Documents de la IVe Internationale

Conférences, congrès et résolutions, dans leur texte français

La revue › nouvelle série n° 7-8

La révolution cambodgienne et le sihanoukisme

Pierre Rousset · Quatrième Internationale, nouvelle série n° 7-8 · mai-août 1973 · p. 61-63 · 2 980 mots

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Le Cambodge, dernier engagé dans la seconde guerre d'Indochine, occupe aujourd'hui une place toute particulière. Celle de l'avant poste de la lutte militaire des peuples laotien, vietnamien et cambodgien, contre l'impérialisme US. C'est au Cambodge aussi que les forces fantoches apparaissent les plus faibles, incapables même de sortir de leur crise politique et gouvernementale alors que leur survie ne tient qu'à l'ampleur de l'engagement de l'aéronavale américaine. Trois ans se sont écoulés depuis le coup d'Etat de Lon Nol qui renversa Sihanouk. Trois ans qui virent un complet bouleversement des rapports de forces. Une profonde solidarité objective a toujours lié les trois pays de l'ancienne Indochine francaise au cours des deux résistances contre le colonialisme et l'impérialisme. Solidarité symbolisée par un rythme commun de l'histoire qui, des révolutions d'août et septembre en 1946, de la recon quête française à la conférence de Genève de 1954 et à la conférence au sommet des peuples indochinois d'avril 1970, a marqué l'évolution de chacun d'entre eux. Mais cette solidarité ne doit pas faire oublier la specificité propre aux développements révolutionnaires vietnamien, laotien et cambodgien. Le FUNK n'est identique ni au FNL, ni au Néo-Lao-Haksat. Il est le produit d'une histoire trés particulière, propre au Cambodge et non seulement de l'extension aux trois pays d'Indochine de la confrontation americano-vietnamienne et de l'approfondissement de la révolution vietnamienne. 1953-1954 : LES ORIGINES DU SIHANOUKISME Cette spécificité du Cambodge apparaît clairement avec les accords de Genève qui sanctionnent l'établissement d'un régime « neutraliste », organisé autour de Norodom Sihanouk, alors qu'au Vietnam, divisé en deux zones, deux régimes antagonistes, communiste au Nord et fantoche au sens propre au sud, se font face et qu'au Laos, un gouvernement à 3 composantes (extrême-droite, « neutraliste », extrême-gauche) est mis en place et vole rapidement en éclats. Le régime de Sihanouk ressemblera plus à celui de Nasser qu'à ceux des autres pays indochinois. Pour le comprendre, il faut revenir sur ses origines. L'indépendance du Cambodge sera plus négociée qu'enlevée par une longue lutte armée révolutionnaire. Norodom Sihanouk est fait roi par les Français en 1941. Ils le préfèrent à son oncle Sisowath Monireth qu'ils craignaient de ne pas pouvoir assez bien contrôler. Sihanouk est alors âgé de dix-neuf ans et apparemment malléable. Mais la destruction de l'administration française (vichyste) et japonaise en 1945 permettra à Sihanouk de proclamer l'indépendance, puis de négocier un statut d'« Etat autonome au sein de l'Union Française » au retour des français en 1946. Le retour des forces françaises provoquera la constitution de maquis « Khmer Issarah » (khmer libres). Ils n'atteindront jamais l'ampleur des maquis vietminh, ni leur homogénéité politique. Certains éléments kmer issarah forment en 1947 le parti démocrate, d'autres sont liés aux thailandais, d'autres - l'essentiel - avec Son Ngoc Minh, forment le « gouvernement de résistance » et le « Front Uni National du Cambodge Libre ». Ce sont les maquis khmers issarah d'extrême-gauche. Cette faiblesse relative des maquis permettra à Sihanouk de faire la balance entre eux et les Français. Si l'indépendance ne nous est pas accordée, menaçait-il, la lutte armée risque fort de s'étendre à tout le Cambodge. Pour les Français, la guerre d'Indochine forme un tout. Ils craignent de voir un nouveau front s'ouvrir à l'ouest alors qu'ils sont déjà en difficulté au Vietnam et au Laos. Finalement, le 8 novembre 53, ils cédent : l'indépendance formelle contre le droit aux troupes françaises de traverser la frontière cambodgienne pour « poursuivre » les éléments de l'armée populaire de libération du Vietnam et l'engagement par l'armée royale de Sihanouk d'une campagne militaire contre les maquis khmers et vietnamiens. C'est donc 8 mois avant la conférence de Genéve que le Cambodge accède à l'indépendance. Et Sihanouken apparait être le père. Ce qui lui permettra d'exclure l'extrême-gauche armée des négociations de 1954. Ce retard du • développement révolutionnaire cambodgien relativement à la profondeur acquise par la lutte au Vietnam s'explique probablement par la réalité propre du royaume khmer et des formes qu'y a prises la colonisation. Déjà entre les deux guerres mondiales, le Parti Communiste Indochinois était composé en grande majorité de vietnamiens. Il n'existe pas au Cambodge les mêmes traditions millénaires de résistance populaire et nationale qu'au Vietnam. Et la question agraire pesait d'un poids plus faible. Alors que la faim de terre a fait du paysan vietnamien un colonisateur, du peuple vietnamien un peuple en expansion, au Cambodge le rapport population/terre cultivée était beaucoup plus équilibré. L'exploitation du paysan se faisait essentiellement par le biais de L'usure, de la commercialisation, de l'impôt et de la corruption institutionalisée. Malgré de récentes différenciations sociales il restait donc un pays de petite propriété terrienne. Par ailleurs, Paris fut déçu, après la colonisation, de la pauvreté économique du Cambodge. Il en fit l'arrière pays de la Cochinchine. Et le royaume kmer ne connut même pas l'industrialisation toute relative qui permit l'émergence d'une classe ouvrière peu nombreuse mais concentrée. Le seul prolétariat cambodgien était le prolétariat des