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La revue › nouvelle série n° 11-12-13

La situation du mouvement ouvrier anglais

J.-B. Stuart · Quatrième Internationale, nouvelle série n° 11-12-13 · septembre-novembre 1944 · p. 11-16 · 3 706 mots

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par J.-B. Stuart

La fusion des différents groupes trotskystes anglais en une seule organisation, le REVOLUTIONARY COMMUNIST PARIY, coincide avec la montée de la crise de la une simple conedelaie. Ceint-garde

L'avant-garde de la classe ouvrière révolutionnaire grandit et gagne en cohésion parallèlement avec ia désintégration de la vieille couche dirigeante. Pour démontrer l'importance de cette unification, un résumé de la situation générale est nécessaire.

L'Angleterre se trouve aujourd'hui à la veille d'importants mouvements révolutionnaires. Son système économique, qui a fait pendant longtemps l'orgueil du monde capitaliste, est profondément atteint de gangrène. La guerre, suprême épreuve des systèmes economiques, a démontré l'inefficacité, le gaspillage et la corruption du capitalisme anglais.

L'Angleterre, premier Etat où le capitalisme se développa en maintenant sa strueture surannée, se trouve au bord de l'effondrement. possèdent les Etats-Unis, la classe diri- Privée des énormes ressources que geante n'a pas été capable de couvrir sa faillite par une intensification de la production, à la façon américaine. La situation des mines de charbon donne la mesure de la crise économique anglaise. La production n'arrive pas à satisfaire les besoins de la guerre. Les magnate du charbon et leur gouvernement préfèrent courir le risque d'importantes grèves minières, qui abaisseront encore plus la production, plutôt que de céder a la revendication essentielle des mineurs: la nationalisation des mines.

Le gouvernement se trouve devant

ENT par J.-B. STUART AIS le problème suivant : aggraver la situation militaire ou ouvrir les écluses de la nationalisation et ainsi mettre en danger tout le système de la propriété privée. La controverse est trop importante pour en diseuter au Parlement, dit Churchill...

Pour les mineurs, aussi bien que pour tous les travailleurs, une amélioration véritable de leur standard de vie misérable, et qui va en empirant sans cesse, est directement liée dans cette économie en déclin avec la nationalisation des moyens de production.

Les minimes concessions sur les salaires ne sont pas proportionnées aux besoins. . Inéluctablement, les grèves iront en s'amplifiant, la lutte de classe deviendra plus ardente. La domination anglaise a éte atteinte par sa situation internationale incertaine, et le sera encore plus par les luttes économiques à l'intérieur. La Loi de l'Enseignement

Les résultats de la "nationalisation des mines" ouvriraient trop de "controverses" pour que le gouvernement l'accomplisse, disait Churchill, remettant la question à quelques prochaines élections générales, et espérant qu'alors elle ne sera plus aussi primordiale pour les masses que dans le feu de la guerre. Churchill préfère éluder la question en réquisitionnant les travailletirs des autres industries (les Bevin Boys) pour travailler dans les mines. Seule la "nationalisation" de la propriété de celles-ci est dangereuse, mais pas celle du travail.

Pourtant, la crise économique occupa à nouveau le Parlement à propos d'une autre question. En mars. un projet de loi concernant l'enseignement, en apparence inoffensif, fut présenté aux Communes. Il contenait une proposition d'égaliser le traitement des instituteurs et des institutrices. Le gouvernement s'opposa à cette proposition - Mais une majorité aux Communes comprenant une fraction importante du parti "Tory" (celui du premier ministre) la vota. Personne n'attacha une grande importance à cet incident sur lequel le gouvernement se trouva en minorité. Mais Churchill en fit une question décisive. Il demanda l'annulation du vote comme une preuve de confiance en son gouvernement. Tout le pays discuta cette

