Le texte que nous publions ci-dessus définit l'orientation générale défendue par les militants de la Liga Comunista Revolucionaria
Alors des luttes qui se sont développées dans les premiers mois de l'année en cours à l'occasion du renouvellement des
Conventions Collectives.
Un premier bilan de ces luttes et de l'intervention des révolutionnaires montre que, malgré le refus systématique du patronat et du gouvernement de faire des concessions salariales importantes et en dépit de la répression contre les dirigeants ouvriers, la lutte a payé dans toute une série de mobilisations qui ne se sont pas laissées leurrer par la négociation dans le cadre du « Syndicat Vertical ».
Mais, une fois de plus, ce n'est qu'en offrant une perspective politique pour répondre à la crise aigie du régime que les révolutionnaires sauront donner un débouché aux aspirations des masses travailleuses.
C'est à cette tâche que s'attele la L.C.R. depuis sa création en mars 1971. 50
LA SITUATION DE LA BOURGEOISIE La tentative de sortir du marasme où s'est trouvée plongée l'économie espagnole à partir des mesures de stabilisation de 69-70, s'est avérée une nouvelle fois illusoire. Tous les mécanismes capitalistes * classiques » qui avaient permis l'expansion des années 63 à 67 - l'inflation délibérée - se montrent aujourd'hui insuffisante pour e réactiver » la croissance et rompre la résistance à investir du secteur privé, provoquée par la crise monétaire internationale comme par la situation politique intérieure. Le phénomène nouveau qui se produit aujourd'hui à l'échelle internationale, qui l'on a appelé e stagflation », se caractérise par le maintien du marasme économique tandis que la pression inflationiste ne cesse de s'accroitre. La situation difficile de l'impérialisme dont la crise se développe, combinée aux perspectives de récession pour 72 en Allemagne Fédérale - un des centres de l'économie européenne -aura des conséquences évidentes sur chaque maillon de la chaîne impérialiste, particulièrement sur les plus faibles, tel l'Espagne. Pour l'Espagne, deux grandes perspectives se dessinent clairement sur le terrain économique : soit l'échec confirmé des mesures de e réactivation » conduira à une nouvelle détérioration de la situation ; soit, si se produit une relance minimale, on assistera à une nouvelle poussée inflationiste alors que le taux d'inflation est déjà aujourd'hui le double de la moyenne du reste de l'Europe occidentale. Dans les deux cas, la classe ouvrière sera confrontée avec une seule perspective, celle d'un nouveau plan de stabilisation, à nouveau « se serrer la ceinture ». Les capitalistes se voient acculés à la nécessité de réduire sans cesse leurs coûts de production, ce qu'ils entendent faire retomber sur la classe ouvrière en intensifiant brutalement l'exploitation - augmentation des cadences... - et en attaquant le niveau de vie du prolétariat - bas salaire, chômage, augmentation des prix,.... La crise qui s'approche va signifier de nouveaux coups pour le secteur de la petite et moyenne entreprise, incapable de se défendre sur un marché où la concurrence s'exacerbe. Si nous ajoutons à cela les e restructurations » qui affectent quelques grandes entreprises et des secteurs entiers de la production (mines de charbon, industrie textile du coton], nous voyons le chômage se dresser comme une menace très actuelle pour la classe ouvrière. La bourgeoisie entend augmenter l'armée industrielle de réserve pour faire pression sur les salaires. La classe ouvrière peut-elle, dans ces conditions, se laisser lier les mains par des conventions collectives 7 QUE PREPARE LA DICTATURE ? Pour contrecarrer l'essor des luttes ouvriéres, pour combattre la tendance à leur généralisation, la dictature dispose d'armes multiples. Au premier chef, elle s'efforce de restructurer son appareil institutionnel mille fois débordé : son syndicat, la C.N.S., les conventions collectives...Par là, les capitalistes cherchent à canaliser et épuiser les luttes et dévier la combativité de la classe ouvrière dans l'impasse de la e légalité syndicale ». Si cette politique a pu avoir quelque viabilité quand la dictature, en conjoncture expansionniste, se permettait des promesses, aujourd'hui que le Grand Capital voit dangereusement réduites ses marges de mancuvre, ses e instruments légaux » ne sont plus que des os désséchés aux yeux de la classe ouvrière. Face à ce débordement continuel du cadre institutionnel par les luttes ouvrières, la dictature n'a pas d'autre recours que la répression, elle n'hésite pas, s'il