Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Résolution du SI

1 juillet 1952 · Dossier sur la crise et la scission du PCI (1951-1952) · 1 713 mots

In English: Title: Resolution of the IS [International Secretariat] — traduction assistée par machine.

1. Entre le Xe et le XIe Plénum du CEI, le SI a, dans ses relations avec la section française,

appliqué strictement la lettre et l'esprit de l'accord du Xe Plénum : associer les deux

tendances du PCI dans l'application de la ligne de l'internationale avant, pendant et

après le VIIIe Congrès du parti. Les représentants du SI au sein de la direction française

se sont particulièrement efforcés d'amener les dirigeants de la tendance Bleibtreu-

Lambert à la rédaction en commun de documents politiques préparatoires au VIIIe

Congrès du parti. A ces efforts d'association poursuivis pendant plusieurs mois, les

dirigeants de la tendance Bleibtreu-Lambert ont répondu en refusant de discuter

auparavant avec les représentants du SI et du CEI, et en rédigeant dans des assemblées

fractionnelles des documents politiques opposés à la ligne du Xe Plénum. Ils ont de ce

fait rompu l'accord du Xe Plénum qui prévoyait non pas un congrès complètement

souverain du PCI — ce qui aurait été anti statutaire après le congrès de l'internationale

— mais un congrès souverain seulement dans le cadre de l'application de la ligne du Xe

Plénum. La rupture de l'accord du Xe Plénum par les dirigeants de la tendance Bleibteu-

Lambert a été réalisée malgré tous les avertissements des membres du SI, qui

expliquaient aux représentants de cette tendance qu'une telle violation de l'engagement

pris devant toute l'internationale entraînerait leur disqualification pour diriger la

section française en tant que tendance.

2. Le XIe Plénum du CEI, tirant les conclusions de la violation par les dirigeants de la

tendance Bleibtreu-Lambert des accords du Xe Plénum, décida que l'application de la

ligne de l'internationale en France ne pouvait plus être garantie que si la direction de la

section française était composée en majorité de camarades qui avaient montré en

pratique leur volonté et leur capacité d'appliquer cette ligne. Il avertit en même temps

tous les membres du PCI que seuls ceux qui reconnaîtront les décisions de

l'internationale comme liant tout le parti, c'est-à-dire seuls ceux qui reconnaissent la

discipline internationale, pourraient rester membres de la IVe Internationale et de sa

section française. Il décida enfin que ce changement de direction n'interviendrait qu'au

VIIIe Congrès du parti, et que d'ici le VIIIe Congrès, la direction du parti resterait

inchangée telle qu'elle était depuis le Xe Plénum du CEI.

3. La résolution du XIe Plénum du CEI, de même que la lettre envoyée par le CEI à tous

les membres du PCI, précisaient en même temps que la seule condition pour

l'appartenance à l'internationale et à sa section française, c'était, comme le demandent

les statuts de l'internationale, la reconnaissance et l'application de la discipline

internationale dans l'action. Le CEI donnait sa garantie solennelle que, comme par le

passé, aucun membre de notre organisation internationale ne serait sanctionné pour

ses idées, la défense de ses idées à l'intérieur de l'organisation ou la constitution d'une

tendance.

4. Déjà au cours de la session du XIe Plénum, le représentant de la tendance Bleibtreu-

Lambert au CEI, annonça aux membres du CEI que sa tendance avait décidé de ne pas

reconnaître et de ne pas exécuter les décisions organisationnelles qui seraient prises par

le CEI en ce qui concerne la direction de la section française. Ses paroles ne laissaient plus

de doute quant à la décision des dirigeants de cette tendance de scissionner avec

l'internationale. Les actes de ces dirigeants allaient, pour une fois, être fidèles à leurs

paroles. Au lendemain du XIe Plénum, ils ne participèrent plus qu'à quelques réunions du

BP pour en violer d'ailleurs ouvertement les décisions. Puis ils cessèrent toute

participation aux travaux du BP, convoquèrent illégalement le CC en dehors du BP ou du

secrétariat, par la seule décision d'une fraction, et exclurent de l'organisation les membres

du parti restés fidèles à l'internationale. Ils manifestent ainsi nettement leur résolution

d'empêcher par tous les moyens la tenue du VIIIe Congrès du parti, congrès auquel ils ne

pouvaient plus obtenir une majorité pour la scission avec l'internationale. Cette résolution

s'était déjà préalablement précisée par leur sabotage de la publication des documents poli-

tiques du congrès, par leur sabotage de la discussion politique dans le parti et par leur

décision de fixer le congrès de l'organisation jeune les mêmes jours que le congrès du parti.

5. Le SI approuve complètement la décision de la tendance du PCI restée fidèle à

l'internationale, de refuser de reconnaître et d'appliquer toutes les décisions prises par

la fraction Bleibtreu-Lambert en violation de la discipline internationale. Il approuve

notamment et salue l'effort entrepris avec succès par cette tendance pour empêcher que

les scissionnistes n'emportent dans leur scission l'appareil technique du parti, propriété

de l'internationale. Il déclare illégales les décisions suivantes prises par la fraction

Bleibtreu-Lambert et appelle tous les membres du parti à les ignorer complètement :

a) La convocation du CC du 29 juin qui n'a pas été proposée préalablement ni décidée

par le BP et le secrétariat du parti constitués régulièrement au Xe Plénum et

reconnus par tout le parti.

b) La « suspension » des membres du CC fidèles à l'internationale, en violation de la

décision du XIe Plénum qui interdit toute modification dans la composition des

organismes de direction du parti avant le VIIIe Congrès.

c) La désignation d'un nouveau « BP » qui viola la même décision du XIe Plénum.

d) Les mesures d'exclusion prises contre les camarades qui se placent sur le plan de la

discipline internationale, prises en violation des statuts de l'internationale.

e) La décision de la fraction Bleibtreu-Lambert de saboter le VIIIe Congrès du parti

convoqué démocratiquement et régulièrement par sa direction régulière.

