaient.. La täche de ravitailler Petroll prit lin le 26 aout avec la prise de cette ville par les Soviets. Une partie de la province resta aux mains des Blancs et la, la tiche continua conime auparavant. Il y eut peu de changement en septembre, jusqu'a ce que loffensive contre Petrograd (de Yudenitel) commença. Le 28 septembre les troupes blanches se mirent en marche dans la direction de Luga et les fonds de VA. R. A européenne pour les enfants, à la salte de l'armee, pourvoyalent au ravitaillement des entants des provinces nouvellement libérées. Le 15 octobre, le general Yudenitch annonça que Pétrograd tomberait dans trois jours; le 16, Krasnoe Selo était pris et L'A R. A. y organisa sur le champ des cuisines:
Pétrograd ne fut pas pris et Yudenitch s'enfuit en déroute avec les cuisines et le reste.
Cet appui continu prété par Hoover aux Blancs et les raisons politiques qui le motivaient furent indiquées dans le c Saturday Evening Post • du 30 avril 1921. Au cours de linterview, on lit :
Les réfugiés russes posent un double problème insoluble, autant que le puis prévoir, jusqu'a la chute du gouvernement soviétique. Sans compter plus de deux cent mille enfants russes, il y a huit cent mille adulles- l'Intelligentsia éparpilles tout lc long de la route d'Helsingiors à Constantinople. Si la vie de ces hommes et de ces femmes n'est pas sauvegardée, Il n'y aura plus de noyau autour duquel on puisse construire la future Russie.
Le ravitaillement des enfants en territoire Blanc
Ravitailler les enfants : cela rend un son d'appel humanitaire, En vérité, il faut etre sans. entrailles pour refuser de s'intéresser à une telle cause. Environ 90.000,000 de dollars furent recueillis aux Etats-Unis pour les petits enfants affamés d'Europe.
Tandis que 86 p. c. des fonds du Secours à l'Enfance de Hoover étaient utilisés en Pologne pour ravitailler les enfants, la République polonaise trouvait d'abondants capitaux pour continuer la guerre sur un front de 2575 kilomètres. avec 700.000 Polonais sous les armes. Pour cette guerre, les Alliés donnèrent des centaines de millions de dollars, en pius des fonds de secours. La Russie soviétique, répétons-le. loin de recevoir des armes, se voyait refuser le droit d'acheter même des aliments pour nourrir les populations affamées ou des produits pharmaceutiques pour les malades.
Après l'écroulement militaire de la Pologne. en août 1920, et l'expulsion de Wrangel hors de la Crimée, il devint évident que les Soviets étaient solidement installés, Cependant, le blocus et les attaques militaires avaient des répercussions terribles sur la Russie soviétique, déjà saignée à blanc auparavant par trois années et demie de participation à la guerre impérialiste. Une nouvelle et pire famine était à prévoir pour l'année suivante. Quand le blocus fut leve et les Soviets reconnus par plusieurs pays, les organisations de secours les plus sincèrement attachées à leur ceuvre allèrent porter leur aide aux régions de la Russie soviétique frappées par la famine. Parmi ces organisations se trouvaient le c Comité des Amis >, l'organisation Nansen, celle de c l'Union israélite de distribution >. les • Amis de la Russie soviétique ». Les protestations populaires contre la politique de Hoover furent violentes. Ce ne fut qu'alors — le 23 juillet 1921, après quatre ans defforts pour obliger par la faim les masses soviétiques à capituler - que les organisations de Hoover prétèrent à regret leur aide pour ravitailler les enfants soviétiques dans les régions où sévissait la famine (2),
Les méthodes • philanthropiques › ne seront pas essentiellement différentes aujourd'hui de ce qu'elles étaient dans la période 1918-22, Lehman reprendra le rôle de Hoover. La seule diffe. rence entre la première et la deuxième guerre
(1) von der Goltz était un général allemand envoyé par le Kaiser dans les petits Etats baltes entre Pologue et Russie soviétique. Son rôle en Finlande a été deja indiqué. Si grande etait la terreur des Allies devant le bolchevisme que les termes de l'armistice stipulaient que les troupes allemandes sous son commandement resteraient dans cette région comme un rempart contre la révolution socialiste. Le régime sovlétique élabore par les masses lettones fut écrase par cet impérialiste allemand. Plus tard, Il tenta des expéditions diverses contre la Russie soviétique.
