Ouvriers et paysans de l'Inde, la IVe Internationale, parti mondial de la révolution socialiste, est à vos côtés dans la lutte pour la Libération nationale de l'Inde. Les sections de la IVe Internationale, dans le monde entier, appellent à la défense de la lutte contre les impérialistes qui tentent de la noyer dans le sang.
Nous avons entrepris de mobiliser les ouvriers et les paysans de tous les continents pour aider les masses indiennes à conquérir leur liberté. Tandis que la IIe et la IIIe Internationale (les réformistes et les staliniens) volent au secours de Churchill, condamnant la lutte qui se déroule actuellement en Inde, la IVe Internationale s'affirme comme le plus ferme soutien des Indiens qui se battent pour leur libération. Nous dénonçons tout dirigeant ouvrier qui s'oppose à la lutte de l'Inde pour son indépendance comme un agent de l'impérialisme.
L'Inde et la IVe Internationale
Tous les travailleurs doivent être solidaires des luttes pour l'indépendance qui se déroulent en Inde, en Chine et dans tous les pays semi-coloniaux du continent asiatique.
Ainsi qu'il est écrit dans nos thèses, la IVe Internationale et la guerre (1934), la lutte dans les colonies « est incontestablement progressiste : arrachant les peuples arriérés à l'asiatisme, au régionalisme, à la soumission à l'étranger, elle porte des coups sévères à l'impérialisme . »
Lors de la Conférence de fondation de la IVe Internationale en 1938 , nous disions dans notre programme : « Certains pays coloniaux ou semi-coloniaux tenteront, sans aucun doute, d'utiliser la guerre pour rejeter le joug de l'esclavage. De leur part, la guerre ne sera pas impérialiste, mais émancipatrice . »
Cette caractérisation s'applique aujourd'hui pleinement à l'Inde et à la Chine.
Durant la première période de la guerre actuelle, la Conférence extraordinaire de la IVe Internationale, dans son Manifeste sur la guerre impérialiste et la révolution prolétarienne mondiale (mai 1940), déclarait : « En créant des difficultés et des dangers énormes aux centres métropolitains des impérialismes, la guerre ouvre de vastes possibilités aux peuples opprimés. Le grondement du canon en Europe annonce que l'heure de leur libération est proche. » Dans le même Manifeste, prenant note de la déclaration de Gandhi qui refusait de créer des difficultés à la Grande-Bretagne durant la crise profonde qu'elle a connue, nous disions : « Comme si les opprimés n’avaient jamais été capables, en quelque lieu et en quelque temps que ce soit, de se libérer sans exploiter les difficultés de leurs oppresseurs ! »
Depuis lors, Gandhi et une fraction de la bourgeoisie indienne ont été contraints, par les événements et sous la pression des masses indiennes, de lancer une campagne de désobéissance civile. Léon Trotsky, le fondateur de la IVe Internationale, avait envisagé cette éventualité lorsqu'il écrivait, à la veille de la guerre, dans sa Lettre ouverte aux travailleurs de l'Inde (juillet 1939) : « Dans le cas où la bourgeoisie de l'Inde se trouve elle-même obligée de faire le moindre pas sur le chemin de la lutte contre la domination arbitraire de la Grande-Bretagne, le prolétariat soutiendra naturellement un tel pas. Mais il le soutiendra avec ses propres méthodes : meetings de masse, mots d'ordre audacieux, grèves, démonstrations et actions de combat plus décisives, dépendantes du rapport des forces et des circonstances. Précisément, pour faire cela, le prolétariat a besoin d'avoir les mains libres. L'indépendance complète envers la bourgeoisie est indispensable au prolétariat par-dessus tout pour qu'il puisse exercer une influence sur la paysannerie, la masse prédominante de la population de l'Inde. Seul le prolétariat est capable de mettre en avant un audacieux programme agraire révolutionnaire, de soulever et de rassembler des dizaines de millions de paysans et de les conduire dans la lutte contre les oppresseurs indigènes et l'impérialisme britannique. »
Ces positions de la IVe Internationale sur la nature de la révolution future en Inde se sont donc révélées exactes à l'épreuve des événements. Les meilleurs éléments révolutionnaires indiens l'ont bien compris ces dernières années et, en mars 1941, des groupes et des partis ouvriers en provenance d'Inde et de Ceylan se sont rencontrés pour mettre en chantier la création d'une section de la IVe Internationale. Après avoir réussi à intégrer d'autres groupes encore dans le nouveau parti, sur la base d'un projet de programme, le Parti bolchevique-léniniste de l'Inde fut officiellement créé en mai 1942 juste à la veille de la lutte qui se mène actuellement. Dirigée par des combattants éprouvés dans les sinistres prisons de l'impérialisme britannique, notre section indienne soutient de tout cœur la lutte actuelle et y participe activement. Nous sommes confiants dans le fait que les leçons des événements la feront devenir l'avant-garde reconnue des ouvriers et des paysans indiens.