le faut, a ouvrir le feu comme à Erandio, Grenade, Eibar, Madrid et Barcelone. Mais le grand capital n'ignore pas que la répression est non seulement incapable de freiner durablement les luttes, mais qu'elle devient un des principaux facteurs de la tendance à la généralisation qui s'est manifestée dans les derniers combats ouvriers. C'est la seule raison qui la pousse, avant de recourir aux fusils et mitrailleuses, comme après, à tenter de canaliser les luttes dans le cadre légal. ILA REPONSE DU PROLETARIAT Il y a deux politiques qui s'affrontent. D'un côté, la politique des ouvriers unis dans la lutte pour leurs revendications de classe, avec leurs propres formes de lutte et d'organisation. De l'autre, la politique capitaliste des conventions qui s'attache à empêcher par tous les moyens possibles la généralisation des luttes, et à écraser les revendications ouvrières. Le prolétariat ne va pas rester passif devant les attaques du capital qui se profilent. Un prolétariat qui a été capable de faire reculer la dictature dans les luttes contre les Conseils de Guerre de Burgos, en acquérant une formidable expérience de la puissance des luttes généralisées, qui malgré l'Etat d'exception n'a pas désarmé, a boycotté massivement la mascarade des élections syndica les : qui à Madrid, Pampelune, Barcelone, dans les Asturies et tout l'Etat espagnol affronte chaque jour plus nombreux et plus décidé l'exploitation patronale et la dicta ture ; ce prolétariat constitue bien aujourd'hui une force capable de faire à nouveau reculer le grand capital, maintenant qu'il a pris conscience que, pour la classe ouvrière, il est possible de vaincre en généralisant la lutte. POUR LES REVENDICATIONS QUI UNIFIENT LES LUTTES CONTRE LE CAPITAL Pour s'assurer de nouvelles victoires, la classe ouvrière doit être capable d'opposer aux instruments bourgeois de répression et de contrôle des luttes, une série de revendications, formes de luttes et d'organisation qui, recueillant les aspirations les plus élémentaires des travailleurs, soient capables d'impulser une ample mobilisation de secteurs entiers du prolétariat, dans l'affrontement avec la dictature par les méthodes de la lutte des classes. Face à la vague de luttes qui se dessine. dans la perspective de leur unification, les marxistes révolutionnaires doivent engager une campagne pour les revendications ouvrières : s'attacher à leur popularisation et leur extension ; s'efforcer que la lutte pour de telles revendications débouche au niveau d'une branche, d'une zone ou d'une région, afin que les travailleurs fassent l'expérience de luttes d'ensemble. Pour tracer le cadre qui le rend possible, en nous appuyant sur l'expérience des luttes les plus avancées, nous proposons la plate-forme générale suivante, qui doit étre complétée par des revendications spécifiques par entreprises, branches ou zones ; sans se préoccuper si les capitalistes sont ou non disposés à les satisfaire, ces revendications doivent répondre d'une part aux nécessités vitales des travailleurs, mais aussi développer et étendre la lutte. Contre la montée des prix et la chereté de la vie ; contre les différenciations salariales et la multiplication des catégories ; contre Contre la montée des prix et la cherté de la vie ; contre les différenciations salariales et la multiplication des catégories; contre les salaires de famine : AUGMENTATION IMMEDIATE DU SALAIRE MINIMUM Cette revendication a déjà, dans de nombreux endroits, pris la forme de PAS DE SALAIRE INFERIEUR A 450 Pts (36 F par jour) AUGMENTATION DE SALAIRES IMMEDIATE ET EGALE POUR TOUS qué dans les luttes de SEAT, EATON... s'est concrétisée en AUGMENTATION IMMEDIATE DE 3.000 pts (240 F) PAR MOIS SANS DISTINCTION DE CATEGORIE, AGE OU SEXE. Ces revendications constituent les premiers pas vers notre exigence fondamentale UN SALAIRE BASE SUFFISANT INDEPENDAMMENT DES PRIMES ET HEURES SUPPLEMENTAIRES Contre les journées épuisantes et les heures supplémentaires : SEMAINE DE 40 HEURES SANS DIMINUTION DE SALAIRE NI AUGMENTATION DES CADENCES La lutte pour cette revendication est aujourd'hui inséparable d'une exigence commune contre les licenciements et la menace du chômage : REPARTITION DES HEURES DE TRAVAIL ENTRE LES BRAS VALIDES, SANS DIMINUTION DE SALAIRES. Contre la resquille de la « Sécurité Sociale » : 100 % DU SALAIRE REEL EN CAS D'ACCIDENT OU DE MALADIE. CONTRE LA REPRESSION Dans les conditions actuelles, se battre pour ces revendications signifie aussi préparer sa défense contre la répression qui ne cesse de s'accentuer.