grandes plantations. UN REGIME BONAPARTISTE Le nouveau régime est bâti autour de la personnalité de Norodom Sihanouk. Son prestige est immense. Il descend des rois d'Angkor, roi de droit divin. Il bénéficie d'une longue tradition d'Etat centralisé. Il est le père de l'indépendance, le pére de la patrie. Sihanouk se plait à renforcer cette image que la paysannerie cambodgienne a de lui. Il fait le vide autour de lui, écarte le parti démocrate du pouvoir, crée le Sangkum Reastr Niyum (la communauté socialiste populaire) qui devient de fait le parti unique. La « Jeunesse Socialiste Royale Kmere » permettra l'encadrement de la jeunesse scolarisée et la surveillance du corps professoral. Il s'appuie sur la puissance du mouvement bouddhiste qui structure le village et lui apporte son appui. Bonaparte, Sihanouk est la clé de voûte d'un système de gouvernement pyramidal et bureauctatique. Sihanouk va alors s'appliquer à développer une politique de « neutralité » extérieure et de développement économique, rapidement fondé sur un secteur d'Etat. Il lui faut d'abord résister aux pressions américaines, qui veulent le faire entrer à l'OTASE. Mais le bonapartisme, né du prestige gagné lors de l'indépendance par Norodom Sihanouk, ne peut s'accomoder d'une alliance ouverte avec l'impérialisme américain. Des lors, le régime cambodgien sera en butte aux attaques et pressions des forces pro-impérialistes, complot de la CIA, pressions thailandaise et kmer serei, revendications territoriales des - fantoches saigonnais. Sihanouk riposte par la rupture des relations diplomatiques avec les USA (1965) et la nationalisation des banques et du commerce extérieur (1963). Mais l'équilibre national et régional des classes et forces politiques sur lequel le régime est fondé s'érode rapidement. LE COUP D'ETAT DE 1970 Le développement économique permis par le régime fait naître une opposition entre la partie des classes dominantes intéressée au développement du secteur d'Etat et celle, plus directement liée aux forces impé rialistes, qui réclame la privatisation de l'économie et donc l'entrée du Cambodge dans le camp américain. Sirik Matak représente cette dernière tendance. Parallélement le développement de la guerre d'Indochine (la « guerre locale » débute en 1965) rend toujours plus difficile le maintien de la neutralité. Et les exigences américaines se font toujours plus pressantes. Sihanouk cède du terrain. En 1966, il autorise des « élections libres » (dont il n'a pas choisi les candidats) qui, portent à l'assemblée une majorité de droite. En 1969 un nouveau gouvernement Lon Nol est nommé qui dénationalise le commerce extérieur et les banques et engage une répression contre les maquis « khmers rouges » qui se développent depuis 1967. Mais Sihanouk se refuse toujours à basculer carrément dans la camp américain. La droite cambodgienne profitera alors de son voyage en France, en 1970 62 pour le démettre. C'est la fin du sihanoukisme. LA FONDATION DU FUNK Sihanouk pouvait alors revenir à PhnomPenh et se soumettre. Ou prendre villégiature sur la Côte d'Azur pour y finir ses jours paisibles à l'image de Bao-Dai. Le gouvernement français le lui avait offert. Il décidera de lutter et de se lier à ses ennemis d'hier: les communistes cambodgiens. Le coup d'Etat a lieu le 18 mars. Le 23, il lance son appel à la révolte et à la lutte armée depuis Pékin. Son effet sera immense : la paysannerie bascule dans l'opposition au nouveau régime et la résistance connait un développement spectaculaire. Et les « khmers rouges » se voient portés à la tête de cette nouvelle révolution. Le noyau originel des « khmers rouges » vient du Parti Communiste Indochinois. A sa dissolution aprés la seconde guerre mondiale, is fondent le Prachéachon et dirigent l'essentiel de la résistance « khmer issarah ». Sacrifiés politiquement par les accords de Genève, il semble que nombre d'entre eux se replient alors vers la RDVN, dont Son Ngoc Minh. Le prestige de Sihanouk leur laisse peu d'espace pour agir, mais ils réapparaissent bientôt, au travers d'une agitation diffuse et refusent de se fondre dans le Sangkum Reastr Niyum. Dès 1956, des dirigeants du Prachéachon expliquèrent à W. Burchett que l'avenir du régime serait dominé soit par le ralliement de Sihanouk aux USA, soit par son élimination (1). En 1963, la répression s'aggrave et certains intellectuels dirigeants d'extrêmegauche disparaissent de Phnom-Penh, tels • leng Sary, Son Sen, Salot Sar, Ils vont alors préparer les zones de résistance. En 1967, une révolte paysanne se déclenche à l'ouest du Cambodge, dans la province de Battambang dans la région de Samlaut. Sihanouk, après quelques hésitations se retourne contre les « khmers rouges » accusés d'être les agents du communisme vietnamien. Trois députés disparaissent alors : les trois députés d'extrême-gauche, Khieu Samphan, HouYounet Hu Nim. Ils rejoignent les maquis qui connaîtront alors un important développement. A la veille du coup d'Etat de 1970, les « khmers rouges » n'ont pas lancé d'offensive. Néanmoins des incidents armés sont signalés dans 13 provinces sur 18 et six foyers de guerilla solides semblent exister. Les trois principales régions d'implantation de ces maquis se trouvent dans l'est, près de la frontière vietnamienne, dans le sud (région de Sihanoukville) et dans le sud-ouest (chaine des Cardamones). La dispersion de leurs actions militaires et l'éloignement des principaux foyers de guerilla d'avec la frontière vietnamienne, suffisent à montrer l'indépendance et la spécifité de l'histoire des « khmers rouges » par rapport au FNL vietnamien. Au lendemain de l'appel de Sihanouk, les « khmers rouges » sont les seuls à offrir la levée en masse de la paysannerie, un cadre organisationnel, politique et militaire au-