¡uestion et a la lin le premier ministre parvint à obtenir gain de cause

Salaire égal pour les femmes, et ceci seulement pour les prolétaires en faux:ol, voilà ce qui devint pour le gouvernement de l imperialisme anglais une question de laquelle celui-ci fit dépendre sa participation à la conduite de la guerre. Les dirigeants anglais montrérent par là que pas même la plus petite écluse de progrés social ne devait s'entr'ouvrir, tellement est grande leur peur de l'avalanche dont ils sont menacés Churchill, sans aucun doute, obtint le vote qu'il demandait. Mais le résultat suscita une telle vague de ressentiment parmi les masses que, pour la première fois depuis 1940, la coalition des Tories et des Travaillistes fut sérieusement ébranlée. La crise dans le Labour Party sous la pression de la base. le Comitt xécutif du Labour Part déclara, en avril, qu'il reconnait que le gouverne. ment de coalition ne pourra se maintenir pour la reconstruction de l'aprèsguerre, et qu'il y mettra fin lorsque les divergences avec les Tories sur la législation sociale deviendront plus aiguës. Et que : bien que la coalition continuera à fonctionner pour des raisons d'ordre militaire, à loccasion d'élections parl'occasion d'élections partielles, le Labour Party lui opposera son propre programme social.

La cause immédiate de cette déclaration fut l'incident à l'occasion du décret sur l'Enseignement. Mais une masse de plus en plus importante des TradeUnions exigé la rupture de la coalition.

Le Labour Party qui, avant 1939, gagnait régulièrement sur les Tories aux elections, a vu celles-ci, les unes après les autres, gagnées par les Indépendants et le Commonwealth Party, parti "radical" nouvellement constitue des Classes moyennes.

La direction du Labour Party s'est tellement compromise que des affiches éditees par des groupes petits-bourgeois, tel que la "Free Trade League" • peuvent à Theure actuelle être placardées impunément dans les bastions mêmes des Travaillistes, à Londres, dénonçant « le fascisme du Labour Party >. Et ce n'est pas le fait que le fasciste honni Oswald Mosley a obtenu son élargissement grâce à l'intervention du ministre truvailliste Morrison, qui pourrait contribuer à enrayer le déclin de la popularité du Labour Party parmi les masses.

Cette première demi-mesure hésitante, destinée à apaiser la volonté exrimee par les masses de rompre la con lition, montre que même les traitres myopes de la direction du Labour Party commencent à discerner ce qui saute aux yeux de tous. La crise est arrivée à un point de maturité voisin de la pourriture. La trahison des fonctionnaires des Trade-Unions

Pendant que les fremiers signes d'une rupture de la coalition sur le plan politique apparaissent, les bonzes des Trade-Unions intensifient leur lache asservissement aux capitalistes sur le plan économique, plan sur lequel les masses se sont directement mises en mouvement pour briser les chaines de "l'Union nationale", La tâche à laquelle les bonzes du Labour Party se sont atteles n'est pas un faux-semblant d'opposition, mais la réparation avec une aveuzle ardeur des chainons rompus. Comme les centaines de milliers spontanément, se sont mis en grève, et comme la fièvre de grève va croissant, ils ont eu recours à des mesures désespérées. Pour eux, l'assiette au beurre est directement en jeu.

L'Histoire mentionnera, à leur honte éternelle, que les bureaucrates des Trade-Unions de la Grande-Bretagne ont supplié la classe dirigeante de promulguer une nouvelle loi contre les grévistes et contre tous ceux qui les soutiennent.

LHistoire mentionnera aussi que la classe dirigeante confia cette tâche à Ernest Bevin, ministre du Travail, et ¡adis "leader" de la grève générale de 1926 qu'il trahit honteusement.

Sous la nouvelle loi, appelée "Loi Bevin" , la clause tyrannique qui met hors la loi les grèves de solidarité, -en application de l'infâme décret de 1921, le "Trades Dispute Aet" , qui scella la défaite de la grève générale, - prend d'inquiétantes proportions. Imposant des peines • allant jusqua b ans de prison. cette loi considère comme un crime de parler en faveur d'une greve ou que ce soit, en dehors d'une réunion officielle de syndicat ; comme un erime d'aider par la presse une grève "non officielle"; comme un crime d'accorder un soutien financier à une grève de cette sorte. Les journaux se félicitent ouvertement de ce que les bureaucrates des Trade-Unions ont eu recours au gouvernement pour les aider à mater les membres des syndicats dont ils ont perdu le contrôte.

