QU'EST-CE
QUE
?
L'INTERNATIONALISME
POURQUOI UNE INTERNATIONALE ?
Tre minuti a mezzanotte
Quinze savant américains expliquent le danger nucléaire
Malgré toute la propagande des mouvements contre la guerre et les mobilisations massives qui se sont déroulées à plusieurs reprises dans de nombreux pays d'Europe occidentale, on ne saurait dire que les grandes masses dans le monde aient une idée précise du danger que représente le potentiel nucléaire accumulé par les Etats-Unis et l'Union Soviétique. Le livre Tre minuti a mezzanotte (Trois minutes avant minuit) publié il y a quelques mois par Editori Riuniti, la maison d'édition liée au PC italien mérite d'être signalé justement parce qu'il peut fournir à un public large des informations essentielles sur l'état de l'armement nucléaire. Par ces informations essentielles mêmes et les scénarios qu'il esquisse de conflits nucléaires éventuels, il est une nouvelle sonnette d'alarme sur la menace ultime qui pèse sur l'humanité tout entière. Le message est d'autant plus significatif que les auteurs des essais inclus dans le volume sont des savants qui ont un rôle de premier plan dans des Universités et, dans plusieurs cas, ont eu des fonctions dans des délégations officielles des Etats Unis à des conférences pour le désarmement et même participé à des négociations SALT.
Le volume contient une brève histoire de la course à l'armement nucléaire, une analyse de l'état actuel de l'armement en Europe, des informations sur les recherches et la production nucléaires, un aperçu des négociations qui ont eu lieu pour la limitation des armements stratégiques et l'interdiction des essais nucléaires. Surtout dans sa dernière partie, on y avance des appréciations - d'autant plus terrifiants qu'elles sont exprimées dans des termes sobres - sur les destructions que provoquerait une utilisation, même limitée, des armes nucléaires et sur les conséquences qu'elle entraînerait dans tous les domaines (milieu naturel, économie, rapports sociaux etc.). Toutes les études ont été écrites entre la fin de 1982 et le début de 1984.
Le volume contient également un compterendu sur un colloque intitulé « Le monde après un conflit nucléaire » et la discussion qui a eu lieu à cette occasion entre des savants américains présents au colloque et des savants soviétiques qui intervenaient de Moscou par un circuit fermé via satellite. Ceux-ci, faut-il le noter, n'ont pas hésité à formuler explicitement les conclusions dramatiques auxquelles ils étaient arrivées.
Par exemple, le météréologue Jurij Izmaël dit tout simplement : « Il n'y aurait pas de vainqueurs : en dernière analyse, les deux adversaires subiraient des dommages mortels » (p. 280). Le vice-président de l'Académie des sciences, Volichov, déclare : « La seule conclusion qu'on puisse tirer, est que les armes nucléaires ne peuvent pas être un instrument de guerre... ni un instrument politique... L'idée qu'on puisse obtenir une supériorité nucléaire est un mythe faux et illusoire... Les armes nucléaires ne constituent pas les muscles de l'Etat moderne : elles sont plutôt un cancer dont la croissance menace tout pays.. Si nous ne réussisons pas à interrompre la croissance de ce tumeur, il nous détruira » (p. 282). Du côté américain, Paul Erlich avait expliqué que « les biologistes ne peuvent que prévoir l'écroulement de tous les systèmes sur lesquels la vie humaine est fondée, du moins dans les zones tempérées de l'hémisphère nord. Une situation se produirait où la survivance de toute forme de civilisation serait impossible » (p. 279).
Le physicien italien Francesco Calogero rappelle dans sa préface qu'au moment où il écrit les Etats Unis et l'URSS disposent 'ensemble de 10.000 têtes nucléaires de 10.000 mégatonnes (1 mégatonne = 1 million de tonnes de TNT). Il rappelle en même temps, pour donner une idée de ce que signifie un tel potentiel, que pendant toute l'histoire de l'humanité, jusqu'a la deuxième guerre mondiale - Hiroshima et Nagasaki y compris - et à la guerre du Vietnam n'a été utilisée qu'une puissance d'explosion de 5 à 10 mégatonnes. « Détail » hallucinant : chacun des gros sousmarins nucléaires dispose à lui seul d'une puissance de feu égale à dix fois la puissance de feu utilisée pendant la deuxième guerre mondiale...
