Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 14

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Quatrième Internationale, nouvelle série n° 14 · 15 avril - 15 mai 1974 · p. 30-31 · 1 892 mots

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AU LECTEUR... Les conditions de réalisation technique des deux derniers numéros ont été extrêmement difficiles, cela étant du aux travaux effectués dans nos locaux et à l'arrivée de nouvelles machines de photocomposition. D'importantes erreurs de frappe et de montage se sont glissées dans ces numéros. Nous les rectifions aujourd'hui. Nous demandons au lecteur de bien vouloir nous excuser, nous veillerons à ce que cela ne se reproduise plus. Revue 14 page 17. Article de Rousset : il faut lire (lere colonne) : " l'organe du FNL et celui du PCV" Revue N*7.8 p48 3e col. 27e ligne d'en bas la création de sociétés mixtes p49 2e col, 4e ligne d'en bas l'interêt privé des bureaucrates 30 page 6 jere colonne ARTICLE : « Pour que la France ne soit pas le Chili » Michel LEQUENNE

Q.I. N° 13 P. 10, 3 ème colonne

2) La guerre subversive. 8 ème ligne lire « l'armée doit être composée de citoyens...» pour dissuader les propriétaires récalcitrants ou les saboteurs ». Les saboteurs, c'est à dire les ouvriers qui auraient voulu travailler pour venir en aide au gouvernement. Conception cohérente de la « libe.té du travail » si chère à toutes les bourgeoisie.. quand elle doit s'exercer contre les travailleurs.

CE N'ETAIT PAS SI FATAL Pas un mot, dans ces articles, pour suggérer une possible autre politique. A les lire, il semble qu'il y ait là une malheureuse mais inévitable fatalité. Mieux, Garces dit encore:

« C'est l'existence d'un corps armé professionnel, démocratique dans ses convictions et sa pratique, qui a permis le début d'un processus révolutionnaire par la voie politique institutionnelle et sa poursuite pendant deux ans et dix mois ».

Il parle ici du «secteur» qui fut éliminé en 1973. Mais pendant trois ans, c'est de toute larmée qu'il fut question en ces termes ambigus qui reviennent si facilement sous sa plume: toute l'armée était un exceptionnel modèle démocratique. Il apparait maintenant que c'était encore de la pommade pour amadouer les prétoriens qui en devaient bien rire. Les autorités de l'Unité Populaire ne se dupaient pas sur leur compte, nous assurent les survivants. Soit ! Ils se contentaient de duper les masses et leurs alliés et dénonçaient comme «aventuristes» les »gauchistes» trop lucides qui jetaient l'alarme.

Mais il reste qu'en 1970, et contrairement à la thèse de Garces, les conditions n'étaient pas telles que militaires auraient pu faire, dès la prise du pouvoir de l'Unité Populaire, ce qu'ils ont fait en 1973. Les preuves en sont dans les lignes mêmes qui veulent prouver le contraire.

« Il convient de rappeler que le bloc capitaliste tenta un coup militaire avant que le président Allende ait pris le pouvoir ». L'échec prouve que 1970 n'équivaut pas à 1973. Mais c'est que « le hasard voulut que le commandant en chef, René Schneider, fut de ceux-là ( du secteur militaire qui se définit en fonction de la pratique démocratique ) et refusat toute compromission. Si la personnalité du commandant en chef de l'armée avait été autre, le gouvernement de l'Unité Populaire aurait été vaincu par les armes avant d'entrer en fonctions, et un régime de droite autoritaire se serait implanté au Chili des Octobre 1970 ».

Admettons encore une fois ! Mais ce hasard, il fallait le saisir. Une direction incapable de mettre le hasard de son côté ne mérite pas le titre de révolutionnaire.

CE QU'ON AURAIT PU FAIRE La stratégie élémentaire commande d'exploiter rapidement les succès, d'assurer les positions de force, Allende et l'Unité Populaire ne pouvaient pas douter de l'hostilité universelle de l'impérialisme à leur expérience. Ils ne pouvaient pas douter de ses formidables moyens. Ils ne pouvaient pas compter amadouer la bourgeoisie chilienne. Ils ont pourtant réagi comme s'ils croyaient tout cela.

