e phenomene
ViLyres
Cela fera vingt ans, l'an prochain, que le mouvement communiste international a da, bon gré mal gré, commencer à prendre des distances avec ce • phénomène = majeur du XX siècle que Trotsky et la IV° Internationale ont analysé les premiers de façon systématique : le stalinisme — ou du moins avec quelques-unes de ses formes les plus ignobles ou les plus contradic toires avec l'image du socialisme (1). Notre propos, ici, n'est pas de retracer les étapes de la crise du stalinisme ni de chercher à en discuter le niveau actuel. Nous voulons attirer l'attention des militants révolutionnaires sur un aspect bien particuller mais fort intéressant de ce que nous dénommons « crise du stalinisme » : la façon dont la direction (2) du fleuron du mouvement communiste International stalinisé : le P.C.F., manifeste la nécessité, absolue pour elle, vu sa politique actuelle, de se démarquer d'un repoussoir redoutable pour un parti sorti de l'- isolement =, et qui, face à un P.S. rénové et dynamique, doit apparaitre attirant.
Dans ce cadre, surgissent coup sur coup depuis le début de 1975, les passages des rapports de Marchais au C.C. du P.C.F. affirmant qu'après tout, le P.C.F. n'a Jamais été tellement « mouillé » dans cette chose passée et d'ailleurs étrangère au sol françals ; la brochure du même, assisté, sur le même sujet, de Kanapa et Fajon; le dernier tome de l'histoire de I'U.R.S.S. en 4 volumes de Ellenstein et, pour parfaire le tout, cette •*Histoire du phénomène stalinien = - qui a dû faire mourir d'apoplexie plus d'un vieux militarit du P.C.F. qui avait cru pendant des décennies être dans la ligne en preпапт comme odele norez, nant comme Modèle Thorez, 156
« le premier stalinien de France » !
Car incontestablement, il y a dans ce livre, des éléments d'informations et d'analyse politique qui, bien sür, n'aprennent rien à qui a assimilé les acquis élémentaires du mouvement trotskyste sur le stalinisme, mais qui n'en sont pas moins nouveaux, inédits et même époustoufflants sous la plume d'un membre du C.C. du P.C.F. Et c'est cela qui est important! Il faut savoir ce qu'il dit aujourd'hui, et qui ne se disait pas avant lui, pour mesurer le chemin parcouru depuis le « rapport secret » de Khrouchtchev et sa dénonciation du • culte de la personnalité ». Il faut surtout comprendre l'ampleur — mais aussi les limites des répercussions qu'un tel livre a d'ores et déjà sein du P.C.F. ELLENSTEIN VA PLUS LOIN...
1) Sur les rôles respectifs de Lénine, Trotsky et Staline pendant et après la révolution. Le • culte de la personnalité • organise par Staline autour du mausolée de Lénine d'abord, et à propos son propre génie ensuite (4) est exposé, expliqué, critiqué (5). || apparaît clairement que Lénine et Trotsky furent les deux dirigeants essentiels de l'insurrection d'Octobre ; que Staline était certes un bon organisateur, un membre honorable du Bureau politique, mais sans plus du point de vue des capacités théoririques ; que la dernière bataille menée par Lénine pendant sa maladie fut consacrée à écarter Staline du pouvoir central et décisif : que Lénine, dans cette bataille, décida toute connaissance de cause de s'appuyer sur Trotsky, etc.
Voilà un tableau « équili-
Stalinien bré », « objectif », « scientifique » (6) qui ne ressemble pas particulièrement à l'imagerie traditionnellement manichéiste héritée de la pire « époque du culte de la personnalité » de Staline. Quitte d'ailleurs à *égratigner = Trotsky au passage (7) ou à chercher à le « compromettre - par une citation placée (8). Mais c'est c'est bien la moindre des choses... l'essentiel est ailleurs l
2) Sur Staline et les causes objectives de la bureaucratisation : Si le premier chapitre du livre est consacré à un tableau des causes économiques, culturelles, techniques qui allaient, avec la guerre civile, l'intervention des armées ennemies, favoriser le cours répressif de la dictature du prolétariat, les raisons subjectives - et particulièrement le rôle central ne Staline - ne sont pas esquivées. A l'évidence, il y a dans ce livre une volonté - nouvelle - de comprendre, d'expliquer sans justifier de la façon servile habituelle jusqu'ici au sein des P.C., le stalinisme. Cette volonté se marque par l'effort précisément de distinguer les raisons objectives de la montée de la bureaucratie des responsabilités subjectives du chef des bureaucrates, sans pour autant prendre ce dernier comme bouc émissaire unique des • erreurs • commises de façon « regrettable ».
On assiste au • glissement » qui mène à la Tchéka - instrument de lutte contre l'ennemi de classe - au G.P.U., à qui tous les membres . du P.C.U.S. devaient dénoncer les « activités hostiles au parti (p. 70-71). Ellenstein dépeint le G.P.U. Inventant l'affaire du garde blanc de Wrangel ; s'indigne de l'- amalgame » fait par Staline déclarant en 1927 qu'il s'était constitué « un front unique de Chamberlain a Trotsky * (9); explique en détails les mécanismes et la raison de ce tournant dans la montée de la dictature personnelle de Staline que fut l'assassinat de Kirov.
Ellenstein explique également pourquoi ce fut odieux et absurde, du point de vue de la construction du socialisme, de procéder à l'industrialisation et à la collectivisation des terres en utilisant l'instrument progressivement indispensable à la dictature stalinienne SUR le prolétariat : la ré pression policière, sanglante, de masse (tout ceci dans les chapitres 2 et 3 : - Naissance problème stali nien » et « les difficultés du phénomène stalinien »).
Plus étonnante encore est l'exposition de la « destruction • du parti bolchévique par Staline et du déroulement des procès de Moscou (pages 121 et suivantes) comportant des noms et des chiffres : les noms de tous les principaux dirigeants du PCUS qui furent tour à tour tués sur ordre de Staline: les chiffres massifs de • la disparition de centaines de milliers de cadres qualifiés » qui, estime à juste titre Ellenstein, causa - la désorgania onlle la productio la veille de la guerre (p. 129) (10). Non, on n'était pas habitué à lire cela sous la plume d'un dirigeant du P.C.F.
3) Sur la démocratie dans le parti : • L'absence totale de liberté démocratique et la répression rendaient impossible la mise en cause du M.V.D. (ministère de l'Intérieur). Le parti lui-même n'avait plus qu'un fonctionnement formel. Le Comité central n'était plus convoqué et il n'y eut pas de congrès du parti de 1939 à 1952 soit pendant treize ans. Le politburo lui-même n'avait plus qu'un rôle modeste. Il était remplacé par des com-
Wivres missions qui se réunissalent au Kremlin avec Stallne et composées de 5, 6 ou 7 personnes.» (p. 159) «Le part existalt à la base, dans les rayons, les provinces, voire les républiques fédéres, encore que dans les organisations de base et regionales le M.V.D. contrôlait l'activité des responsables et des communistes avec minutie, ce qui , empêchait toute discussion réelle. Au sommet, Il y avait Staline... » (p. 184). • L'absence totale de critique devient réellement tragique à l'intérieur même du parti et de sa direction à partir de 1925. Critiquer tel ou tel acte de la direction du part et du Comité central, c'étal risquer de perdre son poste et ses fonctions. Dès lors, la critique n'est plus possible. » (p. 223). Et surtout : • En 1920, au X° congrès, la décision d'interdire les fractions est accompagnée de mesures tendant à développer le débat démocratique dans le parti. L'édition d'un feuillet de «discussions» (10) devalt permettre aux débats d'idées de circuler, sur le plan horizontal (à l'intérieur d'une organisations donnée) comme sur le plan vertical (de bas en haut et de haut en bas). Le centralisme démocratique sans la démocratie se transforme peu a oeu en dictature et c'est ce qui se produit en U.R.S.S. à la fin des années 20 et au début des années 30. Toute critique contre Staline devient un délit. Les « opposants ». sont nommés à des postes éloignés de Moscou au début des années 20, puis ils sont exclus du parti à partir de 1926... Ces opposants sont arrêtés à partir de 1932 puis excutés avec jugement à partir de 1936 et enfin exécutés sans jugement à partir de 1938. De proche en proche cette situation s'étend de la direction du Parti au Parti tout entier, aux organisations et organismes qui subsistent : syndicats, Komsomols, à l'appareil d'Etat proprement dit. L'absence de toute liberté d'expression empêche tout contrôle des actes du pouvoir et celui-ci étend peu à peu sa sphère de contrôle et de répression à la société tout entière. Pris séparément, aucun des éléments qui donnent naissance au phénomène stalinien et le caracterisent n'est redoutable, mais c'est de leur assemblage que provient le danger. » (p. 218-219).
