Revolution Today, Aspirations and Realities Ralph Miliband, Leo Panitch et John Saville (The Merlin Press, Londres, 1989)
La revue britannique Socialist Register a décidé de célébrer à la fois son vingt-cinquième anniversaire et le bicentenaire de la Révolution française de manière très peu conventionnelle, à travers une réflexion sur les perspectives de la révolution et du socialisme dans la réalité d'aujourd'hui. Les études rassemblées dans ce volume analysent les expériences révolutionnaires de ce siècle dans différents pays et entament le débat sur la situation actuelle des forces anticapitalistes. Les auteurs expriment des orientations et sont issus d'expériences politiques différentes, mais partagent une référence commune au marxisme ainsi que l'idée de la possibilité d'une rupture révolutionnaire - non seulement dans le tiers monde ou dans les pays de l'Est européen, mais aussi dans l'Occident capitaliste - à la fin du xx* siècle. Deux essais parmi les plus importants réunis dans ce recueil, notamment celui de Michael Löwy sur les contenus et les formes de l'internationalisme aujourd'hui et celui de Johanna Brenner sur le parcours du féminisme aux Etats-Unis, ont déjà été traduits en langue française, respectivement dans Critique communiste (numéro spécial été 1989) et dans Quatrième Internationale (n° 35, décembre 1989/janvier 1990). Cependant, ce recueil réunit beaucoup d'autres études fort intéressantes qui touchent un grand nombre de nœuds fondamentaux de notre époque. Plusieurs contributions abordent les problèmes du tiers monde. Carlos Vilas analyse le rapport entre démocratie et révolution en Amérique latine, Saul Landau retrace le chemin contradictoire de la révolution cubaine et Lawrence Littin resume brievement l'histoire de la théologie de la libération (en en soulignant en même temps toutes les potentialités). En dehors de l'Amérique latine, John Saul examine les questions centrales auxquelles se trouve confronté le processus révolutionnaire en Afrique du Sud et Val Moghadham essaie de comprendre le destin tragique de la révolution iranienne. Les bouleversements en l'Europe de l'Est ne pouvaient pas être pris en compte dans ce numéro (sorti avant qu'ils ne se produisent), mais les contradictions de la perestroïka en URSS sont analysées dans un important essai de David Mandel sur les conséquences des réformes économiques au sein des entreprises et de la classe ouvrière soviétiques.
Il faut aussi signaler, à côté des contributions sur des pays particuliers, deux articles de réflexion théorique du marxiste britannique Norman Geras et du militant des Verts allemands Frieder Otto Wolf, le premier sur la dimension éthique, l'autre sur la dimension écologique de la révolution socialiste aujourd'hui.
Le problème de la possibilité d'une rupture révolutionnaire dans les pays capitalistes avances de l'Occident est abordé par Ernest Mandel. Après avoir souligné que l'histoire européenne de ce siècle est marquée par des soulèvements périodiques de la classe ouvrière (plus ou moins réguliers bien que non permanents), il essaie de dégager une « typologie des révolutions possibles dans l'Occident ». A son avis, ces révolutions prendront la forme d'une « transcroissance qualitative des luttes et des expériences de masse » accumulées pendant les périodes non révolutionnaires, qui aboutira à des situations de double pouvoir et au développement de formes d'autodéfense des travailleurs. Comme il le précise, cette typologie n'est pas le produit d'un vœu pieux, mais découle de « l'expérience des explosions pré-révolutionnaires et révolutionnaires qui se sont réellement déroulées dans les pays de l'Occident », à partir de l'occupation des usines dans le nord de l'Italie en 1920 jusqu'à la révolution polonaise de 1980-1981, en passant par l'Allemagne et la Hongrie en 1920-1923, l'Autriche en 1927, l'Espagne et la France en 1936, l'Italie en 1945-1948, la France et l'Italie en 1968-1969 et le Portugal en 1974-1975 (p. 169).
