Camarades,
Le 27 juin, le local du parti a été pillé. Toutes les machines à écrire et toutes les ronéos ont disparu. L'équipe qui procéda à cette opération militaire s'était assurée dans les jours précédents qu'aucune mesure de sécurité particulière n'avait été prise qui eût pu compliquer sa tâche. Elle pénétra à l'heure de la fermeture du local du parti, au moyen de fausses clefs qui avaient été fabriquées un mois auparavant, au plus tard dans la dernière semaine de mai.
Ont participé directement ou indirectement à l'opération : Frank, M. Mestre, Privas, Ernesto, la direction en a été assurée par Pablo.
La fraction minoritaire du BP et le SI n'ont pu cacher leur responsabilité dans cette affaire, mais ont tenté, dans un communiqué provocateur, de la justifier par la « mise en sécurité » du matériel du parti. Ainsi, une fraction minoritaire appuyée par le SI mais convaincue de ne pouvoir gagner à sa politique erronée les militants ouvriers trotskystes du PCI, a pris l'initiative criminelle de scissionner le parti quinze jours avant son congrès national.
Dans son communiqué de scission, elle annonçait que le congrès serait réservé aux membres du parti qui accepteraient individuellement et à priori sa direction. En clair, cela signifie que la minorité désertait la discussion, désertait le congrès du parti, désertait le parti.
L'acte accompli et les déclarations à la fois hypocrites et provocatrices qui l'accompagnent, l'initiative cynique d'une scission à la veille du congrès témoignent du caractère social petit-bourgeois de la fraction pabliste et de son degré de dégénérescence.
La fraction pabliste a fait voter par le XIe comité exécutif que le congrès se préparerait démocratiquement et sans modifications organisationnelles : à ce moment, elle avait déjà mis au point matériellement le coup de force qui devait priver le parti de tout moyen d'expression aussi bien dans les masses que dans la préparation intérieure du congrès et avait déjà décidé de la scission du parti avant le congrès. Son orientation, c'était la scission de la section française, l'expulsion de l'internationale de la majorité prolétarienne du PCI, en pratique de l'ensemble de ses forces vives liées à des secteurs de la classe ouvrière.
Cette orientation ne date pas d'hier : il a fallu au pablisme un an et demi pour la réaliser sans susciter de réaction des sections de l'internationale. En décembre 1950, peu de temps après le IXe Plénum, Germain qui défendait encore les bases programmatiques de la IVe Internationale et rédigeait à cette fin les « Dix thèses » qu'il a reniées depuis, conseillait à la section française de ne pas participer à la discussion internationale préparatoire au IIIe Congrès mondial, en déclarant : « Pablo cherche la première occasion pour détruire la section française. » Au CC du 30 juin 1952, quelques jours après la scission perpétrée par la minorité, il confirmait ses paroles de décembre 1950 en ajoutant... que ses prévisions s'étaient réalisées.
Au cours du congrès mondial, Pablo fit appliquer une série de mesures discriminatoires contre la section française : préparation fractionnelle du congrès, non-diffusion et non-traduction des documents adoptés par le congrès du PCI en vue du congrès mondial, refus de mettre au vote les résolutions présentées par la délégation majoritaire française et, en particulier, les « Dix thèses », refus de participation de délégués majoritaires français à des commissions de travail du congrès, constitution d'une « commission française », destinée à prendre des mesures organisationnelles contre une section qui avait eu le tort d'expliquer le caractère confus et contradictoire des documents présentés au congrès mondial et la nature révisionniste des positions personnelles de Pablo.
Le 16 janvier 1952, Pablo et son « Bureau du SI » remettaient en question les décisions politiques de la commission française du congrès mondial, découvraient la nouvelle ligne d'entrisme sui generis et enjoignaient au comité central qui allait se tenir quatre jours plus tard de passer à l'application sans congrès, donc sans discussion, du tournant exprimé dans une lettre du bureau du SI. Le CC annula son ordre du jour précédent, accepta de n'examiner que la lettre du bureau du SI, accepta d'appliquer immédiatement le tournant préconisé, mais maintint sa volonté qu'un congrès préparé et tenu démocratiquement vienne clarifier l'ensemble des problèmes ainsi posés : nature et perspective de l'entrisme, nature et perspective de l'organisation stalinienne. La réponse de Pablo à cette exigence élémentaire fut la dissolution du comité central du parti sous l'inculpation de « volonté d'indiscipline »
Au Xe Plénum, l'offensive fut amplifiée contre le PCI sous la forme d'injures et de calomnies. Mais le Xe Plénum n'était pas encore prêt à suivre Pablo dans ses vues sur la section française. Il fallait marquer un temps d'arrêt, après l'échec du coup de force manqué du 20 janvier. Ce furent les accords du Xe Plénum où le PCI obtint que se tienne un congrès démocratique et souverain, avec une liberté complète d'expression et de discussion.