4) Sur le marxisme et... la religion : « Le marxisme devenu philosophie d'Etat fut enseigné de façon dogmatique dès le plus jeune âge. Des cours de Diamat (matérialisme dialectique) et d'Hismat (matérialisme historique). furent organisés tous les niveaux de l'enseignement. Ce dogmatisme aboutit à une « déviation théorique = grave : le stalinisme (12). On observe toutes les proportions gardées (sic) le même phénomène que connut le christianisme dans l'empire romain... Philodevenu religion d'Etat sophie critique, le marxisme fut transformé en une construction dogmatique destinée à donner un cadre idéologique à des dizaines, voire des centaines de millions d'hommes. Méthodologie de recherche, il fut ossiflé et en partie stérilisé par un système qui interdisait toute recherche libre et toute critique. • (p. 225-226).
5) Sur l'internationale communiste et les relations U.R.S.S.-autres Etats ouvriers : * Les partis communistes et leurs dirigeants avaient tous été formés par le Komintern. Or, l'internationale communiste avait fait de la défense inconditionnelle de I'U.R.S.S. un des piliers de sa politique. L'ha bitude était donc prise de considérer comme vrai et sacré tout ce qu'affirmaient les dirigeanst soviétiques et de défendre l'Union soviétique en bloc... parce que Hitler, ou bien les Impérialismes français, anglais, japonals, la menaçaient, puis parce que Hitler l'avait attaquée, puis parce que les Américains et les Anglals s'apprêtalent à le falre. !! était devenu impossible de distinguer Staline de l'Union soviétique...» (p. 167) = Le siège du Kominform avait été fixé à Belgrade. Ce qui fut mis vite en cause, c'est la notion même d'égalité entre les Etats socialistes, car le Parti communiste yougoslave n'acceptait pas cette inégalité. Staline avait déclaré à Khrouchtchev : - Il me suffira de remuer le petit doit et il n'y aura plus de Tito, il s'écroulera ». En fait, Staline voulait faire un exemple avec la Yougoslavie, mais celle-ci ne se laissa pas impressionner... Le « petit doigt • de Staline ne suffit cependant pas à mettre la Yougoslavie à la raison... Staline impuissant à vaincre Tito contrôla plus étroitement les autres démocraties populaire en Europe... » (p. 171-172).
* Peu à peu, c'est l'ensemble de la politique suivie dans les dernlères années de la vie de Staline qui fut remis en question. Par exemple, TUnion sovlétique fut amenée à reprendre ses relations diplomatiques avec la Yougoslavie, et Khrouchtchev se rendit à Belgrade où il reconnut les torts de I'U.R.S.S. en les attribuant à Béria... (en juin 1955) * (p. 235). • Dans les pays de démocratie populaire, le phénomène stalinien s'était développé avec vigueur. Le système politique, les méthodes de gestion avalent fréquemment été copiées, voire imposées par l'Union soviétique. Staline avait pratiqué une politique fondée sur les rapports inégaux entre les différents pays socialistes. La mise en cause du phénomène stalinien en Union soviétique ne pouvait manquer d'avoir des conséquences graves dans des pays où, dans la plupart des cas, le fascisme dominait il y avait encore peu de temps (moins de huit ans), ou la bourgeoisie restait puissante et dans un monde où l'impérialisme restait à l'affut. On le vit dès 1953 avec les grèves et les manitestations po pulaires en République démocratique allemande, à Berlin dans nombreuses autres villes, et en Pologne à Wroclaw. = (p. 236-237). On aura remarqué ici non seulement le jugement porté sur l'« inégalité » rapports entre /U.R.S.S. et les autres Etats ouvriers au lendemain de la deuxième guerre mondiale, mais surtout la caractérisation de • populaire • donnée aux soulèvements de 1953 en R.D.A. puis en Pologne, et qui remplace tout simplement, en douceur, celle de • fasciste = que les staliniens • purs et durs » leur avaient traditionnellement accolée !
6) Sur les limites de la • déstalinisation » depuis 1956 : * De 1953 à 1956, Khrouchtchev procéda plus par des modifications SUCcessives que par des transformations profondes et spectaculaires. Au total, ces modifications furent substancielles au niveau de la pratique et contribuerent éliminer les aspects les plus sanglants et les plus contraignants du phénomène stallnien. Jusqu'au XX* congrès du P.C.U.S., il n'y eut guère de discussion quant au fond des choses, et Staline ne fut même pas mis en cause directement et personnellement. IL ETAIT A LA FOIS DIFFICILE DE FAIRE AUTREMENT ET NECESSAIRE D'AL- e phenomene
Vivres LER PLUS LOIN. (p. 237). La formulation atteint ici un comble du raffinement : tout Ellenstein est là... ou presque !
Ellenstein précise aussi par deux fois que « des résistances acharnées à la politique du XX congrès se manifestèrent au niveau de la direction du parti ellemême. » (p. 238 et 241). || pense que dans le rapport « secret » de Khrouchtchev • il n'y avait par contre que peu d'explications sur les causes du phénomène d'expression même de culte de la personnalité réduisait le phénomène stalinien à un aspect relativement secondaire : le culte du chef. Quant au fond - à la fois sur le plan historique et sur le plan théorique - l'analyse restait superficielle... » (page 240).