En dépit du tapage médiatique du néo-libéralisme, le capitalisme n'a pas surmonté ses contradictions, y compris dans les pays impérialistes, et est loin d'être devenu le meilleur des mondes possibles. Ses contradictions demeurent, et en elles s'inscrit la possibilité d'une transformation révolutionnaire. C'est la conclusion de l'étude de Leo Panitch qui ouvre ce volume (« Capitalism, socialism and revolution : the contemporary meaning of revolution in the West ») et dont il nous paraît utile de citer un extrait : « Le "rôle révolutionnaire" que la bourgeoisie continue à jouer n'a certainement rien à voir avec une idée linéaire de "progrès". Le dégât écologique qui afflige la planète prouve que les lois du marché et de la concurrence nous poussent au-dela des limites de la nature d'une maniere bien plus terrifiante que "progressiste". Par conséquent, les conditions sociales barbares ne sont pas le
Jait exclusif du tiers monde en proie à une misère humiliante et à des regimes de dictature. Elles existent aussi au cœur même du capitalisme, tout d'abord dans la devastation physique et sociale au sein des villes, dans la combinaison du chómage et du racisme avec la culture de la violence, le commerce de la drogue et la répression policière. Il suffit de quitter le nouveau temple de l'or, la Trump Tower de Manhattan, et de traverser la rivière pour découvrir la dévastation inhumaine du Bronx. »
Enzo Traverso Het westers marxisme en de Sovjet-Unie Marcel Van der Linden (Stichting Beheer IISG, Amsterdam, 1989)
C'est le résume le plus complet, à notre connaissance, des différentes théories concernant la « nature de l'URSS » développées depuis la révolution d'Octobre. Une partie importante du livre du camarade Van der Linden traite du même fait des variantes de la théorie trotskyste de l'URSS, ainsi que des « révisions » de cette théorie nées au sein ou à la périphérie du mouvement trotskyste. L'ouvrage se caractérise par un degré élevé d'objectivité dans le compte rendu des différentes théories traitées, ainsi que par l'absence heureuse de toute ardeur polémique excessive.
Un regret cependant : la principale critique adressée à la théorie de Trotsky (et a celle de la IV° Internationale, et à la nôtre) nous semble non fondée. C'est l'argument selon lequel nous serions en rupture avec le marxisme en affirmant que des rapports de production non capitalistes ont pu coïncider pendant toute une periode transitoire avec des normes de distribution essentiellement bourgeoises (pas exclusivement bourgeoises, cependant). Or, la conception d'une coincidence totale, automatique et immediate entre rapports de production et normes de distribution ne vient ni de Marx ni d'Engels. C'est une simplification mécanique sortant de l'esprit dogmatique-scholastique de Staline, dont les racines plongent dans certaines vues non moins mécanistes de nombre de théoriciens de la Il Internationale.
Engels a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que de nouveaux rapports de production, surgis de révolutions sociales victorieuses, doivent conquérir progressivement les rapports de distribution qui leur sont adequats et qui permettent de les fonder definitivement dans un nouveau mode de production consolidé. Dans les périodes de transition entre les grands modes de production. pareille consolidation n'est justement pas le cas. Et, dans ces phases de transition, il n'y a ni coïncidence automatique, pour ne pas dire correspondance complète, entre le degré de développement des forces productives et les rapports de production nouveaux, ni entre les rapports de production nouveaux et les rapports de distribution. Ceux-ci dépendent justement de ce qu'il y a à distribuer, c'est-à-dire du niveau de développement des forces productives. C'est particulièrement vrai de la phase de transition entre le capitalisme et le socialisme, et encore plus vrai dans cette phase de transition dans un pays relativement sous-développé comme l'URSS
Il faut donc saisir cette definition comme un des principaux mérites de son œuvre theorique, et non comme une lacune ou une prétendue faille dans le raisonnement de Trotsky.