Une telle capacité d'overkilling, pour utiliser une expression désormais courante, est confirmée par les données citées par Joseph J. Romm : une attaque nucléaire n'utilisant que le 6% des mégatons à disposition de l'URSS, pourrait détruire 130 millions d'habitants des Etats-Unis et une grande partie de leur industrie, alors qu'une attaque n'exploitant que le 4% du potentiel nucléaire des Etats-Unis détruirait une grande partie de l'industrie soviétique et 125 millions de personnes environ.
Leo Sartori, qui a été conseiller de la délégation des Etats-Unis aux négociations SALT, esquisse trois scénarios éventuels. Tout d'abord, il avance l'hypothèse qu'une bombe d'une seul(!) mégatonne soit lancée dans une ville comme Detroit. En prenant en considération un rayon maximum de 11,8 km il y aurait - dans l'hypothèse la plus « optimiste » - 220.000 morts et 430.000 blessés. Si l'explosion se produisait dans l'air, le nombre des morts doublerait et celui des blessés augmenterait de 50%. En deuxième lieu, Sartori projette l'hypothèse d'un conflit en Europe occidentale où serait employé un millier de bombes nucléaires tactiques. Résultat prévisible : 1.250.000 morts environ. Finalement, dans le cas d'un conflit généralisé, déjà en 1977 on pouvait calculer qu'il y aurait entre 155 et 165 millions de morts aux Etats-Unis avec destruction de 65 à 95% du potentiel de production. L'URSS subirait des pertes similaires.
Mais ces calculs sont en réalité « optimistes » dans la mesure où ils ne prennent pas en considération les conséquences d'une guerre nucléaire sur la société civile dans son ensemble et sur le milieu naturel lui-même. A -ce propos, il est intéressant de lire l'étude d'Anne Erlich - au titre significatif « L'hiver nucléaire » - qui décrit toutes les répercussions atmosphériques d'explosions nucléaires. Elle indique notamment que les oxydes d'azote, produits par les explosions, détruiraient partiellement la bande d'ozone de la stratosphère avec des conséquences littéralement catastrophiques.
Il faut ajouter, par ailleurs, que plusieurs auteurs soulignent à juste titre que dès qu'un conflit nucléaire serait déclenché, il échappe- rait assez rapidement à tout contrôle rationnel. Carl Sagan résume la situation - du point de vue des effets climatiques -dans les termes suivants : « Au delà d'un seuil de 100 mégatonnes environ toute attaque nucléaire serait suicidaire même dans le cas où aucune riposte de représaille ne se produit ». Plus généralement, Anne Erlich conclut qu'« une guerre nucléaire rendrait inhabitable la seule planète habitable (à notre connaissance) » (p. 273).
Tariq
Tariq Ali a publié l'an dernier en livre de poche aux éditions Penguin Books un livre intitulé « Le Pakistan peut-il survivre ? », qui a fait l'effet d'un bombe dans son pays d'origine ainsi qu'en Inde. Le dictateur Zia-ul-Haq a été obligé de polémiquer avec cet ouvrage à la télévision pakistanaise. Mme Indira Gandhi s'y est référée de même dans les mass media. L'ouvrage a polarisé le débat public pendant plusieurs mois.
C'est que Tariq Ali, prolongeant une analyse qu'il avait déjà entamée dans un livre précédant « Pakistan : military rule or people's power » (paru en 1970) - livre qui avait prévu à la fois l'éclatement du Pakistan oriental (constituant le Bangla Desh) avec le Pakistan occidental, et l'établissement d'une dictature militaire dans les deux paysmettait à nu l'incapacité des classes dirigeantes traditionnelles à résoudre des tâches historiques de la révolution bourgeoise au Pakistan.