Il faut renverser la domination colonialiste britannique
Les événements ont démontré sans conteste que l'impérialisme britannique n'acceptera jamais l'indépendance nationale de l'Inde. Si la Grande-Bretagne consent à accorder « l'exigence » des soi-disant « amis de l'Inde » d'une reprise des négociations entre le Congrès pan-indien et le gouvernement britannique, cela ne donnera rien de plus que ne l'a fait la supercherie gigantesque de la mission Cripps : une vaste escroquerie. L'avertissement brutal de Churchill à la Chambre des Communes, le 10 septembre 1942, devrait rendre évident à chacun que sa politique demeure ce qu'elle était en janvier 1930 quand il déclarait aux Communes : « Tôt ou tard, vous aurez à écraser Gandhi et le Congrès indien, ainsi que tout ce qu'ils représentent. »
L'impérialisme britannique n'acceptera de nouvelles négociations que s'il estime que ses répressions n'aboutissent pas à détruire le mouvement ouvrier et le mouvement nationaliste indien. De telles négociations et tout « compromis » qui en résulterait n'auraient pour but que de ménager un répit à l'impérialisme britannique au cours duquel il préparerait des mesures plus efficaces pour écraser les paysans et les ouvriers de l'Inde. Tel était précisément le rôle qu'ont joué les négociations Cripps, mises en place au moment où Singapour et la Malaisie sont tombés et où la puissance militaire britannique en Orient était brisée ; les négociations ont permis à Churchill d'envoyer en Inde de nouvelles troupes et des armes, pour mener à bien la répression qui sévit aujourd'hui. Le second objet des négociations Cripps a été de donner l'illusion que la Grande-Bretagne souhaitait réellement accorder à l'Inde sa libération, une illusion qui est encore assez forte pour tromper de larges secteurs des classes ouvrières américaine et britannique qui, sans cela, seraient solidaires de la lutte de l'Inde pour sa libération. Les dirigeants du Congrès, en participant à des négociations secrètes avec Cripps, ont aidé Churchill à répandre cette illusion. De nouvelles négociations donneraient un regain de vie à cette illusion dangereuse.
Il est absurde de s'adresser à la Grande-Bretagne pour lui demander de ne pas commettre en Inde la même « erreur » qu'en Birmanie ou en Malaisie. Les dirigeants britanniques savent ce qu'ils font. L'impérialisme britannique mène cette guerre pour conserver son empire. Perdre définitivement sa domination en Inde reviendrait à perdre la guerre. Tout comme en Birmanie et en Malaisie, le capitalisme britannique préférerait encore laisser les Japonais envahir l'Inde, avec l'espoir de la reconquérir, plutôt que de perdre l'Inde pour toujours en l'abandonnant au mouvement d'indépendance nationale. Cette réalité essentielle doit être comprise par les travailleurs du monde entier. L'impérialisme britannique ne pourrait plus exister s'il perdait l'Inde à jamais. « Si nous perdons l'Inde, l'Empire s'écroulera ; d'abord économiquement, puis politiquement », écrivait Lord Rothermere dans ses journaux, le 16 mai 1930. Au cours du débat sur la Constitution de 1935, Churchill a fait une déclaration radiophonique à destination des États-Unis leur expliquant « pourquoi l'Angleterre ne pouvait se permettre d'abandonner l'Inde » parce que « deux Anglais sur dix dépendent de l'Inde ». Le mythe selon lequel l'impérialisme britannique a adouci son exploitation en Inde est démenti par les faits les plus évidents : en 1911, les investissements britanniques en Inde constituaient 11 % de ses avoirs outre-mer ; en 1937, ses avoirs en Inde avaient atteint 25 % de ceux-ci. De plus, outre les gigantesques profits tirés de ces « investissements » (en fait il s'agit d'un butin extorqué à l'Inde pour y être « investi »), la plupart des fonds indiens affluant chaque année à Londres servent en fait au contrôle politique (paiement des troupes britanniques, commandes de fournitures du gouvernement indien, paiement de bons garantis du vice-roi, appointements de fonctionnaires, pensions, etc.). Ces deux formes de pillage prendraient fin avec l'indépendance nationale car, quels que soient les engagements que pourrait prendre un gouvernement nationaliste bourgeois en matière de paiements à la Grande-Bretagne, les besoins énormes des masses indiennes paupérisées auraient tôt fait de mettre un terme à cette escroquerie.
La dette « publique » de l'Inde a augmenté d'environ 10 % par an au cours des quatre-vingt dernières années, tandis que, par ailleurs, le revenu national n'a augmenté que de 1 %. Voilà qui montre bien comment la Grande-Bretagne saigne l'Inde. Ce pillage constitue l'épine dorsale de l'impérialisme britannique. Sans lui, le capitalisme britannique serait condamné. Si la réduction relativement légère des marchés extérieurs britanniques après la Première Guerre mondiale a déclenché une crise politique dont l'apogée fut la grève générale de 1926, la perte de l'Inde provoquerait sans aucun doute une révolution socialiste en Grande-Bretagne. La classe dirigeante britannique n'acceptera à aucun prix de relâcher volontairement son étreinte sur l'Inde, car jamais une classe dominante n'a abandonné la base même de son existence.
Prenez garde à la « médiation » américaine !
