Au cours des années soixante-dix, il existait dans les pays capitalistes industrialisés de nombreuses organisations se réclamant du mouvement ouvrier et qui se situaient en dehors des partis traditionnels. Dans certains pays, ces organisations ont regroupé pendant quelques années des milliers et même des dizaines de milliers de militants et ont exercé une influence dans des mouvements de masse (par exemple, Lotta Continua en Italie et le Parti du travail dans l'Etat espagnol).
La situation a radicalement changé depuis lors. Des organisations comme Lotta Continua ou le Parti du travail ont disparu ; des recompositions ont eu lieu ; qui plus est, dans leur presque totalité, les organisations qui subsistent ont connu une évolution idéologique et politique importante. Elles ont le plus souvent abandonné leur référence au maoïsme et elles sont beaucoup moins marquées par des conceptions et des pratiques ultra-gauche.
Dans ce numéro de notre revue, nous publions un échange de lettres entre Democrazia Proletaria et la LCR italienne et un article de la camarade Elettra Deiana, membre du bureau politique de celle-ci, sur les conceptions et les orientations de DP à la lumière, notamment, de son dernier congrès. Nous publions ensuite l'article d'un dirigeant de la Gauche socialiste du Québec,
François Moreau, sur les organisations maoïstes québecoises, qui avaient connu elles aussi un développement spectaculaire dans les années soixante-dix. Finalement, un dirigeant de la LCR de l'Etat espagnol, Miguel Romero, analyse l'évolution récente du courant pro-soviétique organisé dans le PCPE et le PCC.
Dans nos prochains numéros, nous allons publier d'autres articles sur l'extrême gauche dans d'autres pays d'Europe capitaliste.