Quelques jours aprés la promu gation de la "Loi Bevin" *, des milliers de membres du syndicat de ce même Bevin. l'Union Générale des Travailleurs des Transports, répondirent en se mettant en grève et en arrêtant tout le trafic des autobus dans les districts les plus commerçants de Londres. La même semaine. des milliers d'ouvriers du gaz firent la grève à Manchester, laissant cette ville sans gaz pendant sept jours. Le Parti "Communiste"

Dans tous ces événements, le parti stalinien joua invariablement le rôle de briseur de grève auxiliaire. Le gros du travail fut laissé, bien entendu, aux bonzes des Trade-Unions et du Labour Party. Les appels des staliniens contre les grèves sont lardés de pieuses références à la nécessité de soutenir l'effort militaire de l'Union Soviétique. Mais ils

Une classe révolutionnaire dans font un semblant d'opposition contre les décrets anti-ouvriers les plus scandaleux qui ont soulevé une colère générale parmi les travailleurs.

Ainsi, par exemple, ils suggérérent à Bevin qu'il existait déjà des lois susceptibles d'être appliquées contre les «trotskystes, instigateurs de grèves, a sans qu'il fut besoin de recourir a une nouvelle loi comme celle du ministre du Travail.

Comme toutes les organisations de masses en Angleterre et contrairement à son équivalent américain, le Parti "Communiste" est obligé de se servir d'un vocabulaire socialiste, concession démagogique aux traditions profondément enracinées de la classe ouvrière anglaise.

Une partie importante parmi les bureaucrates des Trade-Unions, et particulièrement dans l'industrie minière, est portée vers les méthodes plus nouvelles, plus énergiques et plus raffinées de duperie des masses préconisées par le Parti "Communiste"

C'est parmi eux que les staliniens ont trouve des appuis puissants pour l'entrée qu'ils projettent dans le Labour Party, — à laquelle s'opposent encore les leaders de ce dernier, - et aussi pour leur campagne "d'Union des Gauches" destinée à former la base d'un projet de "Front Populaire" plus solide.

Les staliniens font de gros efforts pour contribuer à la trahison des ouvriers, mais ne sont ni assez appréciés ni ne jouissent d'une confiance suffisante auprès des gens en place pour qu'on leur donne des postes dirigeants.

Parmi les mineurs, qui jadis constituaient leur base la plus forte, leur influence décline d'une façon constante. une guerre réactionnaire ne peut manquer de sion existan faite des re got minaires de sent manenerment ot connexion existant entre les revers militaires l'opportunité croissante de son renversement.

Seul, un bourgeois qui croit que la guerre, commencée par les gouvernements, doit nécessairement se terminer comme une guerre entre les gouver. nements, et qui désire qu'il en soit ainsi, peut trouver « ridicule » et « absurde » l'idée que les socialistes de tous les pays belligérants puissent exprimer le désir que tous « leurs» gouvernements soient vaincus.

Au contraire, une telle aspiration coïncide avec les pensées intimes de tout ouvrier conseient, et avec la ligne de notre activité qui tend à la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile.

Les socialistes doivent expliquer aux masses qu'il n'est pas de salut pour elles en dehors du renversement révolutionnaire de « leurs » gouvernements, et que les difficultés de ces gouvernements dans la guerre présente doivent être utilisées pour ce but.

« Le Socialisme et la Guerre ».