Des illusions sur l'impérialisme américain peuvent être tout aussi dangereuses que celles sur l'impérialisme britannique. Pourtant, depuis des années, les dirigeants du Congrès pan-indien ont regardé du côté de Washington en vue d'y obtenir un soutien. Ils n'ont pas compris, ou ils n'ont pas vu que l'impérialisme américain souhaitait mettre fin à la domination britannique pour la remplacer par la pénétration, tout aussi impérialiste, de l'impérialisme du dollar. La Ligue indienne, qui représente aux États-Unis le parti du Congrès, n'accorde que peu d'importance à la réelle sympathie de larges secteurs de la classe ouvrière américaine pour l'indépendance de l'Inde, et porte, au contraire, son attention sur les « amis de l'Inde » à Washington et sur la presse bourgeoise.
L'échec des négociations Cripps a pourtant montré ce que valaient ces « amis » bourgeois américains. Une véritable conspiration du silence a dissimulé la version du Congrès, tandis que la radio et la presse américaines reprenaient les mensonges de Cripps. Le 23 juillet, le discours du secrétaire d'État, émis évidemment à l'intention de l'Inde, soulignait que les peuples colonisés devaient d'abord soutenir la guerre et ainsi « se montrer dignes, par leurs actes », d'une « liberté » qui viendrait après la guerre. Si Churchill a refusé de faire la moindre concession à l'Inde, c'est sans aucun doute en grande partie parce que la presse et le gouvernement américains l'y ont encouragé.
Au cours des cinq premières semaines de la Terreur blanche britannique en Inde, commencée le 9 août, Washington a poursuivi sa politique de soutien total à Churchill. La radio et les journaux américains ont fait écho à toutes les calomnies britanniques à l'égard de la lutte de libération en Inde. Ce n'est que lorsqu'il devint évident que les Britanniques ne parvenaient pas à écraser la résistance que Washington changea de tactique, exhortant secrètement Churchill à ouvrir de nouvelles négociations avec les dirigeants du Congrès. Les États-Unis espéraient que de nouvelles et longues négociations apaiseraient l'Inde. Mais, sur le fond, Washington continue de soutenir Churchill en Inde ; toute illusion qu'une pression de Roosevelt sur la politique britannique en Inde profiterait aux masses indiennes peut être fatale à la cause de l'indépendance. Il est absolument faux de penser que, si la Grande-Bretagne accepte sa médiation, Roosevelt jouera le rôle d'un juge impartial entre les forces qui s'affrontent en Inde. Nous pouvons prédire, au contraire, que Washington instruirait un simulacre de procès qui se terminerait par une décision favorable à la Grande-Bretagne et à ses agents indigènes.
La radio et la presse américaines continuent de rapporter en des termes le plus souvent favorables aux Anglais les « informations » en provenance de l'Inde. Les rares nouvelles ou éditoriaux critiques à la politique de Churchill sont en même temps hostiles au Congrès pan-indien et aux masses en lutte et ont pour objectif d'appuyer l'idée d'une médiation américaine. Ces critiques de Churchill sont également destinées à blanchir les États-Unis de toute responsabilité pour la Terreur blanche qui sévit en Inde et à tenter de sauver le prestige en loques des nations alliées aux yeux des masses coloniales d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Celles-ci sont, en effet, de tout cœurs solidaires de la lutte de l'Inde. Mais pour chaque mot de critique à l'égard de Churchill, il y en a mille contre la lutte de l'Inde pour son indépendance.
Le rôle traître du stalinisme
À la différence de la Grande-Bretagne et des États-Unis, l'Union soviétique mène une guerre progressiste ; tous les travailleurs ont pour devoir de soutenir l'État ouvrier soviétique contre l'invasion impérialiste. Toutefois, en le faisant, les travailleurs indiens doivent comprendre qu'il y a une différence fondamentale entre l'Union soviétique et Staline. Ne confiez pas un seul instant votre sort à la bureaucratie de Staline ! En Union soviétique, le régime du Kremlin a éliminé la démocratie soviétique qui existait du temps de Lénine et de Trotsky et ne donne aucun moyen aux masses de s'exprimer. Staline a une conception bureaucratique de la défense de l'URSS ; il ne vise qu'à préserver son propre régime réactionnaire qui ne contient aucune trace d'internationalisme. En aucune manière Staline ne soutiendra une révolution en Inde, car elle encouragerait les masses soviétiques à dresser leurs propres revendications contre Staline. Il n'est qu'à voir les réactions de ses serviteurs pour constater à quel point Staline est hostile à la révolution indienne : la presse soviétique n'a pas dit un mot pour soutenir la lutte qui se déroule en Inde, tandis que la presse stalinienne en Grande-Bretagne, en Amérique et ailleurs condamne votre lutte en prétendant qu'elle « fait obstacle » aux efforts de guerre des nations alliées.
