Interview recueillie par Emile Noiraut avant-propos
Le mouvement trotskyste s'est toujours affirmé comme le continuateur légitime des traditions révolutionnaires qui étaient celles du mouvement ouvrier avant que vienne s'abattre sur lui la tutelle paralysante du stalinisme. Mais, emportée dans la tourmente de la révolution et de la contre-révolution, pourchassée et décimée par les hommes de main de Staline, la vieille garde révolutionnaire qui représentait la continuité des années 20 au mouvement trotskyste a presqu'entièrement succombé. Aussi publions-nous cette interview du camarade Georg Jungelas, membre dirigeant de la section allemande de la /Vême Internationale et qui vient de fêter son 70éme anniversaire. Dans les réponses du camarade Jungelas, vétéran de la révolution allemande, apporait à chaque instant le fil rouge de l'héritage de la révolution allemande, incarné par cet ancien spartakiste devenu trotskyste aux premières heures de l'Opposition de Gauche.
Q.- Camarade Jungelas, peux-tu nous indiquer rapidement tes origines ? Je suis né le 22 février 1902 a Halberstadt. Dés l'age de 2 ans, je viens à Hambourg. Mon père et mon grand-pére se situaient tous deux à gauche, mais sans que leurs convictions aient une base idéologique fermement établie. Lors de la promulgation de la loi contre les socialistes, déjà, ils distribuèrent des tracts de protestation. Mon père s'opposa à la politique chauvine de la social-démocratie et en octobre 1914, il quitta le parti social-démocrate pour protester contre cette politique. Q.- Quel fut ton premier contact avec le mouvement évolutionnaire ? Fin 1915, début 1916, j'entrai en contact avec la Jeunesse Socialiste à Altona. Cette organisation développait une ligne antibureaucratique et anti-militariste; rien d'étonnant donc à ce que, en mars 1916, la bureaucratie locale décidat de la dissoudre - prétendüment par manque d'argent - en fait parce que la plupart des cadres dirigeants appartenait à l'aile gauche du parti. Cela ne nous empécha pas, un mois plus tard, de créer une nouvelle organisation de jeunesse qui portait le nom de ‹ Organisation Libre de la jeunesse de Hambourg Altona et environs » et publiait un journal appelé ‹ Jeunesse prolétarienne 3. En août 1916, cette organisation fut disssoute par le commandement général de l'armée en poste à Altona, à la requéte de la bureaucratie du parti. Q.- Comment s'opéra alors ta rupture définitive avec le mouvement socialdémocrate ? Jusqu'en 1919, je militais tantôt dans les groupes illégaux, tantôt dans des organisations de jeunesse que nous constituions légalement. Puis fut fondée la e Jeunesse
Socialiste Libre » qui, en juin 19, se transforma en Jeunesse Communiste. J'entrai alors dans le KPD (Lique Spartakiste). Pendant la guerre, la Gauche de Hambourg, et particulièrement la jeunesse défendaient globalement les positions de ce qu'on appelait la « Gauche de Brême » (1), qui, contrairement à la Ligue Spartakiste, appartenait à la Gauche de Zimmerwald. A Hambourg, les militants de cette Gauche se désignaient eux-mêmes comme la « Gauche Radicale de Hambourg ». Leurs dirigeants étaient ceux de l'ancienne Gauche, Laufenberg et Wolffheim, que l'on connaitra plus tard comme e bolcheviks-nationaux > (cf. Lénine La Maladie Infantile). D'août à septembre 19, J'appartins à l'Union Générale des Travailleurs, tendance syndicale ultra-gauche, conque selon le modéle de l'IWW (2). Lorsqu'à la fin 1919, se produisit la scission entre le KAP (3) et le KPD, je restai avec la Ligue Spartakiste. En tout, à Hambourg, -il restait 200 camarades. Durant toute cette période, je ne fus qu'un militant et je ne jouai aucun role dirigeant particulier. Q.- A partir de 1919-1920, toute une série d'événements gigantesques ont secoué l'AIlemagne. Quelle fut ton activité durant cette période ? En 1920, à l'occasion du putsch de Kapp. j'entrai en désaccord avec la direction du KPD, ne pouvant accepter son attitude attentiste (politique du « fusil au pied >). Durant cette période, en effet, la Ligue Spartakiste n'eut aucune activité particulière. Entre le putsch de Kapp (4) et la réunification avec la gauche de l'USP, je militai dans le district côtier de Hambourg, et je collaborai aux éditions du parti. Je contribuai ainsi aux premières éditions allemandes de la Maladie Infantile de Lénine, de Terrorisme et communisme de Trotsky, A l'automne 1920, je m'intégrai, avec la etc...