6. Le SI rappelle à tous les membres du PCI que ne seront considérés membres de

l'internationale et de sa section française que ceux qui reconnaissent et exécutent les

décisions du XIe Plénum et du VIIIe Congrès du parti convoqué par sa direction

régulière fonctionnant depuis le Xe Plénum. Tous ceux qui, par des actes quelconques,

refuseront de reconnaître et d'appliquer ces décisions seront automatiquement

exclus de l'internationale dès la fin du VIIIe Congrès.

Le SI appelle tous les membres du parti à manifester leur fidélité à l'internationale et

au trotskysme en faisant échouer toute aventure scissionniste. La IVe Internationale

reste ouverte à tous les militants trotskystes qui reconnaissent son programme et sa

discipline internationale. Ceux qui rompront avec elle sous de vils prétextes seront

traités comme le méritent des renégats et des ennemis de l'organisation.

La section française de la IVe Internationale continuera à se construire avec tous

les militants révolutionnaires qui appliqueront en pratique l'internationalisme

prolétarien et se montreront ainsi dignes des tâches historiques que leur

internationale est appelée à résoudre.

Le SI appelle toutes les sections de l'internationale à manifester à l'occasion du VIIIe

Congrès de la section française de la IVe Internationale leur solidarité pleine et

entière avec tons les camarades français fidèles au parti mondial de la révolution

socialiste.

Le secrétariat international

Le 1er juillet 1952

Résolutions du XIIe Plénum du CEI concernant la section française

I.

Le XIIe Plénum du CEI approuve les mesures et décisions prises par le SI en application

des décisions du XI Plénum dans la section française.

Il constate que les membres du groupe suspendu par le SI s'étaient mis eux-mêmes

en dehors de l'internationale par la violation des décisions du XIe Plénum et

n'avaient aucun droit de se réclamer de la IVe Internationale.

Votée à l'unanimité, sauf 1 abstention (Suisse).

II.

En raison de la présentation erronée faite par le camarade Bleibtreu des travaux

de la commission, le CEI décide de donner à tous les membres du BP du groupe

suspendu huit jours pour accepter la résolution suivante élaborée par la

commission française, faute de quoi la suspension prononcée par le SI sera

transformée en exclusion prononcée par le CEI.

Pour les autres membres du groupe, le délai est — dans les mêmes conditions —

fixé au ler janvier 1953.

Votée à l'unanimité.

III

Résolution sur la solution de la crise dans la section française 1. Il y aura une discussion de trois mois entre le groupe de camarades suspendus de

l'internationale et une commission de membres du CEI, ainsi qu'une délégation du

PCI reconnu par l'internationale. La discussion sera menée par écrit dans des

bulletins, qui seront également portés à la connaissance des membres du CEI et

des membres du PCI reconnu, dans un but d'information.

2. Au bout de cette période, la commission du CEI désignera, conformément aux

décisions du XIe Plénum, la direction du PCI unifié, dans laquelle il y aura de toute

façon des représentants des deux tendances. Cette direction fixera les modalités

pratiques de l'unification.

3. Le parti unifié appliquera naturellement la ligne de l'internationale, reconnaîtra ses

statuts et sa discipline, y compris les dispositions du paragraphe 13.

4. Pendant la période de discussion, le groupe de membres du PCI suspendus de

l'internationale poursuivra son activité, d'après ses propres décisions, pour

lesquelles il n'engagera pas la IVe Internationale (ce qui implique l'abandon du titre

de « Section française de la IVe Internationale » dans toutes ses manifestations et

publications) et pour lesquelles l'internationale pour sa part dégage toute

responsabilité.

Votée à l'unanimité.

IV.

Le XIIe Plénum du CEI, constatant qu'une résolution vient d'être adoptée ouvrant la voie pour la réunification de la section française, considère que la campagne électorale dans le premier secteur de la Seine sera de toute façon un test sur le sérieux avec lequel est entrepris ce dernier effort de maintenir l'unité du PCI décide que de toute façon la candidature du camarade Pierre Frank, secrétaire de l'internationale, représentant la politique de l'internationale en France, sera maintenue ; invite les camarades du groupe suspendu à retirer leur candidat en signe de leur volonté de régulariser leur situation dans l'internationale telle qu'elle est aujourd'hui, avec sa politique et sa direction actuelles ; propose qu'au cas où ce retrait de candidature aurait effectivement lieu, une commission mixte des deux tendances rédigerait les circulaires et affiches et s'efforcera d'associer tous les membres du PCI à la campagne.

Votée à l'unanimité.

18 novembre 1952

(L'ensemble des documents de ce dossier ont été publiés, « en partie, dans le « Bulletin intérieur du SI », n° 1, juillet 1952, et, en partie, dans les Cahiers du CERMTRI, n° 44 et n° 45, mars et juin 1987).

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 4, p. 357–360 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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