7) Sur le P.C.F. et le stalinisme : voilà qui devient encore plus brülant. Une fois qu'on a circonscrit le • phénomène stalinien » du point de vue de son extension • spatio-temporelle », dit Ellenstein lui-même (13) et du point de vue de son contenu (12), alors, seulement on peut écrire : « Le Parti communiste français n'avait eu aucune responsabilité dans les événements qui s'étaient déroulés en Union soviétique depuis la Révolution... Il y avait sans doute (sic) eu un certain glissement dans l'attitude du P.C.F. envers Staline, dont il avait été amené à célébrer le culte à plusieurs occasions (par exemple pour le soixante-dixième anniversaire de Staline). Sur le plan théorique, le dogmatisme stalinien ne l'avait pas épargné, mais il serait contraire à la vérité d'en tirer argument contre la politique suivie par le P.C.F. Celui-ci, en effet, a constamment eu une pratique profondément démocratique. On peut NATURELLEMENT DIS58
CUTER de tel ou tel aspect de sa conduite politique à tel ou tel moment de l'histoire contemporaine, mais en tout cas il est impossible de lui faire grief d'une action hostile à la démocratie... On peut regretter qu'il n'ait pas à partir de 1956 ouvert plus largement la discussion sur les problèmes posés par le XX* congrès, mais ce n'est pas par hostilité à ses déclsions. Il a simplement craint une érosion de ses positions à la faveur d'un débat difficile et dans une conjoncture polltique dangereuse du fait de la guerre froide et de la guerre d'Algérie. Le Parti communiste français approuva clairement et sans i réserve les décisions publiques du XX* congrès. l demanda à la direction du P.C.U.S. des précisions et une explication plus profonde des causes de la situation révélée et condamnée par le XX* congrès : c'est à l'issue de la visite d'une délégation du P.C.F. à Moscou que le Comité central du P.C.U.S. adopta la résolution du 30 Juin 1956. Maurice Thorez, dès le XIV congrès du Havre en 1956, critiqua le «-culte de la personnalité », mais en même temps le P.C.F. refusa de discuter du rapport secret de Khrouchtchev. Il préféra remettre en cause le phénomène stallnien dans sa propre démarche politique et théorique, dans sa pratique politique, plutôt que d'en discuter formellement avec les risques que cela comportait dans un pays où les moyens d'information lui échappaient presque totalement et où la bourgeoisie par conséquent possédait . une partie des cartes maitresses.. (p. 245246).
Impossible de résister au plaisir de citer ce chef-dœuvre que constitue cette page | Chaque ligne, chaque terme appelle une ponctua-
Stalinien tion | supplémentaire est un commentaire ! Quelques exemples. Ellenstein « dégage » le P.C.F. de toute responsabilité dans les « événements » survenus en U.R.S.S. « depuis » la Révolution. Ce n'est que « sans doute » — ce n'est donc pas absolument confirmé par les méticuleuses recherches scientifiques poursuivies par notre auteur — qu'il y eut un « certain glissement » (?) dans « l'attitude du P.C.F. envers Staline ». Le seul exemple significatif de cette « attitude » c'est la célébration, de l'anniversaire de Staline . Si ce n'est que cela, ce n'est évidemment pas révoltant le stalinisme - pardon, le • phénomène stalinien » !
L'approbation des procès de Moscou; la justification des crimes du GPO contre des communistes oppositionnels et des travailleurs révolutionnaires, non seulement en U.R.S.S. mais encore en Espagne: la justification de l'excommunication du P.C. yougoslave; la désignation de Tito (après Trotsky) comme • fasciste » ; la justification i de l'écrasement de la révolution hongroise des conseils ouvriers par les blindés : tout cela est lestement balayé sous le tapis.
Il n'y a pas de relation apparente entre le • dogmatisme stalinien = qui n'= a pas épargné » le P.C.F. et sa ligne politique, PUISQUE sa « pratique » a été en toutes circonstances • profondément démocratique » - notamment sur le plan de sa vie interne sans doute! Et justement, ce félin d'Ellenstein (14) lance un doucereux coup de patte : on peut • naturellement discuter » - croiyant ou feignant de croire que la discussion a été « naturelle = de tous temps — et aujourd'hui -au sein du P.C.F. - de • tel ou tel aspect de sa condulte politique à tel ou tel moment * : quel aspect ? Quel moment ? Ellenstein nous laisse sans réponse après avoir créé ce suspens haletant ! Ce sera pour un prochain livre...
Remarquez que l'« on peut regretter » - deuxième coup de patte qui nous fait retrouver le Ellenstein des pages précédentes - que le P.C.F. « n'ait pas à partir de 1956 ouvert plus largement la discussion sur les problèmes posés par le XX• congrès. C'est vrai ! Mais ce n'est pas du tout comme on aurait pu le croire • par hostilité à ses décisions*», c'est à cause de l'environnement hostile : tiens! Voilà le thème de la forteresse assiégée que Ellenstein avait raisonnablement chassé ou du moins relativisé pour expliquer la montée de la bureaucratie en U.R.S.S., il y a un demi-siècle, et qu'il reprend lui-même pour parler des limites « regrettables » de son propre parti. Il faut lire ce que Robrieux dit de la « conduite politique » du P.C.F. et de sa direction pendant la période du XX• congrès pour être en mesure d'admirer l'art des formules elliptiques et synthétiques de Ellenstein (15). Notamment en ce qui concerne l'approbation • claire et sans réserve » par le P.C.F., Thorez en tête (16), des « décisions publiques • il y en avait donc d'autres? — du XX* congrès.
Troisième coup de patte, savamment dosé : • Thorez... critiqua le « culte de la personnallté » mais en même temps *- beaucoup plus Important d'ailleurs -* le P.C.F. REFUSA — le terme est fort - • de discuter du rapport secret...». Suit, pour se dédouaner et se rassurer sol-même, après tant d'audace feutrée, une « explica tion *, à laquelle personne ne peut croire, sur la crainte
WLyres de la discussion AU SEIN du P.C.F. causée par le monopole de la bourgeoisie en matière de presse !!!
8)Sur la méthode d'analyse de la bureaucratie et du « phénomène stalinien » : C'est sur ce point, finalement, plus encore que par ses « révélations"» audacieuses, qu'Ellenstein tranche sur la littérature stalinienne traditionnelle. Mais il lui donne un caractère de gens utilisant des • méthodes bureaucratiques », non celui d'une couche sociale défendant des Intérêts matériels, des privilèges déterminés. C'est là évidemment la faiblesse essentielle de son explication du « phénomène stalien ». Par ailleurs, Ellenstein ne - refuse pas la notion de bureaucratie ». Il va même jusqu'à comprendre et expliquer — à sa façon -le « double caractère - de la bureaucratie dans sa vision à elle de construire le socialisme. • En tant que régime socialiste, le régime assure un développement économique et culturel extrêmement rapide qui sort les peuples arriérés jusqu'alors, de la misère, de la superstition, de l'ignorance et qui permet un essor réel des forces productives. Et en tant que système polltique totalitaire (17) | constitue un obstacle à l'utilisation rationnelle de toutes les possibilités de l'économie socialiste. Or, le phénomène stalinien possède ces deux caractères. Les peuples de TUnion soviétique défendirent le régime soviétique sous la direction du Parti et de Staline malgré le totalitarisme dont ils avaient été les victimes eux-mêmes dans une très large mesure.• (p. 149).
Pendant la deuxième guerre mondiale, • n'importe quel régime dans histoire jusqu'alors... aurait sombré dans le néant. Ce ne fut pas le cas du régime soviétique parce que précisement ses bases etalent socialistes, in dépendamment des formes politiques existantes et de la politique sulvie par l'Etat et ses responsables. Il est vral que si cette politique avait été autre, U.R.S.S. se serait trouvée dans des conditions meilleures pour affronter Hitler mais ceci n'empêche pas cela. » (p. 150). • Du point de vue communiste, le phénomène stalinien ne peut trouver aucune justification... Il importe de dissocier le phénomène stalinien du socialisme (18). fendre dans ne socialisme dans le socialisme soviétique ce ne sont pas ses déviations, ses excroissances, les formes circonstancielles et spécifiques qu'il a pu connaitre, mais ses mécanismes économiques fondamentaux, ses conséquences sociales et culturelles, sa rationalité.» (p. 206). Cela ne sonne-t-il pas comme Trotsky « défense de l'U.R.S.S.? Oui! Soutien au cours stalinien ? Jamais ! > ?