Là où la répression patronale, s'appuyant sur les manœuvres du syndicat officiel, cherche à décapiter la combativité et la volonté de lutte en jetant à la rue les meilleurs combattants, la lutte doit se poursuivre jusqu'à la totale réincorporation. POUR LA REINTEGRATION IMMEDIATE ET INCONDITIONNELLE DE TOUS LES LICENCIES La répression et les emprisonnements continuels contre les combattants d'avant-garde mettent à l'ordre du jour la lutte pour leur défense, pour leur libération : AUCUNE ARRESTATION NE DOIT RESTER SANS RIPOSTE LIBERTE POUR LES DETENUS Quand au moindre indice de lutte la police occupe les entreprises et les quartiers populaires pour l'écraser dans l'œuf; quand se • multiplient les dissolutions d'Assemblées ouvrières et les évacuations d'entreprises en grève ; quand la dictature n'hésite pas à appuyer sur la détente et assassiner, la lutte contre la répression doit passer à un niveau supérieur : LA POLICE HORS DES ENTREPRISES ET DES QUARTIERS POPULAIRES SEULE LA LUTTE DIRECTE DU PROLETARIAT CONDUIT A LA VICTOIRE Les conventions collectives ont fait leur apparition en Espagne au début des années 60, lorsque les grèves de 51, 59. et finalement la formidable vague de grèves de 62 eurent montré le danger que représentaient ces luttes croissantes qui, à travers les « réglementations nationales de travail » se heurtaient, sans aucune médiation, directement à l'Etat. La mise en place de conventions collectives est la tentative la plus sérieuse de donner au syndicat vertical, la CNS, un rôle autre que strictement répressif, « revendicatif », comme « représentation des travailleurs » dans la négociation. Il s'agissait de s'appuyer sur les e délégués » syndicaux revitalisés par les élections de 63, et plus encore par la collaboration des staliniens et des syndicalistes dans les élections de 66. Ainsi, la CNS ne se limitera pas à une police économique de la dictature qui réprime les luttes aux cotés de la police armée et de la Garde Civile; son röle essentiel consiste à freiner les luttes ou les étouffer avant qu'elles ne se développent. Pour les capitalistes, les conventions collectives constituent une arme remarquable pour - diviser, isoler et disperser les luttes en s'insérant comme une digue-tampon. Diviser et isoler les luttes par localités, branches, entreprises. Empétrer les luttes dans un fouillis de e propositions » et « contre-propositions » à la table de négociation, les conventions servent au patron, selon son propre calendrier, à tourner en ridicule et écraser les véritables revendications ouvrières. Cet aspect de la négociation des conventions collectives occupe une place importante dans les conditions actuelles, afin d'éviter ou gêner la généralisation et l'unification des luttes ouvrières. Les conventions sont un instrument pour dévier les luttes ouvrières de l'affrontement avec l'Etat bourgeois ; elles veulent réduire les conflits à un problème local et limité entre ouvriers et patron dans lequel l'Etat « au-dessus des classes » prétend jouer les arbitres impartiaux d'un pseudo « dialogue tripartite » : les ouvriers, e représentés » par la CNS, les patrons et l'Etat. Pourtant, l'essor des luttes et les concessions dérisoires que peut se permettre la bourgeoisie en crise, dévoilent à loisir la véritable nature de l'Etat : le défenseur des intéréts de l'ensemble de la bourgeoisie, dans la mesure où 52 il intervient toujours plus directement, que ce soit en fixant le plafond d'augmentation de salaires, en recourant de plus en plus souvent aux e landos » (application impérative de la convention élaborée unilatéralement), ou en intervenant physiquement dans la e négociation › par la répression sous toutes ses formes. - Ainsi donc, les conventions servent à la dictature pour diviser la classe ouvrière par entreprises, par la multiplication des catégories et sous-catégories, et de l'accroissement de l'éventail des salaires. - Les conventions sont un instrument incomparable aux mains du grand capital pour intensifier l'exploitation ; c'est-à-dire pour « rationaliser » la production en aug mentant brutalement les cadences selon son plein gré et en mettant en place un système de primes particulièrement raffiné. - Les conventions constituent pour les capitalistes un pacte salarial pour une période déterminée - un an, ou deux - alors que toutes les autres questions sont susceptibles d'être révisées à tout moment. Elles fixent ainsi la planification des salaires pour un temps donné, que les ouvriers sont tenus de respecter, tandis que les conditions de travail, les cadences, les licenciements, les prix.. changent selon l'inspiration du moment du patronat ; et quand le pessimisme règne, comme aujourd'hui, cela ne fait qu'aggraver la chose. - Finalement, en fixant un plafond aux augmentations de salaires - de 6,5 a 8 % -déterminé sur la base des possibilités des petites entreprises, elles permettent d'une part d'augmenter encore les bénéfices déjà fabuleux des grands trusts qui leur conférent une meilleure marge de manœuvre pour répondre à de fortes pressions ; d'autre part, elles permettent la survie artificielle de la multitude de petites entreprises.
