Depuis un an environ, la révolution arabe a subi de lourdes revers : écrasement des fedayins palestiniens, répression féroce du parti communiste et des syndicats au Soudan, coup de force de Sadate et orientation à droite en Egypte, coup de barre très à droite de Kadhafi en Lybie ... Tout cela est survenu alors que, du début de l'année 1970 jusqu'en septembre de la même année, la résistance palestinienne a connu un mouvement ascendant et paraissait aller de succès en succès. Mais, comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, une confusion énorme sévissait au sein de la politiquement comme le FDPLP. Au lieu de mettre franchement le cap sur le palestinienne, ses groupements les renversement de la monarchie jordanienne, en vue de créer une assise pour un pouvoir socialiste au Proche-Orient qui serait devenu le pôle de ralliement de la révolution arabe, tous les groupements palestiniens ont en fait subordonné leur politique à des accords avec les gouvernements arabes, y compris les réactionnaires, et notamment avec Hussein de Jordanie, parce qu'ils escomptaient une aide. Le point culminant de cette politique fut l'acceptation d'un accord signé sous la houlette de Nasser, quelques jours seulement avant la mort de ce dernier.
résistance
Cet accord seul instant Nasser enterré dans des funérailles grandioses, Hussein ne palestinienne, faisant plus de victimes dans celle-ci que n'en commencer l'assaut avaient faites les troupes israëliennes depuis plusieurs années. Après un premier démantelement des fedayins à Amman et l'éloignement de ce qui en restait dans une poche au nord du pays, les troupes jordaniennes n'ont cessé à aucun moment de frapper sur ce qui restait de vivant et d'organisé dans la résistance palestinienne. Aujourd'hui ce qui reste peut difficilement être considéré comme une force.
Cette avance très importante Jordanie a évidemment encouragé toutes les tendances réactionnaires dans le monde arabe qui, elles, n'ont pas montré la moindre hésitation à frapper avec une violence qui ne connaissait aucune limite. Le cas du Soudan en est l'illustration la plus éclatante, mais elle n'est pas la seule. La répression s'étend même contre des politiciens bourgeois, comme
Ali Sabri, qui ne menaçaient en rien l'ordre capitaliste.
A présent, la révolution arabe ne connaît de mouvements armés que dans le
Dophar, et des forces dans quelques émirats. Le recul est donc très sensible, eu égard aux espoirs qui avaient accompagné, au lendemain de la guerre des six jours, la naissance d'une résistance palestinienne vraiment populaire, dans laquelle des s'organiser. Mais il faut, comme c'est le cas de la révolution coloniale depuis politiques avancés se revendiquant du marxisme commençaient maintenant près de vingt ans, se souvenir que les défaites, si lourdes qu'elles aient été, n'ont jamais été que temporaires : écrasée là, elle s'affirmait aussitôt ailleurs et, souvent, elle repartait après quelques années là même ou elle avait subi de lourds
Les choses se déroulent de cette façon maintenant encore pour la révolution arabe. Au moment même où la résistance palestinienne est presque annihilée, des signes de crise dans le monde arabe se multiplient. Ainsi, au Maroc, l'instabilité a éclaté aux yeux de tous avec l'attentat contre le roi tenté par des généraux et l'école répression qui ne s'est même pas couverte d'une parodie de justice. Ces événements des sous-officiers, avec la panique manifestée par Hassan sous la forme d'une ont eu pour résultat de ne laisser qu'un pouvoir très affaibli qui ne sait où donner de la tête.
En Egypte aussi, les premiers signes d'instabilité du régime apparaissent. Ne parlons pas des règlements de compte mentionnés plus haut entre anciens hauts personnages du temps de Nasser. C'est à la grève de l'aciérie d'Hélouan d'une part, aux mouvements paysans du sud du pays que rapporte la presse libanaise d'autre que nous pensons. Sauf les grandes grèves au Caire Alexandrie qui brutalement, il n'y eut aucun mouvement gréviste pendant près de vingt ans ; au éclatèrent après l'arrivée de Nasser au pouvoir et qui furent réprimées contraire les masses ouvrières et paysannes égyptiennes étaient attachées au pouvoir de Nasser. La défaite militaire de 1967 vit même ces masses se porter au secours de Nasser contre les manœuvres qui se développaient contre lui dans son entourage. Et voici que moins d'un an après la mort de Nasser se produisent des mouvements de qui inquiètent le pouvoir. C'est Sadate lui-même signification politique à la grève d'Hélouan qui, pourtant, ne portait que sur des revendications économiques - des augmentations de salaires -, à la fois en la dénonçant violemment et en réprimant de nombreux militants syndicaux, occupant leur fonction par délégation du parti dirigeant, l'Union socialiste arabe.
L'instabilité dans le monde arabe atteint maintenant des pays parmiles plus importants, économiquement et politiquement, notamment l'Egypte où il existe un prolétariat concentré qui, dans le passé, a manifesté des capacités de combat eminentes. Il ne s'agit évidemment pas de donner à ces événements une importance plus grande que celle qu'ils ont effectivement, mais de saisir qu'en dépit d'un certain nombre de succès sérieux que le capitalisme mondial a pu remporter dans divers coins du monde, il ne parvient pas à trouver un équilibre et une stabilité tant soit peu durables. La crise du système monétaire international, la crise du dollar, apporteront des perturbations qui dépassent de loin les avantages que le capitalisme a pu tirer de victoires très partielles.
En ce qui concerne plus particulièrement la révolution arabe, l'essentiel est que des expériences douloureuses qui viennent d'être effectuées, à travers les aléas inévitables des combats, se dégage peu avant-garde qui progresse politiquement sur le plan du marxisme révolutionnaire. Le monde arabe était, pour diverses raisons, un des plus rétifs à la progression du marxisme révolutionnaire. Néanmoins, peu à peu, des éléments, des groupes, sont nés, se développent, qui, au cours de ces experiences et de ces échecs, assimilent plusieurs aspects de la pensée révolutionnaire à l'étape actuelle (théorie de la révolution permanente, nature di stalinisme, parti révolutionnaire ...) . Le renforcement politiaue e organisationnel de ces formations est aujourd'hui un des moyens essentiels de faire que les revers de la révolution arabe ne soient pas que des revers, qu'ils servent à préparer ses combats et ses victoires de demain.