gauche de l'USP, au VKPD (3). Alors que la gauche de l'USP rassemblait pour la ville de Hambourg de 70 à 80 militants, je me trouvai étre le seul membre de l'ancien KPD à les rejoindre. En octobre 1920, je fus délégué par le parti pour militer sur le chantier « Blum und Voss ». C'est ainsi qu'en mars 1921, lors du soulèvement qui eut lieu en Allemagne centrale, je pris une part active à l'occupation du chantier. Il faut signaler que c'était là la première occupation d'entreprise en Allemagne. Je fis même partie du groupe à qui l'on confia la mission d'aller hisser le drapeau rouge sur le bátiment de la direction ! Un peu plus tard, je participai à la délégation qui s'en alla exhorter les travailleurs du chantier « Vulkan » à occuper l'entreprise pendant la nuit. Les deux chantiers furent évacués à la suite d'une attaque très vigoureuse de la police. Q.- Quelle était alors ta position par rapport aux débats politiques sur les événerents allemands ? J'adoptai une attitude critique par rapport à l'insurrection d'Allemagne centrale. Et sur le plan politique général, j'étais sur les positions de Lévi (5), sans en accepter les conséquences organisationnelles. De toute façon, je fus chassé du chantier pour * agitation communiste › et me trouvai ainsi contraint de vivre de 1921 à 22 de façon plus ou moins illégale. Je partis en Thuringe faire un travail de formation dans la Jeunesse Communiste. Appartenant à l'aile gauche du parti, je fus amené à collaborer plus étroitement avec des gens comme Urbahns, Ruth Fischer, Maslow, Scholem (6). Q.- Astu participe à l'insurrection de
Hambourg de 1923 ? Oui. Je fis partie du groupe qui occupa le poste de police de Hambourg, Eimsbüttel, pendant les journées de barricades. Mon mitralleuse et carabiniers sur le toit de la porte de Brandebourg pendant l'insurrection de berlin en jan vier 1919 avis sur cette insurrection est que les condi tions objectives étaient réunies, mais que fit defaut le facteur subjectit, en l'occurence le KPD. En depit de l'hérolsme des ouvriers qui y prirent part, l'insurrection de Hambourg, dirigée sur le plan politique par Thaelmann et sur le plan militaire par Hans Kippenberger, était en fait une aventure. Aujourd'hui encore, les historiens se disputent sur la question de savoir comment on a pu en arriver à l'insurrection de Hambourg. C'est une question qui demeure ouverte. Je signale en passant que Hans Kippenberger fut liquidé plus tard en URSS lors des grandes épurations. Q.- T'en es-tu sorti sans encombres après l'insurrection? A vrai dire, de 24 à 26, je me suis retiré en Silésie pour échapper à la police et j'y ai fait du travail de formation. Avec la gauche du KPD, je me reconnaissais dans le courant zinovieviste, et en particulier dans sa conception du parti. Cela ne m'empéche pas aujourd'hui de considérer celle-ci comme une étape préparatoire vers la mise en place de la direction stalinienne du parti. Q.- Quelle était alors ta position par rapport aux thèses de Trotsky ? Au milieu de l'année 1926, je me rapprochai avec le groupe de Urbahns, de l'opposition de gauche unifiée mais tout en conservant de fortes préventions contre le groupe de Trotsky. Et ce n'est qu'en 1928, lorsque je fus exclu du KPD que je m'orientai vraiment vers le point de vue trotskyste. Q.- Quelle fut alors ton activité dans le mouvement trotskyste allemand? En 1928 fut créé le ‹ Leninbund > (Union Léniniste) et je me rattachai à la minorité trotskyste qui y militait. Je soutins la position de Trotsky dans sa controverse avec le janvier 1919 combats de rue dans la principale artère de Francfort fevrier 68 manifestation internationale à Berlin pour la victoire de la révolution indochinoise. Rudi Dutschke et Alain Krivine 44