(2) A la lumière du fait qu'il a ravitaille la Pologne tandis qu'elle faisait la guerre à la Russie soviétique, la dernière explication que Hoover donne à son refus d'aider Tes masses de la Russie soviétique, est de toute evidence contradictoire. Dans son article de Colliers > du 28 novembre 1942, Hoover dit: * Dans la dernière guerre, la Russie vaincue avec, en gros. 140,000,000 d'hommes fut frappée en certains endroits de famine Nous Imes un effort pour l'approvisionner mais la Russie refusa notre secours parce que Te Alliés avalent stipulé qu'elle devait cesser le combat avec ses voisins Ce ne fut qu'a la recrudescence de la famine, en 1922, que nous pûmes la secourir largement. 2
Evidemment, une telle condition ne fut pas imposée à la Pologne - ni à la Finlande, à la Roumanie, a la Tchécoslovaquie et à la Yougoslavie, ni aux Gardes blancs, comme Indispensable pour recevoir di secours. C'étalt tout le contraire, puisqu'ils combattalent un régime sovietique:
mondiale est. qu'à l'époque du second conflit, le système social est de 25 ans plus vieux et par conséquent plus pourri. Cette pourriture se révéle dans toutes les branches = Economiquement. dans le fait que le capitalisme mondial stagne dans les ornières de la crise de l'après-guerre: politiquement, dans l'avène"ment di fascisme. Pendant la dernière guerre, le ravitaillement était ostensiblement un moyen d'assurer le c salut des nouvelles démocraties »Bien avant la fin de la guerre actuelle, on a cesse de manifester sérieusement cette prétention. Même capitaliste, la démocratie serait en Europe un système politique trop dangereux pour les impérialistes alliés. Pour l'instant ils ne cessent de soutenir financièrement de leur mieux les réactionnaires, qui sont pour eux des instruments de contrôle politique sur les masses socialistes. Telle est la signification des relations avec les Habsbourg, Darlan, Franco.
Si la première guerre mondiale fut déclarée et menée au cri de e Pendez le Kaiser >. la seconde, selon toutes les apparences, lest pour remettre les Kaisers sur leur tröne, comme Tattestent les relations étroites du gouvernement américain et de son ministère de la Guerre avec Otto de Habsbourg. prétendant au trône autrichien.
Dans un éditorial du < New-York Times > du 1* décembre, intitulé • Une offre à l'Itale , on lit :
... nous devons dire aux Italiens, du moins dans un sens large, ce que nos conditions de paix doivent étre. Les Italiens doivent déposer Mussolini et abandonner son fascisne.. Nous devons montrer clairement que la conséquence immédiate de la paix sera la reprise du commerce entre leur nays et les Nations Unies. de telle sorte qu'ils pourraient recevoir du ravitaillement et les autres fournitures nécessaires au relevement de leur pays... A parler net, les Nations Unies ne peuvent conclure la paix avec le régime fasciste actuel. lei, toutetefois, se posera de nouveau la question suivante : dans quelle mesure est-il sage de vouloir imposer, de l'extérieur. un régime démocratique ou une forme quelconque de gouvernement à l'Italie?
Les Alliés sont tout à fait disposés à traiter avec un gouvernement anti-axiste non démocratique, à l'entretenir et à le soutenir. Ce que les Alliés cherchent, c'est un Habsbourg ou un Darlan italien. Sera-ce le roi d'Italie 1 Ou le prince royal? Ou le général Badoglio ? L'avenir désignera le candidat, mais sa physionomie politique est nettement délimitée : réaction et aptitude à agir sans faiblesse contre les masses soulevées.
Bien des mois de torture s'écouleront avant que la guerre prenne fin. Mais comme la fin du commencement resulte du commencement de la fin. les capitalistes se préparent politiquement et organisationnellement à opprimer ouvriers et paysans. Parallelement, les travailleurs doivent se préparer en sorte que le ravitaillement ne soit pas un moyen de soutenir la contre-révo. lution et d'affamer les masses révolutionnaires Permettre aux gouvernements capitalistes la distribution des secours peut avoir de terribles consequences.
Même la belliciste confédération internationale des ouvriers du transport, dans l'article de fond de son bulletin de juin-juillet 1942, avertit que le ravitaillement va servir des buts de politique réactionnaire. L'article se termine par la déclaration que : e seul le mouvement ouvrier peut offrir une garantie » contre l'utilisation du ravitaillement pour des buts de politique réactionnaire. < Si l'on considère les faits depuis la fin de l'année 1918, on est fondé à craindre que. lorsque le combat cessera, la misère générale dominante sera une fois de plus exploitée dans un but politique 5, falt remarquer l'organe des ouvriers du transport.
Etant donné le pouvoir des travailleurs du transport, avec les associations du transport de 35 pays affiliés, l'article de leur bulletin a une signification que nous accueillons avec plaisir.
Une telle garantie assurée par le mouvement ouvrier ne peut étre d'un bon effet que de deux manières. D'une part. par l'établissement de gouvernements ouvriers et paysans en Angleterre, au Canada, aux Etats-Unis et dans tout autre pays producteur de produits alimentaires. Ces gouvernements socialistes. tendraient la main, en vertu de la solidarité de classe. aux pays révolutionnaires soumis au blocus.
Cependant, dans les pays où les ouvriers nont pas réussi a établir le gouvernement de leur classe, le mot d'ordre du controle par les syndicats ouvriers du ravitaillement d'aprèsguerre peut être un cri de ralliement et une manière de battre en brèche les desseins réactionnaires relativement à la répartition du ravitaillement et des secours.
Les capitalistes américains se préparent à Faire du ravitaillement un moyen de rendre le monde sür pour le capitalisme après la guerre Ils projettent de s'en servir pour « convaincre s les masses en Europe, en Afrique et en Asie. Leurs calculs se fondent sur l'espoir que les masses américaines se révéleront immunisées contre le socialisme. Cet espoir est-il fonde ? Pas le moins du monde. La conscience des ouvriers américains avancés peut créer au contraire la felure fatale qui réduira à néant les plans du capitalisme américain et allié.