Les partis communistes britannique et américain expliquent aux travailleurs qu'ils ne doivent pas soutenir votre lutte pour l'indépendance. Les partis communistes, qui sont simplement des agents de la politique anti-internationaliste de Staline, disent que tout doit être subordonné à l'effort de guerre des « démocraties ». Tandis qu'ils condamnent le Congrès panindien pour sa campagne de désobéissance civile, les staliniens ne formulent aucune critique à l'égard de Jinnah et des autres agents de l'impérialisme britannique qui sabotent l'indépendance de l'Inde ! Et ils proposent de « résoudre » le conflit en en appelant à la médiation de Roosevelt. Une fois de plus, les événements en Inde mettent à nu la trahison du stalinisme.
Les sympathies chinoises pour la lutte des masses indiennes sont si fortes que même Tchang Kaï-Chek est obligé de lui rendre hommage du bout des lèvres ; mais il le fait dans le seul but d'obtenir une médiation tripartite des États-Unis, de l'URSS et de la Chine. N'oubliez pas que c'est avec l'approbation de Churchill que Tchang-Kaï-Chek est venu en Inde au printemps dernier ! Il dirige la Chine en véritable dictateur et n'éprouve aucune sympathie pour vos aspirations démocratiques. C'est lui qui a écrasé la révolution chinoise de 1927, car il avait peur des ouvriers et des paysans. Et c'est précisément parce qu'il avait vaincu cette révolution et les forces qui la portaient que le Japon a pu attaquer la Chine. L'amitié que Tchang porte à Nehru et aux autres dirigeants du Congrès ne signifie pas qu'il soit pour autant un ami de la révolution indienne ; au contraire, ceux qui peuvent rester des amis de Tchang Kaï-Chek montrent par cela même que rien ne les empêcherait de faire subir à la révolution indienne le sort que Tchang Kaï-Chek a fait subir à la révolution chinoise.
Si Staline et Tchang Kaï-Chek devaient jouer le rôle de médiateurs dans le conflit, il ne fait aucun doute que la décision qui en sortirait serait tout à fait acceptable par Churchill et Roosevelt. Les masses indiennes ne peuvent donc attendre aucun soutien de la part des « démocraties », ni du Kremlin et du gouvernement de Chungking.
La lutte contre l'impérialisme japonais
Pour ce qui est des promesses d'« indépendance » accordées par l'impérialisme japonais, la IVe Internationale ne peut que reprendre la mise en garde de nos camarades indiens :
« Le Parti bolchevique-léniniste de l'Inde met en garde les masses pour qu'elles ne fassent pas plus confiance aux promesses trompeuses des impérialistes japonais qu'aux propositions mensongères des impérialistes britanniques. De même que la tâche première des masses chinoises est de renverser l'impérialisme japonais, celle des masses indiennes est de jeter bas l'impérialisme britannique. C'est le meilleur exemple que nous puissions donner aux soldats du Mikado pour qu'ils retournent leurs armes contre leurs propres maîtres impérialistes, le meilleur moyen de persuader les milliers de Birmans abusés qui combattent aux côtés des Japonais de nous rejoindre dans la puissante lutte pour libérer l'Inde et la Birmanie de tous les impérialismes. C'est le meilleur moyen de contribuer à une réelle défaite de l'impérialisme japonais et à la victoire des masses chinoises. »
L'Inde est le maillon le plus faible de l'impérialisme
La révolution des ouvriers et des paysans indiens contre l'impérialisme britannique trouvera des alliés à condition que la lutte soit menée avec la plus ferme détermination. Pas dans les édifices gouvernementaux de Washington ou de Londres, de Moscou ou de Chung King, de Tokyo ou de Berlin, mais auprès des ouvriers et des paysans du monde entier. Ce sont eux les alliés de la révolution indienne.
Prolétaires indiens ! Il est en votre pouvoir d'assumer aujourd'hui le rôle glorieux que les travailleurs de la vieille Russie tsariste arriérée ont joué en 1917. L'étoile rouge de la Révolution russe a surgi dans la troisième année de cette nuit qu'était la Première Guerre impérialiste mondiale. Les travailleurs russes sont alors apparus terriblement isolés dans un monde peuplé d'ennemis, mais les masses opprimées de tous les pays leur sont venues en aide. L'étoile de la Révolution russe a guidé les masses allemandes, autrichiennes et hongroises qui se sont soulevées ; elle a contribué à l'éveil des masses en Europe, en Afrique et en Asie. La Russie était en 1917 le maillon faible de l'impérialisme, aujourd'hui c'est l'Inde ! Tout comme en 1917, la rupture de ce maillon favorisera une série de révolutions qui, en retour, viendront à l'aide de la révolution indienne contre l'impérialisme.
Et cette fois, si notre volonté révolutionnaire est suffisamment forte, partout la révolution se transformera inéluctablement en une victoire définitive contre tous les impérialismes ! Votre lutte révolutionnaire actuelle en Inde est en soi une preuve que la nouvelle vague de révolutions sera beaucoup plus grande et plus profonde que celle qui a surgi de la Première Guerre mondiale. En 1914- 1918, l'Asie avait connu la paix des cimetières ; toutes les puissances impérialistes qui avaient des intérêts dans ce continent (la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France, le Portugal, le Japon) s'étaient unies pour y préserver l'« ordre ». La bourgeoisie indienne et le Congrès pan-indien ont soutenu la guerre au lieu de tirer parti des difficultés de la Grande-Bretagne en Europe ; Gandhi, le « pacifiste » a aidé ce pays à recruter des soldats indiens et à faire souscrire aux emprunts de guerre ; des centaines de milliers de soldats indiens ont été massacrés à Gallipoli et dans d'autres campagnes où ils ont servi de chair à canon aux Britanniques. Grâce à la « paix » en Asie et à l'aide servile de la bourgeoisie indienne, la Grande-Bretagne s'est sortie de la Première Guerre mondiale sans connaître de graves difficultés en Inde.