Et de façon générale, ne peut-on, après tout ce que nous venons d'exposer avec quelques détails - mais nous pensons que le jeu en valait la chandelle - estimer que Ellenstein s'est éloigné de façon décisive du stalinisme et qu'il a repris son compte des éléments d'information et d'analyse politique spécifiquement trotskistes, partie intégrante du programme de la Quatrième Internationale ? Ne peut-on pas, en allant à notre tour « plus loin » pronostiquer, pronostiquer, comme il était tentant de le faire en 1956, que Ellenstein n'est pas solitaire, qu'il représente des "pans entiers • du P.C.F., peut-être d'autres partis communistes - le P.C. italien par exemple -et que donc, en faisant de façon « pas sectaire = quelques pas de son côté, pour l'encourager à poursuivre sa longe marche, nous arriverions à une jonction souhaltable entre ces * pans entiers » enfin arrachés au stalinisme coupable de perversion envers tant d'ouvriers révolutionnaires honnêtes et le programme bolchévique maintenu intact par la IV• Internationale ?
Les choses, hélas, ne sont pas si simples ! Car si nous avons montré sans nulle ambiguïté possible qu'Ellenstein allait • plus loin », si nous avons souligné le caractère progressiste de sa démarche, nous n'avons pas encore indiqué dans quelle direction il portait ses pas, ni le sens profond de cette démarche. PLUS QUE JAMAIS « LE SOCIALISME DANS UN SEUL PAYS >!
Donc, que nos lecteurs se rassurent : Jean Ellenstein ne demandera pas de sitôt son adhésion à la IV' Internationale ! Car on peut trouver des points d'accord sur l'explication et la critique d'un • phénomène • tel que le stalinisme, tout en tirant de cette critique et de cette policates diametralementons posées. C'est le cas | Pour les raisons suivantes.
1)Démocratie et dictature du prolétariat : Tout au long du livre d'Ellenstein, on T'impression d'une lecture très « française » de l'histoire de l'U.R.S.S. L'angle d'attaque, conscient ou inconscient, peu importe, est le suivant : «'Qu'est-ce qu'il me revient, à moi, Ellenstein, jeune cadre dynamique du P.C.F. de dire de I'U.R.S.S. et du stalinisme, pour que puisse être crédible dans la France de 1975, la stratégie de passage au socialisme par les voies pacifiques afin de nous dédouaner du pire aux yeux : des électeurs qui ne garderaient du socialisme que la vue la plus aimable et les réalisations les plus incontestables ? = Quel dommage qu'il y ait eu incontestablement la guerre civile, des contre-révolutionnaires, des puissances étrangères hostiles au socialisme, qui alent obligé le brave Lénine à employer une certaine répression, dont l'enchaînement naturel plus Staline ont fait qu'ele ait dégénéré en tereur de masse. Ah ! la démocratie... 1 Une pitié que les Bolchéviks n'aient pu s'en contenter ! D'ailleurs, il faut dire que Lénine lui-même en sous-estimait l'importance.
• L'expérience historique russe et soviétique ne passait pas par la démocratie politique... elle ne permettait pas aux dirigeants soviétiques de comprendre l'importance des mécanismes démocratiques et leurs liens avec le socialisme. Même Lénine, qui avait cependant de ce problème une approche théoriquement fondée, en sousestima toujours l'importance, parce qu'il partait de sa propre expérience russe et qu'il n'assimila les expériences démocratiques que de l'extérieur, et à travers leurs aspects les plus négatifs qui se manifestèrent avec l'attitude de la Il Internationale pendant la première guerre mondiale et ensuite lors des révolutions socialistes en Hongrie et en Allemagne... De là à conclure - et le Komintern avec lui - qu'il ny avait pas d'autre vole pour le passage au socialisme que celle suivie par la Russie (19), le pas à franchir était aisé, et la réaction contre « la faillite de la ll° Internationale » permit de le franchir d'autant plus vite. Certes Lénine admetait bien des formes différentes de révolution. « N'imitez pas servilement la révolution russe =, e phenomene
Wiyres écrivait-il, mais il les envisageait dans le cadre d'un schéma assez rigide, ou la violence, la force et la guerre civile joualent un rôle plus grand que le bulletin de vote ou tout autre (?) processus démocratique. Ce qui montre que sa propre expérience déterminait sa théorisation, c'est qu'après avoir envisagé le passage pacifique au socialisme entre avril et juillet 1917, Il n'en parle presque plus par la suite, tout simplement parce que les conditions de la Russie s'étaient transformées. » (134-135).
On se sent, à lire Ellenstein, devenir servant du culte de la personnalité de Lénine ! Pas capable de voir plus loin que le bout de ses steppes et de la barbarie typiquement russe | Mais nous, ne dit pas Ellenstein - mais cela suinte de toute le livre et de ces pages en particulier — nous, Français du terroir, qui avons les premiers proclamé les Droits de l'Homme et du Citoyen, qui avons l'expérience de cent ans de République et plus, de quatre-vingt ans de socialdémocratie et de cinquantecinq d'un P.C.F. fort et assagi depuis 1935-1936, nous n'aurons pas besoin de vos moyens primitifs 1
* Je ne peux pas aller trop loin dans la critique de la voie russe de passage au socialisme, mais je suis bien forcé de reconnaître, en critiquant la terreur stalinienne, que déjà dans cette voie, le danger existait =, ne = dit = toujours pas explicitement Ellenstein, que nous interprétons donc librement - comme c'est notre droit (confirmé par la charte des libertés publiée par le P.C.F.I) et même notre rôle ici. D'ailleurs, Ellenstein dit lui-même : « A la fois qualitativement et quantitativement, on ne peut comparer la terreur rouge (20) et la répression 09 de masse stalinienne. Et cependant Staline perçait sous Lénine et contre lui [ouf! Bravo pour ces deux derniers mots. Ils jouent leur rôle]. Il serait dangereux pour l'historien de ne pas voir ce lien car il serait condamné n'expliquer le phénomène stalinien que par la seule personnalité de Staline. • (page 57).
Habile, fort habile en vérité | Ou bien vous êtes • totalement démocrate », et alors vous n'aurez pas cette horreur de • phénomène stalinien ». Ou bien... vous prenez tous les risques... et toutes les responsabilités ! Dans cette pensée, si emplie de bon sens, il ne saute qu'un détail : la • dictature du prolétariat » qui, persistons-nous à penser, ne mène pas du tout automatiquement à la dictature policière ! (21).
Ellenstein semble donc regretter que la démocratie « pure • n'ait pas « marché » en Russie, que la social-démocratie ait failli et même qu'elle se soit vilainement tournée contre les révolutionnaires - si encore les démocrates s'étaient simplement abstenus de participer à la révolution, on aurait pu leur pardonner on aurateu leur pardonner! et plus de tout, les Bolchéviks, déjà assez mal au point, puisqu'incapables de tirer parti des nombreuses possibilités de la voie démocratique, prétendent, Lénine en tête, tirer des leçons de leur expérience • limitée dans le temps et dans l'espace = comme dirait Ellenstein ! Ils veulent, d'un phénomène •spatiotemporel • précis, la révolution russe - on ne parle même pas de la théorie marxiste de l'Etat - tirer des enseignements * universels ». Quelle prétention... a laquelle il faut que le P.C.F. réponde jusque et y compris sur le terrain théorique | Et le rôle d'Ellenstein, c'est de préparer le terrain historique
Stalinien à une remise en cause, jusqu'ici circonscrit au domaine de la pratique quotidienne, de la collaboration de classe depuis le Front Populaire.