Les conventions collectives, à l'image de la CNS, ne sont que des armes de la bourgeoisie, et les armes du capital ne servent pas aux luttes ouvrières. De toutes façons, tout comme lors des élections syndicales, il n'en manquera pas pour prétendre, telle la bureaucratie stalinienne, que les ouvriers doivent utiliser la légalité de la dictature pour faire pression sur les capitalistes et les amener à céder aux revendications. Dans ce but, Carillo s'attache à défigurer les • tromperies collectives » du Grand Capital, en les affublant du qualificatif de ‹ conquête de la classe ouvrière », qu'elle devrait défendre en siégeant dans les négociations. Pour fouler ainsi aux pieds les intéréts des travailleurs, la bureaucratie du PCE, comme dans le cas de la CNS, monte en épingle les « succès » obtenus par le prolétariat sans lutte par la simple négociation avec ses exploiteurs. Mais ce qui durant quelques années avait pu abuser certains militants ouvriers du fait de certaines concessions que permettait une conjoncture expansionniste, apparait aujourd'hui comme une liquidation délibérée des luttes ouvrières en les laissant isolées et désarmées face aux attaques du grand capital. Il y en aura d'autres pour vouloir convaincre le prolétariat que les armes capitalistes peuvent servir aux luttes ouvrières. Pour dire que les conventions collectives, quoiqu'instruments du Grand Capital, servent à e provoquer des luttes » et que, pour autant, les travailleurs doivent participer aux négociations pour e les rompre de l'intérieur » ; ces camarades sont incapables de comprendre que s'il y a des luttes à l'occasion des conventions, ce que le prolétariat doit faire pour s'assurer la victoire, c'est préparer et développer les luttes selon ses propres méthodes ; et non pas utiliser celles du patron, car elles désarment les luttes. Cette attitude, si elle peut apparaitre comme plus attractive que la précédente et abuser certains militants, n'amène dans la pratique qu'à faire le jeu de la politique carilliste de collaboration de classes.
PROLETARIOS DE TODOS LOS PAISES, UNIOS
«ЮШВАТЕ
ORGANC Face à ces deux conceptions, les marxistes révolutionnaires affirment que la classe ouvrière ne peut pas suspendre sa lutte à un calendrier de négociations imposées par les capitalistes. Le prolétariat doit défendre ses revendications par la lutte directe, et non en faisant pression sur une quelconque table de négociation, ni en appuyant quelque e représentant syndical › honnête; avec ses propres armes de classe, avec ses propres méthodes de lutte, avec sa propre organisation et sur son terrain, lutter jusqu"à la victoire pour ses revendications de classe, en marge de la CNS pourrie. Dans ce but, doivent se multiplier les réunions toujours plus larges dans les entreprises, en commançant dans chaque atelier. qui doivent déboucher sur une Assemblée Générale des ouvriers de l'usine, où se décident les revendications et le chemin à suivre pour obtenir satisfaction. Contre les tentatives de récupération des luttes dans le « cadre institutionnel » et les manœuvres conciliatrices, nous impulserons le débat politique dans ces Assemblées, en traçant résolument la voie à suivre, en montrant la nécessité de lier les revendica. tions propres à une plate-forme globale, en défendant les actions directes de masse : travail ralenti, arrêts de travail, grèves, sorties en manifestation...; en défendant la nécessité, pour vaincre, d'étendre la lutte. D'abord à toute l'entreprise, en s'appropriant l'expérience des e couleuvres a qui font le tour des ateliers pour étendre la lutte et entrainer l'ensemble des travailleurs en Assemblée ; ensuite, il faut généraliser la lutte à d'autres entreprises en sortant en manifestations vers les usines proches ou en envoyant des piquets d'extension de la lutte. LES LUTTES SONT L'AFFAIRE DE TOUS LES TRAVAILLEURS A la négociation des Conventions, à la poli-