Ernest Mandel
The formation of Labour Movements (1870-1914)
Marcel Van der Lind and Jürgen Rohjahn (2 vol., E. J. Brill, Leiden/New York, 1990)
Ces deux volumes compacts - près de 800 pages - retracent pour vingt-sept pays les origines et le développement du mouvement ouvrier avant la Première Guerre mondiale. Certaines études, notamment celles concernant le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud ou les Balkans, couvrent un terrain relativement peu connu dans les pays francophones. D'autres sont plutôt des synthèses d'études plus détaillées généralement accessibles. Quelques-unes souffrent d'une bibliographie defaillante. Ainsi, l'étude sur le Bund (organisation ouvrière juive en Russie tsariste), par ailleurs fort intéressante, ne mentionne même pas l'ouvrage monumental du camarade Nathan Weinstock, le Pain de la misère.
E. M.
Marx, Taylor, Ford
Benito Rodrigues de Moraes Neto (Editora Brasiliense, São Paulo, 1989)
Dans ce petit livre compact, le professeur de Moraes Neto, économiste marxiste bresilien, soumet a une critique fort pertinente et synthétique les concepts à la mode de « fordisme » et de « post-fordisme », ainsi que les théories de l'école française dite de la « régulation ». L'auteur remet correctement sur ses pieds matériels (matérialistes) la critique sociologique des « forces productives », en distinguant ce qui est typiquement capitaliste dans la technologie et ce qui ne l'est pas, en rejetant la notion d'une prétendue « neutralité » de la technique par-dessus les systèmes sociaux différents. Il a notamment le mérite de placer le « taylorisme » dans le contexte historique plus general du machinisme et de la soumission de l'ouvrier à la machine, qui marque le capitalisme industriel des ses debuts. et pas seulement au xx* siecle.
La seule faiblesse du livre, c'est qu'il ne tient pas compte des implications du machinisme (de l'automation) dans une société socialiste.
E. M. Internationalism in the Labour Movement (1830-1940) sous la direction de Frits Van Holthoon et Marcel Van der Linden
(E.J. Brill, Leiden/New York, 1988)
C'est le recueil d'une série d'études présentées à un colloque en 1985 sur les expériences et épisodes concrets d'action et de solidarité internationales des travailleurs au cours d'un siècle de leur luttes. Elles couvrent des phénomènes aussi importants et différents que la lutte anticolonialiste d'avant 1914 (notamment dans une étude de Fritjof Tichelman), les origines socialistes de la journée internationale des femmes, la montée et le déclin de la I° Internationale (par Marcel Van der Linden), la II° Internationale, le Bureau de Londres et la guerre d'Espagne (par Marcel Dreyfuss), la social-démocratie autrichienne et la guerre des Balkans (par Raymund Loew), les mouvements de solidarité avec la grève des mineurs britanniques de 1926...
Mais il y a de nombreux thèmes non traités, quelques-uns d'une importance capitale : l'intervention internationaliste du PS italien lors de la guerre italo-turque. la fraternisation des socialistes russes et japonais lors de la guerre nippo-russe de 1904, la solidarité internationale avec la révolution russe de 1917-1921, la solidarité internationale avec la lutte antifranquiste des travailleurs espagnols, la solidarité internationale avec la révolution chinoise à partir de 1925, la lutte internationale pour la journée des huit heures, et nous en passons...
E. M.
Das Londoner Büro Willy Buschak (Stichting Beheer IISG, Amsterdam, 1989)
Willy Buschak consacre une étude detaillée aux origines, a l'evolution et a la collaboration d'une des principales composantes du futur Bureau de Londres, le SAP allemand, avec notre mouvement, puis de sa rupture avec lui, séduit comme il le fut par la politique de front populaire.
Le livre fournit des détails intéressants sur le comportement du Bureau de Londres - rassemblement international sans obligations ni cadre contraignant pour personne - pendant la guerre civile espagnole, et de son attitude à l'égard des procès de Moscou.
