Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › n° 22-23

Une mise au point

Gregor Benton · Quatrième Internationale, n° 22-23 · décembre 1986 · p. 159-160 · 612 mots

Texte lu par machine sur le scan (relu en 2026 colonne par colonne) : il peut contenir des fautes de lecture. Pour citer, reportez-vous au scan de la page.

Cadart et Cheng ne réfutent aucune de mes conclusions spécifiques, à savoir : que Peng n'était probablement pas secrétaire du Parti à Moscou, qu'il n'a pas recruté Liu Shaoqi et Ye Ting: qu'il ne s'est pas opposé à l'entrée dans le Kuomintang : que la coopération avec le Kuomintang n'a pas été imposée au PCC par le triumvirat de Staline ; que Peng n'a pas inventé la thèse sur I'« l'hégémonie »; que Voïtinsky et Qu Qiubai ont assisté au IV° Congrès (Chen Zhenyan, favorable à Peng. qui est cité par Cadart et Cheng, ne dit pas autre chose) : et qu'une discussion sur le trotskysme a eu lieu au IV° Congrès.

Aucun de ces points n'est insignifiant : ils concernent tous fondamentalement les affirmations de Peng sur son rôle dans le PCC. Mais, tout en évitant de parler de mes critiques spécifiques, Cadart et Cheng rejettent mon jugement général sur Peng comme précurseur de Wang-Ting. Ils ont le droit d'avoir leur opinion, mais il faut noter qu'une telle idée avait été lancée par Cai Hesen en 1927 et non par Zheng Chaolin et que Zhang Guotao l'a reprise.

Certes, Cadart et Cheng n'appartiennent pas au parti de Peng. Mais ils sont respectivement son gendre et sa fille et ils utilisent les mêmes arguments et le même style. Curieusement, ils se représentent eux-mêmes comme les auteurs du livre et donc ils partagent la responsabilité des erreurs qu'il contient.

Ce n'est pas étonnant que les défenseurs de Peng se débarrassent du critique de Peng, Wang Fanxi, présenté comme très peu représentatif. On s'étonne, par contre, de leurs spéculations sur les « services douteux » que Zheng rendrait aux « staliniens inebranlables ». Alors que Peng est parti de Chine en 1949, Zheng y est resté pour garder le drapeau et a passé vingt-sept ans en prison. En 1967, les gardes rouges ont rendu infirme la femme aveugle de Zheng, Wu Jingru. Zheng ne s'est malgré tout pas rétracté. Il a été libéré en 1979, à l'âge de soixante-dix-huit ans et il maintient ses convictions.

Certes, Claude Cadart et Cheng souhaitent que Zheng ferme sa bouche. Zheng est l'un des rares témoins survivants de la carrière initiale de Peng (y compris à Moscou). Aucun historien scrupuleux ne saurait ignorer ses écrits. Les reconstructions de Zheng differèrent de celles de Peng et elles se basent sur des sources multiples. Cadart et Cheng s'efforcent de discréditer son témoignage à propos du IV° Congrès en soulignant (correctement) qu'il n'était « ni délégué ni observateur », mais ils oublient qu'il y a participé pour rédiger le compte rendu.

Des auteurs d'autobiographies qui affirment des choses erronées doivent s'attendre à des rectifications. Le fait que, malheureusement, Peng est mort, ne peut pas le mettre à l'abri des critiques (pas plus que le martyre de Qu Qiubai ne l'a mis à l'abri des attaques de Peng). Les articles de Zheng, bien que publiés en 1984, avaient été écrits en fevrier 1982, a peu pres deux ans avant la mort de Peng et il en avait été immédiatement informé. Il aurait pu répondre : il a choisi de ne pas le faire. L'idée que Wang Fanxi s'est faite de la publicité abusive en écrivant de brèves Mémoires est lumineuse : le premier volume de Peng - le premier des trois - est à peu près le double du livre de Wang. L'idée qu'il s'est précipité à le publier est également lumineuse : il a attendu vingt ans avant de le faire. A l'Ouest, les écrits de Peng ont été largement diffusés alors que ceux de Wang sont très peu connus et ceux de Zheng inconnus.

Une erreur sur cette page ?