POUR VICTO BE L REVOL TION INDO. HINDI tour duquel la résistance peut s'organiser. Le FUNK naitra d'abord de la rencontre de ces deux courants : l'ancien noyau des maquisards communistes et la paysannerie sihanoukiste. Il sera rejoint plus tard par une partie de l'opposition intellectuelle et ouvrière urbaine qui espérait en 1970 dans le coup d'Etat de Lon Nol, l'établissement d'une république libre et démocratique. Cette rencontre fut voulue par les dirigeants des maquis : immédiatement après l'appel lancé de Pékin par Sihanouk, Hou Youn, Hu Nim et Khieu Samphan signifiait publiquement leur accord. L'EVOLUTION DU FUNK Le FUNK est donc au départ fort hétérogène. Deux facteurs vont cependant peser dans le sens de l'homogénéisation : les données même de la guerre de libération nationale d'abord qui impose, pour la mobilisation de la paysannerie et des masses urbaines de la concevoir comme guerre révolutionnaire. Le FUNK s'est notamment attaqué à ce qui formait le socle de l'exploitation paysanne : l'usure. De plus, le mouvement coopératif est aujourd'hui engagé dans les zones libérées. Les mesures prises à la naissance du FUNK ensuite. Au début du mois de mai 70, une conférence nationale du peuple cambodgien se réunit à Pékin dont les délégués, selon Burchett (« La seconde guerre d'Indochine », page 80), avaient été désignés par les dirigeants de la résistance intérieure au Cambodge La prépondérance dans les décisions revient à ces derniers et non aux ministres du GRUNK établis à Pékin. Les principaux postes sont donnés à d'anciens khmers rouges : Khieu Samphan est vice-premier ministre, ministre de la Défense Nationale et commandant en chef des FAPLNK ; Hou Youn est ministre de l'intérieur, des réformes communales et des coopératives ; Hu Nim est ministre de l'Information, Saloth Sar est vice-président du