2) L'Internationale : un frein ! « Je ne nie pas que Staline ait eu parfois des mérites. Le socialisme dans un seul pays était la seule voie possible au lendemain de l'échec de la révolution en Europe » (page 208). On voit sur quel point particulier Ellenstein accorde son appui à Staline | (22). Et par conséquent... également à Khrouchtchev ! (23). « Sur deux points, Khrouchtchev avait avancé des idées sinon nouvelles, du moins relativement audacieuses. Il avait montré (?) que contrairement à l'analyse faite au début du XX siècle par les marxistes, la guerre n'était plus fatale en raison des changements intervenus dans le monde... La coexistence pacifique pouvait donc s'élargir... Ensuite Khrouctchev avait reconnu, en reprenant les thèses développées par Maurice Thorez en 1946, que « les formes de passage au socialisme seront de plus en plus variées » et que ce passage pourrait être pacifique, c'està-dire réalisé sans guerre civile ».
La these, a nos yeux essentielle, détendue par Ellenstein, se trouve contenue dans les pages 138-142. La raison pour laquelle les • audaces • de Khrouchtchev ne sont pas très * nouvelles • au XX* congrès, c'est que le P.C.F.l es défendait — ou du moins les pensait - depuis 1934-1935, en particulier Thorez. Parlant du tournant de l'I.C. de la « troisième période » ultra-sectaire (24) à la période opportuniste des Fronts Populaires, Ellenstein pense - et écrit - que • les communistes français (qui avaient amenés à • prendre conscience de l'imporle mocrati tandes processus démocratiques pris en tant que tels ET dans leurs rapports avec le socialisme =) n'allèrent pas alors jusqu'au bout de cette politique. Ils refusèrent de participer au gouvernement de front populaire et ne virent pas, ou n'osèrent pas dire (1). à quel point cette orientation modifiait la stratégie fondamentale du mouvement communiste et devait permettre d'aboutir à une conception nouvelle de la révolution socialiste dans les pays capitalistes développés et démocratiques de l'Occident... La froideur soviétique s'exprima par le peu d'empressement des dirigeants les plus en vue du Parti à participer au congrès (25)... Au cours de son VIl congrès, le Komintern donna plus de jeu aux partis communistes mais s*ans plus. » (page 139).
Et voilà la clé du livre — et une des raisons principales de notre insurmontable désaccord avec Ellenstein : - Face au danger, la dissolution de l'Internationale communiste, décidée en en 1943, n'aurait-elle pas permis aux partis communistes de développer avec plus d'audace (!) une politique de rassemblement national indépendamment des péripéties la politique soviétique ? * [page 139) (26). Et Ellenstein d'aller « toujours plus loin = : • Si le Komintern avait été dissout dès 1935, les partis communistes auraient pu en 1939 agir de façon indépendante sans pour autant faire preuve d'anti-soviétisme.
Il leur aurait suffi de montrer pourquoi, du point de vue soviétique, le pacte germano-soviétique était une nécessité en raison du refus des occidentaux de conclure une alliance militaire avec TU.R.S.S. et en même temps le P.C.F. pouvait soutenir l'effort de guerre français et combattre la bourgeoisie française..» Suit une note
W Lyres de bas de page : - C'est ce que fit par exemple le P.C.F. en juin 1940 en proposant des mesures de salut national contre l'invasion, mais la ligne du Komintern le gêna considérablement dans l'application de cette orientation jusqu'en 1941 •! Et de conclure : • AINSI le phénomène stalinien manifestait-il - et depuis les années 20 - sa novicité » !
Donc, d'abord, en prenant notre vocabulaire politique, c'est l'Internationale qui de par son existence nocive • depuis les années 20 » c'est-à-dire depuis sa naissance !!! - a freiné le P.C.F. dans la voie ultra-droltière où la pente naturelle de ses dirigeants « nationaux » l'amenaient : passage • pacifique = au socialisme et coexistence • pacifique - avec l'impérialisme. Ellenstein revendique donc pour le P.C.F. l'honneur d'avoir été pionnier... de l'ultra-droitisation ! Soit ! Ne lui refusons pas un tel « hommage ». Notons en passant le • réalisme, de cette voie = pacifique = (déjà bien connu des militants allemands, espagnols, chiliens et vietnamiens) consistant à • combattre la bourgeoisie française préparant Vichy •, tout en • soutenant l'effort de guerre » ; l'effort de guerre de qui ? Nul doute que la bourgeoisie aurait écouté d'un air attentif les • explications » du P.C.F. sur la politique de l'U.R.S.S. I
Mais pour en revenir à 'internationale, avouons
- encore une fois 1 - que l'on n'avait jamais lu jusqu'à ce jour sous la plume d'un dirigeant d'un parti communiste, quel que soit l'état de sa dégénérescence droitière, qu'il eut fallu dissoudre lI.C. dès 1935 — et même indiquer, d'ailleurs relativement clairement, qu'il eut été encore préférable qu'elle n'existât Jamais | Georges Cogniot, autre dirigeant du
P.C.F. - mais d'une autre génération politique - terminait son petit livre sur la Ill° Internationale de façon aussi erronnée mais moins impudente. Il intitule son dernier chapitre, celui qui doit • justifier » la dissolution de 43 : « Mission accomplie » ! ET DEJA UN DEBAT DANS LE P.C.F. I
Oui, il y a, quelques semaines après la publication de ce livre, des réactions de militants du P.C.F. Sinon sous forme de débat libre et organisé — on n'en est pas là —, du moins sous forme d'articles que la direction du P.C.F. laisse passer dans la presse. et cest la lecture de ces articles, plus ou moins contradictoires, qui permet d'apprécier l'ampleur d'un débat resté latent depuis 1953-1956, aujourd'hui encore timide, bien que assez nettement cadré, et que Ellenstein — apprenti socier sans le savoir? — n'a fait qu'accélérer. Nous retrouvons, nettement ou de façon déformée, tous les problèmes de la révolution et du socialisme dans un comme celui-ci. Surtout nous y voyons, pris en charge leur manière par les stall niens eux-mêmes, les elements de la crise du stalinisme que bien avant eux, nous avions saisis, analysés, assimilés.
Au-delà du • passé stalinien*» de l'U.R.S.S., bien d'autres problèmes attendent Ellenstein, ainsi peutêtre qu'un certain nombre de • couleuvres » dont il n'arrivera pas à se délivrer en écrivant un livre même • novateur ». Le monde est fort loin d'être figé, et il ne peut être certains que quelquesunes des contradictions actuellement assimilables continueront à l'être encore des décennies entières. Ellenstein ne peut que souhalter n'avoir jamais à choisir entre la priorité de • l'Union de tous les Français » et celle de la non rupture avec le P.C. de I'U.R.S.S. D'autant que les intérêts du Kremlin ne sont pas toujours en tous points parfaitement compa tibles avec la souplesse tactique indispensable • Place du Colonel-Fabien ». Et puis, nul ne peut dire que, au au sein du P.C.F., c'est la tendance - façon * démocratico-trotskyste*• de s'exprimer ! - Ellenstein qui l'emportera.. La résistance pourrait bien ne pas tarder à s'organiser plus solidement que les premiers articles dont nous disposons auiourd'hui ne laisse paraître. Ellenstein suivra-t-il l'itiné raire et subira-t-il le sort de Garaudy ? Pas sür du tout... Mais... ? !
1) L'article de «l'Humanité » : L'article de François Hincker (27) occupe entre un tiers et la moitié d'une page de • l'Humanité ». Une critique de livre aussi longue dans le journal des prolétalres, c'est signe de l'importance donnée au sujet. Hincker souligne que Ellenstein a su montrer pourquoi • le socialisme a pris forme, le visage qu'il a revêtu pendant une vingtaine d'années en Union viétique ». C'était donc loin et c'est bien finil Les ouvriers français, comme les lecteurs d'Ellenstein peuvent donc se rassurer : ça n'a rien à voir avec le P.C.F. de 1975.