Les " Gauches" du Labour Party

La soi-disant "gauche" des Travaillistes, — Aneurin Bevan, Laski et Co dirige tous ses coups contre la trahison des bureaucrates et contre les plans nefastes de la bourgeoisie. Mais chaque fois leur politique, qui consiste à seconder l'effort de guerre, les conduit à une lâche soumission. Bevan va dans les districts de ses mineurs, parle aux grévistes, reconnait que toutes leurs revendications sont justes, flétrit les crimes du gouvernement et des magnats des mines et conclut en incitant les mineurs à reprendre le travail parce que la grève porte préjudice à la guerre menée par les criminels mêmes qu'il flétrit. En dépit de son ancienne popularité parmi eux, les mineurs l'envoient promener sans plus de cérémonie que le stalinien Horner ou le bureaucraté de la vieille école Lawther.

Néanmoins, ce diserédit même parmi ses anciens électeurs pousse Bevan et ses pareils à une collision encore plus vigoureuse contre les dirigeants du Labour Party. Et cela à un tel point et avec une violence telle que non seulement la bureaucratie travailliste veut a tout prix lui imposer la "discipline" du parti, mais que meme elle n'y parvient pas. Dans une récente réunion parlementaire, une tentative en ce sens échoua dans une très grande mesure.

De toute façon, on peut prévoir dés maintenant sans crainte de se tromper que ce groupe, en dépit de toutes ses girations, restera ce qu'il est par essence, c'est-à-dire la face "gauche" de cette misérable bureaucratie. L'Independent Labour Party

Comme étant contre toutes les autres vieilles organisations en place de la classe ouvrière, seul l'I.L.P. a gardé son prestige et est même en train de s'accroitre. Le secret de ce succès n'est pas difficile à découvrir : il maintient une position contre la guerre, bien que typiquement centriste et pas suffisamment claire ni proclamée avec assez de force.

Cependant, il se dissocie en toute occasion des trotskystes. Ses leaders trinquent avec les parlementaires. La moitié d'entre eux sont réellement des pacifistes. Ils sont toujours prêts à flirter avec les bureaucrates. En un mot. personne dans les cercles dirigeants ne voit en eux une sérieuse menace révolutionnaire. En définitive, on les considère dans les cereles dirigeants comme des collégues parlementaires avee, peut-être, une arriére-pensée pour l'avenir...

Tel était, brièvement tracé, l'arrièreplan politique quand, vers le milieu du mois de mars 19%4. la Workers International League et la Revolutionary Socialist League parvinrent à un accord, conformément auquel ces deux organisations fusionnèrent et prirent le nom de Revolutionary Communist Party. -La Conférence de Fusion

La résolution de fusion adoptée par la Conférence place d'emblée le nouveau R.C.P. sur la base de granit des principes et du programme de la IV* Internationale.

Le choix du titre de Revolutionary Communist Party a été des plus heureux.

Le gros des nouvelles recrues du Parti provient du Parti Communiste stalinien et de sa périphérie. Les staliniens exploitent un titre avec lequel ils n'ont politiquement rien de commun, mais qui devient de plus en plus populaire parmi les masses de la Grande-Bretagne. Ainsi le nouveau parti a saisi le drapeau lui appartenant de droit des mains des usurpateurs qui le souillent.

Point n'est besoin de mentionner que les staliniens ont réagi avec une sauvage fureur contre le titre du nouveau parti trotskyste. Ils ont même placarde de grandes affiches devant leur quartier général, attirant l'attention sur la situation, et faisant ressortir en gros caractères que c'est eux qui sont « le Parti Communiste». Cette indignation délirante donne indirectement la mesure de l'efficacité du titre de Revolutionary Communist Party. Naturellement, le R.C.P. n'est pas moins empressé d'établir la distinction qui s'impose entre lui et les staliniens, auxquels il se réfère comme au " Parti Communiste de Sa Majesté".

Rendus furieux par l'intensification de la crise intérieure et incapables de maitriser la rapide succession des grèves sporadiques, la classe dirigeante et ses complices les bureauerates prennent leur revanche en attaquant sauvagement les vrais révolutionnaires, les trotskystes.