Trois mois après ce congrès, le CEI serait appelé à se prononcer sur rapport de son responsable désigné pour cette période. En revanche, la majorité donnait à la fraction pabliste la direction du parti en lui accordant la majorité dans le bureau politique. L'histoire de cette direction pabliste, c'est celle du sabotage du parti et de la préparation cynique de la scission du parti. La « majorité » pabliste imposée au bureau politique tenta d'interdire à la majorité prolétarienne du parti d'exprimer ses positions politiques propres dans la discussion pour le congrès. Ne pas approuver les textes de Frank était taxé d'indiscipline. Ainsi prenait tout son sens l'engagement des pablistes de tenir un congrès démocratique.
Sous le seul prétexte que la majorité prolétarienne exprimait ses positions politiques dans les discussions pour le congrès, les pablistes, contrairement au délai prévu pour le Xe Plénum, reposa au XIe Plénum, trois mois plus tard, la question de la souveraineté du congrès. Après un an et demi de manœuvres, la fraction pabliste voulait en finir avec la section française. Elle fit adopter au CEI :
Le rejet d'un statut du type existant en Autriche et qui eût permis de sauver tout l'acquis du trotskysme en France en réalisant les conditions de l'expérience et de la résorption des désaccords.
Le rejet de la souveraineté du congrès, la minorité devant automatiquement prendre la direction par une prépondérance dans le CC et le BP.
En réalité, le pablisme ne pouvait s'arrêter là ; sa faillite politique, ses erreurs grossières, ses mensonges pro-staliniens ne pouvaient pas subir les éclairages d'un congrès, même non souverain. Il fallait scissionner avant. Et ce fut le coup du 27 juin.
La scission perpétrée par la minorité est dans la logique du pablisme. Rejeter hors des rangs de l'internationale la quasi-totalité des militants ouvriers qui font du trotskysme une réalité vivante dans la classe ouvrière française est l'un des impératifs du liquidationnisme pro-stalinien. Mais la forme provocatrice adoptée par la scission montre que le pablisme ne pouvait se limiter à chasser les défenseurs des bases programmatiques du trotskysme. Il fallait donner à la rupture un caractère scandaleux et public, porter un coup matériel grave au parti trotskyste, tenter de le paralyser dans son action dans les masses. Tel est le sens du coup du 27 juin.
Il donne sa pleine signification à la publication dans la revue IVe Internationale de la résolution sur l'entrisme sui generis. Cette publication, contraire aux mesures spéciales de sécurité décidées par le Xe Plénum concernant la circulation intérieure de ce texte, avait pour but de porter un coup à l'activité extérieure du PCI et aussi de donner des garanties publiques aux bureaucrates staliniens. Quelle garantie supplémentaire les pablistes pouvaient-ils donner aux bureaucrates, sinon l'exclusion scandaleuse de la majorité fidèle au trotskysme ? Le coup du 27 juin est une nouvelle manifestation de la servilité du pablisme à l'égard de la bureaucratie stalinienne.
Camarades,
Depuis le IXe Plénum, nous avons combattu contre le révisionnisme qui s'instaurait à la direction de l'internationale. Ce révisionnisme pro-stalinien a débuté avec la dégénérescence de la révolution yougoslave qui a désarçonné et poussé vers le stalinisme quelques dirigeants. L'expression claire de ce révisionnisme fut donnée par Pablo dans « Où allons-nous ? », qui substituait l'idée de blocs à la conception marxiste de la société, qui substituait les siècles de transition à la perspective marxiste-léniniste-trotskyste de la dictature du prolétariat et de la marche au socialisme, qui identifiait la révolution chinoise avec Staline, qui révisait dans un sens stalinien la conception trotskyste de la défense de l'URSS.