Certes leurs forces étaient limitées en 1970, mais ils ne pouvaient guère espérer les augmenter parmi les classes populaires, déjà en masses sans précédent derrière eux, sinon par une politique hardie capable de souder les intérêts ouvriers, des paysans pauvres et des couches les plus modestes de la petite bourgeoisie. Ils devaient prévoir l'inflation, la crise économique, et par conséquent, ses dangers pour leur base sociale même. Donc, ils devaient broyer les adversaires susceptibles d'en faire un instrument de retournement de la situation contre eux. C'était le moment à saisir, le seul.

A aucun moment il n'était plus difficile à l'armée d'intervenir que dans les mois où le mouvement impétueux des masses portait dans l'enthousiasme l'Unité Populaire au pouvoir, dans la formation, dans tous les corps d'armée de comités de soldats, chargés, entre autres tâches, de contrôler étroitement leurs officiers: désigner dans tous les états-majors des commissaires politiques de l'Unité Populaire; destituer

ARTICLE REVUE N° 13 d'EDGARDO PELLEGRINI Mouvements fascistes et fascisme au pouvoir Page 25, 2 ème paragraphe : lire :

2. Le fascisme est un système étatique particulier, base sur l'élimination de tous les éléments de démocratie prolétarienne... 3 ème paragraphe

La différence entre ces deux définitions n'est pas faible. La première est essentiellement subjective (et comme nous le verrons, très générale). La seconde objective... 4 ème paragraphe, 4 ème ligne posent ici le problème du mouvement fasciste... 9 ème ligne ...également dans leur autonomie. 7 ème paragraphe « Ridicule était le discours sur le « Fanfascisme »... Page 26. Les paragraphes sont inversés (voir fac similé) Page 28, 2 ème colonne, 2 ème paragraphe, 6 ème ligne. « carnage d'Etat » à la place de « coup d'Etat » (Cela signifie que le carnage de Milan (les bombes du 12.XII.1969) a été avploité part l'apparei u etat, qui connaissait très bien que les meurtriers étaient des fascistes, pour déclencher une chasse aux sorcières à gauche, avec la fausse inculpation de Valpreda. Cela est bien différent d'un COUP d'ETAT !) 3 ème colonne, 3 ème ligne d'ordre doit être lancé... dernier paragraphe Est-ce que nous désirons 30 décembre 1972 p 26 les paragraphes s'organisent comme suit:

« Du fascisme, la bourgeoisie exige un travail bien fait ». A partir du moment où elle a admis les méthodes de guerre civile elle veut avoir la paix pour plusieurs années . Et l'agence fasciste se servant de la petite bourgeoisie comme d'un bélier et détruisant, tout sur sa route, continue son travail jusqu'au bout. La victoire du fascisme porte à l'accaparement direct et immédiat par le capital financier de tous les organismes et de toutes les institutions de domination, de direction et d'éducation : l'appareil d'état et l'armée, les administrations communales, les universités, l'école la presse, les syndicats, les coopératives sciser lF.tat ne signifie pas seuleme « mussoliniser » les formes et les mét es de direction (les mutations sont sur ce point finalement se. condaires) mais surtout détruire les organisations ouvrières, réduire le prolétariat à un tel état amorphe, créer un système d'organisations qui pénètrent profondément dans les masses et sont destinées à empécher toute cristallisation indépendante du prolétariat. C'est en cela que réside l'essence du régime fasciste » (Et maintenant ? ).

La voie de la fascisation est toutefois longue et tortueuse. S'il perd l'appui militant de la petite bourgeoisie, le fascisme se trouve vite en difficulté. C'est ce qui lui arrive aussi en Italie où, s'il n'était pas revitalisé de l'étranger, par la victoire nazie en Allemagne, le régime ne pourrait sortir d'une impasse

Mais nous sommes encore loin d'une véritable reprise du mouvement de masse. L'opposition des pêcheurs et des petits paysans est plus dure, mais elle ne trouve pas non plus de concrétisation politique. Leur opposition se manifeste par la destruction de produits (poissons ou primeurs) préférée à la vente à des prix imposés par le gouvernement. Ceci conduit à des importations de l'étranger.