Combien différente est la situation cette fois, combien favorable est-elle à la révolution indienne ! Dès le tout début de la guerre, les masses indiennes ont contraint les ministres du Congrès à se démettre en signe de protestation. Aujourd'hui, les ouvriers et les paysans indiens obligent le Congrès à lancer une campagne de désobéissance civile. Pendant ce temps, les impérialistes s'affrontent en Asie, sans qu'ils aient en vue une issue à leur guerre. C'est maintenant le moment pour l'Inde de conquérir son indépendance ! Brisez le maillon le plus faible de la chaîne impérialiste et les peuples du monde entier vous suivront et vous rejoindront dans la lutte !
Le nouveau souffle des ouvriers britanniques
Vous n'avez pas à craindre que les soldats britanniques constituent un obstacle insurmontable au renversement de l'impérialisme. Un nouveau souffle se propage parmi les travailleurs et les soldats britanniques ! Le gouvernement britannique tente de vous le cacher, mais le fait est là et il est mortel pour l'impérialisme britannique.
Aujourd'hui, en Angleterre, l'écrasante majorité des ouvriers ne fait déjà plus du tout confiance au gouvernement Churchill. Les capitalistes de ce pays ne pourraient pas gouverner s'ils ne recevaient l'appui des dirigeants du Labour Party. Cependant, après deux ans de coalition gouvernementale travailliste-capitaliste, les ouvriers sont non seulement mécontents des ministres bourgeois, mais aussi des ministres « travaillistes ». Malgré les lois antigrèves et les emprisonnements, malgré les appels frénétiques des dirigeants travaillistes, les ouvriers, en Angleterre, recourent de plus en plus à la grève, entrant ainsi directement en conflit avec le gouvernement. Les défaites britanniques en Extrême-Orient, qui sont avant tout dues au refus des masses coloniales de se battre et de mourir pour leurs oppresseurs, ont ouvert, plus que jamais, les yeux des travailleurs anglais sur les méfaits de l'impérialisme. Ces ouvriers désirent sincèrement s'allier aux masses indiennes. Ils commencent aujourd'hui à comprendre que ce sera impossible aussi longtemps que Churchill, ou tout autre gouvernement capitaliste, sera au pouvoir en Grande-Bretagne. Ils commencent à se rendre compte que la domination anglaise de l'Inde s'achèvera, que ce soit par l'invasion japonaise, ou par le remplacement américain ou par une révolution indienne victorieuse. Les travailleurs britanniques ont tout intérêt à ce que la révolution indienne réussisse, plutôt que de voir l'Inde tomber sous une domination américaine ou japonaise. De plus, le démantèlement de l'Empire britannique posera une question vitale aux ouvriers britanniques, celle de la nécessité d'un gouvernement des travailleurs en Grande-Bretagne, qui coopérerait avec une Inde libre, avec d'autres gouvernements ouvriers et avec des pays non impérialistes pour mettre fin à tous les impérialismes, qu'ils soient « fascistes » ou « démocratiques »,
Ce nouvel état d'esprit qui existe chez les ouvriers britanniques se retrouve également parmi les soldats, dont la plupart sont issus de la classe ouvrière. Partout ces soldats discutent intensément de questions politiques, ce qui est sans précédent dans l'histoire de l'impérialisme britannique. Parmi ceux qui se trouvent en Inde et à Ceylan, il y a de nombreux adhérents des syndicats et des ouvriers politisés ; nombre d'entre eux sont déjà convaincus de l'avenir socialiste de l'humanité. Beaucoup d'entre eux sont des vétérans de grèves dures contre les capitalistes britanniques. Si ces ouvriers et ces soldats soutiennent la guerre menée par leur pays, c'est dans la mesure où ils croient, à tort, que le gouvernement britannique se bat réellement contre le fascisme. Les soldats que vous voyez ne sont pas venus en Inde pour se battre contre vous, mais avec la conviction qu'ils allaient écraser le nazisme et vaincre le totalitarisme japonais. En arrivant en Inde, ils ont découvert des choses qu'ils ignoraient complètement. Ils ont vu dans quelle misère et dans quelle oppression l'impérialisme britannique vous maintient et ils ne veulent pas en porter la responsabilité.