Hincker, parlant de son camarade parti, dit = le grand intérêt de son ouvrage qui s'efforce toujours de poser de façon sérieuse et responsable un problème dont l'importance est considérable, pas seulement dans la lutte idéologique, pas seulement dans la sensibilité des communistes qui ont vécu cette période • [il ne dit rien de la sensibilité des communistes qui n'ont pas survécu à cette période] •, mais aussi pour l'action de ceux qui à leur tour veulent édifier le socialisme ».
Hincker prend bien soin d'indiquer qu'il ne faudrait pas qu'Ellenstein croit qu'on T'a attendu pour aborder les thèmes tabous : = Il ne serait pas juste d'oublier ceux qui, avant Ellenstein, ont adopté la même démarche (sic), Aragon dans son « Histoire de I'U.R.S.S.* en 1962 • (six ans après le XX* congrès) » et La Nouvelle Critique dans son numéro de 1963 sur le culte de la personnalité.. .». Et Hincker d'aborder la raison-d'être de l'article : « Est-ce à dire que rien ne soit à discuter dans l'ouvrage d'Ellenstein ?.. Certes beaucoup de choses doivent l'être : discussion critique, discussion féconde OU les deux à la fois = !!!... *On peut critiquer des appréciations historiques, politiques, théoriques de Ellenstein... • Fin 1935 tous les" membres des anciennes oppositions étaient revenus à Moscou... Seul Trotsky manquait à l'appel, mais pour combien de temps ? En cas de guerre ne faudrait-il pas réaliser l'union nationale contre l'ennemi et comment ne pas faire appel au créateur de l'armée rouge, au vainqueur de la guerre ciVile ? » (page 113). N'est-ce pas sous-estimer la nature de l'opposition trotskyste, et le point de non retour atteint par elle à cette date ? =, demande Hincker sans donner apparemment son point de vue argumenté !
- On peut demander à Ellenstein ses preuves et ses sources pour certaines affirmations, en particulier celles portant sur le nombre des victimes de la répression stalienne » [des fois que ces sources soient trotskystes... ou bourgeoises, ce qui, pour Hincker doit revenir au même]. « On peut regretter aussi que Jean Ellenstein ait suffisamment distingué la e phenomene
VilLyres nature de la répression stalinienne à l'égard des communistes de celle à l'égard des non communistes ».
De deux choses l'une : ou bien Hincker, moins • sensible • que Ellenstein apparemment, veut dire que Staline aurait dû davantage encore épurer le parti sans massacrer les • autres = millions de Soviétiques (mais emploierait-il le terme de communistes pour les opposants ?). Ou bien, au contralre s'indigne-t-il que la répression ait été étendue jusque dans le parti ou plus exactement jusque dans les fractions staliniennes du parti ? Nous ne le devinons pas - mais ce doit être agréable de militanter avec M. François Hincker !
Celui-ci reprend encore Ellenstein sur le point de la démocratie. Il demande tout simplement à Ellenstein de « préciser davantage quelles formes de démocratie socialiste il y aurait pu y avoir en U.R.S.S. en 1920, car « à ne pas poser (cette question) on risque de se placer sur le terrain de ceux qui ne reconnaissent pas la « démocratie » par exemple à Cuba ou au Vietnam ». Pan ! La conclusion est que * Jean Ellenstein s'est essayé, en historien - « pas en dirigeant du P.C. = - à l'analyse d'une période que personne ne doit effacer de son souvenir. Son livre sera lu comme tel, en le discutant pour comprendre et pour agir *. C'est-à-dire — le coup d'œil de Hincker est apuyé - que ce n'est en rien la thèse officielle du P.C. On a le droit de discuter, si possible le relativiser quand on n'a pas les moyens de le contredire! Voilà qui nous fait retrouver un P.C. un peu plus connu.
2) Les lettres de « France Nouvelle » et la réponde d'Ellenstein. Le numéro du 7 juillet 1975 de France 62
Nouvelle, hebdomadaire du P.C.F., contient deux • lettres de lecteurs = (se) posant des questions sur le livre de Ellenstein. Réponse de celui-ci dans le numéro du 14 juillet 1975 (28). Nous allons donner de très larges extraits de ces trois morceaux de bravoure, ou plutôt de la deuxième lettre et de la réponse car le principal problème, celul de la démocratie, abordée par la première lettre se retrouve - et en quels termes — dans la seconde.
L'auteur de cette deuxième lettre s'intéresse au • stalinisme •, • étant étudiant en histoire ». Il voudrait exprimer son opinion • surtout pour savoir si elle est partagée par d'autres » ! Il refuse les deux expressions de • stalinisme » et de * phénomène stalinien » * dans la mesure où elles ne rendent pas compte de l'essentiel et de la période concernée : la construction du socialisme ». Aussi pense-t-il - le maladroit - que • l'expression • socialisme stalinien • serait plus conforme à la réalité » !!! En outre * au sujet de la démocratie, Ellenstein plusieurs fois me semble-t-il ne se place pas d'un point de vue de classe (pages 13, 32, 132, 136, etc.) En effet, comme l'a dit Georges Marchais (29) le socialisme est automatiquement lié à une forme de démocratie supérieure à toutes les formes de démocratie bourgeoise Y COMPRIS LORSQUE STALINE DIRIGEAIT L'U.R.S.S. ». * Staline à travers mille et mille difficultés à diriger le P.C.U.S. en faisant certes des erreurs mais aussi vers la victoire du socialisme. Sous Staline s'est édifié le socialisme; sous Staline le fascisme a été écrasé: sous Staline, plusieurs pays sont devenus socialistes. etc. » Chanson connue.
Stalinien
Le sympathique jeune homme termine en beauté : * Enfin, je voudrais dire encore un mot sur Trotsky et le trotskysme. Etant étudiant (encore I) je le constate chaque jour (30) : le trotskisme (31) est une plale certes pas importante mais qui nuit, en particulier chez les étudiants. Et là je suis choqué par la part fort belle qu'Ellenstein fait au trotskysme et à Trotsky (p. 53, 54, 55, 57, 60, 82, 90, etc.). Le trotskysme et Trotsky ont toujours lutté contre le léninisme et I'U.R.S.S.; les faire passer pour des • démocrates = (I) face à Staline est très grave. Staline a sans doute sauvé I'U.R.S.S. en éliminant le courant trotskyste aventuriste comme le dit le regretté Jacques Duclos dans ses mémoires. D'ailleurs (page 96), Ellenstein récuse ouvertement (1) un raisonnement très logique (1) de Staline, ou celui-ci explique tort bien lalliance objective du trotskysme et de la bourgeoisie = |
Renonçons à mettre des points d'exclamation après chaque mot, à commenter l'articulation des différents membres de phrases et passons vite au récital Ellenstein 1
D'abord Ellenstein explique à son malheureux camarade pourquol l'• expression SOcialisme stalinien (lui) semble dangereuse.. Accoler les mots socialisme et stalinien, c'est à mon sens mettre en Le literentrotsky liaison deux notions de nature différente... ». * En ce qui concerne Trotsky et le trotskysme, je ne comprends pas bien ce qui a pu choquer Manessis (32) dans mes différents écrits d'autant plus qu'il est étudiants en histoire • - voilà pour toi, petit gars ! Le trotskysme contemporain est une chose et je le combats sans concessions (33) d'aucune sorte, pour sa politique antisoviétique et anticommuniste, pour sa stratégie passéiste (?). Autre chose est l'histoire de Trotsky et du trotskysme. Manessis devrait savoir que Trotsky a participé à la direction du parti bolchévik de 1917 à 1926 (34) et qu'l y a joué un rôle émlnent dans l'histolre soviétique. Il ne fut pas sans défaut - et certains très graves - mais Lénine, tout en le combattant parfois avec force, lul manifeste dans ses derniers écrits son amitié et sa confiance à de nombreuses reprises... Après la maladie de Lénine, il est incontestable que Trotsky eut tort et le parti - pas seulement Staline - raison dans la discussions sur le socialisme dans un seul pays et c'est ce qui était décisif à ce moment-là. Mais cela ne signifie pas que l'opopsition - et pas seulement Trotsky - ait eu tort sur tous les plans. En particulier la question de la démocratie dans le parti et dans l'Etat... Que Trotsky expulsé d'URSS ait eu ensuite une attitude scissioniste et une activité hostile aux partis communistes n'enlève rien au fait que son analyse de 1925 n'ait pas été totalement fausse, ni de même que ses analyses postérieures contiennent un certain nombre d'éléments intéressants (par exemple sur Hitler et sur les débuts de la deuxième guerre mondiale).
