Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 29-30

Principes programmatiques du PRT mexicain

PRT (Mexique) · Quatrième Internationale, n° 29-30 · août-décembre 1988 · p. 141-144 · 1 319 mots

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Nous publions une partie de la déclaration programmatique adoptée en 1977 au congrès de fondation du PRT mexicain.

Léon Trotsk! a écrit que l'heure de la disparition des programmes nationaux pour la révolution avait sonné le 4 août 1914. L'heure de la fin des projets chauvins de la révolution a sonné en même temps. Depuis l'internalisation du capitalisme, dont l'éclatement de la Première Guerre mondiale a été une expression, la révolution socialiste ne peut être conçue qu'à l'échelle internationale. Voilà la signification pratique de l'internationalisme prolétarien: le capitalisme en tant que sistème mondial ne peut être renversé qu'à l'échelle mondiale. Dans ce sens, la révolution mexicaine n'est qu'un chaînon de la révolution socialiste mondiale.

Si la révolution socialiste doit être internationale pour gagner, le socialisme doit être international à plus forte raison. La section mexicaine de la IV" Internationale rejette la théorie du socialisme dans un seul pays inventée par Staline, que ses partisans dans le monde entier défendent toujours sous forme de coexistence pacifique. En partant des acquis de l'économie capitaliste, le socialisme visera à planifier la production au niveau mondial.

Toutefois, ce serait abstrait de parler d'internationalisme sans aborder le problème de sa réalisation dans les conditions objectives actuelles. La lutte pour la révolution mondiale exige un parti qui en assume la direction. Ce parti, c'est la IVe Internationale. Donc, si on veut être aujourd'hui des internationalistes conséquents, il faut contribuer à la construction de la IV° Internationale, le parti mondial de la révolution socialiste.

Depuis la bureaucratisation stalinienne de la IIT Internationale, il est chaque jour plus clair que la crise de l'humanité est la crise de sa direction politique. La IVe Internationale, fondée par Trotskt en 1938, est l'héritière historique des principes, des experiences et des traditions des bolcheviks russes qui, avec Lénine et Trotski; ont dirigé la première révolution socialiste de l'histoire et ont instauré le premier Etat ouvrier.

La construction de la IV" Internationale n'a pas en ni ne pouvait avoir une trajectoire rectiligne. Elle a connu des progrès et des reculs, des scissions et des fusions, des acquis et des erreurs, selon les vicissitudes de la lutte de classes qui se sont reflétées en son sein. Toutefois, malgré tous ses problèmes, la IV° Internationale n'a cessé de défendre les principes révolutionnaires. Sa section mexicaine affirme que la seule façon d'être des internationalistes conséquents, c'est de la construire. a) La classe ourière est la seule classe conséquemment révolutionnaire. Le développement du mode de production capitaliste donne naissance à deux classes sociales nouvelles, la bourgeoisie et le prolétariat. A côté de ces classes fondamentales subsistent d'autres classes, couches ou états sociaux. Mais seuls la bourgeoisie et le prolétariat s'organisent et se structurent pour défendre d'une manière sistématique leurs intérêts aussi bien immédiats que futurs. La bourgeoisie utilise dans ce but son Etat, ses appareils de répression, le prolétariat ses sindicats, ses conseils, ses partis, etc.

Du fait de se trouver au centre de la société (d'être celle qui crée la richesse sociale), la classe ouvrière est la seule classe capable de détruire le capitalisme. Etant privée de tout moven de production sauf de son travail, sa lutte ne se place pas sur le terrain de l'individualisme petit-bourgeois. Si, à un stade donné de sa prise de conscience, elle ne lutte que pour vendre un peu plus cher sa force de travail ou pour réduire sa journée de travail, elle comprend finalement qu'il est nécessaire de détruire le capitalisme et que, dans ce but, il faut un parti révolutionnaire. Par conséquent, à la différence des autres classes sociales, elle ne se place pas exclusivement sur le terrain de ses intérêts immédiats, mais aussi sur celui de ses intérêts historiques, qui coïncident avec les intérêts de la majorité de la société. En effet, la classe ouvrière ne lutte pas pour renverser une classe, devenir elle-même la classe dominante et opprimer les autres. Sa lutte débouche sur la désapparition des classes et le dépérissement de l'Etat.