Les officiers britanniques meurtriers donnent l'ordre de vous abattre à coups de fusil ; mais les soldats ne veulent pas tirer et, malgré la menace d'une discipline militaire de fer, ils ne tireront pas s'ils peuvent trouver une autre solution. C'est à vous de leur montrer qu'il y en a une ! La propagande impérialiste leur a rebattu les oreilles du mythe selon lequel vous ne seriez pas capables de vous gouverner vous-mêmes, que seules les « races martiales » chez vous seraient capables de combattre. Vous pouvez faire mentir les oppresseurs en leur montrant que vous êtes déterminés à vous battre jusqu'à la mort pour votre liberté. Souvenez-vous qu'en Russie, en 1917, les cosaques eux-mêmes ont refusé de tirer dès qu'ils ont vu que les masses étaient décidés à renverser les oppresseurs ! Il en sera de même en Inde lorsque, par votre fermeté et votre attitude de fraternisation, vous aurez trouvé l'oreille et touché le cœur de ces travailleurs anglais en uniforme.
Des méthodes révolutionnaires contre les méthodes du Congrès
Nous écrivons de loin et beaucoup de ce qui survient en Inde nous est dissimulé par la censure britannique. Cependant, il est clair que les ouvriers et les paysans indiens ont déployé, dans les dernières semaines, d'immenses efforts pour se délivrer du joug britannique et qu'ils sont prêts à en faire d'encore plus grands. De la lecture des discours plaintifs que prononcent les zamindars et les capitalistes à l'Assemblée législative centrale où ils demandent aux Britanniques d'être plus raisonnables, nous savons que ces agents de la Grande-Bretagne ont peur que la grande vague de luttes de masse ne les balaie, eux aussi, avec les Britanniques.
Mais il est clair également que les efforts héroïques des ouvriers et des paysans ne sont pas utilisés de manière à obtenir les meilleurs résultats. Une énergie inestimable est gaspillée, il y a des victimes inutiles, tout cela parce qu'il n'y a pas de direction et pas de plan réel dans la lutte.
L'insuffisance des méthodes actuelles de lutte en Inde provient de la fausse théorie des dirigeants du Congrès. Leur but, par cette campagne de désobéissance civile, tout comme par celle de 1930-1934, est de créer une situation de point mort, d'« équilibre », assez longue, qui obligerait les Britanniques à ouvrir de nouvelles négociations sur la base de la revendication d'indépendance du Congrès. Mais cela signifie que le Congrès demande à la Grande-Bretagne de consentir à l'indépendance ! Cette théorie est absolument erronée. Aucune situation d'« équilibre » ne contraindra jamais les Anglais à consentir à l'indépendance. Ils préféreraient en effet noyer l'Inde dans un bain de sang plutôt que de lui accorder la liberté.
La théorie deéquilibre » 'n'exprime pas les aspirations des ouvriers et des paysans. Elle représente le point de vue de ceux qui, en dernière analyse, veulent être des partenaires de la Grande-Bretagne, plutôt que de voir les travailleurs et les paysans renverser le raj (autorité) britannique. Elle reflète l'opinion des capitalistes et des zamindars dans la direction du Congrès, pas celle des adhérents de base qui ne peuvent verser de cotisation.
Ouvriers et paysans indiens, méfiez-vous de ceux sur lesquels le joug britannique repose de manière si distinguée ! Les seuls auxquels on peut faire confiance pour se délivrer de ce joug, ce sont ceux qui travaillent comme des bêtes de somme et qui ont faim. Mais ceux qui vivent dans de grandes demeures, rivalisant de splendeur avec les palais des capitalistes britanniques, ceux qui paient mille roupies pour siéger aux réunions du Congrès, ceux-là ne trouvent pas que le joug britannique soit particulièrement exaspérant ! Leur querelle avec les Britanniques n'est en fait qu'une dispute entre gens du même bord pour le partage des richesses ; ce que veut un Birla ou un Rajaj , c'est le droit d'exploiter les ouvriers et les paysans indiens sans donner une si grosse part du gâteau aux Anglais.
Même maintenant, alors qu'ils sont en conflit avec les Britanniques, les membres riches du Congrès et leurs agents politiques ont peur de la lutte des ouvriers et des paysans. Ils craignent par-dessus tout que les masses prennent dans leurs mains la destinée de l'Inde et que la revendication de l'indépendance ne signifie pas seulement liberté politique, mais aussi liberté économique. Pour l'empêcher, ils ont imposé aux masses la méthode inadéquate de l'« équilibre ». Et pour s'assurer que le mouvement pour l'indépendance ne leur échappe pas, ils ont tenté de lui imposer la doctrine de non-violence de Gandhi.
Si les masses indiennes limitaient leur lutte à atteindre « l'équilibre » et à empêcher la non-violence, elles pourraient se débattre pendant mille ans sans pour autant conquérir leur liberté ! Heureusement, nous constatons, même de loin, que les masses luttent pour aller au-delà des limites que la direction du Congrès a tenté de leur imposer. Ni les grèves ouvrières ni les luttes paysannes ne sont conduites dans l'esprit conservateur des dirigeants du Congrès.