Les trotskystes s'efforcent d'occulter cette réalité (35) en ne retenant de Trotsky que les activités scisionnistes et les éléments théoriques qui leur servent à justifier leurs conduites actuelles. SANS DOUTE, AVONS - NOUS CONTRIBUE NOUS-MEMES QUELQUE PEU PAR NOTRE SILENCE OU PAR NOTRE FAÇON D'EXPLIQUER LES CHOSES OU DE LES PRESENTER, A CREER UNE CERTAINE EQUI-
Vivres VOQUE. C'est pourquoi il peut paraitre choquant POUR QUELQUES-UNS (36) de présenter ces problèmes de la façon que je le fais. Mais cela résulte plus des habitudes qui sont les nôtres que de la réalité du fait luimême. Combattons l'idéologie trotskyste et sa pratique politique et en même temps ANAI VSONS SERIEUSEMENT ANALYSONS SERIEUSEMENT L'ACTIVITE DE TROTSKY ET SES ECRITS THEORIQUES. C'EST LA UNE DEMARCHE MARXISTE ET UNE PRATIQUE LENINISTE *...
Thorez doit se retourner dans sa tombe et Jeannette trouver la vie bien dure! Sur la démocratie Ellenstein précise que * nous avons coutume de lier la démocratie politique à la domination de la bourgeoisie, et à opposer les libertés dites • bourgeoises » aux libertés réelles dont le socialisme est porteur. Or, c'est sur cette façon d'aborder ces problèmes que je m'interroge ». En tous cas, dit Ellenstein, sur des problèmes aussi difficiles, il convient de ne pas être dogmatique et " passéiste ». Car • armé des 45 tomes des Œuvres complètes de Lénine, le camarade Manessis n'aurait-il pas quelque peu tendance à les lire comme des importe, à mon sensest écritures saintes ? Ce l'esprit et non la lettre du marxisme ». Bravo...! QUELQUES CONCLUSIONS TOUTES PROVISOIRES
1) Le stalinisme a trahi le léninisme au nom de Lénine. Aujourd'hui il en vient à devoir contredire explicitement et repousser Lénine, devenu trop lumineusement incompatible avec la stratégie réelle de (non) prise du pouvoir par les P.C. Cette - longue marche • là ne peut pas s'arrêter.
2) Pour les cadres du P.C.F., il n'y a plus rien de sacré ni de vrai ni de sûr. Plus de parole géniale ; plus de recette valable pour tout le monde en même temps. Il faut « étudier l'activité et les écrits • de celui-là même dont « on » avait toujours pensé que sa mort avait * sauvé l'U.R.S.S. ». Le débat, même limité, est lancé dans la presse du parti aux yeux de tous les • ennemis ». de tous les « ennemis ». Mais si on n'a pas ce débat, comment attirer les démocrates qui auraient l'idée de rester attachés à une conception, peut-être " de classe » mais obstinée, des libertés ?
3) Bien sür, les staliniens vont tout taire pour limiter le contenu de l'ampleur des discussions : « L'U.R.S.S., ce n'est pas la France ». Ne pas hurler avec les loups bourgeois et les hyènes trotskystes.. etc. Le livre d'Ellenstein n'est d'ailleurs par paru aux Editions Sociales mais chez Grasset, contrairement aux 4 tomes de son Histoire de I'U.R.S.S., ce qui va automatiquement limiter son audience dans les rangs ouvriers du P.C.F... Mais il nous revient, évidemment, de nous saişir de cet instrument plutôt inédit pour approfondir, dans la polémique et la propagande, mais aussi dans le cadre moins spectaculaire de l'implantation quotidienne dans la classe ouvrière, la crise du stalinisme
- approfondissement déjà bien en voie, mais qui demandera encore temps et militantisme de notre part, sans lesquels il n'y aura pas de révolution socialiste mondiale victorieuse. A sa manière, le livre de Ellenstein est assez « motivant pour la IV* Internationale !
Le 14 août 1975 J.-F. GODCHAU
NOTES NOTES
(1) Remarquons une fois pour toutes que Ellenstein appelle - phénomène stalinien * ce n'ose appeler stalinisme. aill qu'il dès la première page de son livre. que la notion de stalinisme est « historiquement une invention de la bourgeoisie. et. la page suivante, que l'adjectif « stalinien » • apparu chez Trotsky et repris dans les publications anticommuniste... fut ensuite utilisé dans les publications communistes après 1929
(2) Ou plus exactement une partie, une « fraction » de cette direction comme nous verrons plus loin.
(4) Outre la conclusion de Ellenstein lui-même se « démarquant - par rapoprt à Lénine, on aura remarqué que l'exemple vient de haut puisque Marchais fait de même dans sa conférence de presse (Humanité du 9 août 1975) : quelle audace.. suspecte !
(5) En égratignant Mao au passage organisant ou tolérant son propre culte... à juste titre.
(6) Ellenstein, historien, « recherche - - et trouve parfois - des « documents » nécessaires à son travail. Son sérieux professionnel nous fait parfois sourire. sur le sujet du stalinisme, NOUS avons publié beaucoup de " cocuments " depuis 1923 | || n'empêche qu'on ne peut pas nier le changement d'attitude par rapport à un passé pas si lointain, où il n'était besoin de nul « document » pour * prouver » que Trotsky était à la fois une • vipère lubrique » et un agent du Mikado.
(7) « En outre Trotsky en 1921 avait proposé une politique militariste et bureaucratique qui n'aurait pas contribué, c'est le moins qu'on puisse dire, à corriger les défauts de l'appareil soviétique dont Lénine percevait le danger sans en voir nécessairement toutes les conséquences. » (p. 55)-
(8) Sur le plan international il n'y avait pas d'autre alternative que la coexistence pacifique COMME LE RECONNAISSAIT TROTSKY LUI-MEME dans une conversation avec le sénateur américain King publie dans les Izvestla le 30 septembre 1923. • Nous n'intervenons pas dans les guerres civiles étrangères. C'est bien clair, nous ne pourrions intervenir qu'en déclarant la guerre à la Pologne. Mais nous ne voulons pas la guerre... si nous pouvions donner la victoire à la révolution allemande sans courir le risque d'entrer en guerre, nous ferions tout notre possible. Mais nous ne voulons pas la guerre... Seule est capable de vivre la révolution qui réussit par ses propres forces.
surtout quand c'est un grand pays qui est en jeu. • (page 65). Il faut quand même s'appeler Ellenstein pour chercher a faire de Trotsky le fondateur de la thèse du « socialisme dans un seul pays!