Ceux-ci ne passent pas leur temps à s'excuser à tous propos devant chaque tournant de la politiqué officielle, ni à trinquer avec les traitres. Ils vont sonnant le tocsin d'alarme à travers le pays, expliquant aux masses quelle immense duperie la guerre impérialiste est pour elles ; dénonçant la trahison hypocrite des travaillistes, laquais du capitalisme; dévoilant les multiples méthodes inven- tées pour tromper les travailleurs et secondant de leur mieux tout effort des masses laborieuses tendant à améliorer| leur sort, et à les rendre capables d'accomplir leur mission historique.

Les raisons protondes des attaques dirigées contre le RC.P. ont deja ete indiquees. Nous allons done exposer en détail uniquement les causes immédiates de ces attaques et leurs conséquences. Les raisons de la campagne anti-trotskyste

Les véritables accusations contre les leaders trotskystes, Jock Harton, secrétaire général du R.C.P, Koy Tearse, secrétaire national de la Militant Workers Federation, Ann Keen, secrétaire du seeteur nord-est de Londres, et Heaton Lee, sont: violation du Trades Dispute Act (de 1926), relativement à la récente grève importante des apprentis mécaniciens en Ecosse (1).

Dans le cas des apprentis, la colère des masses allait croissant contre le décret de Bevin, qui envoyait ces jeunes gens. - dont certains avaient presque terminé leur quatrième année d'apprentissage, ayant ainsi acquis habilete nécessaire pour exercer le métier de mé canicien leur vie durant, - dans les mines, où non seulement il n's avait pas d'avenir pour eux, mais où ils étaient aussi un nouvel obstacle à la lutte des mineurs pour la nationalisation des mines, lutte à laquelle ils sympathisaient.

« Nous refusons de porter la charge imposée à l'industrie par le désir de lucre et l'incapacité des propriétaires des mines.

Puisqu'ils sont directement responsables de la crise du charbon, c'est contre eux que la contrainte doit s'exercer », dit le rapport de la Guilde des apprentis, en janvier 1944.

Sa révolte grondait dans les rangs des apprentis. Ir étaient décides à no pas devenir des Bevin Boys. Quand l'un d'eux reçut l'ordre de transfert aux mines, la Guilde des apprentis envoya une lettre a Bevin exigeant lexemption du travail obligatoire dans les mines pour tous les apprentis mécaniciens. Le ministre du Travail se dispensa de répondre. LA-dessus, la Guilde appela fes 5.000 adhérents à se mettre en grève.

(1) L'article du camarade Stuart date du mois d'avril 1944. Les lecteurs de Quatrième Internationale savent déjà que les camarades anglais ont été acquittés en appel, en noût 1944.

Quelques jours plus tard, plus de 20.000 apprentis, a Glasgow et ailleurs, se joigoirent a eux (les ditterentes trade-unions locales des machinistes se déclarérent pretes a les soutenir, et meme l Exécutit de la Trade-Union nationale des mécaniciens déclara sa sympathie pour leur cause, bien que les relations organisationnelles entre cette dernière et la Guilde des mécaniciens fussent tendues).

La grève prit une certaine ampleur et parut bien organisée et coordonnée. Elle provoqua tout particulièrement la panique dans la classe dirigeante, car elle venait d'une nouvelle section encore inconnue de la classe ouvrière.

Le Revolutionary Communist Party appuya cette grève et les justes revendications des apprentis. La Guilde des apprentis est une nouvelle organisation. Elle se développa, en conflit avec la Trade-Union officielle des mécaniciens, qui refusa d'organiser les jeunes ouvriers ou de les prendre sous son aile, les laissant livrés à eux-mêmes.

Menées par la Scotland Yard, des attaques destinées, entre autres, à lui procurer des "preuves" relatives à la grève der apprentis, furent effectuées contre le R.C.P. Ce proces est le premier à être jugé pour infraction au Trades Dispute Act de 1926, et ce fait constitue en Iui même une preuve de l'impopularité de cette loi parmi les masses. De plus, le nouveau décret de Bevin, promulgué et dirigé ouvertement contre les trotskystes, est, si faire se peut, encore plus impopulaire.