L'opinion publique petite bourgeoise est mécontente de l'augmentation permanente des prix et l'état désastreux des transports. Dans le secteur public, il y a eu des grèves d'employés et des manifestations de retraités. Dans l'ensemble, on peut dire que la junte n'a pas réussi à se faire, dans aucun secteur de la population, une base de masse ».

Et c'est là l'élément decisif : manquant d'une base de mass a junte n'a pas réussi à créer ses organis dons propres (corporations, milice jeunesse nationale) qui sont une garantie sontre une réorganisation indépendante de la classe ouvrière en syndicats ou organisations politiques.

l'absence d'une politique capable de contenter la petite bourgeoisie, les petits commerçants ruinés... éléments décisifs pour leur maintien au pouvoir contre les « rouges » qui les menacent est un autre facteur qui ne permet pas de parler de fascisation.

Reprenons Trotsky et voyons comment il développe le concept central de la définition donnée plus haut : « Les effectifs déterminants du fascisme sont constitués par la petite bourgeoisie et la nouvelle classe moyenne quy ser Mormée : petits artisans, et petits commerc ts urbains, fonctionnaires, emplorés, ahniciens, intellectuels, paysans ruirés... la masse principale du fascisme est compesée d'une poussière d'humanité » (la clé de la situation est en Allemagne).

Trotsky le prédit avec une grande lucidité « deux ans après sa naissance, le fascisme est arrivé au pouvoir. Ses positions se sont consolidées grâce au fait que la première période de sa domination a coincidé avec une conjoncture économique favorable faisant suite à la dépression des années 1921-22. Les fascistes ont écrasé le prolétariat en retraite gráce à la force offensive de la petite bourgeoisie. Mais cela ne s'est pas fait d'un seal co Bien qu'étant déjà au pouvoir, Mussolin procédé avec une certaine prudence : i Tavalt pas encore de modèle tout pret. Pendant les deux premières années, la constitution ne fut même pas modifiée. Le gouvernement fasciste était un gouvernement de coalition. Parall: element, les bandes fascistes oeuvraient avec des bâtons, des couteaux, des revolvers. L'Etat fasciste ne se constitua que petit à petit avec l'étouffement total de toutes les organisations de masse indépendantes.

La définition de Staline tombe à pic par exemple, pour la Grèce actuelle, mais on peut difficilement affirmer que la junte des colonels a réussi à instaurer un état fasciste. Le camarade Psaradellis a donné une appréciation précise dans son interview à Bandera Rossa, après sa fuite de Grèce :

« Les ouvriers s'opposent à la dictature, mais il n'y a pas encor une organisation ayant la force de capter cette opposition qui reste sur un plan individuel. Malgré la politique andi-ouvrière de la junte qui permettrait des réactions d'une certaine envergure, la défaite de 67 continue à peser lourdement. On assiste à des arrêts spontanés, à de petites grèves sauvages qui permettent même une certaine radicalisation en secteur ouvrier de la part d'organisations de la gauche révolutionnaire ».

Et encore : « Le fascisme unit et arme des masses dispersées: d'une poussière d'humanité (selon notre expression) il fait des groupes de conf n ce sens, il donne a la petite bourgec sentiment d'être une forme indépe Et celle-ci commence à penser qu'elle donnera effectivement des ordres • l'Etat » (Où va la France?).

Mussolini y est parvenu au prix de la bureaucratisation du parti fasciste. Après avoir utilisé la force de la petite bourgeoisie, le fascisme l'étrangle dans les tenailles de l'Etat bourgeois. IL ne pouvait pas agir autrement parce que l désNlusion des masses qu'il avait rassembl devenait pour lui un danger immédlat. L scisme bureaucratisé se rapprocha beaucoup des autres formes de dictature militaire et policière. Il n'a plus en sa base sosiale précédente. Sa réserve principale, la petite bourgeoisie, s'est épuisée.

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