Le Développement international des banques canadiennes, de François Moreau (Suite de la page 160) rapports banques-industries, les rapports de forces interimpérialistes, les facteurs geopolitiques ».
Le reste du livre est consacré à une étude historique détaillée du développement des banques canadiennes. Un premier chapitre analyse le processus d'internationalisation de celles-ci avant 1914, un deuxième s'occupe de la période qui suit jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, un troisième décrit la période d'expansion depuis 1950. Finalement, un dernier chapitre traite des banques canadiennes et du système financier mondial dans les années quatre-vingt.
Dans sa conclusion, Moreau indique comment les banques canadiennes réalisent des surprofits importants dans les pays dominés. Cela confirme que le Canada est un pays impérialiste. Ce n'est pas inutile de le rappeler, car des idées erronées en la matière circulent y compris dans les courants révolutionnaires. Par exemple, des courants latino-américains ont la tendance à établir une analogie entre la condition des pays latino-américains et la condition du Canada, qui serait lui aussi sous l'emprise de l'impérialisme des Etats-Unis. C'est une analogie tout à fait fausse, comme l'étude de Moreau le confirme sur un terrain décisif.
Par ailleurs, l'auteur conclut en réaffirmant explicitement la fecondite de l'approche marxiste des problèmes qu'il examine. C'est une conclusion qu'il tire d'une analyse concrète et non d'une pétition de principe. Voilà une leçon de méthode sur laquelle pas mal de gens auraient intérêt à réfléchir, à une époque où des impressionnistes et des opportunistes de tout acabit voudraient jeter le marxisme à la poubelle.
L. M.