Haut-Commandement Militaire et chef de la direction militaire de l'armée, leng Sary est l'envoyé spécial de la résistance intérieure a Pekin etc... Sihanouk reconnait lui-même cette évolution. Quand Lacouture lui demande dans quel sens s'opère la fusion des diverses composantes du FUNK, Sihanouk répond : « Dans le sens révolutionnaire, à coup sûr. L'élément sihanoukiste proprement dit était probablement à l'origine, l'élément prépondérant, au moins le plus nombreux. Mais le sihanoukisme sans Sihanouk présent au combat sur le terrain n'a pas à coup sûr la vigueur du courant de gauche. Celuici dispose de cadres entrainés, de chefs valeureux et luttant coude à coude avec les combattants. La synthèse ne peut se faire qu'en ce sens. Je ne m'en plains pas » (2). La direction du front incombe aux « kmers rouges », c'est-à-dire aux militants communistes du Prachéachon. Le FUNK rejoint en cela les autres fronts de libération de la péninsule indochinoise. UNITE ET PROBLEME A cet homogénéisation correspond une unité qui semble réelle quand aux tâches actuelles de la lutte. Rien ne permet de discerner des divergences entre « kmers rouges » et « sihanoukistes » quant aux objectifs et aux méthodes de combat nécessaires pour obtenir la victoire contre Lon Nol et les USA. Les réprésentants du FUNK insistent sur cette unité. Et ils ont probablement raison. Mais le problème ne se réduit évidemment pas à cela. Quand Sihanouk déclare à Pékin qu'il préfère, à tout prendre, les américains aux soviétiques, il développe une idée qui est plus proche des analyses maoistes que de celle des communistes vietnamiens. Cette idée est-elle partagée par le Prachéachon ? Il est difficile de le savoir. Or le problème est d'importance, car l'idée maoiste selon • laquelle l'ennemi principal