Il n'y a pas d'unification réelle d'un marché national. Il n'y a pas de solution de la question agraire. L'explosivité de ces deux problèmes débouche inévitablement sur une crise nationale (exacerbation des contradic-
Il est désormais évident que l'alternative socialisme ou barbarie est devenue obsolète. L'alternative au socialisme est tout simplement la destruction de la vie sur terre. La lutte contre la guerre et pour la destruction des armes nucléaires est donc un impératif primordial pour le mouvement ouvrier révolutionnaire.
L.M. Ali tions entre ethnies dans le sens de la désagrégation de l'Etat) et sur une crise politique : impossibilité de maintenir des structures parlementaires-bourgeoises qui garantiraient un minimum de libertés démocratiques aux masses paysannes et ouvrières.
Si on y ajoute le marasme de l'industrie, la montée en flèche du chômage et la misère des salariés et des paysans pauvres, on comprend pourquoi la survie de cet Etat artificiel est de plus en plus remise en question. Les conflits entre nationalités (Pundjabi, Sindi, Balouchi, Pathans) s'entrecroisent avec la lutte entre propriétaires fonciers d'une part, paysans pauvres et travailleurs agricoles d'autre part, avec la lutte entre capitalistes et salariés, avec la lutte entre l'opposition « démocratique » (héritière du PPP de l'ancien président de la république Bhutto) et la dictature, avec la lutte d'influence entre l'impérialisme et la bureaucratie soviétique (dont la pression sur le Pakistan se fait sentir à partir de l'Afghanistan).
Car pour Tariq Ali, le Pakistan est effectivement un Etat artificiel. Sa conclusion, c'est que les trotskystes indiens avaient raison, en 1946, de s'opposer à l'éclatement
Can Pakistan survive?
Can Pakistan survive?
de l'Inde en trois Etats (l'Inde ; le Pakistan ; le Sri Lanka). Ces trois en sont déjà devenue quatre. Et trois d'entre eux (l'Inde, le Pakistan occidental et le Sri Lanka) sont à leur tour déchirés par des conflits de nationalités ou de pré-nationalités si explosifs que leur éclatement commence à pointer à l'horizon.
La solution, c'est une seule fédération de toutes ces ethnies, fédération de la péninsule indienne qui sera socialiste ou ne sera pas.
Ajoutons que cet ouvrage de Tariq Ali contient en annexe trois documents d'un grand intérêt, provenant de figures de proue de la gauche pakistanaise. L'un de ces documents est une interview donnée par Murad Khan, représentant officiel du Front de Libération Populaire du Baluchistan, qui défend une position aussi nettement internationaliste comme on en a rarement vu en Asie.
Il prône l'abandon provisoire de la lutte
Juan Robles
Nos camarades Juan Robles et Jorge Vedia ont consacré un excellent ouvrage marxiste (paru aux éditions LETRO à Mexico) à l'évolution économique et sociale de l'Uruguay sous la dictature militaire. La thèse qu'ils défendent, et que nous approuvons dans ses grandes lignes, c'est que la dictature a servi avant tout d'instrument pour asseoir un nouveau modèle d'accumulation du capital sur une surexploitation des travailleurs.
Les salaires réels ont baissé en Uruguay de 50% entre 1968 et 1983 (indice 100 en 1968, 96 en 1972, et 50 en juin 1983). La part des salaires dans le Produit Intérieur Brut est pour l'indépendance nationale du Baluchistan, en faveur d'un front unique de tous les opprimés et de tous les exploités du Pakistan, pour le renversement de l'Etat pakistanais (qu'il appelle état féodo-bourgeois) et pour la libération sociale des ouvriers et des paysans pauvres. La priorité des objectifs socio-économiques et politiques (antidictatoriaux), selon Murad Khan, n'implique pas une sousestimation de la question nationale, qui doit être résolue à l'échelle historique. Mais elle implique bien un ordre de priorité qui part d'une appréciation réalite des rapports de forces entre les classes à l'étape actuelle. Cet interview se caractérise de même par une analyse subtile du double rôle de la bureaucratie soviétique dans la région, analyse fort proche de celle de la IVe Internationale.