E. M. The National Question Decolonising the Theory of Nationalism James M. Blaut (Zed Press, Londres, 1987)
James M. Blaut est un professeur de géographie et un militant du mouvement de libération portoricain des Etats-Unis. Son livre, qui essaie de tirer un bilan du débat marxiste sur la question nationale, reflète cette expérience politique concrète. Cela en fait sa force et, en même temps, sa faiblesse : si, d'une part, il se fonde sur les acquis d'une pratique politique, d'autre part il tend trop souvent à généraliser l'expérience portoricaine et à réduire tout le problème national à sa dimension coloniale.
L'analyse de Blaut s'articule autour de trois axes fondamentaux : a) l'affirmation que les luttes de libération nationale n'ont pas un caractère « métaphysique » (lié à l'essence profonde des différentes entités nationales) mais constituent un aspect de la lutte de classe et aspirent à la conquête du pouvoir politique ; b) la critique de ce qu'il appelle « diffusionisme eurocentrique », à savoir une vision de la nation comme un phénomène d'origine européenne et occidentale, ensuite diffusé ou étendu au reste du monde; c) la critique des théories qui réduisent le nationalisme à la phase de la montée du capitalisme, achevée par la Première Guerre mondiale.
D'un point de vue général, on ne peut que partager ces trois affirmations de principe. Mais Blaut en fait le point de départ d'une offensive polémique qui me semble souvent discutable. Par exemple, attribuer à Otto Bauer, Karl Renner, Nicos Poulantzas et Regis Debray une conception hegelienne de la nation comme « entité primordiale » (p. 25) (impulsée par l'esprit) nous parait une opération extrêmement simpliste et au fond foncièrement fausse. Dans un livre qui se veut une analyse critique de la théorie marxiste de la question nationale, les élaborations des austro-marxistes (notamment Die Nationalitätenfrage und die Sozialdemokratie, l'ouvrage classique de Bauer paru à Vienne en 1907) ne peuvent pas être liquidées en quelques lignes. Il suffit ici de souligner que Bauer ne considérait pas la nation comme une « entité primordiale », mais plutôt comme une formation historique dont il mettait en valeur la dimension subjective : la culture.
Cette interprétation n'était pas en contradiction avec les écrits de Marx et Engels sur l'Irlande ou de Trotsky sur les Noirs américains. Une conception hégélienne de la nation comme « entité primordiale » n'est pas totalement étrangère au marxisme, comme le montrent les écrits d'Engels de 1848-1849 sur les Slaves du Sud, qu'il qualifiait de « peuples sans histoire » (geschichtlosen Völker) ; mais Blaut évite soigneusement de les mentionner.
La critique du « diffusionisme eurocentrique », « la vision implicite ou explicite que l'évolution sociale en général eut lien d'abord en Europe occidentale pour se diffuser ensuite dans le reste du monde » (p. 29), est sans doute plus pertinente. L'eurocentrisme a toujours représenté un des paradigmes de la culture occidentale qui ont aussi affecté la pensée marxiste (non seulement au XIX* siècle) et dont on commence à peine à se libérer.
Blaut semble lier la conception du « diffusionisme eurocentrique » à l'idée du déclin de l'Etat national dans le monde contemporain. En particulier, il attribue à Eric Hobsbawm la vision de la nation et des processus de formation des Etats nationaux comme des phénomènes typiques de l'époque « progressive » du capitalisme au XIX' siècle, qui n'auraient plus aucun fondement aujourd'hui, dans un monde où les clivages nationaux tendraient à disparaitre (p. 101). La conséquence de cette attitude serait de considérer comme anachroniques et « irrationnels » les mouvements de libération nationale.
Blaut souligne justement que cette idée, deja defendue par Rosa Luxemburg et par un courant du Parti bolchevique (Radek, Pyatakov, Bukharin) au début du siecle, fut vigoureusement critiquée par Lénine en 1915. Mais, plus en général, elle a été largement démentie par l'histoire de ce siècle, qui a connu une énorme intensification des conflits nationaux et des luttes de liberation nationale.