Leninbund sur la nature de l'Union Soviétique, sur le conflit sino-soviétique à propos du chemin de fer mandchou et sur la question de savoir s'il fallait construire une opposition dans le KPD ou un parti indépendant. En septembre 1930, je quittai le Leninbund avec la minorité trotskyste et fus l'un des membres fondateurs de l'Opposition de Gauche. Cette OG se réunifia avec des vestiges de l'ancienne opposition de Wedding qui se considéraient comme les représentants allemands de l'opposition de Léningrad (zinoviéviste). En juillet 31, ces derniers scissionnèrent sous la direction de Kurt Landau. Je demeurai avec la majorité qui publiait la revue « La révolution permanente » et les brochures de Trotsky. Q.- Avais tu alors des contacts avec le mouvement trotskyste international? Oui. C'est à cette époque que j'entrai en contact avec le Secrétariat International (Pierre Frank, Shachtman, Léon Sédov). Je faisais partie de la direction élargie de l'Opposition de Gauche et je construisis le groupe hambourgeois de l'OG. Mais déjà à l'époque où nous n'étions que la minorité du Leninbund, j'avais eu certains contacts avec le camarade Trotsky, des échanges de lettres. Je recontrai aussi quelquefois Léon Sédov qui venait à Hambourg pour étudier la possibilité d'y faire transiter le Bulletin de l'Opposition de Gauche vers Leningrad et l'URSS. J'ai appris il a y a peu de temps par un camarade qu'il existait une lettre de Trotsky datant de cette période dans laquelle il me dépeint comme le « pilier de Hambourg » ! Mais l'événement qui me marqua alors fut ma rencontre avec Trotsky lors de mon voyage à Copenhague. Méme si de prime abord, je fus « déçu » d'étre reçu non pas par le « Général Rouge » mais par un camarade semblable à nous tous, en robe de chambre et pantoufles, l'apostrophe qu'il m'adressa me rejouit fort : « Jungelas de Hambourg, je sais ce que cela veut dire ! ». Pendant le séjour de Trotsky à Copenhague, j'étais avec le camarade belge Léon Lesoil (7), l'un des proches compagnons de Trotsky. qui ne devait intervenir selon ses directives, qu'en cas de difficultés. A Piques 1933, ayant participé au premier Congrès de l'OG tenu aprés la prise du pouvoir par les nazis, et passé quelques mois dans l'illégalité, j'émigrai vers le Danemark. A Copenhague, je mis sur pied un groupe d'émigrés allemands, en liaison avec des éléments de gauche et centristes du mouvement ouvrier danois. La construction de ce groupe ne se fit pas sans controverses animées avec les centristes du Bureau de Londres et d'Amsterdam, spécialement avec Willy Brandt, l'actuel chancelier fédéral (particuliérement contre le soutien qu'il apportait à la politique stalinienne du Front Populaire et à la politique du POUM dans la guerre civile espagnole). Je colla borai temporairement avec Walter Held, F. Jakubowsky (trotskyste de Dantzig, auteur d'un livre récemment publié en français), Peppe Cutman, communiste tchéque, ancien membre du CC du Parti tchèque, et qui se joignit plus tard au groupe de Neurath (cf. p. 14). Pendant l'été 1936, je rendis visite à Trotsky, à Hönefoss, en Norvège. Nous eúmes une discussion à propos des centristes avec qui, à mon avis, il menait le débat trop mollement... Q.