Camouflé au congrès mondial dans des documents confus et contradictoires, le pablisme s'exprimera pratiquement de manière de plus en plus agressive contre la section française. Pour les besoins de sa lutte en France, le pablisme désavoue ses représentants en Angleterre, en Amérique, à Ceylan. C'est pourquoi la confusion continue à régner dans l'internationale sur la nature du pablisme : comment le révisionnisme aurait-il pu s'introduire à la direction de l'internationale sans que tout le monde le détecte par ses conséquences pratiques ? Telle est la réponse que nous opposèrent régulièrement des camarades de l'internationale pour nous engager à la patience et à la soumission.
A ces camarades, nous disons : après le coup porté contre la section française le la IVe Internationale, d'autres coups suivront. Nous souhaitons ardemment que, comme les Curiaces de l'histoire, les sections ne se laissent pas frapper les unes après les autres, en accusant d'impatience et d'impulsivité la victime du moment, qu'elles n'attendent pas d'éprouver chacune les preuves directes du révisionnisme installé à la direction de l'internationale. Nous leur disons : attendre d'être détruit pour reconnaître et combattre le révisionnisme, c'est une mauvaise politique. Les ruines ne convainquent personne. Elles ne renforcent pas la ligne révolutionnaire ; elles renforcent le révisionnisme et lui seul.
Camarades,
Face aux scissionnistes pro-staliniens, le comité central a décidé de maintenir le PCI. Le congrès, qui se tiendra les 13 et 14 juillet, confirmera sa décision.
Maintenir le PCI signifie maintenir le trotskysme en France, non pas comme « trotskysme dans un seul pays » mais en tant qu'arme du trotskysme international, du parti mondial de la révolution. La lutte du PCI sur les bases du programme trotskyste est un atout non négligeable dans le rejet par l'internationale du révisionnisme pabliste. Accepter la destruction du PCI, ce serait au contraire renforcer le révisionnisme qui gangrène l'internationale par son sommet. Le PCI amputé par la criminelle scission de la fraction pabliste, maintiendra fermement le programme du trotskysme et combattra sans relâche pour être reconnu comme section française de la IVe Internationale. Ce combat sera long, car nous n'ignorons pas que notre situation de parti exclu par la direction internationale nous aliénera momentanément le désir de compréhension de nos sections sœurs.
Mais nous avons une confiance inébranlable dans l'issue de ce combat. Notre confiance est basée sur des fondements indestructibles ; elle se base sur notre certitude que le programme du trotskysme résistera victorieusement contre la révision car le trotskysme représente et condense l'expérience la plus élevée de tout le mouvement révolutionnaire et trouve chaque jour de nouvelles confirmations de sa justesse. Elle se base sur l'existence de sections trotskystes dans le monde, qui sont fermement attachées au programme et qui réagiront inévitablement contre la révision.
Elle se base sur notre conviction qu'il n'existe pas, dans notre internationale, de bases objectives où la révision puisse longuement prospérer et introduire la dégénérescence.
Après avoir scissionné notre parti, le pablisme, aboutissant à ses fins longuement préméditées, nous exclura de l'internationale. Mais le succès du pablisme sera éphémère ; l'internationale, inéluctablement, redressera sa direction, brisera le révisionnisme pro-stalinien. À cette étape, la vie et la lutte du PCI agira positivement dans le sens du redressement, alors que sa ruine, si nous l'acceptions, agirait négativement. Le pablisme nous exclura, mais nous ne cesserons de combattre pour être reconnus comme partie intégrante, comme section française de la IVe Internationale. Le pablisme triomphe momentanément, il nous frappe pour notre fidélité au programme de fondation de notre internationale. Cette fidélité garantit l'avenir du PCI et son retour inéluctable dans notre internationale débarrassée de la révision.
Le comité central du PCI,
30 juin 1952.
Lettre du bureau politique (tendance minoritaire) aux membres du parti
Camarades,
Le coup de force contre le trotskysme a été préparé. Comme nous l'avions annoncé par avance à tous les membres du parti dans notre lettre du 26 juin, la réunion du comité central du 29 juin 1952, illégalement convoquée, fut l'occasion d'un coup de force contre le trotskysme et contre la IVe Internationale de la part des dirigeants scissionnistes de la tendance ex-majoritaire. Dès le début de cette réunion, avant que n'ait été examinée une seule question politique, les membres du comité central fidèles à l'internationale ont été suspendus et éloignées de force de la réunion. Cette dernière mesure fut également prise à l'égard du représentant du comité exécutif international auprès de la section française.
