Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

Déclaration complémentaire du CEI

mai 1940 · La conférence extraordinaire de la IVe Internationale (mai 1940) · 1 007 mots

In English: Title: Supplementary Declaration of the IEC — traduction assistée par machine.

La conférence prend acte des considérations supplémentaires suivantes en souscrivant à la déclaration de Crux, Martel, Fischer, Jones, Stuart, Munis et Richardson à propos du statut du CEI permanent.

1. Lebrun, Johnson, Trent et Anton constituaient une majorité fortuite au CEI

permanent. Le déclenchement de la guerre a mis en pratique automatiquement

la proposition adoptée par le 1er congrès mondial que le travail de l'Interna-

tionale soit transféré outre-Océan. Les quatre camarades mentionnés plus Martel

étaient les seuls membres du CEI présents à New York au moment où ce

changement s'est effectué. Il était entendu, cependant, que tous les membres du

CEI que l'on pourrait atteindre participeraient aux délibérations de l'Exécutif.

Malheureusement, seuls Jones, Crux et Fischer du CEI pouvaient être joints pour

la concertation. La censure de guerre et d'autres difficultés qui ont surgi ont

rendu impossible le maintien d'une correspondance avec les autres.

2. Lebrun, Johnson, Trent et Anton ont profité de leur majorité fortuite pour trahir

la confiance placée dans les membres du CEI par le congrès mondial. Il est évident

que le CEI et par conséquent toute instance du CEI avaient pour devoir

élémentaire de défendre le programme de la IVe Internationale tel qu'il avait été

adopté par le congrès jusqu'au moment où on pourrait convoquer un nouveau

congrès pour modifier ce programme. Lebrun et autres commencèrent par

proposer d'abandonner le mot d'ordre de défense inconditionnelle et, par la

suite, ils furent même partisans d'adopter une position de défaitisme pur et

simple en URSS. Ils ont ainsi violé le programme et les décisions du congrès qui

seul les a mandatés au CEI.

3. Outre ces violations programmatiques, cette majorité du CEI permanent n'a

assumé aucune de ses responsabilités quand le débat s'est ouvert dans le SWP

américain. Bien que majoritaires dans le CEI permanent, non seulement ils ne se

sont souciés ni d'organiser des réunions ni de s'occuper des problèmes de

discipline et de collaboration internationales pour apaiser le conflit dans le SWP

mais, au contraire, ils n'ont pas réagi au rappel à l'ordre du secrétaire

administratif du comité dont pourtant ils avaient appuyé le choix.

4. Alors que le danger de scission menaçait le SWP, ils ont pris parti pour les

scissionnistes et ont soutenu leur projet inouï de laisser un groupe au sein de

l'Internationale sortir un organe public avec une ligne politique contraire aux

principes de la IV° Internationale. Voilà ce qui a été fait, au lieu d'agir en

mandataires responsables de l'organisation internationale, quand ils ont été

sollicités, le 20 février, par Crux, Fischer et Martel, membres du CEI, afin de se

joindre à eux dans une tentative de freiner la tendance à la scission. C'était de

leur part une dernière manifestation de renoncement à leur devoir et à leur

responsabilité et cela exigeait des mesures d'urgence de la part des sections de la

IVe Internationale et de tous ses membres restés fidèles à son programme.

5. Il convient de souligner que Lebrun et autres ne représentent rien au sein de la

IV° Internationale aujourd'hui. L'autorité de Trent et d'Anton reposait sur les

mandats que leur avait confiés la section américaine. Cette section les a depuis

lors complètement désavoués, à une forte majorité. Quant à Johnson, il tenait son

mandat de la section anglaise. Mais la section britannique, dans sa presse et dans

toutes les communications que nous avons reçues, condamne le défaitisme en

Union soviétique et continue de souscrire à l'intégralité du programme de la IV°

Internationale, y compris la position de défense inconditionnelle de l'URSS.

Lebrun tenait son mandat du congrès mondial, au titre de représentant des

sections latino-américaines. À notre connaissance, toutes les sections latino-

américaines se sont exprimées en faveur du maintien de la position de défense

inconditionnelle, autrement dit, pour le maintien du respect des décisions du 1 er

congrès mondial et des principes de la IVe Internationale. Même sa propre

section, celle du Brésil, dans une lettre mentionnée dans la déclaration, s'affirmait

prête, en dépit d'une forte tendance au défaitisme qui se manifeste dans ses

rangs, à continuer à mettre en avant le mot d'ordre de défense inconditionnelle

jusqu'à l'adoption d'une décision internationale. Donc tous ceux qui ont été cités

ne représentent plus qu'eux-mêmes au sein de la IV° Internationale, maintenant

qu'ils ont trahi la confiance placée en eux par le dernier congrès mondial.

6. La Conférence extraordinaire, étant donné qu'une majorité du précédent Comité

exécutif international permanent a violé les principes et les décisions de la IV°

Internationale et a effectivement contribué à la scission de la section la plus

importante de la IV° Internationale, estime justifiée la décision des sections

américaine, canadienne et mexicaine de convoquer la conférence pour désigner

un nouveau Comité exécutif international mandaté pour poursuivre la tâche de

l'Internationale.

7. En convoquant un congrès extraordinaire pour élire une nouvelle instance

exécutive, les sections américaine, mexicaine et canadienne, ainsi que les

membres restés loyaux du CEI ont agi comme c'était leur devoir afin de préserver

la IV° Internationale de la dislocation en cette période éprouvante de guerre et

de convulsions sociales dans laquelle nous sommes entrés. Leur démarche doit

être considérée comme un service rendu à toute l'Internationale et à l'avant-

garde révolutionnaire de la classe ouvrière du monde entier.

8. La composition de la conférence, qui comprend des représentants mandatés des

sections des États-Unis, du Canada, du Mexique, de l'Espagne, de la Belgique, de

Porto Rico, de Cuba, d'Allemagne et du Chili et qui a reçu des messages de

l’Argentine et de l'Uruguay, prouve bien que notre internationale est prête à faire

face à toute éventualité. Sa décision unanime de désavouer les scissionnistes et

d'appuyer le programme de la IV° Internationale a l'autorité du soutien de toutes

les sections en activité de l'Internationale. Elle se sent donc pleinement justifiée

à investir des responsabilités de l'Internationale le Comité exécutif élu par elle,

qui est habilité à parler au nom du Parti mondial de la révolution socialiste et de

poursuivre sa tâche avec tous les pouvoirs jusqu'au jour où pourra se tenir un

nouveau congrès plénier de la IV° Internationale.

Source : Rodolphe Prager (dir.), Les congrès de la IVe Internationale, t. 1, p. 325–327 (La Brèche, 1978-1989 ; éd. numérique 2022).

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