(9) Voilà la façon critiquée par le « lecteur grenoblois » de France Nouvelle - dont Ellenstein démontre le mécanisme de l'amalgame stalinien : 1) la bourgeoisie veut détruire T'U.R.S.S.: 2) Trotsky critique /'U.R.S.S. Trotsky est le fer de lance de la bourgeoisie; 4) ceux qui sont trop complaisants avec le trotskysme aident Trotsky, donc la bourgeoisie.. » (page 97).
(10) - Prenons le Comité central élu au X|• congrès, le dernier tenu Sur 26 membres tre eux furent sinés (ou contr der). déportés 6 membres du de Lénine... titulaires, 17 d'enexécutés, assasaints de se suicipar Staline et Politburo de 1922
(11) Nul doute qu'un spécialiste ne soit intéressé par l'orthographe et la ponctuation d'Ellenstein : il met toujours une majuscule à Parti (de l'Union soviétique) ainsi qu'a sa Direction, tout comme au XX* Congrès. Par contre, il parle de la Démocratie en minuscule ce qui est contradictoire, il faut le préciser, avec ses thèses ! Il met des guillemets aux « discussions - du «feuillet de discussions - décidé par la direction du Parti encore bolchévik | Quant aux " opposants », ils ont droit à des guillemets avant la terreur policière et les perdent une fois que la répression a fait son cuvre !
(12) « Je ne l'admets (l'expression : stalinisme) que dans le sens indiqué par Louis Althusser de déviation théorique du marxisme qui a marqué (au passé l) le mouvement ouvrier international pendant plusieurs dizaines d'années. - France Nouvelle du 14-7-75.
(13) = ...Un Etat dont le contenu de classe demeure celui de la classe ouvrière mais qui se manifeste sous la forme d'un Etat autoritaire, sous la dictature de Staline, c'est historique situe nous le tems et dans l'espace (spatio-temporel). * (France Nouvelle, du 14-7).
(14) Nous disons « félin » ce qui est plus « fraternel » que « hyène » ou • chacal puant » ou autres hornotre endroit, des années durant reurs pires encore vitupérées à par les collègues-camarades de notre auteur.
(15) * Thorez vie secrète et vie publique », Philippe Robrieux, Fayard, 1975, 660 pages.
(16) Thorez qui n'hésita pas à avoir avec Molotov et Mao luimême ce qu'il faut bien appeler des relations fractionnelles, afin d'endiguer la vague de " déstalinisation ».
(17) - Totalitai marade anti -n'avons jamais. ployé ce mot-l courante par une fonction b re » ? Peste ! Castalinien, nous quant à nous, emà dont l'utilisation la bourgeoisie 8 ien précise : celle d'englober en une seule catégorie tous les « régimes autoritaires »
en présence
Vilivres non fondés sur la démocratie parlementaire, qu'ils soient fascistes ou... stalinien l Quelle concession.... significative d'une tendance dangereuse mais courante pour toute • critique du stalinisme - non appuyée sur les acquis du trotskysme.
(18) Comme on comprend souci qu'Ellenstein va exposer, on écrits actuels sur l'union de la gauche et les «efforts incessants - du P.C.F. pour aboutir au programme commun et à l'unité d'action avec le P.S., cette période sectaire où l'I.C. et donc le P.C.F. qualifiaient le P.S. de « social-fasciste » n'est jamais évoquée : il y a et continue, dans " l'Union constituant un vivant de • l'é bas qu'il « étai titie de la part
(27) L'Humani
(28) Chacun de Ellenstein d do de son part une « ligne rouge -comme dit Fajon est un combat», témoignage bien cole stalino-thorét parfaitement jusde Staline ». lé du 1975. omprendra la joie 'écrire dans l'hebi un 14 juillet | On remarquera aussi qu'il dispose d'une grande page pour répondre librement, fougueusement, démocratiquement à ses interlocuteurs. débat Y F.N. n'a reçu que deux Mais aura-t-il une suite au lettres.
(29) Voilà qui promet de faire un chouette historien | Si cet «étudiant de Grenoble •. Tony Manessis, devient prof, ne pas lui confier vos enfants ! raient d'être gagnés par ce • dogmatisme stalinien • qu'Ellenstein réprouve... 1
(30) Bravo, camarades de la
L.C.R.
(31) 1
Nouvel devoir le mc de Grenoble ! .e typographe de « France a dû être si ému de acorder les lettres formant t trotskysme qu'il écrivit l'habitude (re)i le che et à droite : Hincker et Manessis vont peut-être se coordonner pour vérifier ce point.
(34) Et où ce brave garçon "laurait-il appris ? Au lycée ? l'école de formation du P.C. ?
(35) Allons bon | On aura décidément tout vu, même un membre du C.C. du P.C.F. défendre Trotsky contre les trotskystes ! Un novateur ce Ellenstein I
(36) Compris, Hincker ?
le verra de pédagogie marades plus et quasi obtu
(19) Entendo infiniment avec l'un ses catraditionnel que lui, ns par là, évidemment, la prise pouvoir, électorale gauche.
• blancs, la à l'union victoire de la ontre les contrerévolutionnaires durant 1 ceux-ci sava civile que la « terreur blanche ».
(21) C'est obstination cette
EUTE guerre lent dépar part l'article de • France lenstein traite les 1975 — à disting ment de ceux d'il ans - de - passe P.C.F. : il sera pas du d'effets, au rejet
Elplus « efficace », être * passéiste * soit | Nous assumons 1 Nous sommes des marxistes - léninistes - bolchévikstrotskystes-passéistes... des révolutionnaires en somme !
(22) « Staline exprima avec netteté dès 1925 l'idée qu'il fallait construire le socialisme dans un seul grand tort de ne pas comprendre pays L'opposition.. a la nécessité de ce mot d'ordre clair et accessible al rurales parce qu'elle le renoncement à la lutionnaire offensive l'aventure. » (page 64).
(23) N'en déplaise à ses épigones européen: tent, en vain, et pour trouver une coupure rad la ligne politique du • g père des peuples. e « noire - du • réviso -chev.
massest masses impliquait lerre révo: DONC à Mao et à 1, qui tencause, de icale entre lénial petit : la ligne Khrouchtchev.
(24) Dans leurs discours et zienne de la falsification ».
(25) Tiens ! Pour le Vil• - et dernier — congrès de l'I.C., la majuscule a disparu I
(26) C'est-à-dire, probablement. du pacte germano-soviétique, dont on apprend qu elques lignes plus zienne de la falsification ».
(25) Tiens ! Pour le Vil• - dernier — congrès de l'I.C., la i insurrectionnelle du majuscule a disparu I opposée
(26) C'est-à-dire, probablement.
de du pacte germano-soviétique, dont
(20) La terreur dirigée o et les autres.
clenchée notamment au moyen de probablement de notre que, dans son livre et dans
Nouvelle », trotskystes de uer soigneusey a cinquante listes ». Pauvre sé directement.
culte de Lénine non progressif de ses théories - rejet beaucoup plus cohérent avec la pratique. Et bien, si tenter d'appliquer une stratégie leniniste de prise du pouvoir, c'est
« trotoskysme »...
viendra l
(32) Au début, il remercie
«camarade Manessis » pour ses critiques.
(33) Ellenstein, garde-toi à gau-