Les ouvriers et les paysans indiens ont frappé un grand coup par leur pression spontanée sur la direction du Congrès. Il n'y aurait pas aujourd'hui la campagne de désobéissance civile si la décision avait été laissée au seul bureau du Congrès. Le 20 mai 1940, Nehru disait : « Lancer une campagne de désobéissance civile à un moment où la Grande-Bretagne est engagée dans une lutte de vie ou de mort serait un acte indigne de l'honneur de l'Inde. » Nehru n'a jamais changé d'avis, ce sont les ouvriers et les paysans qui l'ont contraint à entreprendre cette campagne de désobéissance civile. Même après la mission Cripps, Nehru déclarait le 2 avril 1942 : « Nous ne ferons pas obstacle à l'effort de guerre britannique en Inde. » Ce n'est donc pas Nehru qui a été à l'origine des grandes grèves dans l'industrie de guerre ! Tout comme le reste de la direction du Congrès, il fut littéralement entraîné par les masses dans la campagne de désobéissance civile.
Tout cela, les masses l'ont obtenu en faisant pression sur le Congrès. Une pression qui n'a toutefois pas été suffisante pour modifier les méthodes inadéquates de lutte préconisées par celui-ci. Et encore moins pour transformer les dirigeants du Congrès en véritables révolutionnaires. Ils demeurent ce qu'ils ont toujours été. Il ne suffit pas pour les masses de passer outre les méthodes de la direction du Congrès. Celles-ci doivent être remplacées par des méthodes révolutionnaires, par un projet révolutionnaire et une direction révolutionnaire.
Libération nationale pour la révolution agraire !
La libération nationale ne peut être conquise que par une révolution agraire. La grande force motrice de la révolution indienne, tout comme celle de la Révolution russe, c'est la crise agraire. La grande masse de la paysannerie s'efforce sans cesse de rejeter la triple oppression que constituent le gouvernement avec l'impôt, le propriétaire avec le loyer et l'usurier avec l'usure. L'abolition de la grande propriété foncière et la liquidation de l'endettement agricole, voilà les mots d'ordre qui peuvent rassembler les paysans pour écraser l'impérialisme et ses agents indigènes. Mais la paysannerie, bien que numériquement énorme, est dispersée dans les campagnes. L'histoire montre que les soulèvements paysans ne peuvent triompher que s'ils sont soutenus et dirigés par une classe puissante dans les villes.
Cette classe ne peut être la bourgeoisie dont les liens sociaux et économiques avec les zamindars sont étroits. Et le Congrès est le parti de la bourgeoisie. La direction du Congrès, quand elle a réprimandé les paysans pour avoir cessé de payer leurs loyers au cours des campagnes de désobéissance civile de 1920-1922 et 1930-1934, a montré son caractère bourgeois et zamindar. Cette fois encore, le comité exécutif du Congrès a lancé, le 15 juillet, une résolution appelant à la désobéissance civile, sans faire une seule proposition de réduction du loyer et du fardeau de l'usure supportés par les paysans — ne parlons pas de l'abolition de la propriété foncière !
Il est donc clair que seul le prolétariat industriel peut diriger la paysannerie dans la révolution. Comme Trotsky l'écrivait en 1939 aux ouvriers indiens : « L'alliance des travailleurs et des paysans pauvres est la seule alliance honnête et digne de confiance qui puisse assurer la victoire finale de la révolution de l'Inde. »
La classe ouvrière indienne est pleinement capable d'assumer la direction de la révolution. Le poids spécifique du prolétariat indien dépasse de beaucoup celui de la bourgeoisie indigène et, de plus, il bénéficie d'une expérience très riche de lutte politique et syndicale depuis 1917. Le prolétariat indien aborde la révolution avec l'avantage formidable que représente la Révolution russe ; elle aussi a été dirigée par le prolétariat dans un pays à prédominance agricole.
Pour des comités démocratiques de lutte !
Quelle forme l'alliance entre les ouvriers et les paysans prendra-t-elle ? La forme la plus démocratique possible : un vaste réseau de comités élus directement par les ouvriers et les paysans, avec des réélections chaque fois que les masses le désirent. Dans chaque usine, chaque lieu de travail, chaque logis, les ouvriers doivent élire leurs propres comités, pour agir en leur nom chaque fois que leur vie, leurs moyens d'existence ou leurs intérêts seront en danger. Les travailleurs ne pourront se protéger eux-mêmes contre l'impérialisme britannique et contre les trahisons des dirigeants du Congrès et des syndicats que s'ils sont dirigés par leurs propres comités. Car il est sûr que ces dirigeants capituleront devant le raj britannique. Ces comités, créés par les travailleurs dans les villes, stimuleront à leur tour la création par les paysans de comités de villages pour diriger leurs luttes. Ces comités uniront tous ceux qui peinent, quelles que soient leurs opinions politiques ; tous les partis politiques pourront rivaliser démocratiquement pour obtenir la confiance des masses ; ce qui n'empêchera pas les comités de continuer à fonctionner. La guerre a mis les soldats en contact avec la population civile et, lorsque les comités ouvriers, et surtout les comités paysans seront formés, ils stimuleront la création de comités de soldats dans l'armée indienne, car les soldats indiens sont des paysans en uniforme. Un réseau de ces comités ouvriers, paysans et de soldats est le seul moyen efficace de mobiliser les grandes masses pour la lutte de libération nationale, contre le joug de l'oppression.
