Étant donné que le Comité exécutif international permanent a virtuellement cessé d'exister, en tant que tel, les soussignés se voient dans l'obligation de faire connaître les informations suivantes.
1. Le CEI permanent fut mis sur pied à New York aussitôt après le déclenchement
de la guerre, sa composition étant déterminée uniquement par sa présence dans
cette ville ; un secrétaire administratif fut désigné par le bureau politique du
Socialist Workers Party (SWP) pour travailler avec le comité.
2. Ce comité devait faire fonction de secrétariat avec la plus large participation
possible des autres membres du CEI présents en Amérique.
3. Dès l'ouverture du débat dans le SWP, la majorité des membres du comité
permanent glissèrent vers une attitude fractionnelle en s'alignant avec la
minorité de ce parti, en refusant de se servir de leur fonction dans le comité pour
apaiser le conflit et, de fait, en ignorant pratiquement l'existence du CEI pour
toutes les tâches.
4. Ce non-fonctionnement de la majorité des membres du comité permanent se
révéla à l'évidence quand Crux et Fischer, membres du CEI, et le représentant
des sections mexicaine et espagnole, Munis, adressèrent au comité permanent,
le 20 février, la proposition d'intervenir dans le débat du SWP pour préserver
l'unité. Le secrétaire du comité transmit cette communication avec son
approbation et celle du camarade Martel. En dépit de la gravité et de l'urgence
extrêmes de la situation, ils ne reçurent pas de réponse des camarades Trent
[Shachtman], Anton [Frankel], Johnson [James], Lebrun [Pedrosa].
5. Les camarades Trent et Anton participèrent à Cleveland à la conférence de
scission de la minorité en tant que membres de cette fraction du SWP, le
camarade Johnson, également sans aucun mandat de la section anglaise et très
certainement sans aucun mandat du CEI. Le camarade Lebrun souscrit aux
décisions qui furent prises en cette occasion, également sans l'approbation de sa
propre section et sans consulter le CEI. La seule communication récemment
reçue par le CEI en provenance du Brésil nous informe que cette section
maintient la position de « défense inconditionnelle de l'URSS » et accepte la
discipline de la IV° Internationale, en dépit des divergences en son sein. Elle
blâme aussi Lebrun pour avoir failli à ses tâches envers son propre parti. Tous
ces camarades ont donc agi à l'insu du CEI et sans tenir aucun compte de leur
devoir en tant que membres de cette instance.
6. Toutes les informations dont nous disposons confirment que l'écrasante
majorité de la IVe Internationale reste fidèle à la théorie marxiste, à notre
programme, à notre tradition politique et aux principes organisationnels du
bolchevisme. Les liaisons avec l'Europe sont très difficiles. Mais on peut et on
devrait créer immédiatement un véritable centre panaméricain, basé sur les
sections en activité, avec l'objectif de recréer, dès que possible, un nouveau CEI
vraiment représentatif de la IV° Internationale, capable de mener une activité
révolutionnaire suivie.
7. Dans ce but, et considérant la non-existence de fait du CEI permanent, nous
appuyons pleinement l'initiative prise par les sections américaine, canadienne et
mexicaine de la IV° Internationale appelant à une conférence panaméricaine. La
conférence, avec la participation de toutes les sections qui peuvent fournir des
mandats, peut et doit mettre sur pied immédiatement une instance
représentative qui remplacera le CEI permanent disparu.
Signé : Crux [Trotsky], Fischer [Schuessler], Martel [Cannon], Jones [Dunne] et Stuart [Gordon], secrétaire administratif CEI.
Texte approuvé par Munis, représentant des sections espagnole et mexicaine et Richardson, section canadienne.