E.M. et Jorge Vedia passé de plus de 40 à moins de 25%. Des surprofits ainsi dégagés, que les auteurs évaluent à 6 milliards de dollars pour la période 1971-1983, 1,6 milliards sont allés aux impérialistes à l'étranger, 1,7 milliards au Grand Capital industriel du pays (dont une partie se trouve également sous contrôle étranger), 1,5 milliards à la bourgeoisie compradore et aux couches supérieures des classes moyennes, entrepreneurs dans les services, le reste à l'Etat et aux secteurs des classes dominantes non mentionnés auparavant.
Pendant cette période, la transformation de l'économie uruguayienne d'une économie
Economia del Uruguay 1973-1983
La dictature financiera
Economia del Uruguay 1973-1983
La dictature financiera capitaliste « dépendante » en économie semi-coloniale, complètement dominée par l'impérialisme, transformation déjà commencée avec le coup d'état de Terra au cours des années "30, s'est poursuivie. Mais elle n'implique pas un arrêt mais une continuation de l'industrialisation, fût-ce à un rythme beaucoup plus lent qu'au Brésil ou qu'au Mexique. Ce sont surtout de « nouveaux secteurs » - s'appuyant sur la production agricole - qui en profitent : l'industrie du cuir et l'industrie de la chaussure. Mais la caractéristique fondamentale, c'est la baisse spectaculaire de la part de l'industrie et de l'agriculture dans l'ensemble des investissements, au profit du secteur des services.
Les auteurs reprennent et prolongent ainsi l'analyse de l'économiste uruguayien Lichtensztejn, qui met l'accent sur l'ascension du capital financier sous la dictature militaire. Ils soulignent surtout l'aspect parasitairespéculatif de l'emprise de ce capital sur l'économie uruguayienne.
La croissance forte de la participation de l'Etat dans les investissements globaux qu'ils mentionnent n'est cependant pas nécessairement un indice de cette tendance. Il faut de même manier le concept de recul des forces productives avec prudence. Malgré les phénomènes évidents de parasitisme et de spéculation que les camarades Robles et Vedia
« Pologne : l'hiver, c'est la saison des corbeaux » est le troisième tome d'une chronique de la révolution et de la contrerévolution politique en Pologne que notre camarade Winfried Wolf rédige depuis 1980. Le titre est fondé sur un calembour : le « Conseil de sauvegarde nationale , sur lequel le général Jaruzelski s'appuie formellement depuis le coups d'état militaire du 13 décembre 1981, s'appelle en polonais WRON. « Wrona » est également le mot polonais pour corbeau.
mettent en évidence - et auxquels ils joignent à juste titre l'émigration massive de la maind'œuvre -, il y a eu quand même accroissement et non baisse global de la production matérielle pendant la période 1972-1983, accroissement et non recul absolu de la population active (y compris de la maind'œuvre salariée). Dans ces conditions, le concept de recul des forces productives risque de perdre son contenu matérialiste pour devenir normatif. Marx et les marxistes n'ont jamais identifié le développement des forces productives avec le développement du bien-être de la population. Sinon, ils n'auraient pas pu parler de ce développement pendant le premier siècle suivant la révolution industrielle, qui a vu une paupérisation absolue en Europe et non une amélioration du sort des masses.
Mais tout cela étant dit, et restant sujet à discussion, l'ouvrage des deux camarades est une contribution des plus fertiles au débat entre marxistes - d'Amérique latine sur les transformations économiques, sociales et politiques que ce continent a connues au cours des vingt dernières années. Et le fil conducteur que Robles et Vedia ont utilisé nous semble correctement appliqué.
E.M.