Cela dit, Blaut oublie de distinguer entre nation et Etat national (Bauer l'aurait aidé à ne pas commettre cette erreur). Une approche marxiste et dialectique du problème permettrait de prendre en compte à la fois la crise historique des Etats nationaux (dont deux guerres mondiales ont été la manifestation la plus éclatante) et l'exigence, profondément juste et historiquement légitime, de libération nationale des peuples opprimes. Dans ce sens, la critique de Giovanni Arrighi, Immanuel Wallerstein et aussi Fernand Braudel (les théoriciens du capitalisme comme « système monde ») développée par Blaut est tout à fait unilatérale. La définition de « néo-marxistes métaphysiques » dont il les gratifie (p. 43) relève beaucoup plus de la polémique sectaire que du débat d'idées.
La critique de l'essai de Staline de 1913 sur le Marxisme et la question nationale, à laquelle Blaut consacre plusieurs pages de son livre, n'est pas très convaincante. A son avis, la théorie de Staline aurait été parfaitement valable dans le contexte de l'empire tsariste, au début du siècle, mais serait malheureusement inutile pour aborder des questions nationale d'origine coloniale comme, par exemple, l'Irlande ou Porto-Rico (p. 149). Sans aucun doute, les analyses de Staline ne serviraient guère à armer théoriquement les militants du mouvement de libération portoricain, mais nous croyons qu'elles étaient foncièrement fausses (exactement pour les mêmes raisons) aussi dans le cadre de l'empire tsariste. La nation était définie par Staline selon des critères normatifs, purement objectifs et tellement rigides (il exigeait à la fois une communauté de territoire, économie, langue, culture et psychologie) qui ne sont presque jamais applicables aux minorités nationales « réellement existantes ». La montée irrésistible des conflits et des mouvements nationaux dans l'URSS de Gorbatchev constitue, entre autres, un démenti cinglant de la foi aveugle des bolcheviks dans les vertus de l'assimilation (une foi qui, sous la plume de Staline, se transformait en certitude et débouchait dans l'accusation de nationalisme à droite et à gauche).
Selon Blaut, « l'idée de Staline que les Juifs n'étaient pas une nation est inattaquable » (p. 150). Il faudrait alors lui demander selon quels critères il parvient à la conclusion que les Juifs russes, à la différence des Portoricains des Etats-Unis d'aujourd'hui, n'étaient pas une minorité nationale.
Un des acquis les plus importants de l'historiographie sur le mouvement ouvrier et la question nationale (nous pensons notamment aux recherches de Roman Rosdolsky, Georges Haupt, René Gallissot, Raimund Löw et Claudie Weill, que Blaut ignore superbement) a été la découverte de l'originalité et de la profondeur des élaborations théoriques des intellectuels et des militants socialistes des minorités nationales. Le débat marxiste sur la question nationale était très riche et complexe et ne peut pas être réduit aux écrits de Marx, Engels, Staline et Lénine. Malheureusement, Blaut ne s'en est pas aperçu.
Lorsqu'il met de côté les classiques du marxisme, il devient original et novateur, comme le prouve son chapitre sur « le mythe de l'assimilation » consacré à l'analyse des problèmes de l'immigration dans le monde contemporain (et notamment aux Etats-Unis). Remettant en question la théorie du melting pot, Blaut souligne que, dans la situation actuelle, la tendance dominante n'est plus l'assimimais plutôt la « ghettoïsation », qui se traduit dans la ségrégation (les quartiers ethniques) et dans le colonialisme culturel. Au lieu d'être absorbées par le groupe dominant, les minorités issues des différentes vagues migratoires tendent à développer leur propre identité nationale.
Ce livre de J. Blaut nous semble donc très inégal. Il s'agit d'un ouvrage anime ar un fort esprit anticolonialiste, qui réaffirme certains concepts fondamentau our la compréhension du fait national. mais qui est marqué aussi par des lacune et des propos polémiques souvent très discutables.
Enzo Traverso