Cet acte bureaucratique inqualifiable représente une violation ouverte des décisions du XIe Plénum du CEI qui interdisaient toute modification dans la composition des organismes de direction du PCI avant le VIIIe Congrès du parti. En agissant de la sorte, les dirigeants de la tendance ex-majoritaire ont commencé à consommer la scission avec l'internationale, préparée dès avant le Xie Plénum.
La majorité du bureau politique, se plaçant sur le terrain de la légalité de l'internationale qui est le seul terrain de la légalité du parti, déclara nulle et non avenue toute décision prise à partir du moment où le CC cessa de siéger par l'expulsion de la tendance fidèle à l'internationale. Elle appelle tous les membres du parti à ignorer toute décision de cette assemblée du 29 juin ou d'un quelconque organisme constitué par cette assemblée.
La seule direction légale du PCI c'est le bureau politique désigné à l'unanimité au Xe Plénum, ainsi que le CC issu du VIIe Congrès qui pouvait être « convoqué quand le BP le juge nécessaire », comme le dit la résolution du Xe Plénum acceptée et votée par Bleibtreu, représentant au CEI de l'ex-majorité du parti.
L'appareil technique du parti a été mis en sécurité
Fidèles à leur habitude de duplicité et de camouflage politique, les dirigeants scissionnistes n'ont pas osé invoquer pour justifier leur agression contre la tendance du parti fidèle à l'internationale, la seule raison véritable qui l'a produite : le fait qu'ils ont été et seront dénoncés devant tout le parti comme des scissionnistes déserteurs du trotskysme et de l'internationale, et combattus comme le méritent de tels déserteurs. Ils ont préféré invoquer comme prétexte le fait que la majorité du BP a mis en sécurité l'appareil technique du parti et a refusé de le remettre entre les mains des scissionnistes. Tous les trotskystes se réjouiront d'apprendre que la majorité du BP a réussi à sauver l'appareil technique du parti. Tout ce qui appartient au parti appartient à l'internationale. Nous ne sommes pas membres de sectes nationales indépendantes, mais d'un seul et unique parti mondial de la révolution mondiale.
Le bureau politique était responsable du parti et de sa propriété envers le CEI qui l'avait désigné. L'internationale aurait eu raison de demander des comptes au BP si celui-ci avait laissé l'appareil technique du parti entre les mains des scissionnistes qui ont déjà combattu et combattront toujours de plus en plus l'internationale et le trotskysme. Cet appareil a été acquis par de lourds sacrifices consentis par les membres de la section française et par de nombreuses sections de la IVe Internationale. Il n'a pas été acquis pour que Bleibtreu et Lambert s'embarquent dans une aventure en dehors de l'internationale.
Ceux qui se conduisent en ennemis du trotskysme et de l'internationale doivent s'attendre à être traités comme tels. Mettre l'appareil technique du parti à l'abri de tels ennemis est le devoir élémentaire de tout bolchevik.
En plein accord avec la direction internationale, le BP tient l'appareil technique à la disposition de la section française de la IVe Internationale et de sa direction régulière à désigner au VIIIe Congrès. Il s'engage à publier tout document soumis au VIIIe Congrès du parti par n'importe quelle tendance ou militant du parti.
• Les « moralistes » petits-bourgeois démasqués
En vérité, l'hypocrite indignation « morale » de la part des dirigeants scissionnistes Bleibtreu-Lambert n'a rien de commun avec la moralité prolétarienne et communiste. Ils ont saboté l'application de la ligne de l'internationale. Ils ont saboté la discussion politique avant le VIIIe Congrès. Ils ont arrêté la publication des documents pour ce congrès. Ils ne participent plus aux réunions du BP et sabotent le travail quotidien du parti. Ils voudraient aujourd'hui invoquer on ne sait quels « droits » alors qu'ils ont violé et violent tous les jours leurs devoirs élémentaires de militants d'une organisation révolutionnaire. Ils n'ont pas même le droit d'invoquer la surprise : chacun de leurs actes a été prévu par la direction internationale, qui les avertissait chaque fois d'avance des conséquences que ces actes allaient inévitablement entraîner. S'ils consomment aujourd'hui la scission avec l'internationale, c'est en pleine connaissance de cause qu'ils le font, ayant préparé depuis des semaines ce crime contre le trotskysme.