Ce troisième tome relate les origines, le sens et les perspectives de la contre-révolution du 13 décembre. Winfried Wolf n'est pas lucide après-coup. Le deuxième tome de sa chronique, Der Lange Sommer der Solidarität (Le long Eté de Solidarité), paru en octobre 1981, laissait prévoir un coup contre-révolutionnaire, si Solidarnose ne poussait pas vers la prise du pouvoir. Cette prévision s'appuyait sur une analyse dominée par l'idée que la Pologne de 1981 vivait sous le signe d'une dualité de pouvoir entre le
Winfried Wolf
Polen - Der Winter gehört den Krähen
Winfried Wolf
Polen - Der Winter gehört den Krähen régime bureaucratique d'une part, et la masse des travailleurs organisés par Solidarnose d'autre part, organisation qui dépassait rapidement les compétences et le contenu d'une simple activité syndicale. Le gouvernement bureaucratique en était parfaitement conscient, comme en témoigne la déclaration suivante faite par le vice-président du conseil Rakovski à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel (n° du 14 décembre 1981) :
« Spiegel : En Occident, on a l'impression qu'en Pologne, pour parler avec Lénine, une sorte de dualité de pouvoir est apparue. L'histoire enseigne qu'une telle dualité de pouvoir ne peut durer ».
Rakovski : Je partage votre opinion. Le déroulement du congrès syndical indique que Solidarnose voudrait encore renforcer les éléments existants de dualité de pouvoir ».
Winfried Wolf souligne les moteurs de cette polarisation croissante, avant tout dans le domaine de ia crise économique (les moteurs sociaux sont moins systématiquement traités, sans doute par manque de place). La bureaucratie se trouve absolument incapable de maîtriser la crise. Les banquiers impérialistes l'encouragent ouvertement dans son entreprise de « normalisation », c'est-à-dire de tentative de solution de la crise par une réduction draconienne du niveau de vie des travailleurs, irréalisable sans la répression de Solidarnose.
De son côté, la classe ouvrière, qui se contentait d'une activité d'auto-défense syndicale jusqu'aux événements de Bydgosc de mars 1981, commence à prendre rapidement conscience de la nécessité de dépasser cette auto-limitation et de mettre carrément à l'ordre du jour la question de la prise en main de la gestion de l'économie par les travailleurs eux-mêmes. Le débat à l'intérieur de Solidarnose se contre dès lors sur le problème de l'auto-gestion.
A ce propos, deux projets se font face : l'un, inspiré essentiellement par les conseillers - tant catholiques que sociauxdémocrates - de Solidarnose, inspirant le
« réseau » (Siee), et l'autre surgissant des cadres syndicaux d'entreprises regroupés dans le « groupe de travail de Lublin ». Le premier prévoit une auto-gestion essentiellement limitée au niveau de l'entreprise (en partie copiée sur l'exemple yougoslave), avec affaiblissement décisive de la planification et large recours aux mécanismes du marché. Le deuxième prévoit au contraire une autogestion articulée et hierarchisée, partant du niveau de l'entreprise mais s'étendant au niveau local, régional, des branches d'industrie et de l'économie dans son ensemble.
Le premier est à la rigueur compatible avec le maintien du pouvoir politique exercé par la bureaucratie; le deuxième ne l'est manifestement pas. C'est parce que la bureaucratie craignait que le deuxième allait rapidement s'imposer par la logique interne de la mobilisation et de la prise de conscience des masses prolétariennes, qu'elle a frappé le 13 décembre 1981, pour défendre son pouvoir et ses privilèges.
Winfried Wolf caractérise correctement ce coup d'état comme une grave défaite du prolétariat polonais, mais pas comme une défaite écrasante. Il décrit la réorganisation de Solidarnose dans la clandestinité, le large écho qu'elle continue a avoir au sein des masses, les manœuvres de la bureaucratie et de la hiérarchie catholique pour chercher à canaliser l'opposition des masses vers des voies compatibles avec le maintien de la dictature bureaucratique, l'ampleur et les limites de la répression. Le livre se termine avec une analyse du procès des dirigeants du KOR préparé pendant l'été 1984.
C'est un ouvrage qui combine constamment le reportage des activités et réactions des masses avec l'analyse théorique du sens des événements. Il est écrit à la fois avec lucidité et passion. Il mérite le plus large écho au sein du mouvement ouvrier international.
E.M.