Certes, dans notre pars, comme dans beaucoup d'autres, le prolétariat ne pourra pas mener à bien cette lutte sans compter sur le soutien total de la parsannerie. Comme l'a démontré, entre autres, la révolution bolchevique de 1917, la participation

INTERNATIONALISME ET MARXISME REVOLUTIONNAIRE 143 des parsans est décisive pour la victoire révolutionnaire dans les pais où la parsannerie constitue la majorité de la population.

La réalisation complète du socialisme présuppose une étape de dictature du prolétariat, c'est-à-dire une phase dans laquelle le prolétariat dirige l'Etat et le destin de la société. En s'opposant au révisionnisme actuel des partis staliniens, la section mexicaine de la IV° Internationale réaffirme que le prolétariat continue d'être la seule classe révolutionnaire à notre époque. b) A l'origine des plus grandes tragédies de la classe ourière, il ! a eu la crovance utopiste qu'il serait possible de passer du capitalisme au socialisme par voie pacifique et la négation de la nécessité de la révolution avec les séquelles de violence qu'elle implique. La section mexicaine ne fait pas l'apologie de la violence, mais reconnait que l'expropriation des expropriateurs ne sera pas possible sans l'affrontement armé dans une guerre civile entre les masses travailleuses et les corps de répression de | Etat bourgeois. Cela, non parce que le prolétariat et ses alliés le veulent, mais parce que la bourgeoisie aura recours à la violence contre la majorité pour defendre ses propriétés, son Etat, ses privilèges, c'est-à-dire les privilèges d'une minorité. C'est pourquoi il ! aura inévitablement une lutte violente.

La section mevicaine affirme que cet affrontement sera la tache des masses et non de petits groupes de militants héroïques. Elle estime que la lutte armée et la guerre civile ne sont que l'expression violente la plus aiguë de la lutte de classes. Il ne s'agit pas d'une lutte de groupes réduits contre la bourgeoisie. Ces vérités confirmées par T histoire, c'est-à-dire le curactère inévitablement violent de la révolution socialiste et le caractere de masse, de classe, de cette violence, font partie des principes du marxisme révolutionnaire, que nous acceptons. c) La democratie au sein du parti révolutionnaire est l'une des garanties contre des deviations bureaucratiques eventuelles. Certes, dans une phase de reflux ou de defaite du mouvement révolutionnaire, cette garantie n'est pas suffisante. Mais, dans un parti qui n'a pas degeneré, les positions d'une minorité qui s avèrent correctes dans la pratique seront tôt ou tard acceptées par le parti dans son ensemble. Toutefois. la démocratie prolétarienne ne s'applique pas seulement à la structure du parti. Elle doit être sauvegardée aussi dans le mourement de masse où tous les courants du mourement ouvrier doivent étre libres de s'exprimer, de faire leur propre agitation. de participer et d'agir. Elle présuppose, en outre, l'evistence de formes organisationnelles prolétariennes tout à fait nouvelles et d'une importance très grande, c'est-à-dire des conseils. Les conseils ouvriers constituent des organes créés par le prolétariat dans le but de s'opposer à la société bourgeoise. Ils sont la seule forme organisationnelle qui garantisse la participation active et consciente du prolétariat en partant des lieux de production.

La démocratie prolétarienne implique donc que tout acte de répression contre un courant du momement ouvrier est inadmissible. L'une des principales tâches du parti révolutionnaire est d'éduquer à cette conception l'avant-garde prolétarienne et les masses. Le marvisme et leninisme sont fondamentalement hostiles au monolithisme. Si on supprime cet élément essentiel, on n'a que des caricatures du marvisme et du léninisme. Ceux-ci rejettent également toute pratique raciste ou sexiste.

Dans le cadre du parti, la démocratie prolétarienne comporte à tout moment l'élément dialectique opposé, le centralisme. Le centralisme démocratique, principe organisationnel fondamental du léninisme, implique la plus grande liberté de discussion et de polemique dans le parti et le maximum de garantie aux minorités de meme que la discipline la plus rigoureuse à l'extérieur et la loyauté des minorités à l'égard du parti. La section mexicaine accepte les principes du centralisme démocratique et de la démocratie prolétarienne.

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