C'est en pleine connaissance de cause qu'ils ont adhéré jadis à la IVe Internationale non pas comme à une fédération de partis « nationaux », mais à un parti mondial avec une seule ligne politique, une seule direction internationale et une seule discipline. S'ils refusent aujourd'hui de reconnaître cette discipline, c'est qu'ils ont pris préalablement la décision de déserter la IVe Internationale.
C'est en pleine connaissance de cause qu'ils déclarèrent vouloir appliquer la ligne du IIIe Congrès mondial et du Xe Plénum du CEI. S'ils déclarent aujourd'hui qu'ils ne peuvent pas accepter cette ligne parce qu'elle signifierait la « destruction du parti », c'est qu'ils ont donc sciemment menti à l'internationale et au parti en signant les accords du Xe Plénum. C'est en pleine connaissance de cause qu'ils ont présenté au VIIIe Congrès du parti une résolution violant la ligne du Xe Plénum du CEI, alors qu'ils avaient été avertis par avance qu'un tel acte de duplicité entraînerait leur disqualification en tant que direction pour l'internationale.
C'est en pleine connaissance de cause qu'ils refusent maintenant d'exécuter les décisions du XIe Plénum du CEI, alors qu'ils avaient été avertis par avance qu'un tel acte d'indiscipline les placerait automatiquement en dehors de l'internationale.
Ainsi donc, après avoir joué une comédie méprisable à l'internationale et au parti, les scissionnistes jettent aujourd'hui le masque. C'est sciemment et en pleine connaissance de cause qu'ils quittent l'internationale, qu'ils rompent avec le trotskysme et avec la révolution.
Les déserteurs s'en vont, le PCI continue
Sur les prétextes « politiques » invoqués par les scissionnistes pour justifier leur crime, il est inutile de s'étendre. Le « pablisme », la « capitulation devant le stalinisme », toutes ces calomnies ont été ramassées dans les poubelles de Shachtman, des Yougoslaves et d'autres gens passés en pratique dans le camp impérialiste.
L'histoire crèvera bien vite ces prétextes comme elle a crevé les prétextes de tous les renégats qui rompent avec le trotskysme.
Ce qui se cache en réalité derrière ces calomnies, c'est la gêne et la peur très réelles des scissionnistes d'être « discrédités » devant l'opinion publique stalinophobe, y compris dans certains milieux syndicalistes. C'est la répétition exacte de la trahison de Shachtman qui lui aussi capitula devant l'opinion publique violemment stalinophobe et préféra rompre avec la IVe Internationale plutôt que de rompre avec tous ceux qui refusaient de mêler leur sort à celui des États ouvriers et des mouvements révolutionnaires parce que momentanément dirigés par les staliniens.
Cela, et cela seul, explique la panique qui avait saisi les scissionnistes lors de la publication dans Quatrième Internationale des décisions politiques du Xe Plénum. Cette panique présageait déjà leur rupture future avec l'internationale.
La scission des dirigeants ex-majoritaires porte sans doute un coup au parti. Mais ce n'est pas un coup fatal. Les Rous et Naville, les Parisot et Soudran (Marc Paillet) sont partis, la IVe Internationale, sa section française ont continué. Ce que ces renégats anciens n'ont pas pu détruire, leurs élèves Bleibtreu et Lambert ne le détruiront pas non plus. Le PCI continue. Sa direction légale prépare normalement son VIIIe Congrès convoqué pour le 12, 13 et 14 juillet. Toutes les régions, toutes les cellules du parti y seront représentées.
Dans le PCI, il y a place pour tous les trotskystes, quelques soient leurs divergences politiques, à condition qu'ils soient disciplinés à l'internationale et se placent dans le cadre de ses statuts.
Tous les fonds, cotisations et phalanges, envoyez-les dès maintenant à Pierre Frank, Poste restante, Paris 117. Faites un effort financier exceptionnel car l'organisation du congrès nous place dans les conditions actuelles devant de très grandes difficultés. Dans toutes les assemblées de vote, exigez des délégués un engagement sans équivoque d'observer la discipline internationale et d'appliquer les décisions du Xe Plénum du CEI. Dans toutes les assemblées du parti, mettez en échec les manœuvres scissionnistes en votant des résolutions de fidélité à l'internationale et de reconnaissance de ses décisions.
Trotskystes, debout : Pour la défense de votre organisation et de votre programme ! Vive la IVe Internationale et sa section française !
Le bureau politique 30 juin 1952