URSS est lourde d'implications négatives en ce qu'elle interdit de mener une politique conséquente à l'échelle internationale pour imposer un front uni minimum en défense de la révolution indochinoise aux Etats ouvriers, si dégénérés soient-ils, et au mouvement communiste officiel. Mais plus fondamentalement, l'hétérogénéité du GRUNK peut réapparaître au lendemain de la victoire. Que feront alors Sihanouk et ses ministres Pen Nouth, Chau Seng etc... Sihanouk ne cache pas le problème et donne une réponse : « Le sihanoukisme est dépassé, je l'ai dit vingt fois et je le répéte... mon rôle devra être réduit... « J'ai été roi... J'ai été doté d'un tempérament plutôt autoritaire et explosif dont je me méfie.. Les nécessités du combat constituent un ciment (à ma coopération avec les révolutionnaires). La auerre finie nous risquons d'avoir des points de vue différents, ne serait-ce qu'en raison de nos origines et de nos formations respectables. Je ne veux à aucun prix entrer en conflit avec les hommes qui auront contribué au premier chef à sauver l'indépendance du Cambodge face à l'impérialisme. Comme vous le savez, on fait exploser les bombes atomiques dans les déserts : mon tempérament explosif se trouvera bien d'être maintenu dans une sorte de retraite, pour éviter des heurts dont chacun aurait à pâtir. Pour emprunter un exemple à l'histoire récente de l'Asie, disons que je préfère être Sun-Yat-Sen que Tchiang-KaiChek, le père de la révolution dont on promènera le portrait... plutôt que le chef du parti contre-révolutionnaire ! » (Sihanouk, Lacouture page 158-159) Sihanouk pourrait en effet au lendemain de la victoire, cristalliser autour de sa personne les oppositions politiques, religieuses ou sociales au Prachéachon. (3) Mais plus que les déclaration de Sihanouk, ce qui pèsera dans la balance ce sera l'ampleur du processus révolutionnaire (aussi bien sous son aspect social que national)

engagé au Cambodge et l'intégration de cette révolution cambodgienne dans un ensemble plus vaste, la révolution indochinoise. La première résistance a indiqué l'avenir de ces luttes avec la création de l'Etat ouvrier du Nord-Vietnam. Mais le poids des grandes puissances du « camp socialiste » et de la politique de coexistence pacifique avait provoqué la suspension de ce processus de révolution permanente à mi-course. D'où la naissance d'un régime comme celui de Sihanouk. La seconde résistance a pris le relais. Elle se c oncluera dans la révolution socialiste indochinoise.

Pierre Rousset (1) W. Burchett : « La seconde guerre d'Indochine », Seuil, page 56. (2) « L'Indochine vue de Pékin », SihanoukLacouture, page 124. (3) Cette question est franchement abordée par Sihanouk dans une interview donné au « Nouvel Observateur » (N° 429, du 29 janvier au 4 février 73) : « Question (N.O.) : Votre position ne serait-elle pas plus forte si vous étiez non pas à Pékin mais au Cambodge, parmi les révolutionnaires, comme le prince Souphanouvong au Laos ? S. Sihanouk : J'ai maintes fois demandé, avec la plus énergique insistance, aux leaders de la résistance intérieure la permission de me rendre en zone libérée. Ils ont refusé. Mais leurs raisons ne seront plus valables quand l'aviation américaine aura cessé d'opéser en Indochine et que la paix sera rétablie au Laos et au Viet-nam. Je sais que, tout en s'abritant derrière la légitimité et la continuité de l'Etat khmer que j'incarne, les leaders khmers-rouges tiennent d'abord à parachever leur œuvre de révolution prolétarienne sur tout le territoire du Cambodge, avant de me permettre de rentrer au pays en qualité de chef d'Etat sans pouvoir. En effet, si Sihanouk rentrait au Cambodge trop tôt, une grande majorité de Khmers, y compris beaucoup d'actuels lonnoliens allergiques au communisme, ne manqueraient pas d'essayer de pour rétablir un régime se servir de lui non socialiste. J'ai dit à mes associés Khmers-rouges que je ne me prêterais absolument pas à ce jeu mais il me semble que, tout en ayant confience en ma parole d'honneur, ils aient quelque raison de craindre certains mouvements de masse préjudiciables à la consolidation de leur democratie populaire ».

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