- Te fut-il possible de continuer à millter au Danemark après le déclenchement de la guerre ? Aprés l'invasion du Danemark en 1940 par les Allemands, j'y vécu clandestinement. Le groupe de danois avec lequel je travaillais s'orienta vers la clandestinité et une politique de résistance autonome. Dans ce cadre, je pris part à l'effort de sauvetage des Juifs danois. Je travaillais à l'édition de deux organes illégaux « Politique Interna- tionale » (revue théorique) et ‹ Opposition ouvrière » (ournal propagandiste). Le groupe joua un rôle dirigeant dans la prépa ration de la « grève populaire » danoise de juin 44; celle-ci fut interrompue par le démantèlement du groupe par la Gestapo. En mai 44, je fus jeté en prison par la Gestapo. En septembre 44, tranféré à Hambourg. En janvier 45, tranféré à Berlin pour y étre jugé. En février 45, après le bombardement du tribunal, je fus transféré au pénitencier de Bayreuth. Sur les fourgons cellulaires dans lesquels nous étions transférés, et que l'on a conservés, on pouvait lire : ‹ Communiste, chien dégénéré, à abattre en cas de fuite ». Dans un témoignage paru en Allemagne de l'Est sur ce transfert de Berlin à Bayreuth, on peut lire : « Mon voisin de couchette s'appelle Schorsch (c'est de moi qu'il s'agit) et est un anti-militariste trotskyste, une mauvaise tête chiffonnée. Il venait de Copenhague, après quelques détours imposés par la Gestapo. Le Illême Reich avait rapatrié cet émigrant socialiste de force, l'emmenant en tournée chez les bourreaux. Schorsch est un austère maitre d'école du marxisme international, un fana. tique courageux de l'illégalité qui a arraché plus d'un fugitif aux griffes de la Gestapo, leur permettant d'atteindre le paradis suédois. Schorsch a déjà pris dans les serres de son endoctrinement un jeune demipolonais, à qui il fait ingurgiter la dialectique matérialiste. Voici que j'apprends comment nos semblables ont suivi le chemin qui va de l'anthropophagie au capitalisme. Il ne fait pas de doute que la hache du Reich brun, si elle venait à s'abattre sur la tête de Schorsch, n'exécuterait pas une victime innocente 3. Q.- Comment t'es -tu sorti de ce mauvais pas ?
LES RE
Je fus « libéré » par les troupes américaines le 16 avril 1945, mais en fait maintenu en prison par les communistes tchéques qui, en leur qualité d'anciens détenus, avaient pris la direction du pénitencier. Q.- Peux-tu évoquer brièvement ton activité depuis la Libération ? En 1946, après 5 à 6 ans de coupure, je repris le premier contact avec l'Interna tionale. J'éditai les projets de Thèses pour le deuxième Congrès de l'Internationale, dans ce qui fut le premier organe trotskyste publié en Allemagne, < Unser Weg > (Notre Voie), qui parut de juillet 47 a septembre 59. Je contribuai à élaborer et éditer la plateforme de l'IKD (8): = Le combat pour une Allemagne socialiste », premier projet de plate-forme synthétique de la section allemande. Je fus délégué au deuxiéme Congrès Mondial.... A partir de ce moment là, je participai au travail de l'Internationale, particuliérement au soutien de la révolution algérienne, en contact étroit avec le groupe de Mohamed Harbi, certains prétendent même que je collaborai à la mise sur pied d'une usine d'armes au Maroc, j'éditai la rev, - « Algérie Libre (Freies Algerien) », en Allemagne, de septembre 58 à mai 62, collaborai à l'édition de la revue entriste « Politique Socialiste > (Sozialistische Politik) de septembre 54 à décembre 66, à la nouvelle édition de la revue l'‹ Internationale = à partir de mai 56 et de ‹ Information Internationale » de novembre 52 a la fin 60 ; a partir du deuxiéme Congrés, à l'édition de la revue du Secrétariat International, l'‹ Internationale ». Après le deuxiême Congrès, je pris part à tous les Congrés mondiaux, d'abord comme représentant de la section allemande, puis comme membre du Secrétariat.