Dès que possible, les délégués des différents comités locaux devront se réunir pour centraliser et coordonner leurs activités. À leur tour, les délégués locaux devront constituer des structures régionales et, en fin du compte, il doit y avoir une assemblée des délégués des ouvriers, des paysans et des soldats de toute l'Inde. Face à un réseau aussi puissant, unissant des centaines de millions de travailleurs indiens, l'administration britannique ne pourra jamais l'emporter ! C'est sous la direction d'un tel réseau que la Révolution russe a marché vers la victoire !
Pour une assemblée constituante !
Au moyen de ces comités, l'Inde sera soudée en une nation unie, comprenant également les peuples des États indigènes. Les comités sont une réponse irréfutable à donner aux prétentions de la colonisation britannique, de la soi-disant Ligue musulmane de Jinnah, du Mahasabbha hindou ou de quiconque prétend que la lutte pour l'indépendance n'est pas soutenue par l'écrasante majorité de la population de l'Inde. La question de l'indépendance peut être décidée démocratiquement par une Assemblée constituante élue au suffrage universel par tous les hommes et les femmes de plus de dix-huit ans !
Ni les Britanniques, ni les capitalistes indigènes, ni les zamindars n'oseront soumettre cette question à une Assemblée constituante ; au contraire, ils remueront ciel et terre pour empêcher la création de celle-ci. Seule la révolution victorieuse des comités d'ouvriers, de paysans et de soldats contre le raj britannique et ses alliés indigènes peut garantir la création d'une Assemblée constituante.
Industrialisation de l'Inde !
La révolution agraire ouvrira la voie à une complète réorganisation de l'agriculture. Mais un siècle de domination impérialiste a systématiquement détruit les industries artisanales indigènes et a contraint des centaines de millions de personnes à se reconvertir dans l'agriculture ; la première tâche sera donc de retirer des dizaines de millions de gens de la terre pour les amener dans l'industrie. En outre, la révolution ne peut s'accompagner de méthodes primitives d'exploitation du sol ; la culture sur une grande échelle, qui sera nécessaire après la révolution, a besoin d'instruments agricoles modernes. C'est pourquoi la réorganisation de l'agriculture sera impossible sans l'industrialisation de l'Inde.
Dans les fonderies et les aciéries du capitaliste Tata, dans la grande industrie de munitions ou de guerre récemment implantée au Bihar, les ouvriers indiens — y compris les paysans de la veille — ont montré qu'ils étaient capables d'apprendre très rapidement les méthodes modernes de mécanisation. L'industrialisation balaiera des siècles de pauvreté. Elle mettra fin à tous les maux hérités du passé, procurant non seulement aux masses indiennes un niveau de vie jusque-là inespéré, mais apportant également à tous une conception scientifique de la vie. Ce n'est ni le pagne ni le rouet de Gandhi qui sont les symboles de l'Inde future, mais la dynamo et le tracteur !
Pour un gouvernement ouvrier et paysan !
Le développement industriel de l'Inde est si urgent qu'il est hors de question d'avancer à pas de tortue, dans l'anarchie et le gaspillage qui caractérisent le capitalisme, y compris le capitalisme indien. L'industrialisation doit être menée à la vitesse et sur une échelle que seul un gouvernement ouvrier et paysan peut lui donner, comme l'attestent les plans quinquennaux de l'Union soviétique.
De plus, l'Inde peut s'attendre non pas à être isolée dans un monde capitaliste, ce qui fut le sort de l'URSS pendant vingt-cinq ans, mais à une coopération socialiste avec l'Union soviétique, avec une Chine, avec une Birmanie et une Indochine régénérées et avec les États-Unis socialistes d'Europe qui, sans aucun doute, surgiront des cendres de cette guerre. En vérité, l'avenir de l'Inde et de l'Asie tout entière est resplendissant !
Pour le Parti bolchevique-léniniste !
Pour avancer sûrement vers cet avenir, pour mener à bien leurs tâches révolutionnaires, les travailleurs de l'Inde ont besoin d'une direction. Ils ont besoin de leur propre parti d'avant-garde, un parti qui soit réellement le leur, indépendant de toute autorité du Congrès ou des staliniens.
Ce parti existe aujourd'hui en Inde ! C'est le Parti bolchevique-léniniste, section indienne de la IVe Internationale. C'est un parti construit sur les bases solides des enseignements de Marx, de Lénine et de Trotsky. C'est un parti qui sait lier la grande lutte de l'Inde à celle des travailleurs et des opprimés du monde entier. C'est un parti qui offre aux travailleurs et aux paysans de l'Inde le seul programme qui puisse les mener au renversement de l'impérialisme britannique.
Ouvriers et paysans indiens, rassemblez-vous autour du Parti bolchevique-léniniste ! Il vous conduira à la victoire sur l'impérialisme britannique et ses agents indigènes !
Ouvriers et paysans indiens, soyez sûrs que, sur tous les continents, les sections de la IVe Internationale défendent votre lutte, dévoilent les mensonges de l'impérialisme et appellent les ouvriers et les paysans à se ranger à vos côtés.
26 septembre 1942
Le Comité exécutif de la IVe Internationale
(parti mondial de la révolution socialiste)
Traduit de Fourth International, revue du SWP des États-Unis,
octobre 1942