| DE LA LIGA COMUNISTA REVOLUCIONARIA tique d'appui aux « représentants » syndicaux, la classe ouvrière doit opposer la volonté unique et souveraine de l'Assemblée Générale, d'où émanent autant de commissions élues avec mandat impératif qu'il est nécessaire, non pas pour dialoguer ni négocier sur le dos des travailleurs, mais pour faire part au patron des exigences de l'Assemblée. Nous ne sommes pas contre toute forme de pacte. Nous ne sommes pas des romantiques de l'illégalité. Mais tout accord n'est qu'un armistice dans la guerre prolongée des classes. Nous sommes contre les pactes pourris, signés par la Camarilla des réeprésentants à la CNS., appliqués à freiner la lutte pour conserver leur poste nous sommes pour des accords qui sanctionnent une conquête partielle des travailleurs, imposée par leur lutte et qui permettent la préparation de nouveaux combats. Nous sommes également pour des cernprromis nécessaires pour sauver une lutte de l'isolement. Mais nous considérons comme essentiel le con tröle direct par l'Assemblée ouvrière et les commissions élues avec mandat impératif, comme unique représentant des travailleurs. A ces représentants qui, abusés par les récentes élections, se sont fait élire en croyant défendre les intérêts des travailleurs et qui sont incapables de tenir leurs promesses, de défendre les revendications ouvrières, il ne reste d'autre issue que démissionner et rejoindre au coude à coude les ouvriers en lutte et l'Assemblée. NOUS SOMMES POUR LES LUTTES D'ENSEMBLE La situation actuelle laisse prévoir un essor des luttes. Face au danger de leur isolement, face au danger que la dictature et le patron parviennent à les défaire une à une, comme cela s'est produit au lendemain immédiat des mobilisations qui sauvèrent la vie à Izko et ses camarades, une exigence se fait jour très clairement pour les militants ouvriers : celle de défendre les luttes isolées par des mobilisations d'ensemble. En ce sens il serait dramatique pour la classe ouvrière que les militants ouvriers tombent dans l'aveuglement vite liquidateur, de développer la lutte dans leur propre entreprise sans se préoccuper des autres usines de la même branche ou de la même zone, espérant la généralisation de la pure spontanéité ou de l'e héroisme » exemplaire. Si on est conscient de l'impérieuse nécessité de généraliser les luttes pour vaincre, il est indispensable de préparer et d'impulser des plate-formes revendicatives au niveau de la branche ou de la zone, en développent une intense campagne d'explication et de popularisation des problèmes et des objectifs communs, dès avant le déclenchement de la lutte, en défendant les formes de lutte qui, comme les sorties en manifestation et les piquets d'extension, sont capables d'étendre et d'unifier les luttes ouvrières. POUR L'AUTODEFENSE DES LUTES LUTTES Poser le problème de l'auto-défense des luttes ouvrières et des moyens pour le résoudre est une nécessité vitale pour le prolétariat, alors que la répression la plus sangLante s'abat sur lui. C'est pour cela que nous impulsons pour la défense des assemblées ouvrières, des meilleurs militants, la formation de piquets ouvriers d'auto-défense pour chaque lutte, chaque action. La classe ouvrière doit étre prête à repousser les brutales agressions physiques des forces répressives de la dictature : c'est le seul moyen d'éviter la démoralisation des ouvriers en lutte ; le seul moyen d'impulser véritablement la généralisation des affrontements. POUR LA PLUS AMPLE UNITE D'ACTION Etre pour les luttes d'ensemble aujour-
•20U 232IА RASOLUTOA PELOLUTIOVNAIRE d'hui, c'est étre pour l'unité d'action. Aussi la LCR propose-t-elle aux militants, à toutes les organisations qui ont défendu le boycott aux dernières élections syndicales, de réaliser un effort uni de popularisation des revendications ouvrières contre la politique bourgeoise de muselage des luttes, pour déboucher sur des combats d'ensemble. Nous proposons de constituer des Comités de Lutte pour les Revendications Ouvières, basés dans les entreprises et liés au niveau de la branche ou de la zone. Il est clair qu'avec ces Comités nous ne prétendons aucunement remplacer quelque organisation existante, ni avancer dans la construction d'une nouvelle e organisation de classe » : notre position sur cette question est connue. Il s'agit uniquement de Comités conjoncturels constitués sur la base de la plate-forme développée plus haut, pour toute la période de renouvelle ment des conventions, qui offrent une possibilité, un cadre à la lutte unie de tous les travailleurs contre la dictature du Capital. Ces Comités de lutte - qu'il ng faut pas confondre avec les e commissions de négociation », ni les e commissions élues en Assemblée avec mandat impératif , - doivent prendre en charge la préparation de la lutte, son orientation et être capables d'en faire le bilan, de tirer les leçons et l'expérience précise de ces combats. Pour nous, de tels comités d'unité d'action ne restreignant aucunement le droit de toutes les organisations présentes à développer parallélement leurs propres tâches autonomes. y compris leur propre propagande et explications.