COUTURE APOTHEKE
32 Beibtren 5 notes (1) = Gauche de Breme », + Gauche de Ham bourg =: premiers regroupements révolutionnaires (contre la politique d'e union sacrée ») en Allemagne du Nord, effectués autour de J.Knief (1880-1919), Laufenberg (1872-1932), Wolffheim, P.Fröhlich (1894-1953). Se situent sur les positions léninistes (défaitisme révolutionnaire, analyse de la faillite de la llème Internationale..) pendant la guerre. Pour la plupart membres ultérieurement du KAPD ultra-gauche. (2) I.W.W. (Industrial Workers of the World) : union syndicale américaine. Se situe sur des bases proches des syndicalistes-révolutionnaires français (grève générale, rôle des minorités...], ils influencent, par l'intermédiaire de Wolffheim, notamment l'ultra-gauche allemande des années 20. (3] K.P.D., K.A.P.D., V.K.P.D.: Les tendances ultra-gauches Ix Gauche de Brême », majorité du groupe Spartakus..] qui avaient participé en décembre 1918 janvier 1919 a la fondation du Parti Communiste (K.P.D.J sont exclues (refus des élections, refus du travail syndical. du K.P.D. et fondent en aoüt 1920 le Parti Communiste Ouvrier (K.A.P.D.). C'est contre celui-ci que Lénine polémiquera dans e La Maladie Infantile ». Par ailleurs, en décembre 1920, le K.P.D fusionnera avec le Parti Socialiste Indépendant (U.S.P.D.) qui s'est formé à partir des tendances du centre (Kautsky._.] et de gauche (Daüming...) de la social-démocratie. Lorsque la majorité acceptera les 21 conditions d'adhésion à I'I.C. la fusion avec le K.P.D. se fera : les deux partis formeront •le Parti Communiste Unifié IV.K.P.D.I. (4) Le. 13 mars 1920, les corps-francs (diriges par Kapp et von Lütwitz) qui avaient aidé le gouvernement Ebert-Noske & écraser les mouvements insurectionnels de 1918-1919 tentent de renverser ce gouvernement social-démocrate qui doit les désarmer (traité de Versailles). Le K.P.D. refusera d'organiser la lutte contre le putsch de Kapp : ce seront les sociaux-démocrates let notamment la bureaucratie syndicalel, en déclenchant la grève générale de Berlin, qui empecheront la victoire des putschistes. [5) Paul Levi (1883-1930) appartient à la gauche de Zimmerwald (léninistes) pendant la guerre. Dirige le K.P.D. après l'assissinat de Rosa et de Liebknecht. S'oppose à la politique putschiste de la direction allemande de l'Internationale Communiste (Bela Kun) en 1921. Démissionne alors du PC et rejoint l'aile gauche de la social-démocratie. (6) Urbahns, Fischer, Maslow, Scholem : dirigeants de la tendance de e gauche » (proche des positions de Zinoviev) qui prennent la direction du PC au Gème Congrès (1924) après l'échec de la grève générale de l'automne 1923. Seront exclus du PC en 1926 et animeront divers groupes oppositionnels. (7) Lesoil (Léon), dirigeant de la section belge et de la IVème Internationale (1892-1942). Arrêté par la Gestapo en 1941. Mort au camp de concentration de Neuengamme. (8) L.K.D. : Communistes Internationalistes d'Allemagne, section allemande de la lVème Internationale.