La "gauche" du Labour Party, — nos soi-disant amis, — ne considèrent que le fis traitent les attaques et les arresta- «numériquement insignifiant». tions des trotskystes, — contre lesquelles ils protestent, n'en doutons pas, — de blagues. Mais les bureaucrates, les Will Lawthers, les Bevins, l'attention en éveil pour les intérêts des patrons, sont plus circonspeets. lis voient le danger des idées des trotskystes. Ils voient une menace sérieuse dans la perspective d'une rencontre de ces idées avee les grands mouvements de masse des mineurs, des constructeurs de navires, des mécaniciens. Ils sont extrêmement attentifs.

La Tribune, du 14 Avril, rapporte : " M. Lawther, le leader des mineurs, aurait déclaré dans un discours que l'organisation trotskyste devrait être sérieusement prise en considération et que l'amendement de la loi en question (la Loi Bevin été effectué sur la demande des leader:

des mineurs eux-mêmes. »

Le développement du mouvement trotskyste anglajs et l'unification de différents groupes en une seule section centralisée de la IV* Internationale, sont

Elle provina des faits que cet ennemi de classe ne l peut manquer d'enregistrer. Et cela avee appréhension.

Entre temps, le R.C.P. eut des difficultés pour obtenir l'élargissement sous caution des camarades arrêtés. Il s'est vu refuser des salles de meeting. — ceci principalement grâce à l'intervention des staliniens, — et, à Londres, fut contraint de tenir ses premiers meetings en plein air, a Hyde Park. Les conséquences immédiates de l'attaque

Cette attaque contre un parti jeune, tout en constituant un danger pour son existence, présente aussi, en guise de compensation, certains autres aspects.

Le nouveau Parti Communiste Révolutionnaire est devenu d'emblée un facteur de première importance de la conscience politique du pays. La presse, la radio sont pleines de nouvelles à son sujet.

Une grande sympathie pour le trotskysme est née parmi les masses des mineurs et des autres ouvriers qui entendatent parler de ce parti pour la première fois, et qui le voyaient s'identifier avec leur propre action. En ce mouvement ouvrier organisé, les travailleurs qui évoluent vers la gauche ont maintenant devant eux un nouveau drapeau comme point de ralliement. Des milliers d'ouvriers communistes, désillusionnes et trahis par le stalinisme, voient lideal

Les sentiments des masses pour communiste qui leur est cher renaitre sous une forme nouvelle, éveillant le souvenir d'un glorieux passé.

Dans le ‹ Independent Labour Party» et dans la "gauche" des travaillistes, la base a manifesté sa solidarité immédiate et spontanée envers les trotskystes persécutés. Quant aux dirigeants, forees aussi de marcher en ee sens, ils ébauchèrent quelques gestes inquiets et essayerent d'éviter de mentionner le nouveau parti et ses journaux dans leurs propres meetings et dans leur presse.

Un large comité de défense a déja été organisé avee la participation de I'I. L. P. et de la "gauche" du Labour Party, comprenant ceux qui font déja partie du Comite national de le Anti-Labour Laws Victims Defense Committee ». Sa composition est donc la suivante :

James Maxton, M.P., John MeGovern. M. P.. Walter Padley et Fenner Brockway. de I'I.L.P. ; Aneurin Bevan, M.P.. Rhys Davies. M.P.. S. Siiverman, M.P.. Rev. Sorenson, M P., W.G. Grove, M.P, du London Workers' Committee; V. Sastry, de la Federation of Indian Associations ; Ted Grant, du Revolutionary Communist Party ; M. Kavanagh, de la Freedom Press ; G. Pittock-Buss, Bob Turner. Arthur Ballard, D. Beech. D. Ballantine.

L'assaut de la classe dirigeante contre le nouveau parti ne peut manquer de cimenter son union et de faire naitre parmi ses membres un sentiment profond de loyalisme envers le Parti, dés le début.

Et, en définitive, tout indique que la fusion est un fait accompli et non pas ung décision purement formelle.

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